‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 618 sur 1729 · EXPIATION · texte numérisé non relu

EXPIATION

seuse qui se forme à la surface des os ou dans leurs cavités. Les exosloses sont le résultat ou du gonflement de l'os ou d'une exsudation à sa surface ; le tissu en est lanlùt dur, compact, éburné, tantôt spongieux ou laminé. Elles peuvent être indolentes ou douloureuses. Los causes de cette maladie sont les vices syphilitique, scrofulcux, cancéreux, les contusions de l'os et du périoste, le voisinage d'un ulcère, les plaies, les fractures, etc. Le traitement varie suivant la cause qui a produit le mal. On ne doit enlever les exostoses que lorsqu'elles causent une gêne notable par compression. On divise les exostoses en E. de développement, survenant dans l'adolescence et pouvant être très nombreuses; E. pathologiques, dues à la sypliilis, au rhumatisme, à la goutte. Les exostoses syphilitiques sont justiciables du traitement antisyphilitique.

EXOTÉRIQUE (doctrine), du gr. èlwTêpixôç; doctrine publique, ostensible. Voy. ÉsoTÉRignE.

EXOTHERMIQUE (réaction), se dit d'une réaction chimique accompagnée d'un dégagement de chaleur. Voy.

TIIERMOCIIIMIE.

EXOTIQUE (du gr. IÇuTudî, étranger), se dit de tout ce qui n'est pas naturel au pays, animaux, végétaux, produits, etc.

EXPANSIBILITÉ (du lat. expandere, étendre), propriété en vertu de laquelle les corps gazeux tendent toujours à occuper un plus grand espace. Voy. dilatation et pression.

EXPECTANTE (médecine), du lat. expectare, attendre; métliode de Médecine qui consiste à observer la marche des maladies, à laisser agir la nature sans prescrire de médicaments, à moins qu'ils ne soient fortement indiqués ou qu'il ne survienne des symptômes fâcheux. Elle est opposée à la méthode agissante, qui emploie des remèdes énergiques.

EXPECTATIVE, se disait autrefois du droit accordé à un ecclésiastique d'être pourvu d'un bénéfice, aussitôt que ce bénéfice deviendrait vacant. Les grâces expectatives étaient distribuées par le pape. Cet usage, qui donnait lieu à beaucoup d'abus, fut aboli par le concile de Trente.

EXPECTORATION (du lat. expectorare], vulg. Crachement, action d'expulser les mucosités qui se trouvent dans les bronches. On distingue des crachats sanguinolents, sanglants, striés, rouilles, qui peuvent tous fournir au méclecin d'utiles indications. — On nomme expectorants les médicaments qui provoquent ou facilitent l'expectoralion : tels sont les infusions des plantes labiées, l'ipécacuana, le kermès minéral à petites doses, etc.

EXPÉDITION (du lat. expeditio). On nomme ainsi, en termes de Pratique, la copie authentique d'un acte judiciaire ou notarié. Les notaires ont seuls le droit de délivrer les expéditions des actes dont ils ont les minutes ; les greffiers, celles des jugements, des actes et des procès-verbaux dont le dépôt leur est confié. — Les expéditions sont faites sur papier timbre : elles doivent contenir 25 lignes à la page, 15 syllabes à la ligne. Chaque rôle produit 3 fr. au notaire, à Paris ; 2 fr. dans les villes où sont des tribunaux de \'' instance; partout ailleurs, 1 fr. 50. Les droits d'expédition dus aux greffiers sont fixés à 0 fr. 40 par rôle de 28 lignes à la page, et de 14 à 16 syllabes à la ligne.

Dans le Commerce, on appelle : expédition d'une marchandise son envoi à une destination indiquée ; expéditeur, celui qui fait l'envoi. Voy. commission, mandat et lettre

DE VOITCRE.

Dans la Marine, on a appelé expédition tout envoi de bâtiments chargés dune mission pacifique ou hostile : on a dit dans ce sens : \'E. de l'A»trolabe et de la Zélée, dans les mers australes ; les E. au pôle Nord, etc. ; et aussi YE. d'Egypte, de Morée, d'Alger, etc. — Par suite, dans les Armées de terre, on a étendu ce nom à l'excursion lointaine de toute une armée ou à une entreprise particulière formée par un détachement d'une armée.

EXPÉDITIONNAIRE, employé chargé, dans les administrations publiques, d'expédier, c.-à-d. de recopier la correspondance, les rôles, les états, etc., que les administrateurs lui donnent à transcrire.

On appelait ainsi en France les banquiers ou notaires qui se ciiargeaient des expéditions de la cour de Rome.

EXPÉRIENCE (du lat. experientia) . 1° En Psychologie, on nomme expérience la perception externe et la conscience, par opposition à la raison [Voy. idées). — 2" En Logique et dans les Sciences piiysiques, expérience est synonyme A' expérimentation. Voy. ce mot.

EXPÉRIMENTALE (méthode). En Logique, on nomme

méthode expérimentale l'ensemble des procédés employés par les sciences positivcîs qui font usage de Vexpérimentation, et que, pour celte raison, on nomme sciences expérimentales, telles que la physique, la chimie, la physiologie. Elle se superposée la métliode dobservalion, pi\>pre aux sciences qui se bornent à contempler la nature, sans agir sur elle, comme l'astronomie, la géologie, la minéralogie, la Ixitanique, la zoologie, l'anatomie. La méthode expérimentale ne se borne pas à considérer les phénomènes dans les conditions oii la nature les lui olfre; à \' observation elle joint Y expérimentation, par laquelle elle les fait apparaître dans des conditions dont elle est maîtresse. Ensuite, par Yinduction et Yanalogie, elle découvre soit les lois complexes et empiriques des phénomènes, soit leurs lois simples et rationnelles et leurs causes efficientes. Si elle ne peut les découvrir, elle tâche de les deviner provisoirement par Yhypoihèse, qui indique souvent d'une manière utile des observations et des expériences à faire. Enfin, par la déduction, elle tire les conséquences des lois déjà découvertes ou admises hypothétique ment ( Voy. observation, expérimentation, induction, analogie, HYPOTHÈSE, démonstration). — ConsultCT H. Martin, Philosophie spiritualiste de la nature, 1849; Claude Bernard, Introduction à la médecine expérimentale.

EXPÉRIMENTATION, procédé fondamental de la méthode expérimentale. Au lieu d'attendre, comme Yobservation {Voy. ce mot), que les phénomènes viennent se présenter aux regards, elle les produit ou les modifie artificiellement pour que l'étude en soit plus facile ou plus féconde. La physique, la chimie, la physiologie en fournissent de nom- Dreux exemples. L'expérimentation est soumise aux mêmes règles que 1 observation ; mais il y a une règle qui lui est particulière, c'est de varier les circonstances où l'on fait apparaître le phénomène, afin d'éliminer les circonstances accidentelles et de mettre en lumière les conditions essentielles, qui, généralisées par Yinduction, constitueront une loi. Bacon a, dans son Novwn Organum, démontré la nécessité de faire des expériences et indiqué la marche à suivre ; mais il n'en a pas donné des exemples satisfaisants. On en trouvera dans Herschel, Biscouis sur l'étude de la Philosophie naturelle, 1834.

EXPERT, EXPERTISE (du lat. expertus). L'expertise est l'examen et la vérification d'une chose en litige par des commissaires possédant des connaissances spéciales sur la question : elle est amiable ou judiciaire. VE. ajniable n'a d'autre règle que la volonté des parties. Les formalités de YE. judiciaire sont tracées par la loi. Les experts sont désignés par le tribunal. Avant de s'acquitter de leurs fonctions, ils doivent prêter serment de les remphr fidèlement. Les parties peuvent les récuser, mais seulement avant la prestation du serment. Quand il y a plusieurs experts, ils doivent dresser un seul rapport, et ne former qu'un seul avis à la pluralité des voix. Ils doivent indiquer néanmoins, en cas d'avis différents, les motifs des divers avis. Si les juges ne trouvent pas dans le rapport des éclaircissements suffisants, ils peuvent ordonner d'office une nouvelle expertise. Les juges ne sont pas astreints à suivre l'avis des experts, si leur conviction s'y oppose (C. de proc, art. 302-325).

EXPIATION (du lat. expiatio), acte par lequel tout transgresseur des lois divines ou humaines subit une peine imposée par ces mêmes lois; au point de vue religieux, c'est la purification d'un crime, d'une faute, d'une souillure quelconque. Toutes les religions antiques ont eu des cérémonies expiatoires. Les expiations étaient générales ou particulières. On peut citer, parmi les premières : la fête de l'expiation, que les .luifs célébraient tous les ans, le 10 septembre [Voy. bouc émissaire); chez les Egyptiens, ces immolations fréquentes de bœuis qu'on chargeait d'imprécations et dont la tête était ensuite jetée dans le Xil, en pâture aux crocodiles ; chez les Romains, les sacrifices expiatoires dits suovetaurilia et les cérémonies lustrales (lustre, compitales, ambarvales, armilustrium), etc. Parmi les expiations particulières et personnelles, les unes avaient pour objet de relever les âmes de leur dégradation native ou servaient de pénitence : telles étaient, chez les Grecs, les expiations mystiques, qui précédaient I initiation aux mystères, et, dans l'Inde, les pénitences souvent si cruelles du culte brahmanique : les autres s'appliquaient à ceux qui avaient commis un sacrilège ou un grand crime (p. ex., Œdipe, Oreste, Hercule, etc.), ou qui avaient touché un être ou un objet impur. Outre les victimes

EXPILATION

Page 1