‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 620 sur 1729 · EXTERNAT · texte numérisé non relu

EXTERNAT

qu'au décret du 12 avril 1848, qui l'a abolie dé ment, cette peine était en France Vaccessoire des

définitivetravaux forcés et de la réclusion. On ajoutait aussi à la peine de l'exposition des rigueurs qui, depuis longtemps, ne sont plus dans nos mœurs. Voy. carcan, marque, pilori.

Exposition ou Délaissement d'un enfant. Voy. enfant.

EXPOSITION, en Littérature. C'est le début d'une œuvre épique OU dramatique ; elle fait connaître au lecteur ou au spectateur le sujet du poème, le lieu de la scène, le temps auquel elle se passe, ainsi que les circonstances qui ont précédé l'action. L'exposition est de la plus grande importance au tbéâtre; elle doit y être claire, naturelle et simple. Il faut éviter de laisser voir dans l'exposition qu'on en fait une et qu'on la fait pour le spectateur, ce qui arrive lorsque le personnage chargé de faire l'exposition raconte i son interlocuteur ce que celui-ci doit savoir parfaitement.

EXPRESSION (du lat. expressio). En Algèbre, on appelle ainsi l'indication sur des lettres, à l'aide des signes des opérations, d'une suite quelconque de calculs à effectuer.

En Musique, l'expression est quelque chose de mystérieux qui fait que la musique n'est pas seulement une série de notes résonnant d'une façon plus ou moins agréable à l'oreille et constitue un art susceptible de rendre des sentiments. Il v a des signes conventionnels pour indiquer à lexécutant fa manière d'interpréter une œuvre selon le sentiment du compositeur, mais l'expression musicale proprement dite n'a pas de règles et ne s'apprend pas : c'est un don de la nature.

On nomme encore ainsi une opération qui consiste à séparer le suc des fruits et des plantes en les comprimant. C'est par l'expression que l'on obtient les huiles, le vin, le cidre, etc.

EXPROMISSION(du lat. eJ"promi«ere, cautionner), se dit, en Droit, de la substitution d'un nouveau débiteur à 1 ancien.

EXPROPRIATION (du lat. ex, hors, et de propre), enlèvement par voie légale d'une propriété à celui qui la possède. L'expropriation forcée a heu quand il s'agit de parvenir à la vente de la propriété d'un débiteur qui n'a point rempli ses engagements : le Code civil (articles 2204- 2218) énumère les circonstances dans lesquelles cette expropriation peut avoir lieu ; quant aux formes, le commandement de payer et la saisie en sont les préliminaires obligés; elles se "compliquent en outre, quand il s'agit d'un bien foncier, de formalités longues et coûteuses (C. de proc, art. 675-748).

Expropriation pour cause dutilité publique, droit accordé à l'Etat d'opérer la dépossession d un propriétaire moyennant une juste et préalaole indemnité; elle s'opère par autorité de justice, sur une loi qui déclare l'utilité publique et autorise l'exécution des travaux ; elle exige en outre un acte du préfet qui désigne les localités sur lesquelles les travaux doivent avoir lieu, un arrêté ultérieur par lequel le préfet détermine les propriétés particulières auxquelles l'expropriation est applicable. Une enquête est ouverte, puis une commission présidée par le sous-préfet de l'arrondissement, composée de 4 membres du conseil de département ou d'arrondissement, du maire de la commune et d'un ingénieur, juge les observations des propriétaires, et donne son avis. Un jury spécial de propriétaires, composé de 16 membres tirés au sort, sur une liste dressée par le conseil général, et présidé par un juge du tribunal de \" instance, fixe les indemnités. Les règles de cette expropriation ressortent des lois du 7 juillet 1833 et du 3 mai 1841, ainsi que du décret du 25 mars 1852. — Consulter : Ch. Delalleau, Traité de l'expropriation, et Desprez-Rouveau, Guide des expropriés.

EXPULSION (du lat. expulsio). l/expulsion d'un locataire peut cire exercée par l'acheteur ou le successeur du propriétaire d'un bien loué, s'il n'y a pas de bail. Le locataire d'un appartement ou d'une maisonpeut être expulsé s'il ne garnit pas les lieux de meubles suffisants ou ne donne pas des sûretés au propriétaire (C. civ., art. 1752). Le locataire qui a reçu un congé régulier peut, s'il se refuse à vider les lieux, être condamné à déguerpir, sinon à être expulsé. Voy. bail, congé, béguerpissement, etc.

EXSUDATION (du lat. exsudatio). Voy. f.xtravasation. — Chez les Végétaux c'est ime émission de liquide par suite de la diminution de la transpiration à l'obscurité.

EXTASE (du gr. à'xTTaa-.î). En Philosophie, Vextase est, d'après les Mystiques, le ravissement de lame qui, absorbée par la contemplation de Dieu, semble ne plus tenir au corps. L'extase mystique a été de tout temps en grand honneur chez les Hindous. Elle jouait un rôle important chez

les Néoplatoniciens : pour y parvenir, l'âme doit, selon cu.t, d'abord se nurifier en se aétachant «les objets extérieurs et en s'alfrancliissant des passions du corps, puis s'élever du monde sensible au monde intelligible, enfin dépasser la sphère même de l'intelligence, afin d'arriver à une simplification parfaite où elle perd la conscience d'elle-même; alors a heu l'union de l'âme avec Dieu, qui est un abandon de soi, une parfaite quiétude, un désir de se confondre avec ce que l'on contemple, mystère inètfable, semblable à la contemplation de la Divinité cachée dans le sanctuaire d'Eleusis (Plotin, Ennéade, VI, ix, 11). — Le Christianisme admet une extase surnaturelle : St Paul déclare avoir été ravi jusqu'au 3* ciel ; St Bonaventure [Itinerarium mentis indeum], Gerson [Theologia mystica), St François de Sales, parlent avec enthousiasme de l'état d'extase; Sle Catherine de Sienne, Ste Thérèse, Marie Alacoque, ont eu de fréauentes extases. Malheureusement il est facile de confondre l'extase et les visions qui l'accompagnent avec de dangereuses hallucinations; on peut aussi, en tendant à cet état de perfection, tomber dans le quiétismc : aussi les théologiens les plus sages, Bossuet à leur tête (dans son traité Mystici in tuto], ont-ils eu soin de préserver les fidèles de l'abus qu'on en peut faire.

En Physiologie, on appelle extase un état mental dans lequel l'exaltation de certaines idées absorbe tellement l'attention, que l'intelligence se concentre tout entière sur ces idées et devient étrangère à tout le reste : les sensations sont suspendues, les mouvements volontaires arrêtés, et souvent même l'action vitale ralentie. C'est une variété de la monomanie et un symptôme du délire mélancolique. L'extase diffère de la catalepsie, avec laquelle on l'a souvent confondue, en ce que dans celle-ci il y a suspension complète des facultés intellectuelles [Voy. catalepsie).

EXTENSEURS (muscles), muscles qui servent à étendre une partie quelconque : ils ont pour antagonistes les muscles fléchisseurs. Voy. muscles.

EXTENSION (du lat. extensio), état d'un corps qu'on allonge. — En Chirurgie, on nomme ainsi l'opération par laquelle on tire en sens opposé un membre luxé ou fracturé, afin de ramener les surfaces articulaires à leur situation naturelle ou de rapprocher les fragments de la fracture. On donne particulièrement le nom d'extension à la traction qu'on opère dans ce cas sur la partie inférieure du membre, par opposition à la contre-extension, qui s'exerce sur la partie supérieure. Voy. réduction.

Les Vétérinaires appellent extension ou distension tendineuse ou ligamenteuse une affection assez commune chez le Cheval, qui survient au canon dans la région des tendons ou du boulet, et qui résulte d'un effort avec déchirure de fibres ligamenteuses ou tendineuses.

extension. En Logique, on appelle extension d'un terme général la propriété qu'a ce terme d'embrasser un nombre plus ou moins grand d'individus : Vextension du terme homme est l'ensemble de tous les êtres de l'espèce humaine. On oppose extension à compréhension. Voy. génlrale (idée).

EXTÉRIORITÉ (du latin exterior). On dit que deux corps sont extérieurs l'un à l'autre, lorsqu'ils occupent deux parties différentes de l'espace. — On donne aussi le nom a extérieurs aux objets perçus par nos sens, parce qu'ils nous apparaissent hors de nous, et ces perceptions sont dites externes à cause de leurs objets. Voy. perception.

EXTERNAT [d'externe). 1° tout établissement d'enseignement public ou privé qui n'admet que des élèves externes; 2° le régime auquel sont soumis les externes. L'externat paraît avoir été le seul régime connu des anciens. Les Facultés, certaines écoles spéciales, comme l'Ecole des mines, l'Ecole centrale, l'Ecole des chartes, certains lycées, la plupart dos écoles primaires, etc., n'admettent que des externes.

On nomme externe libre, dans les établissements d'enseignement secondaire, l'élève qui suit simplement les cours de l'établissement, et externe surveillé celui qui, après les cours, travaille en outre dans les salles d'étude sous la direction des répétiteurs; ni l'un ni l'autre ne prennent leur repas ni ne logent dans rétablissement, à la différence des internes ou pensionnaires et des demipensionnaires. Le régime de l'externat, qui laisse à la famille la direction de l'éducation morale de l'enfant, o?l en principe préférable à celui de l'internat. Dans les Hôpitaux, on appelle externat l'espèce de stage que font

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