‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 630 sur 1729 · ÉLECTRICITÉ MÉDICALE · texte numérisé non relu

ÉLECTRICITÉ MÉDICALE

FARANDOLE (orig. incert.), danse en usage en Provence et en. Languedoc, dans laquelle un grand nombre de personnes forment une chaîne en se tenant par la main ou avec des mouchoirs. L'air de cette danse est d'un mouvement vif et cadencé; la mesure est à six-huit. Au signal donné, la ronde se met en branle, parcourt les rues de la ville et les villages environnants, se grossissant de tous ceux qu'elle rencontre, et exécutant diverses figures qui consistent à réunir les bouts de la chaîne, à danser en rond, à passer sous un arc formé par les bras de plusieurs danseurs, etc. — On prétend que cette danse est d'origine grecque, et que c'est l'antique datise de la grue, inventée par Thésée, qui aurait été importée à Marseille par les Piioi'éens.

FARCE (du lat. farsus, farci), mélange de viandes hachées et ëptûes, que l'on met dans le corps de quelque animal rôti, dans des viandes, dans des œufs. C'est également la base des galantines de volaille, gibier, pâtés froids, etc. On nomme encore ainsi un mets fait avec plusieurs sortes d'herbes cuites, hachées ensemble et mélangées avec des œufs.

FARCE, pièce de théâtre d'un comique bas et burlesque, dont l'origine remonte au xi" siècle. Les bateleurs et les bohémiens en Italie; en France, les Enfants sans souci et les Clercs de la Basoche en étaient les acteurs ordinaires. Les soties [Voy. ce mot) appartiennent à ce genre, dont le monument le plus remarouable est la Farce de maître Pierre Pathelin, composée au xiii= siècle. Jusqu'à Molière, la plupart des comédies du théâtre français ne méri-

tent que le nom de farces. Au commencement du xvii° siècle. Turlupin, Guillot-Gorju, Gauticr-Garguiile. Gros- Guillaume, etc., faisaient encore applaudir ces pièces grossières sur le théâtre de l'Hôtel de Bourgogne. Les Fourberies de Scapin, Pourceaugnac , le Malade itnaginaire et même le Bourgeois gentilhomme appartiennent au genre de la farce. Scarron, Dancourt, Lesage et plusieurs poètes du xviii« siècle ont aussi écrit des farces, surtout pour le théâtre de la Foire. Voy. parade.

FARCIN (du lat. farciminum; de farcire), forme cutanée de la morve équine, qui se manifeste par le gonflement et l'inflammation des ganglions et des vaisseaux lymphatiques superficiels, et ultérieurement par des ulcérations fournissant un pus sanieux et d'apparence huileuse ; une prostration progressive se produit en même temps. — Le farcin peut se présenter sous la iorme aiguë, et alors il offre la plus grande analogie avec la morve [Voy. ce mol) ou sous la forme chronique : sa marche est alors très lente, et l'indice le plus sûr auquel on puisse le reconnaître est la co7de ou le chapelet de nodosités formées par l'induration des vaisseaux lymphatiques sous-cutanés. Cette maladie est essentiellement contagieuse ; elle se transmet à l'homme et est toujours mortelle. Il faut donc avant tout séparer les animaux qui ne sont pas contaminés.

FARD (de l'anc. ht-allem. farivjan, teindre), composition solide ou liquide, que les dames s'appliquent sur le visage pour en imiter les couleurs naturelles, et dont les acteurs et les actrices se servent pour rehausser ces mêmes couleurs, qui seraient trop faibles à l'éclat de la rampe. Les plus anciens fards connus sont le sulfure d'antimoine et la plombagine, dont les femmes se servaient pour se noircir le tour des yeux, afin d'en rehausser l'éclat. On se sert, pour se blanchir la peau, du blanc de fard (sousnitrate de bismuth), du blanc de Thenard (oxvde de zinc), du lait virginal (dissolution alcoolique de benjoin précipitée dans l'eau), de la poudre de riz (farine do riz finement broyée) ; pour la teindre en rouge, du vermillon, du minium, du rouge d'Espagne (teinture decarthame), mélangés à la craie de Briançon oui leur donne de l'adhérence à la peau, de la cochenille, du carmin, de Vorseille ou de Vorcanette dissoutes dans le vinaigre ; enlin on appelle crépon une fine étolfe de laine teinte sans mordant et qui légèrement humectée et frottée sur la peau lui communique sa couleur. Le fard bleu pour les veines est fait avec du bleu d'azur. — A la longue, le fard flétrit la peau ; en empêchant la transpiration cutanée, il peut donner lieu à des atfections dartreuses ; il nécessite l'eni-

Eloi de pommades ou de lotions adoucissantes. Les fards à ase de plomb ou de mercure peuvent, à la suite d'un emploi prolongé, donner lieu aux accidents de l'empoisonnement chronique. — Voy. cosmétique.

L'usage du fard remonte à une très haute antiquité. En Judée, en Egypte, en Grèce, à Rome, les femmes en faisaient un continuel usage. Cette coutume a été retrouvée chez les peuples sauvages de l'Asie, de l'Afrique et de l'Amérique. En France, l'usage en est bien moins répandu aujourd hui qu'au siècle dernier.

FARDE, nom donné, dans le Commerce, aux balles de café moka ; elles pèsent environ ISSkilogr.

FARDIER, chariot à roues basses destiné à porter les fardeaux les plus lourds, tels que les blocs de pierre ou de marbre, les statues de marbre ou de bronze, etc. Les fardiers qui servent au transport des gros bois de charpente sont au contraire formés de deux grandes roues de plus de 3 m. de diamètre, d'un essieu en fer et de deux grands brancards en bois, qui servent aussi de limonière pour atteler les chevaux. Voy. chariot.

FARFADET (orig. incertaine), espèce de lutin, d'esprit follet, de la famille des Djinns et des Gnomes, qui existe dans les croyances superstitieuses de certains peuples. Les Orientaux et surtout les Indiens croient à l'existence des farfadets; on les retrouve aussi dans la croyance populaire des Ecossais, qui les nomment fairfolks : Trilby est un farfadet écossais. Les farfadets sont malicieux sans être méchants; ils aiment à taquiner, à tourmenter, mais sans faire aucun mal. — Voy. les Farfadets de Bcrbiguier (1821), par qui leur existence est doctement établie. Voy. aussi lutin.

FARGUES ou falques, bordages supplémentaires qu'on cloue sur les allonges en dehors, à bord des petits bâtiments qui n'ont ni vibord ni bastingage, pour les garantir des lames et couvrir un peu leur pont. On nomme encore

Page 1