‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 66 sur 1729 · ANALYSE · texte numérisé non relu

ANALYSE

fœtida, genre de la famille des Papilionacées, eréé pour un arlu'isseau qui croit dans le midi de la France et l'Espagne et qui a le port du taux cbénier : feuilles trifoliées, blandiàtres. cotonneuses ; Heurs jaunes en faisceaux : gousse plane, allongée, un peu courbée, renfermant plusieurs graines Ideuàtres, réniformes. Son écorce et ses feuilles exhalent une odeur fétide quand on les froisse; ses semences fournissent un puissant vomitif.

ANAHITA. 270" petite planète, trouvée le 8oet. 1887 par C. 11. I' • Peters à Clinton (Etats-Unis). Voy. planètes.

ANALCIME (du gr. à[v] priv. et âXvciijio;. fort^ silicate double bydraté d'alumine et de soude [Na-0.A1*0^. 4SiO*. 2H*0], ainsi nommé à cause de son peu de vertu électrique, et faisant partie du groupe des zéoli thés. L'analcime est limpide ou blanche : quelques variétés sont rouge chair; ses cristaux, qui sont des trapézoèdres du système cubique, olfrent des propriétés optiques fort curieuses. On la trouve aux îles Cyclopes, près de Calanc, en Auvergne, à Slaffa, etc.

ANALE, nageoire voisine de l anus. Voy. NAGEOtRES.

ANALECTES (du gr. àvâ)vtXTa\ Analecta. titre donné à divers recueils de morceaux choisis d'auteurs anciens ou à des collections de pièces détachées. On connaît en ce genre les Analecta de .Mabillon (1675 et 1725 . les Analecta veteruni poetarum grseconun de Brunck (1785;, etc.

ANALEMME (du gr. àvdiAr,aiia, hauteur), terme d'Astronomie, désigne une opération au moyen de laquelle on trouve la hauteur d'un astre à toute heure et le moment de son jiassage au méridien. — On emploie aussi ce mot comme synonyme de Planisphère, pour désigner la projection orthographique de tous les cercles de la sphère sur les colures des solstices.

ANALEPTIQUE (du gr. àvaîkeTT'.xô;, conforlatif), tout ce qui tend à rétablir les forces. Les Ixtuillons. les gelées animales, le chocolat, les œufs, sont des aliments analeptiques. La classe des toniques fournit les médicaments analeptiques.

ANALGÉSIE (de à[v] priv., et aAyo;. douleur), c'est la perte, partielle ou totale, de toute sensation de douleur; c'est un cas particulier de Vanesthésie [loy. ce mot) prise dans son sens le plus étendu.

ANALGÉSINE. Voy. antipvrine.

ANALOGIE (du gr. àvaXoyia, correspondance), ressemblance plus ou moins parfaite entre plusieurs choses. Tous les êtres qui composent l'univers ont entre eux de ces ressemblances plus ou moins parfaites, qui pei'mettent d'établir entre eux des rapprochements multiples. — La Logique étudie l'analogie comme étant le fondement de raisonnements nombreux, qui ont la plus grande importance dans les sciences ainsi que dans la conduite de la vie. On en distingue plusieurs sortes, selon les rapports sur lesquels on s'appuie : de l'analogie des effets on conclut à celle des causes ; de l'analogie des moyens à celle de la fin ; de la ressemblance partielle à une ressemblance totale, etc. Condillac, dans son Art de raisonner, montre comment le raisoimement par analogie nous apprend que les hommes qui sont faits Somme nous (analogie de pure ressemblance), qui agissent comme nous (analogie de cause), qui ont; les mêmes organes que nous (analogie de moyens), doivent être en tout point nos semblables, et posséder les mêmes facultés que nous, bien que nous ne puissions observer directement en eux ces facultés. — La valeur scientifique des conclusions fondées sur l'analogie dépend de l'importance des relations observées. Si celles-<'i sont constantes, si elles tiennent à la nature intime des choses, elles peuvent conduire à de grandes découvertes ; c'est ainsi que, prenant pour principe la corrélation des organes dans les animaux. Georges Cuvier, à l'aide de l'anatomie comparée, a reconstruit ces fossiles dont il ne restait que de simples débris. Voy. induction.

Dans l'Art aussi. 1 analogie joue un grand rôle. Car qu'est-ce qu'une métaphore, un symbole, sinon une analogie conçue et formulée entre deux choses, dont l'une est employée comme signe de l'autre?

ANALYSE (du gr. àvâXujiç, décomposition), procédé de la méthode opposé à la Synthèse. Sa définition varie selon ses applications.

Dans l'observation et dans l'expérience, l'analyse décompose un objet ou un phénomène, les résout dans leurs éléments et ceux-ci en d'autres, jusqu'à ce qu'elle parvienne à des éléments indécomposables. Au contraire, la synthèse considère les rapports de ces éléments et leur mode d'union, cherche conunent les choses s'assemblent et se combinent.

Par exemple, en Chimie,, analyse résout im composé en ses composants; et de ces composants, la synthèse refait le composé. De même, en Physiologie, l'analyse distingue d'aijord les éléments organiques du corps, puis détermine leurs conditions essentielles d'activité vitale ; la synthèse enfin établit leurs relations réciproques dans le jeu des mécanismes vitaux. Vou. exi-ébience, oeseuvation.

Dans la déduction, 1 Analyse consiste à chercher quelles conséquences résultent des données de la question, jusqu'à ce qu'on parvienne à une proposition reconnue vraie d'ailleurs et qui soit telle qu'on puisse, en revenant sur ses pas, démontrer par la synthèse que la solution trouvée est une conséquence de celte proposition. Exemples : 1° En Mathématiques : La méthode analytique consiste à partir de la proposition qui est en (juestion, en la supposant vraie, et à en déduire une série d autres propositions, jusqu'à ce qu'on en rencontre une nui ait été antérieurement démontrée ; alors, de la vérité ae la conséquence on conclut à la vérité du principe, c'est-à-tlire de la proposition en question, premier terme de lia déduction. La méthode synthétique consiste, au contraire, à chercher directement de quelles propositions déjà établies on pourrait déduire la proposition en question. La méthode analytique, en un mot, va ici de l'inconnu au connu; la méthode synthétique va du connu à l'inconnu ; — 2° En morale. Supposons qu'on ait à résoudre cette question : L'institution de l'esclavage est-elle conforme à la morale'.' L'analyse établira successivement que l'esclavage, en privant l'homme de sa liberté individuelle, en fait un instrument au service de l'intérêt ou de la passion d'autrui, qu'il lui enlève ainsi la faculté d'employer sa vie à la pratique de ses devoirs et à l'exercice de ses droits, qu'il l'empêche par conséquent de réaliser sa destinée naturelle, qu il est par là même contraire à ce principe fondamental de la morale, que l'accomplissement de notre destinée naturelle est obligatoire. La synthèse, par un procédé opposé, déduira de ce principe

Ïue l'esclavage est contraire aux règles les plus essentielles e la morale. Voy. déduction, démonstration. Quant à l'induction, si elle se borne à énumérer les éléments des faits observés, elle est évidemment une analyse. Mais les sciences expérimentales n'avanceraient guère si, après avoir décomposé les choses jusque dans leurs dernières parties, on ne formait, en s'appuyant sur l'analogie, des hvpothèses qui expliquent leurs rapports et dont on vérifie les conséquences par de nouvelles expériences; ces hypothèses sont des moaes d'assemblage ou de combinaison, par conséquent elles sont œuvre de synthèse. Voy. analogie, INDUCTION, hypothèse.

On dit ordinairement que l'analyse est la méthode d'investigation et d'invention, et que la synthèse est la méthode d'exposition et d'enseignement. 11 serait plus juste de dire que, dans le grand nombre des cas, ces deux procédés sont inséparables, et concourent pour donner une connaissance complète des objets (Voy. méthode). — Voir aussi Ravaisson, la Philosophie en France au xix' s.. § 56.

En Grammaire, V Analyse étudie le discours dans tous ses éléments, et chaque élément sous tous ses aspects ; elle est dite logique, quand elle décompose une phrase en propositions, une proposition en ses éléments constituants, sujet logique, attribut logique, verbe; grammaticale, quand elle prend chaque mot à part pour en faire connaître respèce, etc. La syntaxe remplit le rôle de synthèse.

analyse chimique! On distingue : r.4. qualitative, qiùrecherche la nature des parties constituantes d'un composé, et r.4. quantitative, qui recherche les proportions dans lesquelles ces parties sont combinées. — L'-4. qualitative consiste, en général, à provoquer à l'aide de substances appelées réactifs [Voy. ce mot) des diangements apparents, soit d'état, soit de couleur. Les opérationà de r.4. quantitative doivent être combinées de manière à séparer chaque élément sous une forme qui permette d'en prendre le poids exact. Dans l'une comme dans l'autre de ces analyses, on peut employer deux procédés, la voie sèche et la voie numide. Dans le premier, le composé et le réactif sont mis en présence à l'ctat solide et soumis à l'action de la chaleur; dans le second, le réactif est em-

[doyé à l'état de dissolution : ici encore on distingue, pour e "dosage, 1'^. par précipitation et r.4. par liqueurs titrées ou A. volumétrique, due à Gay-Lussac. Dans la première, on détermine par la balance le poids de diverses substances à doser; dans la seconde, ce poids se calcule d'après le volume nécessaire d'une liqueur titrée d'avance

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