‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 665 sur 1729 · FORCE · texte numérisé non relu

FORCE

en différentes catégories, suivant leur état physiaue : F- lamelleiise, grenue, caverneuse, etc. La fonte de fer peut renfermer divers corps à l'état d'impureté : soufre, phosphore, sihcium, manganèse. Chacun de ces corps lui communi(jue des propriétés différentes. On recherche les fontes siliceuses ou manganésifères pour la fabrication du fer ou de l'acier. — On donne le nom de fonte malléable à une fonte sans soufre ni phosphore, et peu siliceuse, très fluide, que l'on préparc au creuset de graphite pour couler en moules le sable et faire divers objets : clefs, éperons, boucles, etc. On les recuit dans du minerai de fer anhydre, ce qui les décarbure et les rend malléables.

La fonte de fer, soumise aux opérations du puddlage, de l'affinage, etc., donne le fer et l'acier.

Les chimistes se demandent encore dans quel état le charbon s'associe au fer pour le transformer en fonte, s'il est combiné, ou simplement mélangé, ou bien dissous dans des conditions analogues à celles de l'alliage. MM. Troost et Hautefeuille ont fait usage d'im procédé nouveau dans l'étude de cette question, l'observation calorimétrique. En agissant sur la fonte avec le perchlorure de mercui'e, ils ont noté des effets calorifiques qui prouvent évidemment que le carbone fait partie de la fonte à l'état de dissolution.

On donne le nom de fonte moulée à la fonte convertie en ustensiles de toute espèce, pièces de mécanique, grilles, balcons, plaques de cheminée, tuyaux de conduite, colonnes, etc. Tous ces objets sont coulés dans des moules en sable.

En Typographie, on appelle fonte l'ensemble des lettres, ponctuations, chiffres fondus sur un seul corps et formant un poids déterminé : par ex., fonte de 50 kilos d italique corps 9, de 400 kilos de romain. Le nombre de chaque lettre ou signe entrant dans une fonte varie suivant la langue à imprimer. Mettre à la fonte se dit des caractères hors d'usage, destinés à être refondus.

roxTEs (du b.-lat. funda, bourse), étuis en cuir que l'on fixait à l'arçon de la selle pour y mettre des pistolets. On a conservé ce nom aux poches en cuir souple qui les ont remplacés et qui servent à divers usages.

FONTICULE [du \a.i. fonticulus). l'ej/. cautère.

FONTINALE (du lat. fontinalis), genre de la famille des Mousses : urne latérale, presque sessile; péristome double, 16 dents extérieures, 16 cils intérieurs; coiffe campaniforme. Ces mousses croissent dans tous les ruisseaux. La F. incombustible, dont la tige rameuse est longue de plus de 0°',40, et qui flotte à la surface des eaux courantes, doit son nom à la propriété qu'elle a de brûler très difficilement, sans doute à cause de l'humidité dont elle est pénétrée.

FONTIS ou FONDIS, éboulement de terre dans ime carrière, sous un édifice, etc.

FONTS BAPTisMArx. Voy. baptême.

FOOTBALL (jeu dc), sorte de jeu de ballon très populaire en Angleterre. Il se joue avec le pied et cesse quand le ballon a atteint un but désigné, ou franchi une limite détenninée. C'est un exercice violent et même dangereux.

FOR (du lat. forum). Ce mot désignait autrefois une juridiction. On opposait ïc for intérieur, tribunal de Dieu ou de la conscience, au for extérieur, ou tribunal des hommes. La première expression est seule usitée auj. — Voy. for-l'évêqce, p. 669, col. 2.

FORAGE (de forer), se dit de l'action de creuser dans une pièce métalhque un trou cylindrique avec un outil appelé foret. L'outil doit être animé d'un mouvement de rotation et de translation. — On donne aussi le nom de forage à l'action de creuser un puits dans le sol avec des instruments qui permettent de traverser une épaisseur de terrains de plusieurs centaines de mètres [Voy. puits artésiens). — On appelle forage instantané im système de forage rapide dû à l'Américain Korlon, On se sert d'un tube foreur en acier que l'on enfonce dans le sol à l'aide d'un mouton jusqu'à la rencontre de la nappe d'eau cherchée.

forage [du lat. forum, marché), droit seigneurial que levait le seigneur quand ses vassaux vendaient en détail ou en gros du vin ou toute autre boisson.

FORAIN (du b.-lat. foraneus, de foras, dehors). On appelle marchand forain ou simplement forain un marchand qui n'est pas étabh à poste fixe au heu où il fait son négoce, et qui court les villes, les villages, les marchés, les foires, pour vendre sa marchandise. — Il y avait autrefois au Ghàtelet une chambre foraine, devant laquelle

on appelait les débiteiu^ non domiciliés. — On nommait traite foraine un impôt mis à la sortie des marchandises d'un territoire détermmé. — On appelait docteurs forains ceux qui ne résidaient pas dans le lieu de l'Université. — On nommait encore forains ceux qui, possédant des biens dans la terre du seigneur, demeuraient ailleurs.

Dans la Marine, on nomme rade foraine une rade mal fermée, ceinte en partie par des terres plus ou moins élevées, ouverte aux vents et à la mer.

FORAMINÉ(du lat. foramen, trou), se dit, en Histoire naturelle, des corps qui offrent un ou plusieurs trous, ou qui sont composés de cellules tubuleuses.

FORAMINIFÈRES (du lat. foramen, trou, et fero,

fDrter), animaux microscopiques de l'embranchement des rotozoaires : corps protoplasmique, globuleux, sans organes intérieurs visibles et munis extérieurement de filaments sarcodiques contractiles, servant de moyen d'attache et d'appareil locomoteur ; test calcaire élaboré dans celte masse rudimentaire et composé d'une ou de plusieurs loges communiquant entre elles par un petit orifice, et de forme très variable. Les espèces vivantes sont très nombreuses dans les mers des contrées chaudes ; les espèces fossiles sont si raultiphées que certains terrains, comme le calcaire à nummulites, en sont en grande partie composés. Aie. d'Orbigny, qui a particulièrement étudié ces petits animaux, les divise, d'après le nombre et la forme de leurs segmenls, en 7 ordres : Monostègues (genres principaux : Orbuline, Ooline, Gromie), Cyclostègues (Orbitolinej, Stichosiègues (Frondiculaire), Hélicostègues (Robuline, Fusulide, Nuinmulite, Chrysalidine), Entomostcgues , Enallostègues (Textulaire) , Agathistègues (Miliole, etc).

FORBAN (c.-à-d. hors ban, bandit). Voy. phiate.

FORBICINE. Voy. lépisxe.

FORÇAGE, se dit, en Horticulture, de la cultive des primeurs et des cultures faites à contre-saison. On l'applique aux plantes à fleui's, aux plantes légumières, aux arbres fruitiers, etc. Voy. terre et couches.

FORÇAT, criminel condamné aux travaux forcés {Voy. bagne et galères). On appelle ybrça/ libéré celui qui a été rendu à la liberté après l'expiration de la peine à laquelle il avait été condamné. Les forçats libérés, qui sont le fléau de la société, sont en surveillance et ne peuvent quitter la résidence qui leur a été assignée. En cas de rupture de ban, ils sont transportés (Décret du 8 déc. 1851). — Des lois récentes ont eu pour but : 1° de maintenir loin du territoire continental les condamnés aux travaux forcés qui ont achevé leur peine ; 2° de permettre la relégation aux colonies des conaamncs récidivistes.

FORCE (du b.-lat. fortia, de fortis). En Philosophie, on entend par force : 1° une substance active ( Voy. Lue, substance) ; 2° la puissance d'agir [Voy. activité) ; 3" une manifestation instantanée de cette puissance, comme l'effort volontaire. — L'âme humaine possède deux modes d'action, l'activité interne et l'activité externe : par la 1", elle se modifie elle-même, en prenant une détermination volontaire ou en appliquant son intelligence à un objet (attention, réflexion) ; par la 2*, elle modifie le corps auquel elle est imie, en y excitant un mouvement par l'intermédiaire des nerfs qui mettent en jeu les muscles. C'est cette puissance qu on nomme en Psychologie force motrice. Leibniz en me la réalité [Voy. causes occasios- KELLES, harmonie PRÉÉTABLIE) ; mais uuc obscrvatiou impartiale des faits démontre son existence : 1" Quand nous déterminons dans notre corps un mouvement, nous avons conscience de le vouloir et nous éprouvons en même temps la sensation du mouvement exécuté ; 2° en touchant un objet extérieur, nous percevons la résistance qu'il nous oppose, et nous acquérons ainsi la notion d'une force qui limite la nôtre; pour que nous percevions cette force, il faut que notre volonté détermine dans l'organe un mouvement qui soit arrêté par l'objet extérieur ; 3° enfin, l'âme ne pourrait agir sur le corps et le corps sur l'âme, si ces deux substances différentes n'avaient une propriété commune, la force motrice, par laquelle elles fussent en rapport entre elles. — Consulter : Maine de Biran, Œuvres ; Garnier. Traité des facultés de l'âme; H. Martin, les Sciences et la Philosophie (Essai iv, § 2).

En Mécanique, on nomme force une cause quelconque qui met un corps en mouvement ou modifie son mouvement. On distingue : 1" les forces oui agissent dans un corps en repos (F. de pression, de tension, dites F. mortes) ; eUes peuvent être mesurées par un poids ;

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