MASSE, MOUVEMENT, PUISSAKCE, TRAVAIL
En Physique, on admet, non pas précisément pour expliquer les phénomènes, mais plutôt pour les exprimer plus commodément, l'existence de certaines forces, telles que les F. de cohésion, d'affinité, d'attraction, de Gravitation, la F. électromotrice, etc. [Voy. ces mots). i)ire par ex. qu'il existe entre deux corps une force attractive, c'est au fond dire simplement qu'ils s'attirent, et la mesure de la force attractive est la mesure de la force qu'il faut leur appliquer pour les maintenir séparés. Pour les hypothèses qu'on a faites à cet égard, voy. matière.
FORCE. Voy. camisole, jambe, prison.
FORCE armée. Voy. force publique.
force centrifuge, force centripète. Voy. centrifuge et centripète.
force majeure, force à laquelle il n'est pas possible de résister. L'art. 64 du Code pénal, et les art. 1148, 1739, 1929 et 1954 du Code civil font connaître tous les effets de cette circonstance. Voy. cas fortuits.
FoncE morale, une des quatre vertus cardinales. Elle consiste dans cette énergie de la volonté, cette élévation de l'âme qui est supérieure à la bonne et à la mauvaise fortune et ne recule devant aucun sacrifice pour faire le bien. Il ne suffit pas de commander à ses passions et de résister à la douleur (selon le précepte des stoïciens : abstiens-toi et supporte), il faut encore agir, accomplir la loi universelle et absolue du travail, Ipi souvent méconnue chez les anciens par suite des préjugés nés de l'esclavage. Le travail, nécessaire au perfectionnement de l'âme aussi bien qu'à la conservation du corps, constitue un des plus solides fondements de la moralité individuelle et de l'ordre social. De même que l'oisiveté et la mollesse énervent les organes de l'homme et ses fafultés ; de même une activité régulière et soutenue le rend utile à ses coucitoyens aussi bien qu'à lui-même et développe les qualités indispensables au courage civil et au courage militaire. Le premier rend le citoyen et le magistrat inaccessibles à la corruption et à la peur, fidèles à la raison et à la loi. Le second anime le soldat qui défend l'honneur et l'indépendance de son pays. Sous ces deux formes, la force d'âme doit prendre pour règle la définition stoïcienne : « Le courage est la vertu qui combat pour l'équité ». Consulter Cicéron, Des Devoirs, I, 18-26.
FORCE motrice. Voy. moteur et ci-dessus force.
FORCE publique, nom sous lequel on réunit tous les corps armés et les agents chargés de maintenir l'oidre public et de veiller à l'exécution des lois et à la défense du pays. — Les dépositaires de la force publique ne peuvent en faire usage que s'ils ont à repousser des violences ou voies de fait contre leurs personnes, ou s'ils y sont expressément autorisés par un magistrat civil et, dans ce cas même, après les formalités prescrites [Voy. attroupement). Sont punisnissables, et l'emploi illégal de la force pubHque, et le refus d'agir de la part d'agents de la force publique légalement requis (C. pén., art. 91 et suiv., 189 et 234). Les insultes et les violences contre les agents de la force publique sont également punis suivant leur gravité (art. 209- 233). Tout citoyen est tenu de prêter main-forte aux agents de la force publique (art. 475). Voy. armée, garde nationale, gendarmerie, garde champêtre, police, etc.
FORCE VITALE. Toi/. VIE et VITALISME.
FORCE VIVE. En Mécanique, la force vive d'un point matériel est le produit de la masse de ce point par le carré de sa A'itesse : f= mv*. La force vive d'un corps est la somme des forces vives des points matériels qui le composent.
FORCES, sorte de grands ciseaux dont les deux branches sont unies par une portion de cercle qui fait ressort et en
facilite le jeu. On s'en sert pour tondre les draps. On les nomme aussi tondeuses.
FORCEPS, mot latin qui signifie tenaille, désigne un instrument de Chirurgie , qui sert d'auxiliaire dans les accouchements laborieux. Il est composé de deux branches, dont les extrémités se recourbent en forme de cuiller évasée et percée à jour. Le forceps paraît avoir été inventé au XVII* siècle en Angleterre par Chamberlcyn et Drinkwatcr, qui eurent le tort de l'exploiter secrètement ; car l'honneur de la découverte est généralement attribué à Palfinde Gand (1721). La forme primitive de cet instrument a été modifiée de mille manières.
FORCIPRESSURE, en Pathologie, hémostase des artères par compression.
FORCLUSION (du lat. forclusio], se dit, en Droit, de la déchéance d'un droit que l'on a encourue pour n'avoir pas exercé ce droit en temps utile. Ce mot s'applique surtout à la déchéance encourue dans une contribution ou dans un ordre par le créancier qui n'a pas produit ses titres dans le temps légal ; ce créancier est dit alors forclos. — Juger par forclusion, c'est juger une affaire sur les pièces d'une seule partie, parce que l'autre est forclose, ayant laissé écouler le délai fixé par la loi pour présenter les siennes.
FORESTIER, se disait jadis de tout officier ayant juridiction dans une contrée forestière. — Voy. garde.
Administration forestière. Elle dépend du ministère des Finances. Elle se compose : à Pans, d'un directeur général qui a sous ses ordres les bureaux de l'administration centrale et 6 inspecteurs généraux qui forment le conseil d'administration; dans les départements, de 32 conservateurs administrant autant d'arrondissements forestiers ; ces derniers ont sous leurs ordres des inspecteurs, des gardes généraux et des gardes forestiers. Les chefslieux d'arrondissements forestiers sont aujourd'hui : Paris, Rouen, Dijon, Nancy, Amiens, Troyes, Epinal, Châlons, Besançon, Lons-le-Saunier, Grenoble, Alençon, Bar-lc-Duc, Màcon, Toulouse, Tours, Bourges, Moulins, Pau, Bennes, Niort, Carcassonne, Aix, Nîmes, Aurillac, Bordeaux, Ajaccio, Chaumont, Vesoul, Chambéry, Nice et Gap.
Code forestier, ensemble des mesures qui régissent l'administration des forêts : il a été promulgue le 31 juillet 1827, et complété par les ordonn. des \" août 1827. 23 juin 1830, 26 nov. 1836, 12 fév. 1840; la loi du 18 juin 1859 et le décret du 22 nov. 1859.
École forestière de Nancy, école créée le 26 août 1824; elle reçoit clianuc année après examen un nombre d'élèves qui varie de 20 à 30. L'Ecole forestière se recrute uniquement (depuis un décret de 1890) parmi les élèves sortante de l'Institut agronomique de Paris. Le séjour à l'école est de 2 ans : on v enseigne la sylviculture, l'histoire naturelle, les mathématiques, la législation forestière, le dessin, etc. A leur sortie de l'école, les élèves sont nommés gardesgénéraux stagiaires.
FORET (du lat. forare], instrument pour forer des trous dans le bois, la pierre ou les métaux. II y en a de toute dimension, depuis le foret du marchand de vin, qu: sert à percer les tonneaux, jusqu'à ceux qu'on emploie pour creuser les canons; ceux-ci sont en acier trempé; ils ne font qu'exercer une forte pression sur la pièce, qui tourne elle-même et se creuse en tournant. On distingue : le foret propr. dit ou perçoir, le F. langue de carpe. et le 7'^. langue d'aspic. Ces deux derniers percent toujours en tournant; on les manœuvre à l'aide d'un archet ou d'un vilebrequin.
FORÊTS (du b.-lat. foresta, du lat. foris, dehors). On appelle forêt une grande étendue de terrain plantée d'arbres ; quand elle est de moindre étendue, on 1 appelle bois [Voy. ce mot). Les essences d'arbres les plus généralement répandues dans nos forêts sont : le chêne, l'orme, le hêtre, le frêne, le bouleai:, l'aune, le tremble, le pin, le sapin. Les forêts ne servent pas seulement de parure à la terre, elles assainissent l'air en y répandant de l'oxygène, gaz vital, tandis qu'elles absorbent l'acide carbonique, gaz délétère. Elles ajoutent de l'humus au sol, condensent les vapeurs atmosphériques, et régularisent la température. La France possédait autrefois beaucoup plus de forêts qu'aujourd'hui : cependant elles occupent encore près de 8 millions d'hectares, dont plus d'un million appartient à l'Etat.
Les forêts naturelles sont dites forêts vierges lorsque l'homme n'y a pas encore porté la cognée. L'antique Germanie était couverte de forêts vierges ; on en trouve encore