‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 716 sur 1729 · DÉCLAMATION, MIMIQUE · texte numérisé non relu

DÉCLAMATION, MIMIQUE

Dans le vieux français, gestes est synonyme d'exploits : de là les titres de Gesta Romanoruni, Gesta Dei per Francos, donnés à des collections de récits plus ou moins véridiques, composés au moyen âge. — On appelait Chansons ae gestes, d'anciens poèmes traitant des actions {de geslis) des héros nationaux, et reproduisant, sans doute en les amplifiant, des cantilènes plus anciennes encore, comme celles dont on trouve quelques débris dans les poésies populaires latines du moyen âge. Ces poèmes se chantaient; ils étaient ordinairement écrits en grands vers de 10 ou de 12 syllabes, partagés en stances monorimes. On cite en ce genre : la chanson de Garin le Loherin (la plus ancienne connue), la chanson de Roland, celles de Guillaume au court nez, de Renaud de Montauban, de Gérard de Roussillon, etc.

GESTION (du lat. gestio). Ce mot, en Droit, est à peu près synonyme d'administration et désigne l'ensemble des actes relatifs au patrimoine soit du gérant, soit d'un tiers ; ainsi l'on dit : la gestion d'un tuteur, d'un syndic. — La

{\estion d'affaires est le fait par une personne de gérer es alTaires a'autrui sans en avoir reçu mandat. Le gérant d'all'aires n'a droit qu'au remboursement des dépenses qui ont été utilement faites par lui ; il doit, en cas de mort de la personne, continuer l'affaire dont il s'est volontairement chargé, jusqu'à ce que les héritiers puissent en prendre la direction. Si, par faute ou négligence de sa part, sa gestion donne lieu à des dommages-intérêts, le tribunal peut prendre en considération les circonstances qui l'ont conduit à se charger de l'affaire (C civ., art. 1372-75). GEUM, nom latin botanique du genre benoîte. GEX (fromage de). Voy. fromage.

GEYSER ITE, variété d'opale grossière, déposée par les eaux rejetées des geysers (Voy. opale).

GEYSERS (d'un mot islandais), sources bouillantes intermittentes, jaillissant souvent à une grande hauteur, du centre d'un bassin circulaire, situé au sommet d'un cône très surbaissé. L'eau des geysers contient d'ordinaire en dissolution de la silice qui se dépose sur le sol à l'état d'opale, c.-à-d. de silice hydratée, et forme autour de leurs cratères des monticules et des couches d'une assez grande étendue. On explique de la manière suivante le phénomène des geysers intermittents. L'eau est contenue dans une sorte de puits naturel, dont les profondeurs communiquent avec les canaux souterrains du volcan ; par suite, cette eau est échauffée et sa température décroît graduellement depuis le fond, où elle est supérieure à 100°, jusqu'à l'ouverture, où elle est inférieure. Lorsque quelques bulles de gaz ou de vapeur se forment au fond du puits, elles soulèvent toute la colonne, et alors les couches d'eau profondes, étant déchargées d'une partie de la pression qui les maintenait liquides, se vaporisent instantanément et pro-

jettent au dehors toute l'eau qui est au-dessus d'elles. Cette eau lancée dans l'atmosphère se refroidit ; retombant ensuite dans le bassin qui surmonte le puits, elle y rentre en refroidissant l'eau qui y est restée, de sorte que la vapeur cesse momentanément de se produire, jusqu'à ce que la chaleur du sous-sol volcanique ait rétabli une température assez élevée. L'éruption recommence alors. — Les geysers les plus célèbres sont ceux de l'Islande, mais ceux de la NUe- Zélande et du Parc National du Yellowstone, aux Etats- Unis, présentent des proportions beaucoup plus considérables.

GHAZEL ou CAçiDA, nom donné par les Arabes à leurs pièces de poésie sentimentale ou guerrière. Voy. divan.

GIAOUR (c.-à-d., en turc, mécréaiit), terme de mépris appliqué par les Turcs à tous ceux qui ne professent pas l'islamisme.

GIAROLE, oiseau. Voy. glaréole.

GIBBAR, Balœna physalus, espèce de Baleinoptère. Voy. rorqual.

GiBBIE (du lat. gibbus, bosse), Gibbium, genre d'Insectes, de l'ordre des Coléoptères pentamères, famille des Serricornes, qui ont, au premier aspect, l'apparence de grosses puces : tête petite, abdomen globuleux, corselet très court. Le G. scotias, espèce-type, est d'un brun rouge très luisant; élytres transparents, pattes et antennes couvertes d'un duvet jaunâtre : il fait de grands dégâts chez les herboristes et dans les herbiers.

GIBBON, Hylobates, genre de Mammifères, de l'ordre des Quadrumanes, particulier à l'Inde et aux îles voisines, fait partie du groupe des Singes anthropomorphes, et est le plus inférieur de tous. 11 commence à présenter des callosités fessières; sa taille ne dépasse pas 1 m. 50; son corps est garni d'une fourrure épaisse ; ses bras sont assez allongés pour que dans la marche il puisse les employer à la façon de béquilles. Les Gibbons sont doux, timides, et en vieillissant ils ne perdent pas leur caractère de douceur. Le G. siamang [H. syndactylus) a le 2° et le 3" orteil réunis; une poche, en communication avec son larynx, lui permet de faire entendre son cri à des distances considérables. Ce singe est commun dans les forêts de Sumatra : on en rencontre des troupes nombreuses conduites par un chef que les Malais croient invulnérable. Ainsi réunis, ils saluent le soleil à son lever et à son coucher par des clameurs épouvantables. On distingue en outre le G. entelloïde, le G. noir {H. lar), le G. de Raffles, le G. nourou [H. leucogenys), le G. cendré {H. leuciscus), etc.

GIBBOSITÉ (du lat. gibbosus), difformité qui résulte de la courbure de la colonne vertébrale {Voy. bosse). La gibbosité est congéniale ou accidentelle : dans ce dernier cas, elle arrive principalement dans le premier âge et chez les enfants raehitiques, scrofuleux, mal nourris, habitant des lieux froids, humides et obscurs; elle se manifeste ordinairement à l'époque du sevrage {Voy. rachitisme). Le plus souvent, les os finissent par se consolider dans la positicm qu'ils ont prise, et la gibbosité devient une sorte de guérison; mais lorsque le ramollissement et la courbure font des progrès, il en résulte une compression de la moelle épinière qui peut entraîner la paralysie et la mort. — Cette déformation est le symptôme d'alfections variables. On la rencontre dans le rachitisme de la colonne vertébrale. dans le mal de Polt ou affection tuberculeuse des vertèbres, enfin dans la scoliose essentielle, que l'on voit souvent se développer surtout chez les jeimes filles au momoi^ de l'adolescence. Dans ce dernier cas, la bosse ou gibbosité est due surtout à l'omoplate soulevée par les côtes re jetées en arrière, du côté où le rachis présente une convexité. En avant, les côtes sont au contraire soulevées du côté opposé et forment une nouvelle gibbosité. Les bossus sont sujets aux maladies du poumon et du cœur; on en voit beaucoup cependant atteincfre un âge avancé. On combat la gibbosité chez les jeunes sujets par des moyens mécaniques. Voy. gymnastique et orthopédie. — La gibbosité du mal de Polt est médiane au lieu d'èlre latérale. Elle n'est pas arrondie, mais généralement plus aiguë. Elle résulte de la destruction d'un ou plusieurs corps vertébraux qui s'alTaissent et mettent en contact des corps vertébraux normalement séparés. La consolidation peut alors s'opérer. L'extension continue, les corsets plâtrés, etc., sont les moyens de traitement.

GIBBSITE ou hydrargillite (AI*0^.3H*0), minéral blanchâtre ou verdâtre, qui se trouve en masses mamelonnées dans une mine de manganèse à Richcmont (Etals-Unis).

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