‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 73 sur 1729 · ANNEAU · texte numérisé non relu

ANNEAU

l'animisme a revêtu des formes assez différentes dans i riiisloire des sciences. D'après Aristote, l'âme est ïentélé- \ hic d'un corps organisé ayant la vie en puissance y on. E.NTÉi.ÉcHiE^. Au moj'en âge. cette tliéorie a été con- ! viliee avec la lliéologie par Albert le Grand, St Thomas i -d'Aquin et Dans Scot. et leur doctrine, très différente de i celle d'Aristote, quoiau'elle en garde le langage, est comme j résumée dans cette définition dogmatique des conciles généraux de Vienne (1511^ et de Latran 1512) : « La sub- ] «lance de l'âme raisonnable est vraiment par elle-même et essentiellement la forme du corps humain ». [Voy. forme.) Dans les temps modernes, l'insuflisance du mécanisme imaginé par Descartes pour bannir les causes occultes de la scolaslique conduisit Stahl à admettre que l'âme ne produit pas seulement les opérations intellectuelles, mais qu elle préside encore à toutes les fonctions, même les plus intimes, de l'économie vivante. Cette doctrine, éclipsée un temps par l'organicisme, a repris faveur de nos jours; mais ses partisîuis reconnaissent que Stahl a interprété les faits souvent d'une manière arbitraire, et ils enseignent, contrairement à son opinion, que l'action vitale de l'âme est involontaire et inconsciente. — Voy. : Saisset, l'Anne et la vie; Alb. Lemoine, Stahl et l'animisme: Lélul. Physiologie de la pensée: Bouillier, Du principe vital et de l'âme pensante; Ravaisson, la Philosophie en France au xi^' siècle: H. Martin, les Sciences et la philosophie.

ANIS du gT. àviTOv). Pimpinella anisum, espèce du genre Boucage, famille des Ombellifères, tribu des Amminées, caractérisée par son fruit réticulé cl le peu de durée de sa tige, qui est annuelle. L'anis est originaire d'Egyple ; on le cultive eu grand aux environs d'Angers et •de Bordeaux, en Espagne et en Orient. Ses graines aromatiques exhalent une odeur agréable : en Italie et en Allemagne, on les mêle avec le pain ; elles entrent aussi dans la confection de quelques pâtisseries. Les dragées d'anis sont estimées, surtout celles de Verdun et celles ae Flavigny. ainsi que la liqueur d'anis ou anisette : l'anisette de Bordeaux et celle d'Amsterdam sont les plus renommées. On emploie Vanis vert en médecine comme stomachique, apél'ilif cl carminalif. On en retire une huile grasse odorante et une huile essentielle bleue [essence d'anis] qui sert quel- •quefois à teindre l'eau-de-vie.

On nomme : Anis acre oxxA. aigrie une espèce de Cumin ; .4. de Paris, une variété de Fenouil dont on se sert en giiise d'anis vert: A. étoile, la Badiane de la Chine, qui sert aussi à fabriquer l'anisette.

ANISETTE. Voy. ams.

ANISIQUE (acideI, dit aussi acide dracique, ou A. draconique. acide incolore, solide et cristallisé, qui se produit par l'action de l'acide nitrique sur l'essence d'anis et l'essence d'estragon ; il ressemble beaucoup à l'acide benzoïque et donne des anisates cristallisés. Il existe aussi un aldéhyde anisique correspondant. L'acide anisique a été découvert en 1841 par Cahours.

ANISOCARDIA (du gr. àv:To;. inégal, et xapôia. cœur), ou APOCARDU, genre de Mollustjues acéphales, de l'ordre des Orthoconques intégropalléales, famille des Cardidées, créé pour un fossile de l'étage kimméridien du Havre : coquille mince et renflée, à crochets proéminents très recourbés, et qui porte à la charnière, sur sa valve gauche, 2 dents cardinales inégales et divergentes séparées par une fosselto, et une dent latérale assez courte.

ANISOPLIE du gr. aviso; et ôtXt,, ongle:, genre d'Insectes, de l'ordre des Coléoptères pentamères, famille des Lamellicornes, tribu des Scarabéides, et très voisin des Hannetons.

ANISOTROPIE. Voy. isoTROPiE.

ANKÉRITE. variété ferrifère de dolomie [Voy. ce mot.)

ANKYLOSE du gr. àyxj awsi; . suppression (A. complète) ou diminution .\. incomplète des mouvements normaux d'une jointure. Elle résulte le plus souvent de l'inflammation de l'articulation elle-même (A. vraie', ou des parties molles périphériques (A. fausse), ou encore, comme chez les vieillards, d'une tendance particulière à l'ossilication. On ne doit pas toucher aux A. succédant aux tumeurs blanches si le membre est dans une bonne attitude. Les A. incomplètes sont traitées par la mobilisation progressive, ou le redressement brusque sous le chloroforme s'il y a attitude vicieuse. Les A. complètes peuvent êtres traitées par rupture de l'os (ostéodasie) ou résection d'un fragment osseux ^ostéotomie) .

ANNABERGITE. syn. de sickelocre.

ANNALES. C'est proprement la relation simple, impar-

tiale et sans jugement des faits qui se passent chaque année: les annales servent à la formation des histoires. Les plus anciennes annales connues sont celles de la Chine, (jui remontent au règne de Fo-hi 5000 av. J.-C). Los plus célèbres sont : chez les Grecs, celles des Athéniens, écrites sur les marbres dits de Paros ou d'Arundet; chez les Romains, les Annales maximi, qui servirent à l'histoire de Rome : le soin de les rédiger était une des fonctions du grand pontife : il les écrivait sur des tablettes de Iwis et les exposait sur le mur extérieur de sa maison : c'est ce qui les a fait aussi appeler Annales ponlificum. Cette coutume, dont on ne connaît pas le point de départ exact, subsista jusqu'en 152 av. J.-C. [Voy. chromque). — On a étendu le nom d'annales à des histoires suivies : on connaît surtout sous ce titre les Annales de Tacite, qui embrassent l'histoire des événements qui eurent lieu depuis la mort d'Auguste jusqu'à celle de Néron.

On a donné aussi le nom d'Annales à des recueils scientifiques ou artistiques, paraissant périodiquement comme les Revues, par exemple les Annales de physique et de chimie, les .-1. des mines, etc.

ANNE, 265« petite planète, trouvée le 25 février 1887 par Palisa à Vienne. Voy. planètes.

ANNEAU du lai. annulus'^ ou bagce. Cet ornement fut en usage dès la plus haute antiquité : on le trouve chez les Assyriens, les Egyptiens, les Hébreux, les Perses, les Grecs, les Romains, les Gaulois, etc. Chez quelques-uns de ces peuples il dut être primitivement un signe d'autorité ou de distinction, mais le luxe oriental en répandit vile l'usage dans les deux sens. On voit aussi l'anneau servir de cachet presque dès son apparition. A Rome l'histoire de l'anneau a une importance particulière, parce qu'il servit longtemps à distinguer les différents ordres. Dans les premiei-s temps, les sénateurs envoyés en mission près des nations étrangères avaient seuls le droit de porter l'amieau d'or. Il devint bientôt le signe distinclif de la noblesse, puis même les sénateurs plébéiens eurent le droit de le porter. Peu à peu il s'étendit aux diverses classes de chevaliers. Les généraux, les consuls eurent le droit de l'accorder en récompense de faits de bravoure. Et les abus devinrent en peu de temps si nombreux, qu'à l'époque des empereurs il y eut à ce sujet plusieurs décrets, qui d'ailleurs restèrent à peu près lettre morte. On finit par le permettre aux riches affranchis eux-mêmes, et sous Seplime Sévère et Aurélien tous les soldats y eurent droit, et il cessa ainsi, par tous ces empiétements, tl'êlre une distinction. Cependant l'anneau de fer demeura toujours la marque caractéristique des esclaves. Quant aux anneaux d'argent, d'ambre ou d'ivoire, enrichis de pierres précieuses, sur lesquels pouvaient se graver différents emblèmes destinés à servir de cachets [A. sigillarii\ leur usage ne tarda pas à se généraliser, le mari en donnait un à son épouse le jour des fiançailles [A. nuptialis ou sponsalitius], usage qui s'est aussi maintenu chez les modernes [alliance).

L'anneau du pécheur est un anneau ou sceau avec lequel sont cachetés les brefs apostoliques. Il porte limage de St- Pierre (qui fut lui-même pêcheur) assis dans sa barque, et le nom du pape pour qui il a été fait. L'anneau épiscopal doit sans doute son origine à la fréquence de l'usage des anneaux aux premiers siècles de l'ère chrétienne. Ce ne doit être qu'entre le w et le W siècle qu'il doit être un signe caractéristique de la dignité épiscojiale et ensuite même vers le xiii' siècle de la dignité abbatiale. L'anneau épiscopal doit être en or pur, avec chaton formé d'une pierre précieuse. Les cardinaux ont aussi l'anneau, mais ils y

quent les prières liturgiques. Pour l'histoire des bagues à toutes les époques, on trouve de complets enseignements, particulièrement sur le sens des sujets gravés sur la nierre des bagues ou la tablette qui en tient la place et sur les si-

Fnifications symlwliques et mystiques des anneaux, dans Histoire des bagues à toutes les époques de M. l'abbé Barrand, qui fut insérée en 1864 au Bulletin monumental de M. de Caumont.

Il reste à dire un mot des anneaux enchantés des contes mvthologiques. Les plus célèbres sont l'anneau de Gvgès dont il suffisait de tourner le chaton pour devenir invisible, et l'anneau d'Aladin, des Mille et une hmi/». qui appelait au service de son possesseur, les génies d'ordinaire invisibles, doués d'un pouvoir suf les éléments et les hommes.

Page 1