‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 737 sur 1729 · GRAVURE · texte numérisé non relu

GRAVURE

«rincs. Ces gravcUes se composent ordinairement d'acide uriuuc. Le régime végétal, les boissons diurétiques ou alcalines, certaines eaux minérales, surtout celles de Contrexé\ ille, sont recommandés aux personnes menacées de cette allcction. Quelquelois les graviers sont formes d'oxalate de chaux : de là la nécessité pour certains individus de s'abstenir d'oseille, de tomates, de fruits acides. Enfin la gravelle est parfois constituée par des phosphates [Voy. goutte). Lorsque les concrétions urinaires sont trop grosses

Îour traverser l'urètre, elles prennent le nom de calculs. 02/. ce mot.

GRAVES (comme arèves), nom donné, dans le département de la Gironde, à des terrains en plateaux et en collines et qui sont formés de graviers, de sanle et d'argile ; ils fournissent d'excellents vins.

GRAVEUR. Voy. gravure.

GRAVIER [du lat. gravis), sable à gros grains, mêlé de galets, que charrient les fleuves et les rivières et qui provient de la désagrégation des roches encaissant les cours d'eau dans leur partie supérieure.

GRAVIMÈTRE, synom. A' Aréomètre. Voy. ce mot.

GRAVITATION (du lat. gravis), syn. d'Attraclioti. Voy. ce mot.

GRAVITÉ (du lat. gravitas), force qui serait la cause de l'attraction des corps matériels. La pesanteur est un cas particulier de la gravité.

GRAVOIR (de graver), platane ronde, tranchante et dentelée, avec laquelle les Lunetiers tracent, dans la châsse de leurs lunettes, la rainure où se place le verre et qui le retient.

GRAVURE (de graver). Ce mot désigne à la fois et l'art qui consiste à tracer des dessins ou des figures sur matières dures, le plus souvent pour être reproduits par l'impression ; et les reproductions ainsi obtenues ( Voy. estampe). On grave sur les métaux (surtout le cuivre et l'acier), le bois, le verre et les pierres fines. On distingue: 1°la G. en creux, 2° la G. en relief; 3° la G. en bas-relief.

I. Gravure en creux. Elle se fait sur métal (cuivre, acier, étain) ou sur verre, et comprend :

1° La G. au burin ou en tatlle-douce, qui s'exécute avec la pointe sèche ei avec le burin. La pointe sèche est une tige d'acier trempé, aiguisée, ronde ou en biseau, dont on se sert comme d une plume pour inciser le métal. Le burin est aussi une tige d'acier trempé, mais à quatre facettes, formant carré ou losange, aiguisée en biseau, et coupante sur un des angles. La planche qui reçoit les tracés est ordinairement de cuivre rouge. Depuis l'invention de la photogravure, la G. au burin, qui est très diflicile, est un peu délaissée. Appliqué aux ouvrages d'orfèvrerie, ce procédé constitue le nielle lorsque les tailles sont remplies avec de l'émail.

2" Pour \& G. à t eau-forte, on se sert d'une planche de cuivre qu'on enduit d abord d'un vernis noirci à la fumée ; on promène sur ce vernis une pointe plus ou moins fine, qui enlève le vernis et trace un sillon léger sur la planche. On verse ensuite de l'eau-forte qui mord et entame le métal aux endroits où la pointe l'a mis à découvert. Si l'on emploie une planche d'acier, le mordant est différent : c'est un composé de sublimé corrosif, d'acide acétique, d'eau-forte et d'alcool. Il faut en outre que l'acier ait été désaciéré en partie par un feu soutenu. — Dans la G. sur verre on emploie la meule, l'émeri ou Vacide fluorhydrique [Voy. ce mot) au lieu d'eau-forte.

3» Dans la G. à la manière noire ou mezzotinto, les procédés et les effets sont inverses des deux cas précédents. Tandis que dans les tailles-douces on passe de la lumière aux ombres, ici l'on passe des ombres aux lumières, en éclaireissant la planche peu à peu. La planche, ordinairement de cuivre, est d'abord préparée de manière à offrir un fond noir et couvert d'un grain velouté partout égal. Sur ce graine, on trace le dessin soit au crayon, soit au pinceau ; puis avec le racloir et le grattoir on enlève le grain pour obtenir des blancs purs, et on adoucit les autres teintes selon le besoin.

i" La G. au -pointillé se compose essentiellement de points disposés par séries. On les obtient avec la pointe; le burin donne ensuite l'empâtement nécessaire aux ombres et aux demi-teintes ; la roidette fond ces dernières avec les lumières; on l'emploie surtout pour les chairs et les fonds. La gravure au maillet en est une variété.

o" La G. au lavis ou à l'aqua-tinta emploie plusieurs procèdes. Le plus usité consiste à couvrir d'abord la plan-

che d'une substance granuleuse, p. ex. de colophane réduite en poudre très fine, et à laver ensuite sur le cuivre avec l'eau-forte et le pinceau, comme on lave un dessin sur le papier avec de l'encre de Chine ; on renouvelle plusieurs fois l'opération pour avoir des ombres plus fortes. La gravure en couleur, ou imitation des dessins coloriés à l'aquarelle, n'est qu'une application de la précédente; la différence, c'est qu'il faut multiplier les planches, chacune devant avoir sa couleur. Un procédé analogue a été employé par des Italiens (Hugo de Carpi, etc.), pour la G. en camaïeu, qui imite le dessin à l'estompe ou au pinceau.

6° Pour la G. de la musique, les planches sontenélain. Les lignes des portées se gravent avec un instrument dit couteau, puis on les ébarbe avec le grattoir, on polit au brunissoir. Les notes sont frappées &vi poinçon, au moyen d'un petit maillet. Les liaisons, les silences, les accolades se font avec Yéchoppe.

7° G. galvanique. On a appliqué de diverses manières l'électricité à la gravure. Voici une des plus simples : la planche étant vernie, on dessine, ce qui met le mêlai à nu ; on plonge ensuite la planche dans un bain de sulfate de cuivre et on y adapte le rhéophorc positif d'une pile, dont l'autre rhéophore plonge dans le même bain. Le courant produit la dissolution du métal au fond des traits, comme fait l'eau-forte, mais avec plus de netteté. — Voy. galva-

NOGRAPHIE, ÉLECTROCHIMIE et aUSSi HÉl.IOGRAPHIE.

II. La gravure en relief ou en taille d'épargne se fait ordinairement sur bois (buis ou poirier). A l'origine elle se faisait surtout sur pou'ier de fil, au canif; ce procédé, ne permettant que des travaux grossiers réservés à l'affiche et aux papiers peints, estcomplètement abandonné par la gravure proprement dite.

On n'emploie plus aujourd'hui que du buis scié debout, dressé, poli et blanchi, sur lequel le dessinateur trace l'image à graver, dont le graveur suit exactement les traits noirs en les ménageant à l'aide de burins et d'o/jglettes. Les parties qui doivent venir blanches à l'impression sont enlevées avec des échoppes.

Lorsq u'il s'agit de graver un dessin au lavis, ou une photographie reportée sur bois, le graveur est obligé d'interpréter le dessin par des teintes qu'il obtient en se servant d'outils gradués. Il a toute initiative pour ce genre de travail qui permet de produire des œuvres très artistiques.

III. Gravure en bas-relief. La G. en bas-relief s exécute sur pierres fines. Voy. glyptique.

Pour la gravure des médailles, voy. médailles.

Pour la reproduction des gravures par l'impression, voy. estampe, illustration, impression et chalcographie.

Machines à graver. Pour abréger les travaux purement mécaniques dans l'art du graveur, tels que les lignes \)arallèles des teintes plates, des machines à graver ont été inventées par MM. Conté, Jobart de Bruxelles, etc. ; ce sont des espèces de tire-ligne : une pointe de diamant pressée par un ressort ou par un poids trace des lignes droites ou courbes. On applique aussi à la gravure, pour représenter des bas-reliefs et des médailles, le procède Colas qui dérive du diagraphe et du pantographe.

L'art de la gravure, et principalement de la gravure en creux, était connu des anciens ; mais ce ne fut qu'au XV" siècle qu'on imagina de tirer des épreuves de dessins gravés sur planches de métal. On en attribue l'invention à fllazo Finiguerra, orfèvre. Elle est certainement le résultat de l'habitude qu'avaient les nielleurs italiens de prendre sur une feuille de papier l'empreinte du nielle qu'ils exécutaient : car c'est à eux que sont dues les premières estampes. La gravure à l'eau-forte est due soit à Venceslas d'Olmutz, soit à Mazzuoli, dit le Parmesan. Parmi les plus célèbres graveurs à l'eau-forte et au burin, on cite : André Mantegna, Martin Schœn, Albert Durer, les Bloemaert, Marc Antoine Raimondi, Lucas de Leyde, Edelinck, Callot, Masson, Nanteuil, Andran, Van der Meiilen, Aliamet; et de nos jours, le baron Dunoyer, Forster, Goodall, Calamatta, Mercuri, Henriqucl — Dupont, etc. — Les Chinois et les Indiens connaissaient la gravure sur bois avant le xiii° siècle ; on en trouve des monuments en France et en Allemagne au commencement du xv siècle. L'usage des cartes hâta les progrès de cet art, qui fut perfectionné par Albert Durer. On cite en ce genre : Bernard Milne (1445), les Papillon, Beugnet, Bougon, Ncsbitt, Thompson, Gubitz, Andrew, Best, Leloir, etc. — La gravuregalvanique a été inventée de nos jours.

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