HOUILLE
qu'à noire époque, on a construit beaucoup d'hôtels célèbres, comme l'hôtel Lamoignon, Vhôlel Lambert, etc. — Consulter L. de Lalwrde, Grandes habitations françaises; Cl. Sauvaçeol, Palais, châteaux, hôtels et maisons de France du xv" au xviii« siècle, etc.
HÔTEL BE VILLE, cdificc OÙ s'assemblcut les magistrats municipaux pour tous les actes de leur administration. Au moyen âge, on donna d'al)ord aux hôtels de ville le nom de parloirs, parloirs aux bourgeois, parce qu'ils se réduisaient en effet à une seule pièce avec quelques dépendances où se réunissaient les notables Ixnu'geois pour causer des all'aires de la commune. Le nom d'hôtel de ville remplace celui de parloir dès le xv° siècle. Ce nom se changea un instant, sous la République, en celui de commune. Dans beaucoup d'endroits il est aujourd'hui synonyme de mairie (Voy. ce mot). — Les plus beaux hôtels de ville en France sont ceuxd'Arras, de St-Quentin, de Lyon, celui de Paris, commencé par P. Chanibiges sous François I"", continué par Marin de la Vallée sous Henri IV, et considérablement augmenté par Godde et Lesueur sous le règne de Louis-Philippe (incendié en 1871, il a été récdifié par M. Ballu), celui de Reims, celui de Toulouse (nommé le Capitole), etc. Il existe aussi de superbes hôtels de ville dans les pays uui ont eu des communes puissantes au moyen âge, en Belgique (Bruxelles, Audenarde, par ex.), en Allemagne, en Angleterre (celui de Londres est connu sous le nom de Guila hall), etc.
HÔTEL-DIEU (pour Hôtcl (le Dieu), célèbre hôpital de Paris, fondé, dit-on, en 660 par St Landry, est situé dans la partie méridionale de l'île de la Cité. Il a été reconstruit et agrandi tout récemment, non loin de l'emplacement primitif. — On trouve en France des hôpitaux qui portent le même nom, notamment à Rouen et à Lyon.
HÔTEL MEUBLÉ, maisou desfinéc à recevoir des voyageui*s. Il y a sous ce nom des édifices somptueux dans les villes les plus importantes, comme à Paris, le Grand Hôtel, l'Hôtel Continental, l'Hôtel du Louvre, etc. On donne le nom d'hôtels garnis et d'auberges aux maisons d'un ordre inférieur. Voy. audergiste et logement.
HOTTONIE (de P. Hotton, botaniste), Hottonia, genre de la famille «es Primulacécs, renferme des herbes aquatiques de l'Ancien et du Nouveau Monde, dont nous ne possédons en Europe qu'une seule espèce, l'H. jjalustris, vulg. Plumeau, Plume d'eau. Herbe militaire. Giroflée d'eau et Millefeuille aquatique. C'est une plante à lige droite, fistuleusc: à feuilles grandes, touffues, d'un aspect agréable, et à fleurs blanches ou légèrement purpurines, formant des thyrses élégants au-dessus des étangs où elle croît. On s'en sert pour orner les pièces d'eau.
HOUACHE, ouAiciiE (de l'angl. tcaké), remous, trace que forme à son arrière un bâtiment faisant route.
HOUARI (de l'angl. tcherry), Ijateau à deux mais, jiortant deux voiles, et destiné au cabotage. — On a))pellc voiles en houari des voiles triangulaires dont la ralingue (cordage cousu autour des voiles) est élevée par sa vergue «u-dessus du mât.
HOUBLON (du wallon hubillon, dimin. duholland. hop). Humains, genre de la famille des Cannabinées, détachée de celle des Urticées, renferme des plantes dioïqucs, à racines vivaces, rameuses, traçantes; à tiges herbacées, ?;rimpantes, minces, anguleuses, hérissées d'aspérités; à èuillcs opposées, dentées, rudes, et à fleurs vertes, disposées en grappes ou en épis. Le fruit, en forme de cône, est une graine arrondie, composée de petites écailles, légèrement comprimée et roussâtre, d'une saveur amère et aromatique. Le Houblon commitm (//. lupulus), qu'on rencontre dans les haies, est cultivé en grand en Angleterre, en Allemagne, en Belgique et dans le nord de la France, pour ses cônes fructifères, que l'on emploie à la fabrication de la bière : ce sont ces fruits qui communiquent à cette boisson l'amertume qui la caractérise. En Médecine, on emploie les cônes du houblon comme stomachiques ; ses feuilles s'administrent comme diurétiques et antiscorbutiques. Les tiges servent de lien, et fournissent du fil et des cordages usités dans le Nord. Cette plante réussit dans les terrains bas et humides : dans les grandes houblonnièrcs on cultive ;surtout les pieds femelles qui fournissent des cônes et l'on n'y admet que quelques pieds mâles pour favDriser le développement de ces cônes par la fécondation.
HOUE (de l'allem. Haue], instrument de labour, à fer recourbé comme celui de la pioche, mais plus large, à
manche de liois, et avec lequel on remue la terre en la tirant vers soi. La houe fourchue ou hoyau, au lieu d'être pleine, est à dents plates : elle sert à laliourer et défoncer les terrains pierreux ou trop argileux, parce qu'elle entre plus avant que la houe pleine. Le bêchai-d est une houe à longues dents plates avec laquelle on façonne la vigne dans le Midi. On appelle houe à cheval une espèce de petite charrue tirée par un cheval, à un ou plusieurs socs en forme de houe plate, et à une ou deux roues. Cet instrument sert à biner les plantes disposées par rangées.
Voy. CULTIVATEUR.
HOU HOU, oiseau. Voy. coucal.
HOUILLE (du b.-lat. hulUe), dite aussi Charbon de terre, est le plus alwndant des combustibles minéraux; se distingue des ligniles et des anthracites parce qu'elle donne à la distillation en vase clos un résidu solide combustible, le coke [Voy. ces mots). Elle se compose essentiellement de carlione associé avec de l'oxygène et de l'hydrogène et renferme toujours un peu de soufre cl d'azote, puis des traces de silice, alumine, chaux, soude,
r liasse et oxvde de fer. Elle renferme enfin toujours de à 5 pour 100 d'eau. C'est le combustible par excellence de l'industrie moderne, et son pouvoir calorifique est supérieur à celui du bois. — La houille se présente en fragments plus ou moins volumineux, d'un beau noir, presque toujours éclatant, et ordinairement d'une texture schisteuse. Son poids spécifique varie de 1,2 à 1,6. Elle s'allume assez facilement, et brûle avec une flamme jaune, accompagnée d'une fumée noire, en laissant beaucoup de cendres. On désigne sous le nom de mâchefer les scories vitreuses oui restent, avec les cendres, pour résidu de la combustion tle la houille. Soumise à la aistillation, la houille donne des gaz hydrocarbonés [gaz de l'éclairage), et laisse pour résidu un charbon compact, appelé coke.
On distingue en France 4 espèces de houilles : i" H. à courte flamme, donnant à la (listillalion 75 à 85 p. 100 de coke fritte, un peu boursouflé ; 2» H. grasse maréchale, à coke boursouflé, donnant 70p. 100 de coke; 3" //. grasse à longue flamme, avec 60 à 65 p. 100 de coke ; 4° //. maigre à longue flamme, avec 50 à 60 p. 100 de coke fritte. L'industrie fait usage de ces diverses variétés de houille et les emploie suivant leurs propriétés essentielles. On les rencontre souvent dans les mêmes bassins houillera et il n'est pas rare de voir une même concession produire des houilles grasses et des houilles maigres. Le plus souvent, les houilles grasses existent à la partie supérieure du bassin et c'est en approfondissant les puits qu'on rencontre les houilles maigres.
La France possède plusieurs bassins houillers, dont les principaux sont ceux du Nord et du Pasnle-Calais, de la Loire et <le Saône-et-Loire, de l'Allier, du Gard, de l'Aveyron et des Bouches-du-Rhône. Elle produit annuellement plus de 20 millions de tonnes de nouille ; sa consommation étant supérieure à 30 millions, elle est obligée d'avoir recours pour un tiers aux charbons anglais, allemands ou belges. Mais le développement dos mines françaises est très rapide et a presque doublé depuis vingt ans; aussi peut-on espérer que dans quelques années la production française suffira aux besoins de l'industrie. Dans cette production, les déparlements du Nord et du Pas-de-Calais entrent pour plus de la moitié.
C'est l'Angleterre qui est par excellence le pays producteur de houille, et sa production atteint 150 inillions de tonnes; les Etats-Unis dépassent 70 millions; l'Allemagne, 60 millions. Dans la production du monde entier, la jm)duction française n'occupe que le ¥ rang. La houille existe un peu partout dans les entrailles de la terre cl l'on a constaté d'immenses bassins houillers aux Etats-Unis, en Chine, au Tonkin. Ce sont les réserves de l'avenir et elles ne sont pas près d'être épuisées.
On admet auj. que la houille est le produit de l'altération plus ou moins profonde d'arbres et de plantes d'espèces diverses, existant à l'époque dite carbonifère [Voy. ce mol), et qui ont été enfouis par l'efl'et des afTaissements du sol. Cette opinion est justifiée par l'abondance des débris végétaux dont on trouve les empreintes dans les grès et les schistes qui accompagnent la nouille. Ces débris végétaux ont subi une sorte de fermentation tourbeuse, qui a transformé la cellulose en acide ulmique, lequel a dû se transformer en houille sous l'action de la température combinée avec la haute pression.
L'emploi de la houille comme combustible et dans les