IDÉAL
ICHTYOSAURE (du gr. lyOûî, poisson, et aaûpoî. lézard), Ichtyosaurus, genre do Reptiles fossiles, type de l'ordre îles Ichlvosauriens, rappelant jiar leur extérieur les Cétacés; tête allongée, à museau pointu, à cou très réduit; membres en forme de nageoires, en partie composés de pièces polygonales juxtaposées ; vertèbres courtes et biconcaves ; peau dépourvue d'écaillés ; yeux pourvus d'un anneau sclérolical osseux ; dents coniques logées dans une gouttière alvéolaire commune. Les Ichtyosaures alteignnicnt de 1 à 9 m. de longueur; ils vivaient uniquement dans la mer, étaient vivipares et se nourrissaient surtout de céphalopodes et de poissons, comme on peut s'en assurer d'après le contenu de leurs excréments (coprolithes). On connaît les Ichtyosaures dans toute la série des terrains secondaires, mais leurs restes sont surtout abondants dans le Lias de Lyme-Rcgis (Angleterre) et de Souabe.
ICHTYOSE (du gr. ty^ôûî), alfeclion cutanée, presque toujours congénitale, caractérisée par un cpaississement de l'épidcrme et par la présence sur tout ou partie du corps d'écaillés analogues à celles des poissons. L'ichlyosc est incurable : les lotions mucilagineuses et huileuses, les bains simples ou de vapeur, sont les moyens palliatifs auxquels on a recours.
iCIQUIER, Icica, genre de la famille des Burséracces, voisin des Balsamiers, renferme des arbres résineux, qui croissent dans l'Amérique et l'Asie tropicales. L'espèce appelée vulg. Arbre d'encens donne, par incision, un suc clair, transparent, balsamique, que l'on brûle comme de l'encens, et dont l'odeur rappelle celle du citron. On comprend dans ce genre le Batsamier ou Amyris élémifère, vulg. Bois de chandelle, qui fournit la résine clétni.
ICLÉE, 286° petite planète, trouvée le 3 août 1889 par Palisa, à Vienne. Voy. plaxètes.
ICONOCLASTES, c.-à-d. briseurs d'images. Voy. le Dict. d'Hisl. et de Géogr. et, ci-après, l'art, image.
ICONOGRAPHIE (du gr. etxovoypa'jta), description des monuments de la sculpture antiq^ue et de celle du moyen âge, et, dans un sens plus restreint, représentation figurée de personnages remarquables, anciens ou modernes. La Grèce antique a fourni beaucoup de monuments iconographiques : les médailles, les camées, les statues, les peintures à l'encaustique étaient fréquemment des portraits; les portraits abondèrent aussi à Rome : ce ne furent d'abord que des bustes en cire des familles patriciennes; on fit ensuite dos bustes en marbre ou en bronze ; les anneaux, médaillons, monnaies, tissus, présentèrent de même des images anciennes ou contemporaines. — L'iconographie, de plus en plus cultivée depuis la Renaissance, a fini par devenir une science, et a donné lieu à une foule de recueils, dont quelques-uns sont très précieux. Les principaux sont : lUustrmm imagines de Fulvio Orsini (Rome, 15(59) ; Veterum illiistriiim .. imagines de Bellorio /Rome, 1685) ; V Iconographie grecque de Visconti (Paris, 4811) ; y Iconographie romaine du même et de Mongez (Paris, 1817-26); l'Iconographie des contemporains de Delpech (Paris, 1824) : V Iconographie chrétienne de Didron (1845) ; le Dictionnaire iconographique des monuments de l'antiquité chrétienne et du moyen âge de L.-G. Guenobault (Paris, 1846), etc.: voir aussi les Annales archéologiques. Didron aîné et E. Didron (1844-1881).
On a nommé en outre Iconographie toute suite de planches représentant des espèces végétales ou animales : telles sont les iconographies du Bègne animal, des Mammifères, des Beptiles, etc., publiés par M. Guérin- Méneville.
ICONOLÂTRE (du gr. eîxwv, image, et ),aTp£yw, adorer), terme injurieux dont les iconoclastes se servaient à l'égard des catholiques, qu'ils accusaient d'adorer les images.
Voy. IDOLÂTRIE.
ICONOLOGIE (du gr. £ixovo)voyta). L'Iconologie, qu'il ue faut pas confondre avec l'Iconographie, n'est que l'exphcation des emblèmes, des figures allégoriques et de leurs attributs. — On estime en ce genre VIconologie historique de Gh. Delafossc (Paris, 1768); VIronoloqie par figures de Gravelot et Cocliin (1796) ; VIconol'ogia de F. l'istrucci (Milan, 1821). — Voy. emblème.
ICONOSTASE (du gr. s'.xojv, image, et aTâs'.;. action de poser), cloison ou écran à trois feuillets qui sépare l'autel de la nef dans les églises d'Orient, et sur lequel on expose plus spécialement à la vénération dos fidèles les images peintes et rehaussées d'or de Jésus-Christ, de la Vierge, des Evangélistes et de quelques autres saints. Cet écran se
ferme quand le prêtre accomplit certains mystères sacrés. — Les chrétiens du rit grec ont aussi chez eux des icoiiostases consistant en un cabinet ou niche que voile un rideau et où sont posées les saintes images : il n'y a pas une maison russe qui n'ait son iconostase.
ICOSAÈDRE (du gr. zXxoa:, vingt, et é'Spa, face), corps solide qui a vingt faces. L'/. régulier est un polyèdre terminé nar 20 triangles équilatéraux : c'est un des cinq polyèdres réguliers.
ICOSANDRIE (du gr. eîxost, vingt, et iv/jp, mâle, étamine), 12" classe du système de Linné, renfermait les végétaux dont les fleurs ont au moins 20 étaminos. — La plupart de nos arbres fruitiers appartiennent à cette classe.
ICTÈRE (du gr. îxTepOî, jaunisse). Voy. jaunisse. — Ictère bleu. Voy. cïaxose.
ICTÉRODE (typhus). Voy. fièvre j»une.
ICTERUS (du gr. Ixtepoî), nom latin scientifique du genre troupiale.
ICTIDES (du gr. ixTiç), nom latin scientifique du genre
BENTURONG.
IDA, 245° petite planète, trouvée le 29 sept. 1884 par Palisa, à Vienne. Voy. planètes.
ID>EA, genre d'Insectes, de l'ordre des Lépidoptères, famille des Diurnes. Voy. uasaïde.
IDÉAL (du lat. idealis, et du gr. I5£a). I. Dans l'Art, X'idéal est Vidée d'une chose aussi parfaite que le comporte sa nature. Il ne consiste pas, comme on le dit jiarfois, dans un type abstrait et général. Il est, d'après la théorie et la pratique constante des grands maîtres, la forme déterminée, individuelle, vivante, d'un être tel qu'il serait à un moment de son existence si, affranchi des obstacles qui entravent son développement dans le monde réel, il dé-
[)loyait en toute liberté et manifestait en toute plénitude es facultés propres à sa nature. La tâche de l'artiste est donc double : d'abord concevoir les caractères essentiels et saillants d'un être, puis les représenter en choisissant parmi les traits individuels ceux qui les marquent le mieux; par là il imite la nature, et il la surpasse en cx|)rimant mieux ce qu'elle dit à l'esprit. Cette conception et cotte représentation de l'idéal varient d'ailleurs selon les époques, parce qu'elles dépendent à la fois de l'état général de la civilisation et des aptitudes particulières de l'artiste. C'est une vérité qui est mise en évidence par l'histoire comparée des arts, de la poésie et de l'éloquence. — Consulter Saisset, l^ Esthétique française; Ravaisson, Bapport sur l'enseignement du dessin; Taine, Philosophie de l'Art, t. II, 7" part.
II. Dans la Morale et dans le Droit naturel, l'idéal est la nature humaine portée à sa perfection, c.-à-d. : dans la vie privée, le développement harmonieux de nos facultés; dans la vie publique, la justice et la fraternité complètes. Celte perfection est la destinée de la nature humaine : c'est le but auquel elle tend et dont elle se rapproche progressivement. Pour concevoir cet idéal et le réaliser, elle doit lutter contre deux espèces d'obstacles : d'aljord, comme il n'y a qu'un petit nombre de vérités évidentes et immédiatement admises sur l'autorité même de la conscience et de la raison, il faut du temps pour découvrir les princi|)es moraux qui sont la règle de la vie humaine et pour trouver le point de perfection auquel il est permis d'atteindre, en ne confondant pas l'idéal avec l'utopie ( Voy. ce mot) ; ensuite, quand les principes sont découverts et admis, il reste à les appliquer en les faisant prévaloir sur les passions et les préjugés. Si l'on considère l'esclavage, par exemple : que de siècles se sont écoulés avant qu'on en reconnût l'iniquité ! que de sang on a versé avant d'arriver à l'abolir chez les peuples civilisés !
III. En Métaphysique, Dieu est appelé Y Idéal par excellence, en ce sens qu'il est l'être parfait. En effet, les choses que nous connaissons par l'expérience, par cela seul qu'elles sont contingentes et relatives, ne comportent qu'une perfection limitée, qui laisse toujours quelque chose hors de soi ; mais Dieu est absolu dans tout ce qu'il est ; par conséquent, il est l'être parfait, objet de notre pensée et de notre amour, cause finale de tout progrès. « La perfection, dit Leibniz, n'est autre chose que la grandeur de la réalité positive, prise précisément eu mettant à part les limites ou bornes dans les choses qui en ont; et là où il n'v a pas de bornes, c.-à-d. en Dieu, la perfection est absolument infinie. » [Monadologie, % 41.) Consulter, pour les discussions auxquelles cette conception a donné lieu de