IDEE
IDIOÉLECTRIQUE
de sensations, de sentiments et d'idées découle de sa propre réalité, et la réalité prétendue extérieure n'ayant de véritable existence que dans le moi et pour le moi n'est qu'une objectivation dialectique spontanée du moi. C'est ce que cette philosophie allemande appelle le « passage du subjectif à l'objectif ». Le second système dérivé du kantisme est VIdéalisme objectif de Schelling, ou vhilosophie de l'Identité absolue, lequel professe que 1 Esprit et la Nature sont deux faces d'une même existence objective en laquelle s'évanouit la distinction du sujet et de l'objet, d'où les formules : « L'identité absolue est totalité absolue, univers. — La connaissance primitive de l'identité absolue est posée immédiatement avec la proposition X = k ». Il y a donc une indifférence totale entre le sujet et l'objet, entre les formes He l'être et les formes de la connaissance, enti'c le réel et l'idéal. Enfin VIdéalisme absolu de Hegel, qui s'inspire à la fois de Spinoza, de Ficlite et de Schel- Img. Il déclare que l'absolu est l'idée des idées (Videa idearum de Spinoza) ou Vidée absolue concrète, de sorte
aue la pensée pure est véritablement créatrice ou divine ans tout son développement; par suite, la Logique se confond avec la Métapiiysiquc, et la Dialectique, en saisissant les essences mêmes des choses dans les éléments constitutifs de la pensée, c.-à-d. les idées, explique a jJriori par leur filiation l'existence et les rapports de tous les êtres. Quoique ces systèmes offrent des vues neuves et originales, ils pèchent tous par l'abus des spéculations abstraites et la
Eirétcntion de construire a priori l'univers en se mettant à a place de Dieu ou en partant de lui, comme si nous posséilions sa science infinie. — Consulter : Tiberghien, Génération des connaissances hitmaines; Willm, Histoire de la philosophie allemande; P. Janct, la Dialectique dans Platon et dans Hegel; Véra, Introduction à la philosophie de Hegel; Stuart Mill, Philos, de Hamilton, ch. x-xi. IDÉE (du gr. iSsa), représentation d'une chose dans l'esprit, notion que l'esprit ou sujet se forme d'une chose nommée objet.
A toutes les époques, la question de Vorigine des idées a joué un grand rôle en Philosophie, parce que la solution qu'on lui donne a des conséquences très importantes pour toutes les j)arties de la science. Les objets qui nous entourent produisent sur nos organes des impressions que les nerfs transmettent au cerveau ; par suite de ces excitations, notre âme éprouve des sensations de résistance, de couleur, etc. ; y appliquant son attention, elle les juge produites par tel ou tel corps, et elle lui attribue autant de propriétés qu'il détermine en elle d'espèces de sensations. Cette connaissance, appelée perception externe, est accompagnée de la connaissance que l âme a d'ellemême et qu'on nomme conscience. Soit que l'âme se borne à appliquer son attention aux sensations qu'elle éprouve, soit que, pour palper un corps, elle imprime à la main un mouvement volontaire, elle agit en elle ou hors d'elle, elle sait qu'elle agit, qu'elle est une cause intelligente et libre, et elle le marque en disant d'ellemême moi. En se repliant sur elle-même, elle voit qu'elle est une cause véritable et substantielle, qui agit sans cesse et qui tend sans cesse à agir ; mais elle voit aussi que son action est limitée et soumise à certaines conditions, qu'elle pouvait ne pas exister, en un mot qu'elle est finie, relative et contingente ; cherchant alors sa raison d'être, elle ne la trouve que dans l'idée d'une cause infinie, absolue, nécessaire, idée qui forme le fond de son esprit et qu'elle découvre dès qu'elle y réfléchit : c'est ce qui constitue la raison. Voy. i'erception, conscience, raison.
Pour comprendre le développement de notre intelligence, il ne suffit pas de connaître l'origine de nos idées, il faut encore étuclier leur formation, c.-à-d. l'ensemble des opérations par lesquelles l'esprit les décompose ou les combine. Elles sont d'abord confuses, obscures, complexes, concrètes, individuelles; par le travail de l'espril, elles deviennent ensuite distinctes, claires, simples, abstraites, générales, au moyen de Vattention et de la réflexion, de la comparaison, de Vabstraction, de la généralisation, avec le concours de la mémoire et du raisonnement et avec l'aide du langage ; enfin elles servent de matériaux aux créations de Vimagination. Voy. ces mots. Tous les systèmes relatifs à l'origine et à la formation des idées peuvent se ramener à deux principaux. D'après le premier, professé par Démocrite, Epicure, Gassendi, Bacon, Hobbes, Locke, Hume, Condillac, Destult de Tracy, Laromiguière, Stuart Mill, etc., toutes nos idées nous
viennent directement ou indirectement de Yexpérience, c.-à-d. des sens et de la conscience, sans qu'il soit besoin d'admettre l'existence d'une faculté spéciale, nommée raison, pour expUquer l'idée de l'Être absolu et parfait [Voy.
EMPIRISME, SENSUALISME, IDÉOLOGIE, POSITIVISME). D'api'ès le
second, enseigné sous des formes diverses par Platon, Aristote, Plotin, St Augustin, Descartes, Bossuet, Leibniz, liant, etc., nous devons à Ve.rjjérience la connaissance des corps et de notre âme, mais l'idée de l'Etre absolu et parfait ne peut s'expliquer que par l'existence et l'autorité de la raison : car, réduit à l'expérience, l'esprit ne peut concevoir l'Être absolu et parfait que comme la collection des choses relatives et contingentes, ce qui implique contradiction ; ou comme une simple négation, ce qui rend la science impossible en supprimant la cause première. Voy.