‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 795 sur 1729 · IGNORANCE · texte numérisé non relu

IGNORANCE

IDIOME (du gr. ISÎwjia), langue propre à une nation, à une province. Voy. langues et dialecte.

IDIOPATHIE, iDioPATHiQUE (du gr. tSioî, propre, et iràBo;, airection), se dit d'une maladie primitive ou qui existe par elle-même, par opposition aux maladies symvtomaiiques ou secondaires.

lOIOSYNCRASIE (du gr. toioî et ujyxpajiî, tempérament), disposition particulière à un individu et qui fait qu'une seule et même cause produit sur lui un etl'et dill'érent de celui qu'elle fait naître sur un autre. Les répugnances et les appétits individuels sont des idiosyncrasies.

IDIOTIE, IDIOTISME (du gr. 15:(Î)tt,ç, simple, slupide), état d'imbécillité ou d'oblitération plus ou moins complète des facultés de l'intelligence, qui ont été arrêtées dans leur développement. L'idiotie est le plus souvent congénitale, et ilans ce cas elle parait résulter d'un vice de conformation du cerveau, cet organe n'avant pu se développer suflisamment, ou s'étant développé J'une façon anormale. Le crâne est souvent mal conformé et petit [viicrocéphalie], ce qui paraît en relation avec une synostose prématurée des os du crâne. M. Lannelongue a eu l'ingénieuse idée de mettre à l'aise le cerveau comprimé des jeunes idiots en réséquant une partie du crâne ; il a pratiqué plusieurs fois cette opération avec succès, et ses opérés ont eu une amélioration notable.

IDIOTISME (du gr. î6ta>TtT[xôî), usage d'un mot ou d'une association de mots spécial à telle ou telle langue et

Îiii dévie des principes de la grammaire générale. Le mot e dans celte expression un saint homme de chat, la tournure si j'étais que de vous, sont des idiotismes particuliers à la langue française. — On distingue les idiotismes en gallicismes, latinismes, héllénismes, hcbraïsmes, germanismes, anglicismes, etc., selon qu'ils appartiennent exclusivement au français, au latin, au grec, à l'hébreu, à rallemand, à l'anglais, etc. On peut aussi distinfuer. dans une même langue, des idiotismes danois, d'alianccs de mots, et de construction.

IDIOTISME, état d'idiot. Voy. idiotie.

IDOCRASE (du gi\ eîoo;, forme, et xpf.a'.;, mélange, à cause de sa forme souvent compliquée), minéral avant la même composition que les grenats [3CaO.Al-0*.5Siô^] ; ses cristaux sont des prismes droits à base carrée modifiés sur leurs arêtes. On la trouve aussi à l'état de roche compacte. Ses couleurs sont le vert (/. de Sibérie ou \Viluile. I. de Bohême ou Egérane), le brun (/. du Vésuve ou Vésuvienne), le bleu (/. cyprine], etc. Elle raye le veiTc. On la trouve dans les blocs calcaires de la Somma [gemmes du Vésuve], dans des roches cliloritées du Piémont et du Tyrol, en Suède, en Sibérie, etc.

IDOLÂTRIE (du gr. îlouXoXaTpsta), culte des idoles, c.-à-d. des images des dieux représentés sous la forme humaine, images auxquelles leurs adorateurs attribuaient une vertu occulte. L'idolâtrie est une des formes du polythéisme (Voy. ce mot); elle doit sa naissance à VanthropoDiorphisme [Voy. ce mot); c'est elle qui a inspiré à la statuaire antique ses plus beaux chefs-d'œuvre [Voy. GBEc (art)]. — L'idolâtrie paraît avoir été commune à tous les ])euples anciens, les Juifs et les Perses exceptés. C'est chez les Egvptiens, les Grecs et les Romains qu'elle eut le plus de développement. Elle subsiste encore chez les races inférieures.

I DOTEE. Idotea, genre de Crustacés isopodes, au corps très allongé et peu dilaté vers le milieu, renferme un grand nombre d'espèces, qui habitent presque toutes les mers. Le type du genre est 1'/. tricuspidée, qui se rencontre au milieu des plantes marines sur les côtes de la Manchi- et de la Méditerranée.

I DR I ALITE, sorte de bitume noir, peu fusible, qu'on trouve dans les mines de mercure d'idria (Styrie) et qui colore souvent le cinabre en brun foncé.

IDUNNA. 176° petite planète, trouvée le 14 oct. 1877, par C. 11. V. Peters, à Clinton (Etats-Unis). Voy. planètes.

IDYLLE (du gr. £iSJA),tov), petit poème qu'on range ordinairement dans le genre bucolique ou pastoral. On le confond souvent avec Véglogue (Voy. ce mol). Primitivement l'idylle n'eut pas exclusivement le caractère bucolique. Tliéocrite, le modèle du genre, nous a laissé parmi ses idylles plusieurs morceaux épiques [Penthée, Hercule, tes Dio.'icures) et de petites scènes lyriques ou comiques, comme la Phannaceutei'ie, les Syracusaines, etc. Chez les Latins. .Ausone a donné aussi le nom {V Idylles h ses j)oésics détachées. — Léglogue et l'idylle dcviorent à la mode

en France au xvi= siècle ; Vauquelin publia ses Foresteries ou Idyllies en 1555. Racan, Mme Deshoulières excellaient en ce genre au xvii° siècle. Les poésies bucoliques de Léonard, de Rerquin, d'A. Chénier, sont des idvUes. A l'étranger, on distingue les idylles du Portugais Cfn\ Falcam, celles des Anglais Pope et Ambroise Philips, des Allemands Kleist, Gessner, Voss et Goethe; à l'exception de celles de Gessner, toutes sont écrites en vers. Certains romans français, comme la Mare au Diable et la Petite Fa- \ dette de .Mme G. Sand, sont de véritables idylles. — ; L'idylle en vers affecte quelquefois le ton lyrique ou phi- ! losophique ; telles sont les Idylles héroïque» [Franz, \ Hosa Mystica, Hermann) de Y. de Laprade [Voy. pastoral (genre)].

IF, Tazus, genre de Gymnospermes Conifères de la famille des Taxinées, renferme des arbres ou des arbrisseaux toujours verts, à feuilles linéaires persistantes; à fleurs dioïques, les mâles en chatons globuleux, les femelles solitaires et axillaires, qui se trouvent dans les régions froides et tempérées de l'hémisphère Iwréal. L'espèce type est Vif commun [T. baccata], qui vient naturellement en Europe dans les lieux âpres et montagneux. Cet arbre atteint une hauteur de 15 à 20 m. : il croît lentement et peut acquérir des dimensions énormes, sa longévité est extraordinaire : quelques ils passent pour avoir deux ou même trois mille ans d'existence. Le fruit est une baie d'un rouge vif, d'une saveur sucrée et en même temps un peu amère et térébinthacée, qui n'est pas désagréable. On attribuait autrefois au feuillage de l'if des propriétés vénéneuses : ces assertions sont exagérées ; on en extrait seulement une substance, la taxine, qui agit comme les poisons narcotico-âcres ; le fruit n'est nullement dangereux, à moins qu'on n'en fasse excès ; on l'emploie comme relâchant et purgatif. Le bois de l'if est d'un rouge brun, et presque incorruptible; c'est le plus compact et le plus pesant après le buis ; on l'emploie pour les ouvrages de tour et de marqueterie. — Chez tous les peuples, lif est le symbole de la tristesse, sans doute à cause de la couleur sombre de son feuillage. On le plante autour des tombeaux. On en faisait autrefois grand usage dans les jardins, parce qu'il se prête bien à la taille : on lui donnait la forme de colonnes, d'arcades, de vis, de vases, etc.

IGASURINE, alcaloïde découvert par Desnoix en 1853 dans la noix vomique ou noix igasur ( Voy. strtchnos). L'igasurine est plus soluble dans l'eau que la strychine et la brucine qu'elle accompagne. Elle est très vénéneuse. Cet alcaloïde a été étudié par M. Schiitzenberger, qui en a retiré neuf alcaloïdes distincts.

IGNAME, Dioscorea, genre type de la famille des Dioscorées, se compose de plantes herbacées vivaces ou sous-frutescentes, à tige volubile, à feuilles hastées ou cordiformes, à fleurs herbacées, peu apparentes, disposées en épis ou en grappes. Le rhizome de ces plantes devient quelquefois très volumineux et fournit une substance alimentaire précieuse. Les ignames sont originaires de l'Inde et de la Chine ; on les cultive avec succès en Afrique, en Australie et dans l'Amérique du Snd. L'/. ailée [D. alata), cultivée en gi-and dans toute l'Asie septentrionale, a mie racine très grosse, irrégulière, longue, et pesant souvent de 14 à 20 kilogr. L'/. de Chine [E.batatas], importée en France en 1853 par M. de Montigny, est plus petite et plus délicate. Celle plante se cultive et se propage comme la pomme de terre, seulement elle exige plus de soins, et sa récolte est moins facile. Bouillie ou cuite sous la cendre, elle fournit un excellent aliment.

IGNATIE ou ignatier (de St Ignace), Strychnos ignatia. Voy. Strychxos et fève.

IGNITiON (du lat. ignis), syn. de Combustion vive. IGNORANCE du lat. ignorantia). En Droit, V ignorance ou erreur de droit ne peut être invoauée par aucune personne prétendant qu'elle ignorait la loi promulguée : nemo jus ignorare censetur (nul n'est censé ignorer la lois Cependant, quand il s'agit de l'application d'une loi qui protège la l)onne foi, on peut invoquer, pour prouver sa bonne foi, une erreur de droit aussi Lien qu'une erreur de fait. Voy. erreur.

IGNORANCE DU SUJET (cu lat. ignoratlo elenchi), sophisme qui consiste à fausser la question, à démontrer ce qui n'est pas contesté ou ce qui est hors du sujet, à imputer à ladversaire une opinion qu'il n'a pas; j). ex., à prétendre qu'un homme n aime pas la science parce qu'il n'aime pas le pédaatisme. Voy. Logique de Port-Royal, 3° p.,ch. 20.

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