‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 801 sur 1729 · IMPROMPTU · texte numérisé non relu

IMPROMPTU

l?v\UGljRATION

des outrages aux bonnes mœurs, punit d'un emprisonne- | ment de 1 mois à 2 ans et d'une amende de 16 à ô OlK) fr. 1 le délit <routragrc aux bonnes mœurs commis par la vente, l'ollre, l'exposition, ral'fichage ou la distribution sur la voie publique ou dans les lieux publics d'écrits, d'imprimés autres que le livre, d'affiches, dessins, gravures, peintures, emblèmes ou images obscènes. Les complices sont punis de la même peine. Si l'auteur n'est pas connu, s'il n'y a ni gérant ni éditeur, l'imprimeur est poursuivi comme auteur principal du délit. Au cas contraire, il est poursuivi comme complice, s'il a agi sciemment.

La loi du 29 juillet 1881 a laissé subsister les dispositions fiscales concernant l'imprimerie. C'est ainsi que l'imprimeur est responsable envers l'administration lorsque des afiichcs sont apposées sans avoir été revêtues du timbre, quoiqu'il soit resté étranger à leur apposition. Plusieurs dispositions'législatives en nombre trop considérable pour être rapi)ortées ici, ne sont pas abrogées par la loi du 29 juillet 1881. En cas de contrefaçon, 1 imprimeur est civilement responsable, malgré sa bonne foi.

IIVIPROMPTU (du lat. m promptu, sur-le-champ), petite pièce de vers improvisée. L'impromptu doit être court, vif, et comme d'un seul jet : peut-être un peu de négligence ne lui messied-il pas. La plupart des impromptus sont des madrigaux : quelques-uns sont des épigrammes. Au xvii" siècle, on donnait souvent des bouts riinés à remplir impromptu.

IMPROMPTU, se dit, en Musique, de certaines compositions pour piano ayant phis ou moins le caractère d'improvisation. Les plus célèbres impromptus sont ceux de Chopin. IMPROPERIA. On désigne sous ce nom une série de répons reproduisant les reproches de Jésus-Christ au peuple et qui se chantent le Vendredi Saint à la messe, sur des motifs de plain-chant.

IMPROVISATION (du lat. improvims, imprévu), se dit et de l'œuvre improvisée et de l'acte par lequel on improvise, c.-à-d. par lequel on compose instantanctncnt un morceau d'art. On peut improviser dans tous les arts : mais généralement la musique et la littérature sont ceux qui prêtent le plus à l'improvisation. En Littérature, on donne souvent le nom d'improvisations à des discours qui se prononcent à la tribune, au barreau, dans la chaire sacrée, ou dans les cours publics, lorsque les paroles n'ont pas été préparées. Mais c'est l'improvisation en poésie qui semble surtout mériter ce nom.

La souplesse et la richesse de l'idiome sont pour beaucoup dans la facilité avec laquelle on improvise des vers. Aussi, depuis le xv° siècle, l'Italie n'a-t-elle jamais été sans improvisateurs ; quelques-uns ont mérité la célébrité : 1 au xv= siècle, Serafino d'Aquila et Bcrnardo Accolti, dit VUnico Aretino; au xvi' siècle, Marone, Qucrcio et Silvio Antoniano; au xvni" siècle, Perfetti, Zucco, Métastase, et surtout la Corilla, qui fut couronnée au Capitole en 1776, et qui a fourni à Mme de Staël l'idée de sa Corinne; de nos jours enfin, Sgricci, Cicconi, Bindocci. Sestini, Gianni et l'improvisatrice Rosa Taddei. Toutefois, aujourd'hui, quelques autres nations peuvent, quoique en bien moindre nombre, citer aussi des poètes doués du talent de l'improvisation : tels sont de Clercq en Hollande, Wolf d'Altona et Langenschwarz en Allemagne. Eug. de Pradel en France, etc. La Réponse à Némésis de Lamartine, et le Rhin alleinaml d'Alfred de Musset, pièces écrites en quel-

3ues heures, peuvent être rangées parmi les compositions e ce genre. Les anciens paraissent avoir peu connu l'art de l'improvisation. Cependant les Ijergers de Théocrite et de Virgile sont supposés improviser; certains rapsodes sont également cités comme improvisateurs.

En Musique, on appelle improvisation l'art de dévclo()per un thème donne ou original sur-le-champ et sans préparation. L'usage d'improviser en public est un peu tombé en désuétude, on n'improvise plus guère auj. que sur l'orgue à l'église, et les cadences mêmes dans les concertos, par exemple, laissées jadis à la libre inspiration de l'exécutant, sont maintenant presque toujours préparées d'avance. IMPRUDENCE. Voy. hesponsadilité, blessures, iio.micide,

IM.M0ND1CES, incendie, Ctc.

IMPUBÈRE (du lat. impubes, eris). C'est, en Droit, celui ou celle qui n'a pas encore atteint l'âge de puberté. Voy. ce mot et le mot minorité.

IMPULSION (du lat. impiilsio), se dit, en Mécanique, de la force qui agit sur un corps, pendant un instant très court, de façon à lui communiquer une vitesse finie : ainsi

l'expansion dé la poudre qui chasse la balle hors du fusil est une foire d'impulsion.

IMPUTABILITÉ. en Philosophie. Voij. kesponsabilité.

IMPUTATION (du lat. imputaiio), se dit, en Kroit, de l'action d'attribuer à quelqu'un une chose digne de blâme. Toute imputation d'un fait qui porte atteinte à l'honneur ou à la considération de la personne ou du corps auquel ce fait est imputé constitue une diffamation. Voy. diffamation et INJIRE.

Imputation de payement. Elle peut être faite par le débiteur ou par le créancier; elle peut résulter de la loi ou des conventions. Le débiteur de plusieurs dettes a le droit de déclarer, lorsqu'il pave, quelle dette il entend payer. Faute de déclaration, fimputation se fait sur la dette que le débiteur avait le plus d'intérêt à payer parmi celles qui sont échues ; sur la dette échue, si toutes ne le sont pas ; sur la plus ancienne, si elles sont d'égale nature, et toutes choses égales, proportionnellement (C. civ., art. 1255-1256).

INACHUS, genre de Crustacés, de l'ordre des Décapodes brachyures : carapace triangulaire', très bosselée, rostre très court. L'/. scorpion, long de Om. 025, se trouve sur nos côtes, dans les eaux profondes.

INALIÉNABILITÉ (d'in, privatif, et d'aliéné?-). C'est l'étal d'un bien, d'un droit, d'une chose quelconque, dont l'aliénation est prohibée. Les choses inaliénables sont celles qui sont hors du commerce, les biens des mineurs, des interdits, des femmes mariées sous le régime dotal, des communes et des établissements publics; les biens frappés de substitutions ou érigés en majora ts, les pensions militaires et celles de la Légion d'honneur, le domaine de l'Etat. Cependant, parmi les biens qu'on vient de distinguer, il y en a qui peuvent être aliénés dans certains cas spécifiés par la loi et à des conditions déterminées.

INAMOVIBILITÉ [d'in, privatif, et d'amovible], caractère donné par la loi à toute fonction publique dont le titulaire ne peut être dépossédé, et qu'il ne peut cesser d'exercer que par démission, excès d'âge, forfaiture, ou décès. En France, l'inamovibilité des juges est une <ies règles les plus importantes du Droit public : elle est considérée comme indispensable pour l'indépendance de la magistrature. Consacrée dès le w" siècle par l'édit de Louis XI du 21 oct. 1467, religieusement respectée jusqu'à la Révolution, elle fut abolie par l'Assemblée constituante. La constitution de l'an viii la rétablit ; la charte de 1814 et celle de 1830 la consacrèrent. Suspendue en 1880, pour laisser au ministre de la justice le moyen de faire, dans le personnel de la magistrature, une réforme jugée nécessaire par les Chambres, elle n'en est pas moins restée un principe d'ordre public. La magistrature dite debout, c.-à-d . es procureurs généraux et autres, ainsi que leurs substituts, ne jouit pas du privilège de l'inamovibihté. Aucun des fonctionnaires de l'ordre administratif n'est inamovible. INANITION (du lat. inanitio), épuisement par défaut de nourriture. Les animaux à sang froid et les animaux hibernants supportent assez longtemps Y abstinence complète; chez l'homme elle entraîne généralement la mort dans un laps de temps compris entre 4 et 20 jours. Des désordres se produisent giaduellement dans les divers systèmes de l'économie. Les désordres du système nerveux consistent dans l'absence de sommeil, les hallucinations, les alternatives <le surexcitation et d'abattement, sources naturelles des extases chez les contemplateurs bouddhistes et certains solitaires chrétiens. L'organisme subvient de son propre fonds à la réparation du sang et à la production de la chaleur animale; le poids du corps diminue et la mort an-ive au moment précis où il n'atteint plus que les 4/10 de sa valeur primitive : les deux tissus qui ont perdu le plus sont le tissu graisseux, qui est réduit à 1/10, et les muscles, réduits a moitié. Le sang est devenu visqueux, la respiratioii haletante, surtout dans les derniers moments. La température s'abaisse d'une quinzaine de degrés et le moment où elle atteint 25" est le dernier de la vie. L'usage de l'eau peut prolonger de beaucoup l'existence. — L'alimentation insuffisante (en qualité ou en quantité) continuée longtemps entraîne les mêmes effets que l'abstinence, à la rapidité près. En 1846-47, la disette des objets de consommation ordinaire a causé dans les Flandres belges une épidémie meurtrière, la fièvre de famine. Voy. faim et famine. INAPPÉTENCE, défaut d'appétit. Voy. appétit. INAUGURATION (du lat. inauguratio). Chez les Romains, c'était la cérémonie qui avait lieu toutes les fois qu un

Page 1