‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 800 sur 1729 · IMPRIMÉS · texte numérisé non relu

IMPRIMÉS

niPRIMaîR

La transformation de la presse primitive, toute en bois, fui lente. Elle resta à peu près telle que Gutenberg la construisit jusque vei-s 1/70. Hase, à Bàle, en modifia le mécanisme et y lit entrer le fer; Didot perfectionna la presse française, et l'Anglais Stanhope créa, en 1809, la presse à bras toute en fer, qui est encore en usage. Le plus grand progrès date de 1811, où l'Allemand Kœnig établit à Londres la première presse mécanique et construisit en 1814 la machme du Times. L'encrage à la main, dit à la halle, était remplacé par l'encrage au rouleau, et la pression obtenue par des cvlindres. L'essor de l'imprimerie date de l'invention de la presse mécanique, qui permet maintenant d'obtenir des chiiVres de tirage considérables en peu de temps. Le progrès réalisé par Kœnig a été de remplacer la presse à bras, manœuvrée à main d'homme, et où la feuille de papier est imprimée à plat par la pression du plateau contre les caractères poses sur le marbre, par des presses mécaniques, actionnées par la vapeur, où la

[pression s'opère par im ou deux cylindres tournant avec la euille de papier sur le caractère, encré mécaniquement par des rouleaux toucbeurs. Les presses se divisent en : machine eii blanc, imprimant, comme la presse à bras, un seul côté du papier; machine à retiralion. imprimant à la fois les deux côtés du papier, et machine rotative, destinée aux journaux, aux publications tirés à grand nombre et ne pouvant tirer que le format pour lequel elle a été construite. Cliaque machine est sous la direction d'un conducteur , chargé de la préparation du tirage, dite mise en train; les machines en blanc et à retiration emploient en plus un ou deux margeurs, qui poussent la feuille dans les pinces du cylindre imprimeur, et un ou deux receveurs, pour recevoir le papier à sa sortie de pression. L'impression des rotatives se fait sur clichés cylindriques avec du papier en b<jbincs. sans receveurs ni margeurs.

l)e nos jours, la construction des presses mécaniques, sans cesse modifiées, est devenue une industrie considérable. Kcenig installa ses ateliers à Wurtzbourg; en France, Alauzet-Tiquet. Marinoni. Derriey, Voirin. Bavasse, etc., ont apporté de grands perfectionnements à ces machines.

Pour se rendre compte des progrès réalisés par les différences de chiffres de tirage, notons que la presse à bras produit 50 exemplaires à Iheureila machine à retiration, unprimant des deux côtés à la fois, de 750 à 1000 exemplanes, et la macliine rotative 50000 exemplaires. A côté de ces machines se placent les machines qui impriment deux, trois et quatre couleurs à la fois.

Imprimerie nationale. — Cet établissement occupe, rue Vieille-du-Temple, l'ancien hôtel construit en 1712 par le cardinal de Rohan. L origine de l'Imp. >'at. peut remonter à François I'', qui nomma Rol>ert Estienne imprimeur royal pour le grec et le latin; mais ce fut Richelieu qui installa vers 1640 l'imprimerie dans le rez-de-chaussée de la grande galerie du Lou\Te. Connue sous le nom A' Imprimerie du Louvre, puis Imp. Royale. Imp. Nationale, imp. de la Républitjue, Imp. Impériale, elle eut successivement pour directeurs :Morel et Métayer, S. Cramoisv et la dvnastie des Anisson qui la dirigea de 1691 à 182o. L'un d'yeux périt sur l'échafaud en 1795: son fils reprit la direction de l'Imp. B.ovale en i815, abandonnée par F. Didot qui l'exerça de "1811 à 1815.

Elle se constitua graduellement, outre la collection de ses

caractères français et grecs gravés par Garamond, un fonds

de caractères orientaux très riche, comparable à celui de

l'Imprimerie Royale de Vienne. Sa collection de caractères

modernes est remarquable; j la marque d'origine des

t)-pes de l'Imp. >'ationale est 1 barré. L'Imp. >'at. con-

■ serve le monopole — qui tend à s'accroître aux dépens

de l'industrie privée — des impressions de l'Etat, lois,

ordoDHances et actes de lautorité publique. Elle imprime

j les ouvrages publiés aux frais du gouvernement et se charge

i aussi d'imprimer pour les particuliers, avec l'autorisation

j du garde des sceaux, de qui elle relève. Actuellement le

I directeur de l'Imprimerie Nationale n'est plus forcément

1 un imprimeur: il est fonctionnaire de l'Etat.

On peut s'alxinner à l'Imprimerie Nationale au Bulletin I des lois, au Bulletin des arrêts de la Cour de cassation, au Bulletin administratif du ministère de l'in- ^.struction publique, au Bulletin consulaire français, au Journal des savants, etc.

I IMPRIMÉS. La Poste se charge du transport des imprimés !de toute nature jwur un prix qui varie selon qu'il s'agit : 1° de journaux expédiés hors du département où a lieu la

publication ou des départements limitrophes; 2» de journaux publiés dans les départements de la Seine ou de Seine-et-Oise et expédiés dans le département où ils sont publiés ; 3° de journaux expédiés tfans les déparlements autres que ceux de la Seine et de Seine-et-Oise et expédiés dans le déj)arlement où ils sont publiés ou dans les départements limitrophes ; 4° de circulaires, . prospectus, avis divers, prix courants, circulaires électorales, DuUetins de vote et imprimés de toute nature expédiés sous bandes ; 5" d'échantillons, épreuves corrigées, papiers d'affaires et imprimés de toute nature expédiés sous forme de lettres ou sous enveloppes ouvertes.

IMPRIMEUR \ A' imprimer]. L'imprimeur est le directeur d'une maison d imprimerie [^oy. ijipressiox, imprimerie, lithographie). Quand on emploie le mot imprimeur sans le faire suivre d'aucune qualification, on entend généralement l'imprimeur typographe. L'ouvrier qui travaille dans une imprimerie s'appelle aussi imprimeur, particulièrement quanil il est employé au tirage, soit à la presse à bras, soit à la presse mécanique. Le nom de l'ouvrier compositeur est celui de typographe.

Dans les grandes maisons dimprimerie, le patron a sous ses ordres un ou deux contremaîtres, appelés protcs [r.oCi-zo:; premier), un prote à la composition et un prote aux machines. Le premier répartit le travail de la composition entre les différents metteurs en pages, qui ont chacun une équipe composée de plusieurs ouvriers, appelés paquetiei-s. Le second surveille les tirages et dirige les conducteurs de machines à imprimer, lesquels ont sous leurs ordres des margeurs et des receveurs.

Il ne faut pas confondre l'imprimeur avec le libraire éditeur. L'imprimem* exécute les commandes que lui fait l'éditeur. C'est ce dernier ou l'auteur qui est le propriétaire du livre et qui en est le vendeur. C'est lui qui presque toujours fournit les papiers et les gravures. Quand un imprimeur imprime un lnTe pour son propre compte, il devient imprimeur-éditeur. La profession d'imprimeur est libre, c.-à-d. que son exercice n'est plus sulwrdonné à la possession d'un brevet [décret du 10 septembre 1870). La loi du 29 juillet 1881. dite loi sur la liberté de la Presse, dispense même de la déclaration préalable au ministère de l'intérieur. C'est cette loi qui régit actuellement l'imprimerie. Elle laisse à la charge de l'imprimeur l'accomplissement de certaines formalités; et, si l'on peut dire d'une manière générale que l'imprimeur n'engage plus sa responsabilité par l'exercice normal de sa profession, il faut noter que ce principe souffre des exceptions. Dans certains cas, en effet, il est responsable du fait d'autrui, contrairement au droit commun.

Tout imprimé rendu public, à l'exception des ou\Tages dits de ville ou bilboquets ouvrages destinés à des usages

r rivés), doit porter le nom et l'iinlication du domicile de imprimeur. Il est souvent difficile de savoir si un imprimé doit être considéré comme ouvrage de ville ou bilboquet. Le bulletin de vote, contrairement à une opinion très répandue, mais manifestement erronée, doit mentionner le nom et le domicile de l'imprimeur. En cas de contravention, l'imprimeur est passible d'une amende de 5 à 15 francs et peut être, en cas de récidive dans les 12 mois, condamné à l'emprisonnement.

Au moment de la publication de tout imprimé, L'imprimeur doit effectuer le dépôt de 2 exemplaires au ministère de l'intérieur pour Paris, aux préfectures, souspréfectures et mairies pur les départements, à peine d'amende de 16 à 500 francs. Les ouvrages de ville et bilboquets, les circulaires commerciales et industrielles, les bulletins de vote sont dispensés de ce dépôt. Le dépôt reste obligatoire pour tout autre imprime en matière électorale.

L'imprimeur est resjKtnsable du défaut de déclaration à faire au parquet du procureur de la République par le gérant de tout journal ou écrit périodique avant sa publication (amende de 50 à 500 francs). Il est passible, nonobstant son erreur ou sa bonne foi, d'une amende de 16 à 100 francs, si le nom du gérant n'est pas imprimé au bas de tous les exemplaires de chaque numéro d'un journal ou écrit périodique. Il est condamné comme auteur principal aux peines qui constituent la répression des crimes et délits commis par la voie de la presse à défaut : 1» du gérant et de l'éditeur; 2" de l'auteur. Il peut, dans certains cas, être poureuivi comme complice.

La loi du 2 août 1882, ayant pour objet la répression

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