‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 81 sur 1729 · ANTIPODES · texte numérisé non relu

ANTIPODES

gazelles. Capricornes, An fi locaprcs. Dicranocères, Chamois, l'anthnlops. Saïgas ol Crphalophen.

ANTIMOINE, Antimonium, Stibium, mi'tal d'un blanc iilcuàtre, à siruoliirc cristalliiicsc rap|)roclmnl boaucoiin de l'arsenic, avec lequel il est souvent mêlé, d'une densité ilenviron G,75. fond a 450°, se volatilise au rouge blanc et brûle an contact de l'air en répandant d'aliondantes vapeurs blancies A' o.ryde d'antimoine [i\i^O'^].i[ni se condensent sur les corps froids eu petits cristaux blancs et brillants, appelés autrefois flenrs argentines d'antimoine. — Il se rencontre rarement dans la nature à l'étal natif; on l'extrait du sulfure, nommé aussi stibine. On préparait autrefois avec ce sulfure une foule de médicaments destinés à combattre les alfections cutanées chroniques, le rhumatisme, la goutte, etc. On le fait encore entrer dans la préparation de certaines décoctions sudoriliques. Les anciens chimistes donnaient le nom de crocus metallorum (safran dos métaux) et de verre d'antimoine à l'antimoine sulfuré i)lus ou moins grillé, et contenant une certaine quantité d'oxyde.

Lanlniioine forme avec l'oxygène trois combinaisons : \'o.rydcantimonieux[Sh^0^].V6.cydeantimono-antitnoni- ^uc [S1)*0*] et Voxyde antimoniqtce [Sb«0^]. L'oxyde antimonieux ou anhydride antimonieux se rencontre dans la nature sous deux formes, isomorphes des 2 formes correspondantes de l'anhydride arsénieux ; il se dissout dans les solutions alcalines eï forme des antimonites. L'émétigtte ■est un tartrate double de potasse et d'oxyde antimonieux. A l'oxvde ou anhvdride antimonique correspond un acide méta-anlimoniqùe [SbO'Il] et des méta-antimoniales alcalins, un acide pyro-antimonique [Sb*0' I1*J et des sels alcalins solubles et cristallisables. Les sulfures Sb*S' et Sb* S* préparés par voie humide sont des précipités rougeorangé [Voy. kermès). — On reconnaît, en général, les combinaisons de l'antimoine au sulfure orangé qui se précipite par l'addition de l'hydrogène sulfuré à leur solution, amsi qu'aux taches caractéristiques qu'elles donnent avec l'appareil <le Marsh.

L'antimoine entre dans un grand nombre d'alliages ; il îcrt à donner aux métaux de la dureté et les rend cassants : c'est surtout avec l'étain, le plomb, le bismuth qu'on l'allie. (]es alliages servent à faire des poteries d'élain, des ustensiles de ménage, les théières anglaises en métal de la reine, les couverts en métal d'Alger, les caractères d'imprimerie, etc. Les ustensiles formes de ces alliages sont très brillants, mais se ternissent promptcment.

Le chlorure SbCl' [beurre d'antimoine des anciens) est décomposé par l'eau en oxychlorure SbO Cl [poudre d'Algaroth], insoluble dans l'eau, et en acide chlorhydriquc ; le trichlorure sert à bronzer les métaux, le fer par exemple.

Le sulfure d'antimoine était fort anciennement connu ; il est déjà mentionné par Ilippocrate et Galion. Dioscoridc le cite sous le nom de stimtni, Pline sous celui de stibium. Ce métal a été confondu tout d'abord avec le plomb. Le nom A'antimonium apparaît dès le xi' siècle, dérivé de l'arabe outlmioud ou ithmid ou de l'article al et du gr. «yTi'ixiJL'., ïjTÎêt. Les composés de l'antimoine étaient fort employés dans l'ancienne pharmacopée. Les ouvrages du xvi" siècle attribués au personnage mythique Basile-Valentin [Char triomphal de l'antimoine, Ifaliographie...) contiennent de nombreuses recettes.

ANTIMOINE NATIF. Il sc rcncoutre en petites masses laminaires ou lamellaires ; les cristaux assez rares sont des rhomboèdres basés, isomorphes de l'arsenic. On le trouve seul ou mélangé à l'arsenic, dans le Dauphiné, au Ilarz, en Bohème, en Suède, etc.

ANTIMOINE oxïDÉ OU A. blanc. Voy. exitèle, sénarmon-

T)TE, 5T1BIC0NISE, CERVANTITE.

ANTIMOINE OXïDÉ SULFURÉ [2 Sb' S' . Sb* O'] . Voy. KERMÈS.

ANTIMOINE SULFURÉ. Voy. STIBIÎÎE.

ANTIMOINE SULFURÉ SICKÉLIFÈRE. Voy. AîiTIMOMCKEL.

ANTIMOINE SULFURÉ PLOUBIFÈRE. Voy. ZISKÉ.MTE et JAMEfO ITK.

ANTIMONIATES, sels formés par l'acide antimonigue.

ANTIMONIAUX, classe de médicaments dont l'antimoine est la base ou le principe actif. Les principaux sont Vémétiquc, et le kermès, que les praticiens prescrivent contre les maladies des organes pulmonaires et des viscères abdominaux. Beaucoup d'antimoniaux sont des poisons irritants. Le trichlorure d'antimoine est quelquefois employé à l'extérieur comme caustique.

ANTIMONICKEL ou clman.nite, sulfo-antimoniure de nickel (MSbS), cristallise en cube, mais se présente le plus

souvent en masses Cf mpactes, d'un gris d'acier ; dans les liions métallifères de Westp .une.

ANTIMONIEUX (acidej ci acide antimomque. l'oy. antimoine.

ANTIMONITES, sels formés |»ar l'acide antimonieux.

ANTiMoMTK, Cil Minéralogie, est syn. de stiuink.

ANTIMONIURES, combinaisons de l'antimoine avec un autre métal. On rencontre plusieurs antimoniurcs dans la nature, notamment l'antimoniure d'argent [discrase], de plomb [plomb antimonic), etc.

ANTINOMIE (du gr. àvTivo|J.{a). Kant nomme amsi, dans sa Critique de la 7-aison pure, la contradiction qui résulte, selon lui, des lois mêmes de la raison huinaiiie, quand nous sortons des limites de l'expérience; c'est ainsi que l'on peut essayer de soutenir à la fois que le monde est éternel, ou qu'il a eu un commencement; qu'il est infini, ou qu'il doit avoir des bornes; que la matière est divisible à l'infini, ou que la divisibilité inlinie est impossible ; qu'il y a une cause libre dans le monde, ou que tout est soumis à la fatalilé; que tout est contingent, ou qu'il existe un être nécessaire. Kant en conclut à l'impuissance de la raison humaine, du moins dans le domaine de la théorie pure. Voy. scepticisme.

En Droit, on nomme Antinomies les contradictions qui existent entre deux lois ou entre deux dispositions dune même loi.

ANTINOUS, constellation de l'hémisphère boréal située au midi de l'Aigle. Voy. aigle.

ANTIODONTALGIQUES. Voy. dents et odo.ntalgie.

ANTIOPE, 90' petite planète, trouvée le l" oct. 18G6 par R. Luther à Bilk près Dùsseldorf. Voy. planètes.

ANTIPATHES (du gr. àvrraaÔT^î, contraire), ordre de la classe des Polypes coralliaires caractérisé par 0 tentacules simples autour de la bouche. Les Antipathes ont une grande analogie avec les Gorgones ou Arbres de mer. Ils fournissent plusieurs variétés de corail noir.

ANTIPATHIE (du gr. àvTtTâOstx), penchant qui, par un mouvement instinctif et non raisonne, nous éloigne d'une personne ou d'une chose. Il semble commun à l'homme et à l'animal. Il est le principe des affections malveillantes, comme la sympathie est le principe des affections bienveillantes.

ANTIPHLOGISTIQUE (du'gr. ivTt, contre, et cf>.oy{;w, enflammer), sc dit du traitement et des médicaments propres à comijatirc l'inflammation. Ce traitement était préconisé surtout par l'école de Broussais.

ANTIPHONAIRE (du b.-lat. antiphonarium], livre d'Eglise contenant le chant des matines, des laudes et autres heures, et offrant en môme tcmns les répons et les versets, le tout noté en plain-chant. — Le pape Grégoire le Grand passe pour être le premier auteur de ces recueils.

ANTIPHONEL, mécanisme qui s'adapte à un orgue, à un harmonium ou à un piano, et exécute sur ces instruments les airs les plus difficiles. Ce mécanisme se compose d'une boîte oblongue, recouverte d'une plaque de métal percée d'une série de petites ouvertures très rapprochées, laissant

tiassage à des becs d'acier qui font saillie. Ces becs se proongent à l'intérieur de la boîte et correspondent aux touches de l'instrument. Les airs ordinaires sont notés à l'aide de pointes implantées sur une roue que met en mouvement une simple manivelle. Les airs plus compliqués sont notés sur une planchette de bois ; on place celte planchette sur l'appareil et on la met en mouvement à l'aide d'un levier. On comprend que dans l'un et l'autre cas, les pointes rencontrant en passant les becs d'acier en saillie, ceux-ci s'abaissent et transmettent le mouvement aux touches. — L'Antiphonel a été inventé en 1846 par A. Debain.

ANTIPHRASE (du gr. àvtî'fpaat;), figure de Rhétorique par laquelle on emploie une locution, une phrase, dans un sens contraire à sa signification et à la pensée même de celui qui parle ; il s'y mêle un certain degré d'ironie. C'est par antiphrase que les Grecs nommaient les Furies Euménidcs, c.-à-d. bienveillantes; la mer Noire. Poh/m* Euxinus, ou mer hospitalière; que doux des Ptolémées, qui avaient fait périr les auteurs de leurs jours, furent surnommés Philopator, Philoméior (nui aime son père, sa mère), etc. ANTIPODES (du gr. àvrcirou;), se dit et des points diamétralement opposés du globe terrestre, et des hommes qui habitent les contrées placées dan? celte situation. Ces hommes ont effectivement les pieds diamétralement opposés. Les antipodes de Paris sont dans le Grand Océan, au S.-E. de la Nouvelle-Zélande. Les antipodes éprouvent à

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peu près les mêmes denrrés de chaleur et de froid, et ont des jours et des nuits dune épie lono:ueur, mais à des époques opposées : ainsi, quand il est midi pour l'un des antipodes, il est minuit pour l'autre : et lorsque pour l'un les jours ont atteint leur plus grand accroissement, ils sont pour l'autre au point le plus court.

Les antipodes ont été le sujet de nombreuses controverses chez les anciens : Lactance se moque de ceux qui croyaient aux antipodes ; St Augustin combat aussi leur existence : le pape Zacharie censura le prêtre Virgile pour avoir soutenu une opinion analogue. L'mcrédulite générale qui régnait à l'égard des antipodes est un des plus grands obstacles qu'ait rencontrés Christophe Colomb pour faire approuver son projet de voyage. Le succès de ce voyage commença la démonstration des antipodes; elle fut complétée par la navigation de Magellan autour du monde.

En Botanique, on nomme antipodes certaines cellules du sac embryonnaire des Angiospermes, opposées à l'oosphère ou œuf.

ANTIPSORIQUE (du gr. àvTÎ, contre, et t^wpa, gale), se dit des médicaments qu'on emploie contre la gra/e^ Voy.ce mol).

ANTIPUTRIDES. Voy. désinfectiox, pctréfaction et

AMISEPTIOIES.

ANTIPYRÉTIQUES. Voy. fébrifuges.

ANTIPYRINE ou axalgésixe, découverte par Knorr, obtenue par l'action de l'iodurc de méthyle sur îoxvméthylquinizine. On l'a appelée scientifiquement d'alwrd dïmélhyloxyqiiiniiine : plus récemment on lui a doimé le nom nouveau de phényldiméthylpyrazolone; l'oxyméthylquiniziiie s'obtient elle-même en traitant la phénylhydrazine par l'éther acétvlacétique. L'antipyrine est une pouHrc cristalline blanche, inodore, très peu amère. soluble dans l'eau, l'alcool, l'éther, le chloroforme; elle fond vers 112'. Elle est douée de propriétés antipyrétiques et analgésiques. Elle est employée avec succès (1 à 4 grammes par jour par fractions de Of',50) dans desall'ections diverses, migraine, chorée, diabète, rhumatisme : elle possède en outre une action hémostatique et une action dépressive médullaire.

ANTIQUAIRE, savant qui s'occupe de l'élude des monuments et des objets antiques; on dit de préférence aujourd'hui Archéologue et l'on ne donne plus guère le nom d'antiquaires c[u'k certains amateurs qui . souvent sans éludes préparatoires, font des collections de fragments, de médailles, d'objets antiques, ou qu'on leur vend pour tels. La manie des antiquaires a été souvent décrite ou raillée. \j' Antiquaire de \V. Scott est célèbre. — Les antiquaires ont formé en France et à l'étranger plusieurs sociétés nationales : la plus ancienne est celle de Londres, qui date de 1572; la Société des Antiquaires de France, fondée en 1805 sous le litre A' Académie celtique, a pris son nom actuel en 1814; on peut citer encore la 5. des A. de Normandie, fondée en 182 i. la S. des A. de la Morinie (1832;. la S. des A. de /Ouest (1855). la S. des A. de Picardie (1859), etc. Voy. antiquités, auchéologie.

ANTIQUES. On comprend sous ce nom les médailles, statues, bas-reliefs, pierres gravées des temps anciens qui nous sont parvenus ; il y a au Louvre une Salle des antt-

?ues qui renferme d'immenses richesses [Voy. mcsées). ondres. Vienne. Dresde, Munich, Rome , Naples , Florence, etc., possèdent également de riches collections d'antiques. Les savants modernes qui ont écrit avec le plus de ":oût sur les Antiques sont : Visconti. VVinckelmann, Wolff, leyne, Boulerweck, Bœltiger, etc.

ANTIQUITÉS. L'étude des antiquités embrasse tout ce qui concerne les temps anciens : institutions, croyances, usages, monuments, objets d'art . médailles, inscriptions, ustensiles, etc. Elle a été l'objet de travaux immenses, parmi lesquels on remarque : ceux de J. Gronovius, de J.-G. Grœvius, de Sallengre. ceux de Poleni, A. Pfeiffer. Bauer, etc.. les ouvrages de Potier, Lambert Bos, Havercamp, relatifs à la Grèce; de Rosini, Meuport, Pitiscus. Maternus. Heyne, relatifs à Romte ; de Muraloli sur l'Italie au moyen âge ; les recherches de Grupen. Heineccius, Hummel. Rœssig sur les A. teutoniques : de J. Martin, La Sauvagère, sur les A. gauloises; de AV. Baxter sur les A. britanniques; d'Alex. Lenoir, Caumont, (juicherat, VioUet-le-Duc, Du Sommerard, etc., sur les anciens monuments français. — Les A. grecques Ae Robinson, les A. romaines A' .KA&m, \e Dict. d'Histoire et de Géographie de Bouillet, celui de Ritschl, le Dictionnaire des antiquités de Daremberg et Saglio, etc., sont des ou^Tages classiques. Consuller à ce sujet le Manuel de Philologie classique de Sal. Rcinach.

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