BÊTES
Lamarck, Darwin, Spencer ont essayé d'expliquer l'in- Btinct par la répétition des habitudes chez les mdividus issus les uns des autres. Et en effet, d'après les remarques de quelques observateurs, tels que Lucas {Traité philosophique et physiologique de l'hérédité naturelle), Roulin [Recherches sur des changements observés dans les animaux domestiques), Quatrefages [Unité de la race humaine), certaines habitudes, engendrées par la répétition d'actes plus ou moins volontaires, se transmettent par l'hérédité, et deviennent dans les générations subséquentes des instincts véritables. — Quant à la diversité des instincts, elle correspond à la différence des organes, à leur structure et à la manière dont ils sont appropriés au genre de vie de chaque espèce. C'est là une étude du plus haut intérêt pour la Zoologie. — Consulter sur l'habitude : Flourens, De l'instinct et de l'intelligencu des animaux ; Ravaisson, la Philosophie en France au XIX» siècle, § 27 ; Milne Edwards, l Intelligence et l'instinct ; H. Joly, l'Instinct, ses rapports avec la vie et l'intelligence; Houzeau, Facultés mentales des animaux.
INSTITUT (du lat. institutum). Ce mot qui, primitivement, était synonj-me de règle ou de constitution, et s'appliquait surtout à certains ordres ecclésiastiques, a fini par désigner toute espèce de société d'hommes soumis à une même règle, et en particulier plusieurs sociétés sa- Tantes ou littéraires.
On donne spécialement le nom d'Institut de France, ou simplement d Institut, à l'ensemble des cinq Académies (Française, des hiscriptions et Belles-Lettres, des §çiçnç9S., des Beaux-Arts, des Sciences morales et
le
■politiques). Décrété en principe par la Convention dès 1794, ce corps fut organisé en 1795; un décret du 16 avril 1855 y a fait quelques additions et modifications. Voy. l'article de chaque Académie.
institut d' Egypte, corps savant formé à l'instar de l'Institut de France, et qui se constitua au Caire, en 1799. Monge en fut le président. On lui doit la Description de l'Egypte et plusieurs autres recueils importants. La perte de l'Egypte mit terme à l'existence de cet Institut ; mais les travaux qu'il avait exécutés pendant ce court espace de temps ne sont pas un des moindres résultats de cette merveilleuse expédition.
Institut national agronomique, école supérieure d'agriculture établie d'abord à Versailles (1848-1852), puis à Paris (1876). Elle a son siège actuellement rue Claude- Bernard, et dispose, en outre, comme annexes, de divers établissements ae recherche et d'expérimentation (Ferme de la Faisanderie à Joinville-le-Pont). Les cours, qui embrassent toutes les sciences en rapport avec l'agnculfure [Voy. ce mot), sont complétés par des conférences et des exercices ou des démonstrations pratiques de chimie, de micrographie, d'agriculture, etc. Des excursions agricoles, industrielles, botaniques et géologiques ont lieu le jeudi, . — L'école admet des élèves externes et des auditeurs libres. Les premiers doivent subir un examen sur les connaissances scientifiques comprises dans le programme du concours d'admission; les auditeurs libres sont dispensé» de cet examen. Les étrangers peuvent être admis à l'école aux mêmes conditions et règles que les nationaux, soit comme élèves soit comme auditeurs libres. — La rétribution scolaire est fixée à 500 francs pour les élèves, y compris les frais d'examen, et à 50 francs pour les auditeurs libres. Six bourses de 1000 fr. et quatre de 500 fr., donnant en outre droit à la gratuité de l'enseignement, et dix bourses consistant dans la remise de la rétribution scolaire sont mises chaque année au concours. — La durée des études est de deux ans. Un diplôme d'ingénieur agronome est délivré aux élèves qui ont satisfait aux examen* de sortie. Les deux premiers sur la liste de classement peuvent recevoir une mission complémentaire d'études, soit en France, soit à l'étranger (loi du 9 août 1876). — C'est parmi les élèves diplômés de l'Institut national agronomique que se recrutent tous les élèves de l'école nationale forestière [Voy. ce mot) et les élèves-officiers dé l'école des haras (Voy. ce mot).
Institut historique, société savante fondée à Paris en 1833 dans le but d'encourager et de propager les études historiques; elle publie des ouvrages restes inédits, organise des cours publics et gratuits, décerne des })rix et rédige un journal mensuel.
Plusieurs sociétés scientifiques françaises et étrangères portent aussi le nom d'Institut, entre autres 1'/. de correspondance archéologique, l'I. des provinces, VI. national des Etats-Unis, Yl. historique et géographique du Brésil, 1'/. archéoloaique de Rome, 1'/. égyptien, etc.
INSTITUTE8 (du lat. institutiones) , nom que les jurisconsultes romains donnaient pour titres à leurs traités élémentaires de droit : telles sont les Institutes de Gaïus, de Florentinus, de Callistrate, de Paulus, d'Ulpien, de Marcian, et enfin celles dites de Justinien. Ces oernière» et celles de Gaïus sont seules parvenues jusqu'à nous. Les Institutes de Gaïus furent écrites sous Antonin le Pieux, et celles de Justinien 300 ans plus tard. Les Institutes de Justinien, rédigées sur l'ordre de cet empereur ])ar des jurisconsultes de Byzance, ne furent qu'une imitation et le plus souvent une copie de celles qui les avaient précédées. Cet ouvrage a été édité, traduit et commenté nombre de fois à l'usage des étudiants de nos écoles, où il a longtemps formé la base de l'enseignement du droit romain. — La meilleure éditioh française des Institutes de Gaïus et de Justinien est celle qui a été donnée par M. P.-F. Girard, dans ses Textes de droit romain, 1850. — Voy.