‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 834 sur 1729 · INVERSION · texte numérisé non relu

INVERSION

Invalides, où il est entretenu aux frais de l'Etat. L'invalide est toujours libre de quitter l'Hôtel et de reprendre sa pension. Un certain nombre d'officiers y trouvent aussi placo ; ils logent seuls et mangent en commun. Outre les ofliciers invalides, il y a, dans lllôtel, un état-major composé du général commandant, du colonel-major et des adjudants majors. Il s'y trouve un service de santé et des cliapelains. Les invalides ont à leur disposition une bibliothèque, des ateliers et de petits jardins. L'église de l'Hôtel des Invalides est un des plus beaux monuments de Paris : c'est là que sont renfermes les restes de Napoléon I«^ — Un décret du 29 juin 1865 assigne dans l'armée le premier rang aux invalides.

Plusieurs nations étrangères ont imité le plan de Louis XIV. En 1682 fut commencé en Angleterre le Chelsea collège, achevé en 1690, qui contient 400 invalides, et qui en entretient 10 000 autres répandus dans les campagnes; en 1708 les bâtiments de Greenwich furent affectés aux invalides de la marine. La Prusse a aussi son Hôtel des Invalides, fondé, en 1745 par Frédéric II, près de la porte d'Oranienbaum. La Suède en possède un à Upsal. La Russie a, depuis 1850, une colonie d'invalides [Slohoda Pavlovskàia), entre Gatchina et Tsarskoié-Sélo.

Il est remarquable que, depuis la réorganisation de l'armée française sous la troisième République, on a de plus en plus tendu à substituer, au placement des invalides à l'Hôtel, des secours à domicile. L'ancien « gouverneur » des Invalides a fait place à un simple général commandant.

INVALIDES DE LA MARINE, institution fondée en 1675, par Louis XIV, siu" la proposition de Colbert, et destinée à donner des secours, en France, aux invalides sortis de la classe des marins. Trois caisses distinctes contribuent aux frais de cette institution ; ce sont : 1" la caisse des invalides, alimentée par une retenue de 5 p. 100 sur la solde de tout marin de l'Etat ; 2° la caisse des prises, alimentée en temps de guerre par le produit des prises faites par les vaisseaux de l'Etat (et jadis par les corsaires); en temps de paix, par le produit de diverses amendes; 5° la caisse des (/eus de mer, qui recueille et conserve le pécule des familles de marins pendant l'absence et après la mort de leurs chefs. Ces caisses sont administrées par le trésorier

fénéral de la Marine. Il existe en outre dans les ports de rance des trésoriers particuliers des invalides de la Marine, nommés par le ministre, et chargés du recouvrement de tous les revenus qui composent la dotation de la caisse des invalides, et du payement des pensions, demisoldes, traitements de réforme, etc.

INVARIANT, terme d'Algèbre. Considérons un polynôme homogène, à deux variables x, y, par ex. , et à coefficients indéterminés a,b,c,...; si l'on y remplace les variables x, y, par a x' + Ûi/', a.'x' -{■ P'i/', le polynôme, après développement et réduction, sera mis sous forme d'un polynôme homogène en x', y', et dont les coefficients a', b' , c' ,... dépendent de a, b, c,... et de a, p, a', p'. Une fonction <p (a, t,<:,...) des coeiTicients est un invariant si 9 [a', b',d,...) est égal à ç (a, 6, c,...) multiplié par une puissance du déterminant a^' — a'p. Ainsi ac — 0* est un invariant de ax^ -\- Ibxy -\- cy^. La notion d'invariant s'étend à des polynômes homogènes (ou formes) à un nombre quelconque de variables. Les covariants sont des fonctions analogues aux invariants, mais qui contiennent les variables, outre les coefficients. Ces notions d'invariants et de covariants interviennent en géométrie analytique où les courbes et surfaces sont définies par des équations obtenues en égalant à zéro des polynômes homogènes à trois et quatre variables ; elles correspondent à des propriétés qui ne dépendent pas des axes de coordonnées, et, plus généralement, qui se conservent par une transformation homographique.

INVASION (du lat. invasio), se dit, en Médecine, de la première période symptomatique d'une maladie, l'incubation qui la précède ne se manifestant par aucun signe appréciable.

INVENTAIRE (du lat. inventarium), état ou catalogue daris lequel sont énumérés et décrits, article par article, les biens, meubles, titres, papiers d'une personne, d'une société, etc. Il y a lieu à faire un inventaire toutes les fois qu'il y a intérêt à connaître la position de quelqu'un, au moment d'un mariage, d'un décès, de la formation ou de la dissolution d'une société, de la déclaration d'une faillite. — Le Code civil indiquera toutes les règles oui concernent l'inventaire par rapport au mariage (art. 1414 et suiv.); le

Code de procédure, celles à suivre pour dresser im inventaire après décès (art. 928, 941-44); et le Code de commerce, celles qui regardent les inventaires des négociants (art. 9, 10, 486, etc.). — A défaut d'inventaire, et dans tous les cas où ce défaut porte préjudice à la femme, elle ou ses héritiers peuvent, lors de la dissolution de la communauté, poursuivre les récompenses de droit et faire preuve par titres, papiers domestiques, témoins, et même par la commune renommée, de la consistance et de la valeur du mobilier non inventorié. Le mari qui n'a pas fait inventaire n'est pas recevable à faire cette preuve, parce que le défaut d'mventaire est dû à sa négligence ou à sa fraude.

Tout commerçant est tenu de faire une fois par an l'tnventaire ou le relevé de toutes les valeurs qu'il possède et de tout ce qu'il doit, et de l'inscrire sur un livre spécial à ce destiné fC. de comm.,art. 9). Ce livre doit être parafé et visé. On place d'abord le montant de l'actif, comprenant : 1° l'argent en caisse, 2° les fonds disponibles à la banque, 5» les effets en portefeuille, 4» les effets publics, 5° les marchandises en magasin ou en consignation, 6° les débiteurs par compte courant, etc. ; puis on dresse celui du passif, comprenant : 1" les traites à payer et les billets émis, 2° les créditeurs par compte courant, etc. : la différence des deux sommes constitue le capital net, et la différence de celui-ci au capital qu'on avait au dernier inventaire constitue le bénéfice. — L'inventaire doit être dressé avec sincérité : toute supposition de dettes, pertes ou dépenses, entraîne, en cas de faillite, la condamnation pour banqueroute frauduleuse. Le failli qui ne présente

Eas de livre d'inventaire peut aussi être poursuivi comme anqueroutier frauduleux (C. de comra., art. 585, 587, 594).

Bénéfice d'inventaire. Voy. bénéfice.

INVENTION (du lat. inventio], celle des trois parties de la Rhétorique qui enseigne à trouver les matériaux du discours : faits, idées, sentiments, arguments. Pour persuader, l'orateur doit prouver, plaire et toucher ; or on prouve par les arguments ; on plaît par les mœurs ou les qualités morales ; on touche par les passions : de là trois parties de l'invention, où l'on enseigne à trouver les arguments, où l'on traite des qualités dont l'orateur doit se Sarer, des passions qu'il doit exciter. Quant aux moyens e trouver les matériaux, les rhéteurs ne peuvent le plus souvent donner sur ce sujet que des conseils généraux : ils recommandent surtout de les chercher dans l'analyse approfondie du sujet qu'on doit traiter, de les tirer ex visceribus rei. Toutefois les anciens rhéteurs attachaient une grande importance aux lieux commuiis, sorte de méthode artificielle propre à trouver les arguments [Voy. lieux commos). — Nous avons de Cicéron un traité De l Invention.

Méthode d'invention. Voy. analyse.

Dans le langage ecclésiastique, le mot invention est sjnonyme de découverte, en parlant des reliques saintes : telle est Y Invention de la Ste Croix, due à Ste Hélène (526). On la célèbre le 5 mai.

J.-G. Bach a intitulé Inventions un recueil de morceaux de clavecin, d'une courte durée.

INVENTIONS ET DÉCOUVERTES. Il existe un grand nombre de recueils où l'on a consigné les plus remarquables inventions des anciens et des modernes. Nous citerons : le traité de G. Paschius, De novis inventis (Leipzig, 1700) ; les Recherches sur l'origine des découvertes attribuées aux modernes, par Dutens (Paris, 1766 et 1812); le Dictionnaire des découvertes anciennes et modernes de Peignot (Paris, 1808) ; le Dictionn. des inventions et découvertes depuis 1789 jusqu'à 1820 par Courcelles; les Archives des découvertes et des invention.'! nouvelles, publiées chez Treuttel et Wurtz (1809-41) ; le Dictionnaire des inventions, de Beckmann ; le Nouveau Dictionn. des origines, etc., de Noël et Carpentier; le Dictionn. des inventions de M. de Jouffroy ; les Découvertes scientifiques et V Année scientifique de M. Figuier; le Catalogue des brevets d'invention, etc. Le Ministère du commerce en France donne la description, d'abord sommaire, puis intégrale, de tous les brevets qu'il accorde ; voir les Annales de la propriété industrielle par lui publiées.

INVERSE, en Arithmétique. L'inverse d'un nombre est le quotient de 1 par ce nombre; l'inverse de 2 est \, l'inverse de ^ est 2.

Figures inverses. Voy. inversion.

INVERSION (du lat. invertio], se dit, en Grammaire,

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