‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 836 sur 1729 · IPÉCACUANA · texte numérisé non relu

IPÉCACUANA

on. des cendres qui renferment de l'iode. Dans les mines "argent du Mexique on trouve de l'iodure d'argent; dans î8 nitres du Pérou et du Chili, il y a des quantités consiérables d'iode à l'état diodates ou d'iodures. — On extrait iode des cendres des plantes marines en séparant d'abord, ar voie de cristallisation, la plus grande partie des autres ;ls. et chauffant ensuite les eaux mères avec de l'acide ilfurique et du peroxvde de manganèse; l'iode est alors ;paré de ses combinafsons et se réduit en vapeurs que on condense dans un récipient. Mais c'est des nitrates de mde du Chili et du Pérou que l'on retire auj. la majeure irtie de l'iode livré au commerce; après addition d'acide ill'ureux, on ajoute aux eaux mères de purification du itre. du chlorure cuivreux qui précipite l'iode à l'état iotlure cuivreux. Il suffit de chauffer ce composé avec e la potasse pour avoir de l'iodure de potassium. — 'iode exerce une action remarquable sur le système glanulaire; il est emplové en médecine pour la guérison du litre et des scrofules. C'est un médicament précieux imme antiputride, caustique et révulsif. Pris à forte dose, agit comme un poison corrosif sur l'estomac et les voies igestives.

L'iode se combine avec les métaux [iodures) et forme lusieurs comjwsés oxygénés, dont le plus important est anhydride lodique. Il s'unit directement aux autres lélalloïdes. sauf l'azote et le carbone. L'iode libre jouit de propriété caractéristique de colorer en bleu l'empois amidon : cette réaction est d'une extrême sensibilité, iode et les iodures alcalins sont fréquemment employés 1 thérapeutique, en chimie, en photographie. L'iode fut découvert en 1811 par un salpètrier de Paris, immé Courtois. Gav-Lussac en traça l'histoire chimique ms un mémoire célèbre.

lODHYDRATE ou BroRioDATE, synonyme A'iodure. Voy. ; mot.

lODHYDRIQUE (acide), composé gazeux [HIl formé de ilumes égaux d'hydrogène et de vapeur d iode unis sans mdensation. comme pour les acides chlorhydrique et \)mhvdrique ; il fume à l'air, il est d'une saveur acerbe astringente, d'une odeur suffocante. Il a une densité de .4. L'eau en dissout environ 500 fois son volume. On le répare non par l'union directe des deux éléments par la laleur, réaction qui est toujours incomplète, mais en ^'composant l'eau par l'iode en présence du phosphore, » qui permet de l'avoir gazeux, ou en décomposant par iode la dissolution d'hydrogène sulfuré, ce qui fournit ne dissolution étendue.

lODIQUE (axutdride), composé d'iode et d'oxygène [1*0*], 'lide incolore, qui résulte de la déshydratation de l'acide idique ; la chaleur le décompose en iode et oxvgène. lODiQCE (acide), corps solide, cristallisé, [lO^flJ, soluble ans l'eau, s'obtient en oxydant l'iode en présence de eau, par l'acide azotique fumant, par ex. Avec les bases forme les iodates.

lODISME de iodé), terme sous lequel on désigne les îets généraux de l'iode sur l'organisme animal. Ces effets •uvent ètro dus à l'iode lui-même, ou à l'usage immodéré es composés iodés.

lODOFORME, composé organique que l'on obtient en aitant par l'idde l'alcool méthylique mélangé d'une soluin alcaline ; sa fonnule CHF est analogue à celle du ilorofopne : d'oii son nom. C'est un corps cristallisé de uleur jaune et d'odeur de safran ; il est très employé mme antiseptique local. — Il a été découvert par ruUas.

IODURES, composés formés par la combinaison de l'iode ec un élément ou un groupe d'éléments fonctionnant mme un corps simple [radical). On reconnaît les iodures italliques en y ajoutant une solution de chlore et un u d'empois d'amidon ; le dilore déplace l'iode et celui-ci lore l'amidon en bleu foncé. Chauffes avec de l'acide sulrique concentré, les iodures dégagent des fumées d'acide lliydriquo mélangées de vapeurs violettes d'iode: les lurefisolubles donnent avec l'azotate d'argent un précipité .ine d'iodure d'argent insoluble dans l'eau et dans l'ammoiique, avec le chlorure cuivTeux un précipité blanc d'iodure «Axeux. Les iodures les plus importants par leurs applicaliis sont les iodures de potassium, de sodium, de plomb, t mercure, de cui\Te [Voy. ces mots).

Uidure d'azote, l'oy. azote.

OLITE (à cause de sa couleur violette), s^m. de Cordiérite. ONIDIUM (^du gr. tov, violette}, genre de la famille

des Violariées, renferme des arbustes à feuilles alternes ou opposées, accompagnées de stipules latérales géminées; à fleurs pendantes, naissant à l'aisselle des feuilles supérieures; à fruits capsulaires, ovoïdes, à trois valves. C'est à ce genre qu'appartient Ylpécacuana blanc, que d'autres rangent dans le genre Pombalia.

IONIENNE (ÉCOLE ou puilosopqie}. L'école d'Ionie est la première en date des écoles philosophiques de la Grèce • elle se développe pendant le v et le vi* siècle av. J.-C. Elle cherche principalement à se rendre compte des phénomènes naturels en considérant le monde comme produit par le développement d'une substance primordiale diversement modifiée. Pour Thaïes de Milet, le fondateur de l'Ecole, cette substance fondamentale est l'eau. Son successeur Anaximandre déclare au contraire que cette substance ne peut ms être simple, qu'elle doit être une masse chaotique formée d'éléments complexes, et il la nomme l'indéterminé. Après lui, Anaximène retient à la conception d'une substance primordiale simple, qui est pour lui l'air. Heraclite d'Ephèse trouve dans le feu cette substance fondamentale de toutes choses; et, plus qu'aucun des philosophes qui le précèdent, il insiste sur les transformations incessantes de la matière, sur le devenir et l'évolution universelle ; ses idées inspireront plus tard la physique stoïcienne. Anaxagore de Clazomène, qui fut peut-être le maître de Socrate, revient à l'idée d'Anaximandre : il place à l'origine du monde un chaos d'éléments divers, qui peu à peu se séparent et s'organisent sous l'action d'un principe supérieur, l'intelligence divine. Après lui, l'école d'Ionie ne compte plus que deux philosophes illustres, Archelaûs et Diogène d'Apollonie, qui essaient de concilier entre elles les doctrines de leurs préuécesseurs. — Voy. notre Dictionnaire d'Hist. et de Géogr. ; Zeller, Histoire de la philosophie des Grecs, trad- Boutroux, t. I ; Paul Tannery, Pour la science hellène.

IONIQUE ipied), pied grec et latin ordinairement composé de six temps, c.-à-d. de 2 longues et de 2 brèves [ionique majeur) ou de 2 brèves et de 2 longues [ionique mineur). L'invention de ce pied a été attribuée à Ion de Chios.

IONIQUE ou ionien (iïlonie). Dialecte, Mode, Ordre ionique. Voy. dialecte, etc.

lOTACISME (du gr. IwTaxuixôî), abus de l'iota, retour fréquent du son d'i pur dans la prononciation grecque, oii les lettres i. r,, u et les diphtongues oi, et sonnent à peu

Frès de même. Il ne faut pas confondre Viotacistne avec itacisme : ce dernier mot se dit spécialement du système de ceux qui veulent qu'on prononce l'i^ comme i, ainsi que le font les Grecs modernes, et non ê, selon la prononciation érasmienne.

On donne aussi ce nom à un vice de prononciation qui empêche d'articuler le j et le g mouillé.

lOULE (du gr. îouT^oî), hymne grec en l'honneur de Cérès. Voy. hïmxe.

IPÉCACUANA (mot brésilien), Cephaelis tpecacuanha, espèce du genre Cephaelis, famille des Rubiacées : c'est un petit arbrisseau à tige légèrement pubescente au sommet, à feuilles ovales oblongues, pubesccntcs en dessous, à fleurs en capitules terminaux. Cette espèce croît dans les forêts et dans les vallées de l'Amérique méridionale et particulièrement du Brésil. C'est le rhizome de la plante qui constitue 1'/. gris, appelé aussi /. annelé, parce qu'il se présente dans le commerce en morceaux allongés, d'une grosseur moyenne variant de 3 à 7 millimètres, entrecoupés d'anneaux et d'étranglements successifs : c'est l'ipécacuana officinal. La saveur de cette racine est acre et amère ; son odeur, nauséabonde ; c'est surtout dans son écorce que résident au plus haut degré les propriétés émétiques de l'ipécacuana, propriétés qui sont dues à un principe végétal appelé émétine [Voy. ce mot). L'ipécacuana s'administre en poudre et quelquefois en pastilles comme vomitif; sa décoction est employée contre la dysenterie.

Ce qu'on appelle dans le commerce /. strié, est la racine du Psycnotria emetica ; l'I. ondulé est produit par le Richardsonia brasiliensis; ces deux variétés offrent aussi, quoique à un moindre degré, des propriétés émétiques.

Ce n'est que depuis la fin du ivir siècle que l'emploi de l'ipécacuana a été introduit en Europe. En 1672, Legras, médecin français, en avait apporté d'Amérique ; mais une mauvaise administration de cette substance la fit bientôt abandonner. En 1686, un médecin hollandais»

Page 1