‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 860 sur 1729 · LAINE · texte numérisé non relu

LAINE

fauve, vcrmiculé de noir, habile les Alpes et les Pyrénées, d'où il est apporté en assez grand nombre sur les marchés. Parmi les autres espèces on remarque le L. rouge (L. scoticus), le L. à doigts courts (L. brachydactylus) et lo L. hyperboré [L. islandicus).

LAGOPHTALMIE (du gr. Xayâ)tp6a^li.ov), disposition vicieuse de la paupière supérieure, qui est tellement retirée qu'elle ne peut recouvrir le globe de l'œil pendant le sommeil. Ce nom lui vient de ce qu'on a prétendu que les lièvres dorment les yeux ouverts. La lagophlalmie résulte toujours d'une lésion de la paupière.

LAGOSTOME [du gr. Xaywî, lièvre, et 5T6{xa, bouche), synonyme de Bec-de-Lièvre. Voy. ce mot.

En Zoologie, ce nom a été donné : à un Mammifère de l'ordre des Rongeurs, voisin du Chinchilla [Voy. viscache) ; — à un Crustace décapode, de la famille des Cyclomélopes canccriens, qu'on trouve sur les côtes de la Bretagne ; — à un genre de Coléoptères tétramères, de la famille des Charançonites, appelé aussi Dermatode.

LAGOTHRICHE (du gr. >>ajW(:, lièvre, et 2rp£|, poil), Lagolkrix, genre ae Mammifères, de l'ordre des Quadrumanes, division des Cébins ou singes américains, renferme des animaux à tète arrondie, à pelage doux, presque laineux, et qui habitent par Iwndes les forêts de l'Amérique méridionale. L'espèce la plus connue est le L. de Humboldt, ou Capparo, qui a près de 1 m. et le pelage gris. Cette espèce liabite les bords du rio Guaviare.

LAGOTIS (du gr. Xaywî, lièvre, et ou;, wtôî, oreille),

Senre de Mammifères, de l'ordre des Rongeurs et voisin u Chinchilla. Voy. ce mot.

LAGRIE, Lagria, genre d'Insectes, de l'ordre des Coléoptères hétéromères, famille des Trachélides, renferme mie cinquantaine d'espèces, dont la principale, la L. hé^ vissée, a'un noir bronze avec des élytres fauve clair et le corps tout couvert d'un duvet jaunâtre, se trouve communément dans nos bois.

LAGUNE (du lat. lacuna), canal ou espace de mer peu profonde que laissent entre eux soit les bancs de sable, soit les îlots nombreux formés sur les côtes basses ou à l'embouchure de certains fleuves qui charrient beaucoup de limon. La Hollande compte beaucoup de lagunes. Les Frische Haff et Rurische Haff, sur la Baltique, doivent être considérés comme tels. Mais les lagunes les plus renommées sont celles de Venise. Une ville a été bâtie sur pilotis au milieu de ces lagunes célèbres dont l'his-^ toirc est glorieuse.

LAI (orig. celtiq. ; en b.-lat. leudtis, en allem. Lied], petite pièce de poésie lyrique, d'un genre mélancolique, appartenant à notre littérature du moyen âge. On distingue le lai breton et le lai français.

Le premier, dont on ne connaît pas bien le rythme et la coupe, florissait surtout du vin" aux xi* et xii* siècles; on a même prétendu qu'il date des anciens Gaulois. Beaucoup de vieux romans, de récits merveilleux et de légendes ont été traduits de lais bretons ; tels sont Gorion, Tristan, Lancelot, etc. On les chantait en s'accompagnant de la iiarpe. — Voy. : Bitson, Ancient english tnelrical Romances, et EUis, Spécimen of the english Poets.

Le lai français date, au plus tôt, du xu' siècle : il fut en grande vogue aux xiii" et xiv° siècles et au commencement du siècle suivant. Christine de Pisan, Machaut, Froissart, Eustache Deschamps, Marie de France ont été les plus célèbres auteurs en ce genre. Leurs lais traitent particulièrement de sujets graves et tristes où l'amour joue le principal rôle, ou de quelque moralité. Le rythme et la coupe de ces sortes de poèmes ont beaucoup varié. Généralement, au xiv° siècle, le lai était de 24 stances, chacune de 4, 6, 8 ou 12 vers, siur deux rimes au plus. Si toutes les rimes étaient semblables, c'était le lai propr. ^it; dans le cas contraire, c'était un virelai. Souvent les vers du poème étaient coupés de deux en deux par un vers plus petit, qui n'avait que deux syllabes. Voy. : Fr. Michel, Lais inédits des xii' et xni' siècles (18o6) ; F. Wolf, Ueber die Lais, etc. (1841).

LAI (du lat. laicus). Dans les monastères, on appelait : frère lai un frère servant, non engagé dans les ordres sacrés; moine lai, im laïque ordinairement homme de guerre invalide, que le roi plaçait dans une abbaye à nomination royale, pour y être entretenu.

On appelait autrefois : cour laie la justice temporelle et séculière, par opposition à la justice ecclésiastique; conseiller lai, un conseiller qui n'avait point de clericature ;

patron lai, un laïque qui avait fondé quelque bénéfice avec réserve de patronage.

LAÏC. Voy. LAÏQUE.

LAICHE (de l'anc. ht-allem. lisca, fougère), Carex, genre de la famille des Cypéracées, type de la tribu des Caricées, se compose d'herbes trisannuelles, à liges triangulaires, à feuilles graminoïdes, souvent tranchantes; à fleurs en épis. La L. étoilée [C. stellulata) et la L. blojtchâtre [C. canescens) croissent dans les lieux humides et marécageux, et ne donnent qu'un fourrage gi-ossicr, nuisible même aux moutons : aussi ne les recueille-t-on, en général, que pour faire de la litière cl du fumier. Fne espèce remarquable par son rhizome traçant peut être utilisée pour soutenir les terrains mouvants : c'est la L. des sables (C. arenaria). La racine de cette plante est aussi employée, surtout en Allemagne, comme sudorifique, et prend de là le nom de Salsepareille d'Allemagne. On fait avec les filaments de cette racine des balais dits de chiendent, des nattes et des paillassons.

LAIE (du b.-lat. leha), femelle du sanglier.

LAIE, LATE (du b.-lat. Icia, leda; en Scandinave leid, conduit, passage), a signifié autrefois bois, taillis : de là le nom de Sauït-Germain-en-laye (c.-à-d. dans la forêt). — On nomme encore ainsi, en style forestier, une route percée dans une forêt, ou pratiquée autour d'un canton de bois destiné à être vendu.

LAINAGE (de laine], se dit : 1" de la toison des moutons ; 2° de toute étofie ou tissu de laine ; 3" d'une opération à laquelle on soumet les draps et autres tissus de laine pour en faire ressortir le poil du côté de l'endroit.

LAINE (du lat. lana], sorte de poil qui recouvre certains animaux, notamment ceux de la race ovine, qui prennent de là le nom de bêtes à laine. Chacun de ces poils est lui-même formé de plusieurs filaments réunis sous une même enveloppe, et partant tous d'un bulbe situé dans l'épaisseur du derme. Chimiquement, ces poils sont formés d'un mucus semblable à celui des cheveux, et d'une petite quantité d'huile, à laquelle ils doivent leur souplesse et leur élasticité. — On nomme : laines de toison, celles oui ont été enlevéessur l'animal vivant; laines mortes, celles qui ont été prises sur l'animal mort; laines en suint cl surges, celles qui n'ont point encore passé au lavage ; laines peignées, celles qui ont été cardées.

La laine donne lieu à une foule de travaux. Le premier est la tonte. Vient ensuite le lavage, dont le but est de débarrasser la laine des matières grasses : on lave d'abord à froid pour enlever le suint ; le surge ne part qu'à leau chaude et par un second lavage, qu'on appelle lavage marchand, parce que ce dernier n'est ordinairement fait que par le marchand de laines. Après cette opération, les laines sont triées et assorties, puis livrées au fabricant. Ce dernier, après avoir fait subir à la laine un dégraissage à fond à l'aide de divers agents, la carde, la file, la teint, la tisse, la feutre, etc. On cardait jadis à la main avec la carde ordinaire, dont on obtenait de petits boudins, qu'ensuite la fileuse présentait à la broche d'un rouet ; le cardage , maintenant, n'a plus lieu qu'à la mécanique, et comprend trois opérations distinctes, au bout desquelles la laine sort en nappes, qui sont ensuite réduites en loquettes prêtes à être filées. Le filage lui-même se fait presque partout aujourd'hui à la mécanique [Voy. filatcke et carde). Celles des laines filées que l'on ne veut pas cniployer blanches passent à la teinture. Ces opérations préliminaires terminées, on s'occupe de former les tissus de laine. Ces tissus se divisent en quatre grandes classes ; 1° les draps et couvertures, avec les feutres ; 2° les tapis et les châles; Z" les étoffes, ou tissus proprement dits; 4° les tricots. Voy. ces mots.

L'industrie des laines date d'un temps immémorial. Très longtemps elle a été dans l'enfance ; mais depuis un siècle elle a pris un essor prodigieux, tant pour la multiplicité que pour la beauté des produits. On a apporté à la production des laines des soins inconnus jadis : la France a introduit chez elle la race mérinos, qu'elle a même améliorée (Foj/. mérinos); elle a aussi importé la chèvre du Thibet, et l'on s'occupe d'acclimater le lama, la vigogne. En même temps, les machines se substituaient aux anciens procédés, en Angleterre d'abord, puis en France (de 1809 à 1812 pour le cardage, en 1825 pour le filage).

Pour la finesse des draps, la beauté des éloll'os de fantaisie, nul pays n'égale la France : l'AUemairnî inolamment la Saxe et la Silésie) et l'Angleterre viennent ensuite.

LAÏaUE

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