LAMPOURDE
Dans les lampes les plus simples, la mèche est pleine ou plate, et plon^re directement dans l'huile par s<in extrémité inférieure; dans les lampes perfectionnées, elle est circulaire, fixée à l'aide d'un anneau dans deux cylimlres concenlrfques en communication avec le réservoir et, de plus, attachée à un pipion s'engrenant avec une crémaillère, ce qui permet de l'élevi-r et de l'abaisser à volonté. On fixe sur le bec ime cheminée en verre, étranglée ou coudée vers le bas, de manière à établir un tirage et à rendre ainsi la combustion plus complète et la flamme plus égale et plus blanche: enfin ou recouvre le tout soit d'un globe en verre, soit d'un réflecteur, dit aussi abal-jour.
Sous le rapport de l'appareil, on divise les lampes en trois classes : 1° les lampes à réservoir de niveau avec le bec : dans celles-ci, la partie de la mèche enflammée doit toujours être à une très petite distance de la surface de l'huile, qui monte alors jusqu'à la flamme par le seul effet de la capillarité : la veilleuse ordinaire en olfre l'exemple le plus simple; à cette classe appartiennent la lampe astrale de Bordier-Marcet, la lampe sinombre de Philipps, les lampes à pétrole, etc. : — 2" les lampes à réservoir supérieur : les plus connues en ce genre sont les quinquels du nom de l'inventeur), très usités jadis, et qui aujourd'hui ne s'emploient guère que comme appliques pour éclairer les corridors, les escaliers, etc. ; telles sont aussi les lampes à tringle, d'un usage encore répandu : dans ces dernières, le réservoir est à double boîte; l'huile y est soutenue par la pressioa de l'air, et à mesure qu'une poilion d'air y pénètre, il s'écoule une quantité correspondante d'huile pour alimenter la mèche : ce système a l'inconvénient de projeter de l'ombre dans un certain sens, par suite de l'élévation du résenoir ; — 5" les lampes à réservoir inférieur : dans les premiers modèles qu'on a construits en ce genre, on faisait, à l'aide d'une petite pompe foulante, monter une partie de l'huile, renfermée dans le pie! de la lampe, dans un autre réservoir placé à la hauteur <!e 11 mèche. Dans les lampes dites mécaniques, ou lampes Carcel. du nom de leur inventeur, un mouvement d'Iuirlogerie, adapté au piston de la pompe, rend permanente celte ascension de l'huile autour des parties de la mèche où s'opère la combustion. Dans les lampes dites modérateur ou à modérateur, un ressort à spirale, portant un lai^e piston, presse sur la surface de l'huile, et la fait monter dans un tube étroit qui aboutit à la mèche ; ce tub«> porte à l'intérieur une tringle conique mobile qui modère l'ascension de l'huile. Cette dernière lampe jomt à une grande simplicité tous les avantages de la lampe Carcel, sans être ni aussi chère, ni aussi compliquée; mais il faut la remonter souvent. M. >'euburger, en v adaptant un cric à coulisse qui permet d'utiliser toute la hauteur du cylindre, a réussi à lui donner une durée de 10 à 12 heures. — On a aussi construit un autre genre de lampes à réservoir inférieur, dites lampes hydrostatiques, en appliquant ce principe d'hydrostatique d'après lequel, si lieux vases communiquant entre eux sont remplis de liquides de densités dilTercntes et se faisant équdibre, les hauteurs des deux liquides sont en raison inverse de leurs densités; on peut donc faire monter l'huile, à laide d'un iiquidc plus dense, de manière qu'elle vienne constamment «Imenter la mèche; une dissolution de sulfate de zinc produit cet effet d'ascension.
On a nommé lampes solaires des lampes qui donnent une lumière très vive, par l'effet d'un étranglement qu'on fait subir â la flamme un peu au-dessus de la mèche : la flamme étant ainsi mélangée forcément avec l'air, les parties charbonneuses non encore brûlées se consument avec une vive clai-té.
On nomme lampes à gaz deux sortes de lampes, celles où l'on brûle du gaz comprimé [Vou, gaz d'éclairage], et celles dans lesquelles, au lieu d'huile, on se sert de gazogène ou hydrogène liquide : on nomme ainsi un mélange d'csprit-de-vin et d'essence de térébenthine ou d'huile de napiite, corps riches en carbone, qui donnent à la flamme de l'alcool un vif éclat. C'est Jobard, de Bruxelles, qui le pn'mier. en 1833. a eu l'idée de ce genre d'éclairage.
On attribue l'invention des lampes aux Egyptiens; dès les temps les plus reculés, l'usage en était répandu dans tout l'Orient. Fort simples quant à leur appareil, puisqu'elles ne se composaient que d'un vase plein d'huile dans lequel plongeait une mèche longue, leur forme variait à l'intini chez les anciens. Nos musées sont remplis de lampes «nliques ;L. de temple, L. domestique, L . sépulcrale, etc.) :
les unes avaient une anse, les autres des chaînettes avec lesquelles on les suspendait [Voy. lampadaire). Malgré l'usage fréquent auquel on les employait, les lampes restèrent longtemps sans être perfectionnées. Ce ne fut que vers 1789 qu'Argant, phvsicien et médecin de Genève, imagina les mèches cylmdriques, à double courant d'air : les quinquets furent les premières lampes où l'on fit usage de ces sortes de mèches. Bordier-Marcet inventa ensuite la lampe astrale, à couronne, et suspendue, dont la lumière tombait de haut en lias sans porter d'ombre par ses appuis. En 1803, Carcel inventa les lampes à mouvement d horlogerie, depuis perfectionnées par Careau, Gotlen, Gagneau, etc. Les frères Girard appliquèrent les premiers le principe de la fontaine hvdroslatique, et Thilorier réussit à produire l'ascension de 1 huile au moyen de liquides plus denses. En 1822, Fresnel et Arago imaginèrent les becs à mèches multiples et concentriques pour l'usage des phares. En 1825, Locatelli appliqua un système semblable à l'éclairage du théâtre Fenice de Venise. Depuis lors, Levavasseur, Franchot, Hadrot, Neuburger ont inventé ou perfectionné les lampes dites modérateur; Chabrié a inventé la lampe solaire; Selligue, la lampe à schiste; Mille, la lampe à essence sans liquide. — Voy. le Traité de l'éclairage de Péclet, où sont décrits tous les systèmes de lampes.