LANGOUSTE
signos produits cl iiilorprôtôs inslinclivempiit par tous les Iioiuines; tels sont les traits (tu visnffc, les mouvements de la pliysiononiie, les gestes, les attitudes, les cris qui, nés de la réaction de 1 ame sur le corps, peignent d'une manière vive, mais synthéticiue, les besoins, les sentiments, les passions, et qui, reproduits volontairement, constituent l'action oratoire, la mimique; 2° le L. naturel à l'origine et conventionnel par transmission, comme le langage articulé ou la parole, et le langage écrit ou l'écriture ; car la parole et l'écriture furent à l'origine un ensemble de cris proférés ou de figures tracées spontanément pour exprimer une pensée, et ce n'est que plus tard qu'elles se perfectionnèrent par la convention ; 3» le L. artificiel, composé de signes qu'on ne peut interpréter sans en avoir appris la valeur, parce que le rapport qui unit chacun d'eux à la chose signifiée est arbitraire et peut être changé par la volonté, il comprend l'écriture alphabétique, les signes aigéi)riques, les signes télégraphiques ou stenographiques, l'alphabet manuel des sourds-muets et l'écriture chiH'rée.
L'étude des fonctions du langage a une grande importance pour la psychologie et la logique. 1» Le langage sert à transmettre, ou plutôt à exciter dans l'esprit les idées associées aux mots ; sous ce rapport, il est la condition de toute société, l'instrument de toute éducation; seul il rend possible le progrès intellectuel et moral en faisant profiter chaque génération des connaissances précédemment acquises. 2" Il influe sur les opérations de l'esprit par les rapports intimes qui le lient à la pensée. Il en reproduit les formes et les procédés, de telle sorte qu'il y a une certaine correspondance entre les lois de la logique et celles de la grammaire comparée : ainsi, tout acte mtellectuel étant un jugement, toute expression complète d'une pensée constitue une proposition: et autant il y a de classes d'idées, autant il y a de parties du discours, noms, adjectifs, verbes, etc. (Voy. propositions, mots). Il en résulte que le langage nous oblige à opérer sur notre pensée le double travail de l'analyse et de la synthèse, parce que chaque mot n'exprime qu une idée, et que la syntaxe de chaque phrase nous fait concevoir dans un certain ordre les idées qui la composent. En outre, le langage nous aide à fixer dans la mémoire, à coordonner et à combiner nos idées, surtout celles qui sont abstraites et générales, ou qui expriment des choses immatérielles ; par là il conlribue au développement complet de l'intelligence. Il ne faut cependant pas exagérer cette influence. L'homme ne pense pas parce qu'il parle, mais il parle parce qu'il pense ; c'est pour cela que l'animal, n'ayant pas d'idées générales, n'a point la parole raisonnée.
A ce point de vue, l'élude du langage a dès l'antiquité attiré l'attention des philosophes, de Platon (Cratyle), d'Aristote (De l'interprétation ou Du langage] et Je Lucrèce. En marchant sur leurs traces, les grammairiens grecs d'Alexandrie, Denys de Thrace, Apollonius Dvscolc, etc., analysèrent sous toutes leurs formes les parties du discours, et la science transmise par eux aux Latins est à peu de chose près celle qui s'enseigne encore dans nos écoles. Quant aux modernes, leurs travaux sur ce sujet sont si nombreux
2|u'il suffit d'indiquer les principaux. Yoy. Lersch, Phiosophie des langues chez les anciens (Bonn, 1843): Séguier de St-Brisson, Philosophie du langage d'après Aj'islote [IS^S] ; Egger, Apollonius Dyscole (1864), et Grammaire comparée (6" éd. 1865) ; Locke, Essai sur l'entendement ; Leibniz, Nouveaux Essais ; la Grammaire générale et raisonnée de Port-Royal ; Condillac, Grammaire ; de Gérando, Des signes ; Charma, Essai sur le langage. Voy. onAJiMAiRE.
La vie évolutive du langage, déjà remarquée par Horace dans son Art poétique, a été l'objet d'intéressantes éludes au XIX* siècle, grâce à l'impulsion capitale imprimée par la Grammaire comparée des langues indo-européennes de Bopp. Il a été élaLli que, sous l'elfort des siècles, une triple transformation s'opère de façon constante sur les langues parlées : 1» d'abord une transformation de la forme phonétique des mots, caractérisée par trois lois : celle de la permutation des consonnes, celle de l'amincissement des voyelles, celle de l'abrègement des mots. Les consonnes fortes, p, k, t, font place à des consonnes faibles, b, c, d, puis à des aspirées, bh, f, v, ch, th. Les voyelles larges a, 0, ou, disparaissent devant les voyelles minces, e, i, u. Certaines syllabes cessent d'être prononcées, comme les ôcux syllabes muettes d'enveloppe. 2" Ensuite l'extension
ou le changement de signification des mots; un seul et même terme se charge de plusieurs significations surgreffées les unes aux autres, où l'acception primitive, comme Aaixs demoiselle, amazone, volume, candidat, est remplacée par une tout autre. 3» Enfin une transformation de la grammaire elle-même et du vocabulaire, à la suite d'idées, de mœurs ou d'inventions scientifiques nouvelles, sous l'influence des œuvres de littérature, et par l'envahissement des mots étrangers. [Voy. Bopp, Gratntnaire comparée, etc. ; Whitney, la Vie du langage; A. Darmesteter, la Vie des mots; Brachel, Dict. historique de la langue française). L'étude méthodique de cette évolution des langues, aidée par la recherche historique des étvmologies, la méthode comparative des vocabulaires et' des grammaires, a permis aux linguistes de classer toutes les langues du globe (900 connues) en grandes familles.
Voy. LANGUE.
La question de l'origine du langage parlé ou rationnel, après de longues controverses, semble toucher à une solution scientifique. La linguistique générale, aidée de la philologie comparée, a établi que toute langue humaine parlée, si vaste que soit son vocabulaire (40 ou 50000 mots), se ramène en dernière analyse à des éléments formateurs essentiels, qu' on appelle racines verbales. Ainsi cap (racine verbale, en latin caput, chef, tête) est l'élément formateur des mots français cap, capital, caporal, capitaine, chef, chevet, etc. Ces racines verbales sont en nombre relativement très petit : 500 en sanscrit, 450 en chinois, 250 en allemand. Mais ces « cellules protoplasmiques » du langage, d'où viennent-elles? On a réjwndu longtemps à la question qu'elles étaient dues à une formation toute spontanée ou encore nécessaire de l'esprit humain : Max ïluller [Science du langage, 4° éd.) déclarait lui-même que ce sont« des types phonétiques irréductibles produits par une puissance inhérente à la nature humaine » ; mais on a fait remarquer que les premiers balbutiements de l'homme n'ont rien de commun avec des types phonétiques aussi arrêtés et aussi abstraits que vid, voir, savoir; ar, labourer; man, penser. On est ainsi amené à penser que l'apparition des racines dans le langage a été précédée d'une longue période d'élaboration durant laquelle les signes vocaux, sons inarticulés, sons imitatifs, onomatopées, sonsexclamatifs ou interjections, étaient employés en concurrence avec les signes naturels, comme il arrive encore chez les tribus indiennes des Montagnes Rocheuses. C'est la période embryonnaire du langage articulé, où l'élément matériel de la parole est surtout l'onomatopée (Condillac, Ilerder), et l'élément formateur ou psychologique la sensation ou l'impression ressentie, ou l'idée à l'étal a'ébauche. Aussi MaxMuller [Se. du langage, 6° éd.) a fini par reconnaître que les racines ou types phonétiques « représentent les noyaux formés dans le chaos des sons imitatifs et interjeclionnels ». Ce qui est certain, c'est que le langage parlé et la pensée ne se peuvent séparer : le progrès de la pensée humaine et celui de la parole ou langage rationnel ont donc marché d'une façon parallèle. Ce qui a suivi cette apparition des racines est l'œuvre de l'homme considéré comme agent collectif et spontané : on a d'abord désigné à l'aide des racines les objets visibles et concrets; puis, à l'aide de métaphores fondées sur l'analogie, on a dérivé de ces racines tous les termes qui expriment des choses immatérielles, de telle sorte que les lois de la formation des langues offrent une image fidèle du développement même de l'esprit humain. — Consulter Alb. Lemome, De la physionomie et de la jmrole; Ravaisson, la Philosophie au xix" siècle, § 31; Renan, Origine du langage; Guill. de Ihimboldt, De l'origine des formes grammaticales et de leur influence sur la formation des idées ; Max Millier, Lectures on the science of language, 6° édit. ; Taine, De Vlntellig., 3* éd., tome I, note I; Rabier, Psj/cAo/., ch. xLiii-xLiv : Zaborowski, Origine du langage. — Voy.
LINGUISTIQUE. Voy. aUSsi APHASIE.
LANGELANDIA, genre d'Insectes, de l'ordre des Coléoptères tétramères, famille des Xylophages, tribu des Lyclides, créé en 1842 pour la Langelandia anophthalma, insecte dont la grandeur ne dépasse pas 0 m. 004 et qui paraît être dépourvu d'yeux.
LANGITE, sous-sulfate de cuivre hydrate [4CuO.SO^ -j- 5H-0], en petits cristaux d'un bleu verdàtre, se trouve en Cornouaiiles.
LANGOUSTE (du lat. locusta, sauterelle, c.-à-d. sauterelle de mer), Palinurus, genre de Crustacés décapodes,
LANGRAYEN