LANGUE
•■Tamilie des Macroures, voisin des Homards cf des Ecrevisscs, a dos antennes excessiveinenl long^ues. liérissées de poils ou de piquants, et point de pinces, la Langouste peut ■atteindre des dimensions considérables. On la trouve dans toutes les mers. L'espèce la plus répandue sur nos côtes est la L. à quatre cornes, qui ne dépasse guère 0 m. 50; la femelle peut peser jusqu'à 5 ou 6 kilogr.- quand elle porte ses œufs. La couleur de sa cuirasse est le brun verdàlre, tirant au rouge foncé dans certaines places, et ponctué de bleu jaunâtre. Ce crustacé se tient dans les profondeurs pendant l'hiver, et se rapproche du rivage, surtout des endroits rocailleux, en mai et en août pour s'y accoupler et pondre. Ses œufs d'un rouge de corail sont plus petits que ceux de l'écrevisse : ils donnent naissance à un être au corps lamelleus et transparent, le Phyllosome, qu'on a pris longtemps pour un animal particulier. Coste et Gerbe ont reconnu en 1862 que c'était la larve de la langouste, et qu'il subissait plusieurs métamorphoses avant de parvenir à l'état de crustacé parfait. — La chair de la Langouste est, comme celle du Homard, fort estimée, surtout celle (le la femelle, avant et après la ponte.
LANGRAYEN. Art amus ou Ocypterus, genre d'Oiseaux, de Tordre des Passereaux denlirostres, famille des Lanidés et très voisins des Pies-Gricches, dont ils se distinguent par la forme et l'étendue de leurs ailes, et leur vol rapide et soutenu comme celui de l'hirondelle. Presque toutes les espèces appartiennent aux îles de la mer des Indes.
LANGUE (du lat. Uiwua], corps charnu et mobile qui est le principal organe du goût et de la parole. Sa face supérieure ou dos est libre, plate, divisée d'arrière en avant en deux portions symétriques par un sillon longitudinal, à l'extrémité postérieure duquel se trouve un enfoncement appelé le trou borgne : elle est parsemée d'une multitude d'éminences appelées ;>a/>j//es, véritables organes du goût, savoir : vers la pointe et les cotés, les papilles coninnes; dans la partie moyenne et postérieure, les papilles fongi formes: enfin lès papilles calici formes ou lenticulaires, qui sont rangées sur deux lignes. Sa face inférieure, libre par devant et sur les côtés, se rattache, en arrière et au milieu, à l'os maxillaire inférieur et à l'os hyoïile au moyen des muscles génioglosse et hyoglosses (muscles extrinsèques). Sa base se continue avec \'épiglolte [Voy. ce mot) et le voile du palais. La portion charnue qui constitue la plus grande partie de la langue présente une multitude de libres et de muscles entre-croisés dans toutes les directions [muscles linguaux ou intrintèques), ce qui permet à cet organe de se mouvoir avec la plus grande facilité. La muqueuse qui la revêt se continue «vec celle de la cavité buccale et oITre à sa face inférieure un repli triangulaire appelé filet ou frein. Les artères de la langue sont fournies par les linguales des carotides externes, les palatines et les tonsillaires des labiales; ses veines s'ouvrent dans celles du pharynx et du larvTix. Les nerfs viennent du glosso-pharyng ien , de l'hypoglosse et du maxillaire inférieur : le premier de ces nerfs est destiné exclusivement à la perception des saveurs, les autres s«'rvent à donner à l'organe sa motilité et la sensibilité tactile [nerf lingual].
L'étal de la langue fournit au médecin d'utiles indications : elle est rouge, pointillée, surtout à l'extrémité, dans les inflammations du tube digestif; chargée d'un enduit jaunâtre ou blanchâtre, dans l'embarras gastrique et intestinal. Sa sécheresse, sa couleur noire, son aspect fendillé, sont des symptômes fâcheux dans les fiè\Tes graves. Cet organe peut, en outre, être le siège de maladies spéciales : l'inflammation de la langue est dite glossite [ f ou. ce mot) ; sa hernie, glossocèle.
CTiez les Animaux, la forme et la longueur de la langue varient suivant les espèces: chez les Oiseaux, elle est soutenue par un os spécial inséré au milieu de l'os hvoïde; chez les Poissons, elle est peu développée, et en dehors ; des Vertébrés il n'y a plus de véritable langue ; les Vers jen sont prestjue entièrement dépourvus.
1 En Cuisine, les langues de bœuf, de veau sont seules employées. Les langues de Ixeuf à l'écarlate. ainsi que les langues de veau fourrées, de Troves, sont estimées et don- Jienl lieu à un important commerce.
I UNGUE. Les Chirurgiens appellent langue de serpent fane espèce de lancette à pointe très acérée ; et les Dentistes, un petit instrument dont ils se scr^■ent pour enlever le tartre des dents de la mâchoire inférieure. I,a langue i^oarpe trivelin ou levier de l'Ecluse] sert pour 1 ex-
traction des dents molaires, ou pour celle des racines : c'est une sorte de levier pyramidal monté sur un manche solide, avec lequel on soulève la dent ou la racine à extraire.
En Histoire naturelle, on nomme vulgairement : Langue d'agneau, une espèce de Plantain ; L. de bœuf, la Buglosse et la Fistuline, espèce de Bolet; L. de cerf, la Scolopendre et plusieurs Fougères; L. de chat, l'Euptoire et la Telline; L. de cheval, le Fragon; L. de chien, la CjTioglosse officinale et quelques autres Borraginées; L. d'oie, la Grassette; L. d'oiseau, le fruit du Frêne et la Stellaire holostée; L. d'or, la Telline foliacée; L. de passereau, la Stellaire pa^rine et la Renouée; L. de serpent, l'Ophioglosse vulgaire, les Clavaires, etc. ; L. de vache, la Grande Consoude et la Scabieuse des champs.
LASGUES. On nomme langage l'expression de la pensée par la parole ( Voy. ci-dessus], et langues ses nombreuses variétés. Les langues se distinguent les unes des autres par l'ensemble des formes grammaticales propres à chacune d'elles. Considérée en elle-même, dans ce qu'elle a de particulier et d'original, une langue prend le nom d'idiome, surtout si elle ne se parle que chez un petit peuple et dans une contrée à part ; on appelle : dialectes les variétés d'une même langue, ayant une grammaire et une littérature; patois, ces mêmes dialectes, dégénérés après la naissance d'ime langue commune et abandonnés dès lors aux gens du peuple [Voy. dialecte). — Comparées entre elles, les langues donnent lieu à deux études distinctes : la grammaire comparée, qui étudie leurs ressemblances et leurs différences: la linguistique, qui établit leur classification. — Le mode le plus parfait de classification est la classification généalogique, basée sur les affmités des langues et sur leur filiation, mais indépendante de l'ethnographie. Voici celle que donne M. Max Mûller [Science du langage], d'après les travaux de Fréd. Schlegel, Guill. de Humboldl, Pritchard, Bopp, Eug. Burnouf, Grimm, Pott, Benfey, Kuhn, Curtius, Corssen, Régnier, Renan, etc.
I. Langues indo-européennes ou aryennes. — Division méridionale : 1° L. indiennes (langues mortes, sanscrit védique, sanscrit moderne, pâli, pràkrit; langues vivantes, hindoustani, mahratte, bengali; 2° L. iraniennes (I. m., zend, inscriptions cunéiformes, pehlvi, parsi; 1. v., persan, afghan, kourde, arménien). — Division septentrionale : 1" L. celtiques [1. m., comique; 1. v., breton, gallois, irlandais, gaélique d'Ecosse, dialecte de l'île de Man) ; 2° L. latines (I. m., osque, latin, ombrien; 1. v.. italien, provençal, français, espagnol, portugais, valaquc, romanche du pays des Grisons; 5" L. hellénique <}. m., grec ancien : dorien, éolien, ionien, attique); 4° L. albanaise; 5° L. teutoniques, haut-allemand (1. m., ancien haut-allemand, moyen haut-allemand), bas-allemand, qui comprend le basallemand de r.\llemagne septentrionale, l'anglais, le frison, le flamand. le hoHandais (1. m., gothique, ancien saxon, anglo-saxon). Scandinave, qui comprend le danois, le suédois, l'irlandais (1. m., ancien nordique) ; 6° L. slaves ou windiques, savoir : langues leltes (lithuanien, loi le de Courlande et de Livoniej, langues slavonnes de l'ouest (polonais, lusacien, bohémien ou tchèque), langues slavonnes du sud-est (russe, sorbe, croalien, etc.).
II. Langues sémitiques. — 1° L. araméennes, néosyriaque acs Nestoriens du Kurdistan (I. m., chaldéen, svriaque, inscriptions cunéiformes de Babylone et de Nimve) ; 2° L. hébraïques, dialecte des Juifs (1. m., hébreu biblique, samaritain, carthaginois et inscriptions phéniciennes) ; 5° L. arabiques, dialectes de l'arabe, amliarique de l'Abyssinie (I. m., éthiopien ou ghez), peut-être les dialectes berbers et l'ancien égyptien jusqu'au copte.
III. L. touraniennes, parlées par les races nomades de l'Asie, en tant qu'on les oppose aux races aryennes ou agricoles.— Division du nord : \*L. tongouses (mantcliou,etc.) ; 2° L. mongole: 5' L. turque; i" L. finnoises (Ichoude de la Finlande, de l'Esthonie, de la Livonie et de la La-
Eînie; bulgare des Tchérémisses, permien, ougrien des ongrois, des Vogouls et des Ostiaks) ; 5° L. samoyède. — Division du sud : i" L. tamoules; 2" L. gangétiques (tibétain, etc.) ; 5" L. lohitiennes (de l'.Xracan, etc." ; i" L. taïennes {de Siam, Laos, etc.); 5" L. malaises (dialectes de la Malaisie et de la Polynésie). — Quelques idiomes, comme le Japonais, la langue de la Corée, les dialectes du Caucase, etc., ne sont encore rangés dans aucune classe. Quant au chinois (avec les dialectes congénères), il représente seul le langage monosyllabique. Nous laissons égale-