LANTERNE
mont de C(Mé les langues de l'Afrique et de l'Amérique, qu'on n'a pas encore suffisamment étudiées, et qui d'ailleurs (•prouvent des changements continuels.
A un autre point de vue, qu'on nomme morphologique, parce qu'il se rapporte à la lorme constitutive des langues, on peut diviser celles-ci en trois classes : 1° L. monosyllabiques, où les racines restent invariables et où le rôle des mots dépend de leur position, comme le chinois; 2" L. agglutinantes, où deux racines s'unissent pour former un mot, l'une conservant son indépendance radicale et l'autre se réduisant à une simple désinence, comme les langues touraniennes ; 3' L. organiques, amalgamantes ou à flexions, dans lesquelles la racine principale d'un mot et ses désinences admettent également l'altération phonique, comme les langues aryennes et les langues sémitiques. — Le nombre des racines entrant dans la composition d'un mot n'y fait rien, de sorte qu'il est inutile d'admettre une 4° classe, appelée polysynthétique et comprenant la plupart des dialectes d'Amérique. Il est inutile aussi de distinguer les langues synthétiques des analytiques, les [»remières comprenant les langues anciennes, et les secondes es langues modernes.
Langues. Ce mot a été employé autrefois dans l'acception de pays, nation, particulièrement par les anciennes Universités, où les étudiants étaient distribués d'après les langues qu'ils parlaient (Koy. nation] ; et dans l'ordre de Malte, où ce mot désignait les différentes divisions de l'ordre. Les huit langues de l'ordre de Malte étaient celles de Provence, d'Auvergne, de France, de Castille, d'Aragon, d'Italie, d'Allemagne, d'Angleterre. La langue d'Angleterre ayant été supprimée lors du schisme anglican, on lui substitua en I78'2 la langue bavaroise, dite anglo-bavaroise. Les grands dignitaires de l'ordre de Malte étaient appelés les chefs ou piliers des huit langues.
Au moyen âge, les différents dialectes que l'on parlait en France, formaient deux grands groupes, désignés par la manière dont on y prononçait le mot oui : c'était la latigue d'oc (au sud de la Loire), et la langue d'oil (au nord) : toutes deux eurent leur littérature propre, celle des troubadours al celle des trouvères [Voy. ces mots). Dante a appelé de même l'italien langue de si {il dolce parlar si). — Voy. Littré, Histoire de la langue française.
LANGUES ORIENTALES (ÉCOLE SPÉCIALE DES), école sisC à
Paris, rue de Lille, 2, école établie par une loi du 13 germinal an III (2 avril 1795), et réorganisée une première fois par ordonnance du 22 mai 1858, et en dernier lieu par le décret du 8 novembre 1869. On n'y enseigna d'abord que l'arabe littéral et vulgaire, le persan, le malais, le turc et le tartare ; on y a ajouté des chaires de grec moderne, de roumain, de russe, d'arménien, d'hindoustani et de tamoul, de javanais (unie au malais), de chinois vulgaire, de japonais et d'annamite. En outre on y enseigne l'histoire, la géographie et la législation des Etats musulmans et des Etats de l'Extrême Orient. Les professeurs sont nommés par le chef de l'Etat. Les cours durent 3 ans, au bout desquels les candidats reconnus capables reçoivent un diplôme A'élève breveté et peuvent être envoyés comme consuls ou interprètes dans les contrées dont ils ont étudie la langue. Les cours de l'école sont également ouverts à ceux qui veulent apprendre les langues orientales, soit dans un but scientifique, soit dans un but commercial.
LANGUETTE (diminutif de langue), désigne, en général, tout objet ou appendice de forme mince, allongée et étroite. Ainsi on nomme languette : 1» en Botanique, l'appendice qui termine les demi-fleurons des fleurs composées; 2° en Zoologie, la partie attachée intérieurement à la lèvre inférieure de quelques insectes; 3» dans la Musique, une petite pièce de métal ou de bois percée d'un trou, et que l'on met à la tête d'un instrument à vent (roy. anche) ; 4» dans les Imprimeries, une petite pièce de fer mince, attachée hors d'œuvre au châssis de la frisquette pour fixer à l'ouvrier un endroit certain où il puisse la lever et la baisser à mesure qu'il imprime cnaque feuille ; 5° dans l'Orfèvrerie, un petit morceau d'argent ou d'or que l'orfèvre laisse en saillie à chaque partie qu'il fond, et qui sert à faire l'essai avant de marquer la pièce au poinçon, etc.
LANGUEUR (du lat. languor), état d'abattement corporel, de débilité, de dépérissement, est produit : 1» par une cause morale, p. ex. un chagrin secret et prolongé, la jalousie, un amour malheureux, une ambition déçue :
c'est un des effets les plus remarquables de l'influence da moral sur le physique ; 2^ par une cause toute physique, telle qu'un désordre local de l'organisme, une maladie prolongée, etc. ; la langueur se confond alors avec la coU' somption {Voy. ce mot).
LANGUEYEUR (de lanaue), inspecteur chargé de visiter la langue des porcs amenés au marché, pour voir s'ils sont atteints de ladrerie [Voy. ce mot).
LANICE (bourre). Voy. bourre.
LAN I DÉS ou LANiADÉs, famille d'Oiseaux, qui a pour type la Pie-Grièche, en lat. Lanius. Voy. pie-crièche.
LAN 1ER fdu lat. laniare, déchirer), Falco laniarius, espèce du genre Faucon, renferme des oiseaux de proie diurnes, de la taille de 0 m. 50 chez le mâle {lane7-et), et de 0 m. 60 chez la femelle. Les ailes aboutissent, chez cette espèce, aux deux tiers de la queue. Le doigt du milieu est plus court que le tarse ; les pieds sont bleuâtres. Le lanier ne chasse guère que la perdrix et le lapin. Il est commun en Hongrie, en Pologne et en Russie. Il est très rare en France, en Allemagne et en Islande. Voy. faucon.
Buffon avait nommé Lanier le Faucon mâle adulte. On nomme Lanier cendré le Busard St-Martin.
LANS ou LAS (de lancer), mouvement de rotation à droite ou à gauche, qui écarte momentanément un vaisseau de sa route, soit qu'il cède à l'effort des lames dont il est battu, soit que la main qui tient le gouvernail soit faible ou malhabile.
LANSQUENET (de l'allem. Landsknecht, valet dn fief), soldat mercenaire allemand. Voy. ce mot au Dict. d'Hist. et de Géogr.
LANSQUENET (jEU Du), jcu de cartes, introduit en France par les lansquenets allemands, eut beaucoup de vogue sous Louis XIII et dans les premières années de Louis XIV. Prohibé par Colbert, il se maintint encore longtemps dans les tripots, mais finit par tomber en désuétude au commencement du xvin° siècle. Depuis quelques années il est redevenu à la mode. Il se joue avec plusieurs jeux réunis et il admet un nombre de joueurs illimité. Celui qui tient les cartes s'appelle banquier. Après avoir mêlé les cartes et avoir fait couper à gauche, il annonce la somme qu'il veut jouer. Lorsque le jeu est fait, c'est-à-dire lorsque la somme proposée est tenue par un ou plusieurs joueurs, le banquier retourne une carte, au'il place à sa gauche, puis une seconde, qui est celle ues pontes, et qu'il place à sa droite; il en retourne ensuite une troisième, une quatrième, etc., qu'il place entre les deux premières, jusqu'à ce qu'il en amène une semblable à la sienne ou à celle des pontes : dans le premier cas, il gagne; dans le second, il perd, et la banque passe à un autre.
LANTANIER, Lantana, genre de la famille des Verbénacées, renferme des arbrisseaux propres aux contrées chaudes de l'Amérique et de l'Océanie : rameaux anguleux, couverts de poils plus ou moins rudes, quelquefois même d'épines crochues; feuilles opposées ou ternées, simples, crénelées, velues et âpres au toucher; fleurs petites, au calice tubuleux, très court, à 4 dents peu apparentes, de couleurs souvent diverses sur le même individu. Le drupe, en forme de baie, contient un noyau de deux loges. On cultive dans les jardins plusieurs espèces remarquables par leur feuillage toujours vert et la durée de leurs fleurs : le L. à feuilles de mélisse {L. camara), petit arbrisseau de 1 m., à tronc tortueux, à feuilles aromatiques, à fleurs d'abord jaunes, puis écartâtes; le L, à fleurs blanches, le L. odorant, etc.
LANTERNE (du lat. latema). Les lanternes ordinaires se font en fer-blanc ou en cuivre, avec un verre, ou une feuille de corne transparente, par devant. On en fait aussi en verre, en papier, en toile, en gaze, et de toutes espèces de formes {Voy. falot, illuminations, etc.). On appelle lanternes sourdes de petites lanternes en métal dont la lumière ne sort qu'au travers d'un verre bombé qu'on peut recouvrir d'une sorte de volet, lorsqu'on veut cacher la lumière. — Dans le principe, les réverbères des rues portèrent le nom de lanternes. La Reynie signala le commencement de sa magistrature par l'établissement de ces lanternes dans les rues de Paris. Voy. réverbère. ^ .
Lanterne magique, instrument d'Optique, à l'aide duquel on fait paraître en grand, sur un écran blanc, les figures peintes en petit, avec des couleurs transparentes, sur .des lames de verre. La lumière d'une lampe placée au centre d'une lanterne traverse une grande leutii/"
LANTHANE