‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 885 sur 1729 · LUNETTES · texte numérisé non relu

LUNETTES

On appelle encore lentille la pièce qui est suspendue à la verge d'un pendule, ou balancier servant à régler le mouvement d'une horloge : c'est un disque en métal formé ordinairement de deux calottes de cuivre entre lesquelles on cou-le du plomb.

Lentilles, en Médecine. Voy. éphélides.

LENTISQUE, espèce du genre Pistachier. Voy. pista-

CBIEn et MASTIC

LENTO, mot emprunté à l'italien, fort employé en Musique pour marquer un mouvement lent. Les Allemands emploient dans le même sens le mot langsam.

LENTURLU (jeu du), le même que \& Mouche. Voy. ce mot.

LENZINITE, var. d'HALLOYSiTE.

LÉONIN (du lat. leoninus, de leo, lion). On appelle société léonine, contrat léonin, une société, un contrat où l'une des parties a stipulé pour elle la part du lion. Cette locution vient de la lable si connue d'Esope, la Chasse du Lion, imitée par Phèdre et par La Fontaine (I, 6). Il y a contrat léonin quand l'une des parties se met à l'abri de toute perte en même temps qu'elle stipule en sa faveur une part dans les bénéfices, et aussi quand les chances de

Ecries ne sont pas en rapport direct avec les chances- de énéfices. Ce contrat est une convention contraire à la morale et à la loi : « La convention qui donnerait à l'un des associés la totalité du bénéfice est nulle » (C. civ., art. 1855).

LÉo>i>s (vers), vers latins dans lesquels l'hémistiche rime avec la lin du vers. Ils ont été ainsi nommés de Léonins, religieux de St-Victor qui, au xii° siècle, les mit en vogue. Tels sont ces deux vers :

Si Trojae îatis aliquid restare putafts. (Vir».) Défait et scripts uitima lima mei«. (Ovide.)

Les vers léonins sont monotones et fatigants. Les poètes de la bonne latinité en offrent un assez grand nombre d'exemples, mais ils sont sans doute involontaires. Au contraire, au moyen âge, on les recherchait avec intention. Plusieurs hymnes d'église sont faites en vers léonins. On a cru voir dans ce genre de vers l'origine des vers rimes des modernes.

LÉONOTIS (du gr. Xiwv, lion, et ouî, wtcJî, oreille], genre de la famille des Labiées, tribu des Stachydées, renferme des espèces originaires du Cap, dont la principale est la Léonotis à queue de lion [L. teonurus), arbrisseau élégant, à feuilles longues, aiguës, persistantes, et à fleurs en épis verticillés, à longues corolles d'un rouge aurore très vif.

LÉONTIASIS (du gr. XewvxicTtî), sorte de lèpre, dans laquelle la peau de la face ressemble à celle du museau du lion. Voy. élépiiantiasis.

LÉONTICE, genre de la famille des Berbéridées, renferme des plantes herbacées répandues dans les deux continents.

LÉONTODON (du gr. X^uv, lion, et 68oû<;, ôSôvtoî, dent), nom donné par Linné au genre appelé depuis Taraxacum {Voy. pissenlit), s'applique aujourd'hui à un autre genre de la famille des Composées, tribu des Chicoracées, sous-tribu des Scorsonérées, dont le type est le L. automnal, plante herbacée à racine vivace, à fleurs en capitules, qui croît dans les prairies humides.

LÉONURE (du gr. Xéwv, lion, et oùpà, queue], Leonurus.

Voy. AGRIPAUME et LÉONOTIS. >

LÉOPARD (du lat. leopardus [du gr. >iSo)v, lion, et TtàpSoç, panthère]), Pardus, mammifère de l'ordre des Carnassiers, que 1 on confond souvent avec la Panthère, dont il a les habitudes. Sa longueur varie de 1 mètre à 1 m. 50, et sa hauteur de 0 m. 60 à 0 m. 80. Son pelage est jaune sur le dos, blanc sous le ventre et partout couvert de taches noires groupées circulairement en forme de rose, et plus petites et plus rapprochées que chez la panthère. Cet animal se trouve dans l'Inde et en Afrique, surtout au Sénégal et dans la Guinée. Sa fourrure est estimée : on en fait des housses pour les chevaux.

LÉOPARD (t. de Blason), diffère du lion en ce qu'il est toujours représenté passant et sa tète de face. Un lion léopardé est un lion passant dans la position du léopard. Depuis l'avènement de Jacques !"■, le support dextre des armes de la Grande-Bretagne est un léopard couronné, et le support sénestre une licorne d'argent accolée d'une couronne.

Léopard à crinière. Voy. guépard.

LÉPAS (du gr. Xeiràî, rocher), genre d'animaux rangés autrefois dans les Mollusques acéphales en raison de leur forme extérieure, auj. rattachés aux Crustacés. Ils forment avec les Balanes le groupe des Cirripèdes. Profondément modifiés par la vie sédentaire qu'ils mènent, attaches aux rochers ou aux corps flottants, il a fallu avoir recours à l'examen anatomique et à l'étude de leur développement pour leur assigner leur véritable place zoologique. Diverses espèces : entre autres Lepas anatifera.

LÉPICÈNE (du gr. Tvettk, écaille, et tcoivôç, commun),, nom donné par Richard à la glume des Graminées.

LÉPIDIER (du gr. XeiriStov), Lepidium, genre de la famille des Crucifères, type de la tribu des Lépidinées, renferme des plantes herbacées ou à peine ligneuses, à tiges cylindriques, rameuses ; à feuilles simples ; à fleurs petites, blanches, disposées en grappes terminales, ayant 4 pétales et 6 étamincs. Le fruit est une silicule ovale, déprimée, renfermant plusieurs graines. Les espèces les plus connues sont la Passerage [L. latifolium) et le Cresson alénois [L. sativum). Voy. ces mots.

LÉPIDODENDRON (du p. >.£•::£;, écaille, et 5év8pov, arbre), genre de Lycopodinees hétérosporées fossiles à tiges dichotomes portant vers leur extrémité des feuilles linéairesou lancéolées. On les trouve dans le terrain houiller.

LÉPIDOLEPRUS, poisson. Voy. grenadier.

LÉPIDOLITHE (du gr. \z-zii;, écaille, et >>t9o<;, pierre], espèce de Mica, contenant de la lithine, avec des quantités notables de fluor. On le trouve en petites masses de couleur violette ou lilas, en Saxe, aux environs de Limoges, à l'île d'Elbe, etc. Voy. mica.

LÉPIDOMÉLANE (de XetïÎî, écaille, et [xé^œî, noir]^ mica noir très ferrifère. Voy. mica.

LÉPIDOPE (du gr. Îveti^î, écaille, et ttoûç, pied), vulg. Jarretière, genre de Poissons acanthoptérvgiens, de l'ordre des Squamodermes, famille des Scombéroïdes : corps allongé et mince, offrant l'aspect d'un large ruban d'argent, nageant

Ear ondulations et jetant de beaux reflets de lumière, eurs ventrales sont réduites à deux petites pièces écaillouscs, d'où leur nom. Ces poissons habitent les mersd'Europe : leur chair est ferme et délicate.

LÉPIDOPTÈRES (du gr. Xe-nîî, XeiîtSoç, écaille, et

LÉPIDOSAURES

LEPTURE

•rripov, aile), vulg. Papillons, 6' ordre de la classe des Insectes, a pour caractères principaux : 4 ailes veinées, recouvertes d'une poussière farineuse qui est composée de petites écailles colorées; trompe roulée en spirale pour sucer le suc des fleurs: tête petite, thorax bombé, plus court que l'abdomen, celui-ci sans tarière ni aiguillon; pattes assez longues avec 5 articles aux tarses, etc. Les Lépidoptères éprouvent des métamorphoses complètes : leurs larves sont dites chenilles, et leurs nv-mphes chrysalides. On les divise en trois grandes familles : celle des Diurnes ou Papillons proprement dits : celle des Crépusculaires ou Sphinx ; et celle des Nocturnes ou Phalènes {Vou. ces mots). Il existe beaucoup de monographies des Lépidoptères : on cite entre autres celles de Boisduval et Gucnéc, Godard, Duponchel, Th. Lacordaire.

LÉPIDOSAURES. Voy. scincoïdiess.

LÉPIOOSIRÈNE (du gr. XsTzi^, écaille, et de sirène), animal singulier découvert dans des flaques d'eau, aux environs de Bahia (Brésil) en 1837 et qui forme la transition entre les Batraciens et les Poissons. Les lépidosirènes ont, comme les Batraciens, des poumons et des branchies, un cœur à deux oreillettes, des narines communiquant avec l'arrière-bouche, et, comme les Poissons, le condyle occipital unique ; leur colonne vertébrale reste à l'état de corde dorsale, leur intestin est spiral. Ils ont une nageoire dorsale et une vontrale, plus deux paires d'appendices qui ressemblent plutôt à des tentacules qu'à des pattes ou à des nageoires : leur tète est courte, obtuse ; leur bouche

Eetite, pourvue de dents et d'une langue molle et épaisse, eur taille ne dépasse pas 0 m. 35. — Le Proptoplère d'Afrique se rapproche beaucoup des Lépidosirènes.

LÉPIDOSTÉE (du gr. XetÎî, écaille, et ôjtéov, os), Lepidosleus, genre de Poissons Ganoïdes. Ils sont revêtus d'écaillés pierreuses, dures, et qui forment une cuirasse impénétrable. Ils ont le museau très allongé et les mâchoires hérissées de dents pointues. Ils sont hardis et féroces ; mais la grandeur de leurs écailles rend leurs mouvements très lents. Ces poissons habitent les rivières et les lacs de l'Amérique centrale. Leur chair est bonne à manger. On dislingue : la Spatule [L. spatula) et le Roblo [L. roblo).

LEPIDOTUS, Poisson fossile de l'ordre des Ganoïdes lépidostéidés, très répandu dans les terrains secondaires.

LÉPISME (du gr. Aé-ncsixa, pelure), Lepisma, genre d'Insectes, de l'ordre des Névroptères (Thysanoures), type d'une petite famille dite des Lépismées ou Lépismènes. L'espèce la plus connue est le Lépisme sacchartn ou Forbicine, dont le corps est lisse et couvert d'écaillés argentées. Originaire d'Amérique, selon Linné, cet insecte s'est naturalise en Europe, où il vit dans les boiseries, sur les planches des armoires où l'on conserve des comestibles, sous les pierres et les plantes humides. Ces petits animaux, longs de 0 m. 009, courent très vite ; ib se nourrissent de sucre, de substances végétales et de petits insectes. — La Machile polypode, ou Forbicine cylindrique, est une autre espèce de Lépisme, qui se trouve dans les bois au pied des arbres.

LÉPORIDE [du lat. lepus, leporis], métis résultant du croisement du Lièvre et du Lapin. On a essayé de fonder une industrie sur ce croisement ; mais il ne réussit pas toujours et l'on a été obligé d'y renoncer.

LÉPORIOÉS ou LÉPORiNÉs (du lat. lepus), petite famille de Mammifères, de l'ordre des Rongeurs, dont le caractère principal est d'avoir, en arrière de leurs incisives supérieures, une paire de dents plus petites et d'une autre forme. Elle comprend les genres Lièvre, Lapin et Lagomys.

LÈPRE (du lat. lepra: du gr. Xézoa). On a réuni sous ce nom des maladies de la peau fort diverses, mais qui ont pour caractère commun la dégénérescence, l'ulcération ou la destruction de la peau. Fort grave et fort commime au moyen âge, devenue assez rare au commencement du iix' siècle, la lèpre tend depuis quelques amiées à augmenter de fréquence ; on la trouve sur le littoral de la Méditerranée orientale, de la mer Caspieime, de la mer Noire. On la voit aussi dans les mers de l'Inde et de la Chine, en Amérique, en Océanie.

On a divisé les manifestations de la lèpre en 3 catégories : Lèpre maculeuse, L. tuberculeuse, L. an'etthésique.

La L. maculeuse se manifeste surtout à la poitrine, au dos, aux fesses, aux membres inférieurs du côté de l'exten-

sion, sous forme de taches érythémalcnses larges comme une pièce de 50 centimes et entourées d'un liséré bvide. En vieilhssant, elles s'étendent, puis guérissent au centre; et enfln, au bout de plusieurs mois, la g^érison est complète pour une tache, tandis que d'autres font leur apparition.

La L. tuberculeuse (éléphantiasis des Grecs) siège surtout à la face (paupières, lèvres, nez). Elle consiste on nodosités d'un rouge brun, sale, d'aspect lisse et brillant, résistantes ou molles. La régression du tubercule conduit à sa disparition ou à son ulcération. Si les organes sonsjacents sont détruits par l'ulcération, on a la lèpre mutilante.

La L. anesthésique se montre sous forme de plaques d'anesthésie pouvant compliquer les 2 autres formes.

Quoiqu'il en soit, les malades ne tardent pas à éprouver des douleurs vives. Les mouvements deviennent difficiles. La mort survient dans le marasme à la suite de gangrène, de paralysie, de complications septiques des ulcérations. On a trouvé dans le sang des lépreux un bacille. Le traitement est presque toujours inefficacç.

Pendant fort longtemps les lépreux furent un objet d'horreur et de dégoût. Chez les Juifs, la loi de Moïse les séparait du reste du monde et les reléguait hors des villes et des camps : il en était de même en Perse et dans toute' l'Asie. Au moyen âge, les Croisés qui avaient contracté la lèpre en Orient, la rapportèrent en Europe, où elle se répandit d'une manière extraordinaire On fonda de toutes parts, pour les infortunés lépreux, des hôpitaux spéciaux, connus sous les noms de léproseries, lazarets ou ladreries. Dès qu'un cas de lèpre était signalé, le malade était conduit à l'égUse ; on chantait sur lui l'office des morts, puis on le conduisait à l'hôpital ou dans un lieu isolé. Si, pour im motif quelconque, un lépreux était forcé d'entrer dans im lieu haubité, il était obligé de porter un vêtement particulier, ainsi qu'une crécelle pour avertir les passants d'éviter son contact. Séparés du monde par la loi, les lépreux ne pouvaient rien ahéner ni donner ; on leur laissait l'usufruit de leurs biens s'ils en possédaient, mais ils ne pouvaient ni tester ni hériter. M. X. de Maistre, dans le Lépreux de la cité d'Aoste, a dépeint la triste condition de ces malheureux. Les progrès de la civilisation ont fait justice de ces préjugés, en même temps que l'hygiène faisait disparaître la lèpre presque partout en Europe.

LÉPROSERIE, hôpital pour les lépreux. Voy. ladrerie

et LÈPRE.

LEPTE (du gr. ^e-îrcôi;, mince, grêle), Leptus. genre d'Arachnides, de l'ordre des Acarides : ce sont des animaux de très petite taille, à six pattes; suçoir avancé, corps ovale ; renflé et mou, peau souple, tendue et luisante. Le Lepte automnal, vulg. Rouget ou Vendangeron, de couleur rouge, est commun en automne dans les champs et les potagers. Il cause, en piquant la peau, de vives démangeaisons : on s'en déli>Te par des lotions d'huile d'amande douce.

LEPTON (du gr. XsTtxôç), poids et momiaie des anciens Grecs, valaient le 8° de l'obole. — Monnaie de la Grèce moderne, vaut un centime.

LEPTOPHIDE (du gr. Xen-cdî et ô?i;, serpent). Leptophis, vulg. Fouet de cocher, genre de Reptiles, de l'ordre des Ophidiens, famille des Colubridés, se distinguent des Couleuvres par leur forme allongée et grêle. Leur robe est d'un beau vert. Ils fréquentent les bois, et se nourrissent d'insectes et de petits oiseaux. Leur blessure n'est pas dangereuse. Ils sont très agiles. On les trouve dans les contrées chaudes des deux hémisphères.

LEPTOPUS. Voy. dactylêthre.

LEPTOSOMUS, oiseau. Voy. cocbol.

LEPTOSPERME (du gr. Xeircôî et «TTOp fia, graine), Leplospcrmitm. genre de la famille des Myrtacées, type de la tribu des Leptospermées, est composé darbustes et d'arbrisseaux de l'Australie, à feuilles petites, coriaces, alternes, ponctuées et aromatiques, qui donnent une infusion théiforme d'une saveur très agréable.

LEPTOTHRIX (de XeTrtôç, menu, et 2rp{;, cheveu). Algue hlamenleuse, microscopique, qui se développe de préférence dans la l)Ouche (L. buccalis], et qui peut donner lieu à divers accidents.

LEPTURE (du gr. Xeircd?, et oùpà, queue), Leptura, genre d'Insectes, de l'ordre des Coléoptères tétramères, famille des Longicomes, type de la tribu des Lepturctes : antennes insérées au bas des yeux, tête perpendiculaire.

LEPTYNITE

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