LETTRE
corselet étroit et bombé; les larves vivent dans le bois pourri. Ces insectes, longs de 0 m. 015, sont noirs ou bruns. On les trouve en France.
LEPTYNITE (du gr. T^EirTÛvw, amincir) ouWeisstein, roche cristallopliyllienne diflérant du gneiss par l'absence du mica.
LERNÉE, Lernxa, genre de petits Crustacés, de l'ordre des Suceurs, que l'on avait longtemps rangés parmi les Mollusques ou les Vers intestinaux, vivent en parasites sur les poissons, principalement autour des yeux et des branchies. Leur corps est de forme assez variable ; leur bouche est pourvue de deux crochets mobiles convergents; leurs larves sont mobiles, mais à l'état parfait ils paraissent dépourvus de tout appareil locomoteur. Les mâles se tiennent accro<;hés sous le corps des femelles.
LÉROT (dimin. <lc loir), Myoxus nilela, petit Mammifère rongeur du genre Loir. Voy. loir.
LÈSE-MAJESTÉ (du lat. lœsa viajestas, majesté violée), se dit de tout attentat commis contre un pouvoir souverain. Dans notre ancienne législation, on distinguait : 1° le crime de lèse-majesté divine, oui était une offense commise envers Dieu ; 2° le crime de lèse-majesté humaine, qui était l'attentat commis contre le souverain ou contre l'Etat. Lors de la revision du Code pénal en 1832, l'expression de lèse-majesté a été effacée. — Quant au crime de lèse-majesté divine, il est plus connu sous le nom de sacrilège. Voy. ce mot.
Le crime de lèse-majesté contre le souverain a été longtemps puni avec une grande sévérité. Chez les Romains, les coupables étaient livrés aux bêtes féroces. En France, ils étaient tenaillés vifs avec des tenailles rouges, ou tirés à quatre chevaux. Aujourd'hui, l'attentat contre la vie du souverain est, dans la plupart des Etats, puni comme le parricide.
LÉSION (du lat. lœsio, blessure), se dit, en Médecine, de toute perturbation apportée soit dans la texture des organes, soit dans leurs fonctions : de là des lésions organiques, telles que plaies, contusions, dégénérescences, etc., et des lésions de fottctions, telles que la douleur, le délire, l'augmentation ou la diminution de certaines sécrétions, etc.
En Droit, dans les contrats il y a lésion lorsqu'une des
ftarlics ne reçoit pas l'équivalent de ce qu'elle apporte. La ésion est une cause de rescision au profit des mineurs [Voy. NULLITÉ) ; mais elle ne l'est au profit des majeurs que dans trois cas : 1° en cas de partage, s'il y a lésion de plus du quart; 2° en cas de vente, si le vendeur est lésé de plus des sept douzièmes ;.3° en cas d'acceptation d'une succession, s'il se découvre ensuite un testament qui absorbe la succession ou la diminue de plus de moitié (C. civ., art. 185, 889, 1118, 1305, 1674).
LESSERTIE (du nom de D. Delessert), Lessertia, genre de la famille des Papilionacées, tribu des Lotées, renferme des plantes herbacées ou sous-frutescentes, indigènes du cap de Bonne-Espérance : feuilles pennées, avec impaire ; fleurs purpurines, disposées en grappes penchées.
LESSIVAGE. Voy. blanchissage et lessive.
LESSIVE (du lat. Uxivium; de lix, cendre). Ce mot désigne proprement l'eau alcaline que les blanchisseuses obtiennent en versant de l'eau chaude, dans un cuvier, sur du linge à blanchir sur lequel on a préalablement étendu un lit de soude ou de cendre de bois. Cette eau, contenant en dissolution des sels de soude ou de potasse, et en particulier les carbonates, saponifie les parties graisseuses que contient le linge sale, les rend solubles, et, de cette manière, débarrasse le linge de toute impureté. Voy. blan-
CllISS. GE.
Par extension, on a appelé lessive des savonniers la dissoluiiou alcaline dont on se sert pour faire le savon; elle e^l principalement formée de soude caustique. On la prépare en traitant le carbonate de sodium par la cliaux vive.
En ( 1 iniie, lessiver, c'est verser à plusieurs reprises de l'eau <liaiLle ou froide sur des matières terreuses ou autres, pour on extraire les parties solubles qu'elles peuvent contenir. — Ce qu'on appelle lessive jyrussique, c'est l'eau que ie> !'. bricants de bleu de Prusse font passer sur un mêla: {.e de parties égales de sang desséché et de potasse
?our olitciiir le prussiate jaune [Voy. ferrocyanures). — our les Peintres, le lessivage consiste à nettoyer avec de l'eau seconde les boiseries déjà peintes, mais salies.
LESSONIE (du naturaliste Lesson) Lessonia, genre d'Algues marines, de la famille des Phîeosporées, tribu des
Laminariées, qui habitent l'Australie et l'Amériouc dir Sud : ces algues ont des espèces de racines qui s'implantent profondément dans les fentes des rochers et donnent naissance à des tiges rameuses, grosses comme des troncs d'arbres et formées de couches concentriques et d'un canal médullaire ; leurs frondes, longues de 0 m. 50, et de couleur brune, sont divisées à leur base. La fructification consiste en gi'oupes graniformes et compacts.
LEST (de l'allem. Last, charge). On nomme ainsi à la fois, dans la Marine, soit la quantité de poids nécessaire
Four qu'un navire se maintienne en parfait équilibre sur eau, soit l'ensemble des matériaux qui forment ce poids.
— Le lest varie d'après la grandeur et la forme des bâtiments; en général, il est du septième au quart de leur exposant de charge. On distingue le lest dormant, qu'on place à fond de cale, cl qui ne bouge pas ; et le lest volant, qu'on transfère suivant le besoin. Dans les bâtiments de guerre, le lest se compose de parallélépipèdes en fer nommés gueuses ; mais dans les bâtiments marchands on emploie à cet usage toute espèce de matières, pierres, galets, sable, chaux, briques, etc. On y emploie aussi les parties les plus lourdes du chargement ou même simplement l'eau. On dit qu'un navire navigue sur son lest s il est parti du
fort sans prendre de marchandises. — On appelle lestage opération de placer le lest à son bord, et délestage l'opération contraire.
LESTRIS, nom latin du genre labbe.
LÉTHARGIE (du gr. XtieapyCa), état de sommeil profond et excessivement prolongé, d'où il n'est cependant pas impossible de tirer les malades; pendant les courts instants de réveil ils parlent sans se rendre compte de ce qu'ils disent, oublient ce qu'ils ont dit, et retombent aussitôt dans leur sommeil. 11 ne faut pas confondre la léthargie avec le coma [Voy. ce mot). — Cet état, qui offre l'image de la mort, peut durer longtemps : on a dit l'avoir vu se prolonger plusieurs jours et même des mois entiers. Dans certains cas, la ressemblance de la léthargie avec la mort est telle, qu'il est arrivé d'inhumer des êtres vivants [Voy. inhumation); on ne préviendra de tels accidents qu'en étudiant soigneusement tous les signes de la mort réelle. Voy. mort et hypnotisme.
LÉTITIA, 39° petite planète, trouvée le 8 février 1856 par Chacornac, à Paris. Voy. planètes.
LÉTO, 68' petite planète, trouvée le 29 avril 1861 par R. Luther, à Bilk, près Dûsseldorf. Voy. planètes.
LETTRE (du lat. liltera). Au propre, on nomme ainsi les caractères de l'alphabet. Voy. alphabet et caractères.
Sous le rapport de la prononciation, on divise les lettresen voyelles et en consonnes. Voy. ces mots.
Sous le rapport de la forme, on distingue des L. capitales ou majuscules, des L. minuscules; des L. gothiques, bâtardes, ciirsives, etc. ; en un mot, autant d'espèces de lettres qu'il y a d'écritures [Voy. écrituue).
— Les lettres prennent le nom de L. numérales, si on les emploie en guise de chiffres, ainsi que le faisaient les- Grecs et les Romains.
On dit, en parlant des épreuves d'estampes ou de gravures, qu'elles sont avant la lettre, quand elles se trouvent sans inscription, ayant été tirées avant que le graveur ait mis au bas du dessin les lettres qui indiquent le sujet [Voy. épreuve). Ce sont les premières tirées, et aussi les plus belles et les plus estimées.
lettre dominicale. Voy. dominicale (lettre).
lettre missive. On nomme lettre missive, ou seulement lettre, tout écrit destiné à être envoyé à une personne absente, telles sont : les lettres propr. dites, qui n'ont d'autre but que d'établir un échange de pensées entre les personnes, et d'entretenir une correspondance ; lesL. d'affaires; les L. de pur cérémonial (lettre de faire part, d'invitation, de condoléances, lettres de recommandation, etc.). La lettre missive a donné naissance au gnire épistolaire, qui comprend : 1° les lettres réellement écrites à des correspondants, avec ou sans intention de les livrer à la publicité ; 2° les ouvrages écrits sous forme de lettres, comme les Provinciales de Pascal, les Lettres d'une Péruvienne, les L. de Junius, etc., les romans par lettres (la Nouvelle Héloïse, Clarisse Harlowe). Voy. épître, épistolaire (genre).
En Droit public et administratif, on donne le nom de lettres à toutes sortes d'actes ou d'écritures dont la signification est le plus souvent déterminée par le mol qui suit : telles étaient autrefois les L. de noblesse, les L. de
l^TTRE
LEUCITOPHYRE
naluralisatton, les L. d amnistie, ae pardon, de grâce, d'abolition, de légitimation, etc. Ces lettres étaient expédiées en chancellerie au nom du roi, ce qui leur faisait donner le nom de lettres royaux (le mot royal, venant de regalis, était originairement masculin et féminin). — On comprenait sous le nom de lettres patentes, c.-à- d. ouvertes, publiques, les lettres scellées du grand sceau, ordonnances, édits et déclarations qui statuaient d'une manière générale ; telles étaient les lettres données à une province, à une ville, à une communauté, ou même à un particulier, pour leur accorder une grâce ou un privilège quelconque. Elles étaient la forme la plus usitée par laquelle les rois témoignaient leur munificence ou rendaient la justice. On opposait les lettres patentes aux lettres closes, qui étaient remises fermées. — Les lettres de cacfiet étaient des lettres scellées du cachet du roi, en vertu desquelles ceux contre qui elles étaient lancées étaient arbitrairement jetés en prison ou envoyés en exil. On en fil l'abus le plus criant sous le règne de Louis XV.
On nomme : lettres apostoliques tous les actes émanes du Sl-Siège, rescrits, bulles, brefs, etc.; lettres pastorales, les écrits que les évêques adressent soit à leur clergé, soit à leurs diocésains.
LETTRES CAPITALES. Dénomination, en typographie, des lettres majuscules.
LETTRE DAVIS i)E TIRAGE, lettre qii'un négociant adresse à son correspondant pour le prévenir qu'il a tiré sur lui une lettre de change, que cette lettre lui sera présentée tel jour et qu'il le prie de l'acquitter. Dans ce cas, la lettre <le change porte cette formule : Il vous plaira payer... suivant l'avis de... Si elle n'est pas précédée d'une lettre d'avis, elle porte : sans autre avis de. — Lettre d'avis d'expédition, pour annoncer l'envoi d'une marchandise.
LETTTE CHARGÉE, lettre dont l'Administration des Postes donne reçu à l'expéditeur et tire reçu du destinataire. On distingue la lettre chargée contenant des valeurs déclarées et la lettre simplement recommandée. La 1" paye, en sus du port ordinaire, un droit fixe de 25 cent, pour la recommandation, plus un droit proportionnel de 10 cent, par 500 fr. ou fraction de 500 ir. du montant de la déclaration ; la poste répond alors des valeurs déclarées. La 2* ne paye, en sus du port, qu'un droit fixe de 25 c; mais, en cas de perte, la poste ne doit que 25 fr.
LETTRE DE CHANGE OU TRAITE, dite aussi quelquefois Mandat [Voy. ce mot), écrit par lequel une personne charge une autre personne de payer une somme d'arçent à un tiers ou à sf)n ordre, c.-à-d. aux autres personnes à qui ce tiers pourrait transférer son droit. On appelle : tireur celui qui émet la lettre de change ; bénéficiaire ou preneur, celui à qui elle est remise ; endosseur, celui à qui le preneur la transmet ( Voy. EXDOssEMEvr] ; porteur, celui qui en est possesseur à l'échéance et peut en exiger le payement ; tiré, celui qui doit la paver. — La loi du 8 juin 1894, qui a modifie les articles tlO, 112 et 632 du Code de commerce sur la lettre de change, admet que celle-ci peut être tirée d'un lieu sur le même lieu.
La lettre de change doit énoncer la somme à payer, le nom du tiré, l'époque et le lieu de payement, la valeur fournie par le preneur; elle peut, de plus, être tirée à plusieurs exemplaires, jwur remédier aux inconvénients de la perte d'un exemplaire unique. Le tireur est obligé de fournir la provision, et s'il ne l'a pas fait, il est responsable du non-pavement de la lettre de change envers le porteur qui a satisfait à ses propres obligations. Le tiré est oblige (l'accepter la lettre de change s'il a reçu la provision, et lorsqu il l'a acceptée, de la payer. Le porteur est tenu de présenter la lettre de change à l'échéance, de protester, à défaut de payement, dès le lendemain, et de recourir contre ses garants, le tireur p. ex., dans les 15 jours qui suivent, sauf augmentation de ce délai à raison des distances ; sinon, il est déchu de tous recours contre les endosseurs et contre le tireur qui a fait provision. Les mineurs et les femmes ne peuvent s'obliger par lettre de change que s'ils sont commerçants (C. civ., art. 110-187).
On attribue l'invention des lettres de change aux juifs chassés de France aux xii" et xiii* siècles et réfugiés en Lombardie, qui donnaient à des voyageurs des lettres pour se faire remettre les fonds qu'ils avaient déposés en France; ou aux Gibelins chassés de Florence et réfugiés à Amsterdam. Gej)endant on croit en avoir trouvé trace chez les Athéniens et même chez les Assyriens. Voy. avis BILLET, etc.
LETTRE DE CRÉANCE, lettre qul porte qu'on doit donner créance à celui qui en est chargé. Tout ambassadeur chargé de représenter son souverain près d'un autre gouvernement doit être muni d'une letti-e de créance qui établisse son caractère public. Lorstjue la mission de l'ambassadeur est terminée, son rappel lui est notifié par une lettre de rappel; en outre, il lui est adressé une lettre de récréance, qu'il doit présenter au souverain près duquel il réside pour l'informer de ce changement.
LETTRE DE CRÉDIT, cspèce de mandat adressé par un banquier à un autre banquier, et qui autorise le porteur à tirer iusqu'à concurrence d'une certaine somme sur celui auquel la lettre est adressée.
LETTRE DE GAGE, titre de crédit qu'une société de crédit foncier reçoit du propriétaire emprunteur ou qu'elle émet en son lieu et place, et qui ne porte l'indication d'aucune propriété particulière, mais est garanti par le fonds social et par l'ensemble des propriétés sur les<juelles la société a hvijothèque. La lettre de gage a eu un succès immense en Allemagne, en Pologne, en Belgique ; elle a été introduite en France par le décret du 28 février 1852, qui a institué les sociétés de crédit foncier.
LETTRE DE MARQUE, autoHsation donnée par l'Etat à des bâtiments particuliers de s'armer en guerre et de faire la course. Ces lettres n'étaient délivrées que lorsqu'un pays était en guerre avec un autre, ou qu il existait quelqi'ie sujet de plainte autorisant à user de représailles : dans ce dernier cas, la lettre était dite lettre de représailles. Tout capitaine, maître ou patron, commandant un bâtiment armé en course, devait être pourvu d'une lettre de marque, sous peine d'être réputé pirate ou forban, et puni comme tel. Les lettres de marque ont été abolies avec la course par la déclaration du congrès de Paris du 50 mars 1856. Voy. corsaire.
LETTRE DE MER, permissiou écrite, donnée à des bâtiments marchands, à l'effet de naviguer et de commercer; on l'appelle aussi congé ou patente.
LETTRE d'obédience. Voy. OBÉDIENCE.
LETTRE DE VOITURE, lettre ouvertc adressée aux personnes à qui on expédie des marchandises par voilure, bateau, etc., surtout quand ces objets sont frappés de droits fiscaux ou entrent dans des villes où l'on perçoit des droits d'entrée. Elle est datée et contient le nom du voiturier, la qualité et la quantité des marchandises, le lieu de départ et de la destination, el l'adresse du destinataire. Elle est assujettie à l'obligation du timbre (C. de comm., art. 101-102).
Ce nom s'emploie aussi dans la Marine pour exprimer les connaissements ou chartes parties des maîtres et patrons au petit cabotage.
LETTRES (belles-). Voy. LITTÉRATITBE, FACULTÉ, INSTI- TUT, etc.
LETTRÉ. Voy. MANDARIN.
LETTRINE, lettre, le plus souvent ornée, qui se met en tète d'un chapitre, et qui est encadrée dans le texte.
LEUCANIE, Leucania, genre d'Insectes, de l'ordre des Lépidoptères nocturnes et voisin des Noctuelles. La chenille de l'espèce tvpe [L. pollens) vit sur les oseilles.
LEUCANTHEMUM (du gr. aeuxô;, blanc, et âvOepiov, fleur'. Voy. chrysanthème et marguerite.
LÉUCHTENBERGITE. var. de chlorite.
LEUCINE (du gr. Xeuxôç, blanc), corps découvert par Proust dans les produits de putréfaction du fromage et des matières animales. Elle a pour formule C®H*'AzO*. C'est un corps homologue du glycocolle (Voy. ce mot). On l'extrait de la viande de bœuf dissoute dans l'acide sulfurique. La solution neutralisée par la craie est traitée par l'alcool qui dissout la leucine et la laisse déposer par évaporai ion en lamelles nacrées.
LEUCISCUS, nom latin scientifiq. du genre able.
LEUCITE ou leucolite (du gr. Xcuxô;, blanc), syn. A'Amphigène [Voy. ce mot).
LEcciTES, granules du protoplasma, plus gros que les autres, et produisant de la chlorophylle, de la xanthophylle, de l'amidon, etc. ; ils s'observent facilement dans la plupart des cellules végétales.
LEUCITITE, roche éruptivc très basique présentant de gros cristaux de leucite au milieu d'une pâte microlithique constituée par de la leucite, de l'augite et de la magnétite. Beaucoup de laves des volcans récents présentent la composition de la leiicitile.
LEUCITOPHYRE, roche éruptive analogue à la phono-
LEUCOCYTE