‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 89 sur 1729 · III · texte numérisé non relu

III

Pleure, Jérusalem, pleiu"e, cité perfide....

C'est aussi, en Granunaire, un signe (') qui marque l'élision.

APOTHÉCIE. nom donné, en Botanique, à certains organes reproducteurs des Lichens. Voy. ce mot.

APOTHÈME (du gr. àitOTÎOTiji:, déposer], perpendiculaire abaissée du centre d'un polygone régulier sur un de ses cfités. — L'^. d'une pyramide régulière est la hauteur d'un des triangles égaux qui forment sa surface latérale.

APOTHÉOSE (du gr. oiroôéwai;, en latin consecratio, cselum decretum), cérémonie par laquelle les anciens plaçaient un homme illustre au rang des dieux. Chez les Grecs, cette cérémonie remonte aux temps les plus reculés; les héros étaient des hommes divinisés. On en trouve quelques exemples dans les temps historiques : ainsi, Alcxanare mit au rang des dieux son ami Ephestion. Mais c'est à Rome que cette cérémonie fut le plus multipliée : Romulus d'abord, et plus tard la plupart des empereurs romains furent divinisés après leur mort. Pour célébrer l'apothéose de ces derniers, on plaçait sur un lit d'ivoire une image en cire du défunt. Le sénat la visitait, et des médecins donnaient des bulletins de sa santé ; au 7° jour, ils annonçaient sa mort. On portait alors le lit de parade au Cliamp de Mars, on le plaçait sur un catafalque forme de matières combustibles; on chantait tout autour des hymnes en l'honneur du défunt; puis l'empereur régnant mettait le feu au catafalque, et après lui les sénateurs et les chevaliers. Du milieu des flammes on voyait sortir un aigle qui. selon la croyance, emportait aux cieux l'âme du défunt. Si c'était une impératrice, on se servait d'un paon au lieu d'aigle. Gratien fut le premier empereur qui ne reçut pas l'apothéose.

On a appelé quelquefois Apothéoses certains météores lumineux. Par exemple, un observateur placé sur une éminence, le dos tourné au soleil, et regardant un nuage ou un brouillard en face de lui, voit son omijrc projetée sur le brouillard. Quelquefois aussi la tète de l'ombre paraît environnée de couronnes irisées. Ces phénomènes se produisent assez souvent sur le Brocken, dans la Saxe; ils constituent le fameux spectre du Brocken qui a donné à cette montagne une célébrité superstitieuse.

APOTHICAIRE (du gr. d-7io9^^xT„ boutique), nom donné aux pharmaciens dans le siècle dernier. Voy. pharmacie.

APOZÈME (du gr. àrô^Efia), potion composée d'une décoction ou infusion d'une ou de plusieurs substances végétales, à laquelle on ajoute divers autres médicaments, tels que sels, sirops, électuaires, teintures. Les Apozèmes ne sont guère employés auj., à cause du dégoût qu'ils inspirent au malade.

APPARAT, en lat. Apparatus, nom donné autrefois à certains livres disposés en forme de dictionnaires ou de catalogues et propres à faciliter les études : tels sont l'.-l. sacré de Possevin renfermant par ordre alphabétique les noms des auteurs ecclésiastiques et les titres de leurs ouvrages; r.4. poétique de Yanière, espèce de Thésaurus poeticus ; r.4. roi/a/, dictionnaire français-latin; V Apparatus ad Ciceronem. concordance ou recueil de phrases cicéroniennes, etc.

APPARAUX {d'appareil). Dans la Marine, on désigne sous le nom d'agrès et apparaux d'un navire la collection de tous les objets nécessaires au gréetnenl ( Voy. ce motl et à la navigation : on y comprend nécessairement les machines dans les bâtiments à vapeur, et même l'artillerie; mais on n'y comprend pas les vnxes.

APPAREIL (de à cl pareil]. On nomme ainsi : en Physiologie, l'ensemble des organes qui concourent à une même fonction {A. digestif, A. respiratoire, eic, en Physiologie animale; A.assimitateur,A. sécréteur, etc., en Physiologie végétale' ; en Chirurgie, l'assemblage méthodique de tous les instruments et objets nécessaires pour pratiquer une opé-

ration, pour traiter une fracture, ou faire un pansement ; en Physique et en Chimie, la collection d'instruments et d'ustensiles nécessaires pour une opération ou une expérience, etc. En Architecture, on appelle Appareil la manière dont les pierres sont disposées et ajustées dans une maçonnerie. On dislingue : 1'^. irrégulier ou blocage; 1'^. lié, dans

égales; l'A. allongé, VA. obliqué, VA. imbriqué, etc. On distingue aussi par rapport à la grandeur des pierres le Grand ou Haut, le Moùen et le Petit ou Bas Appareil. — On aitpelicAppareilleur l'oumer-chef des tailleurs de pierre, qui fait le choix des pierres, trace la forme à leur donner, marque la place qu'elles doivent occuper, dirige et surveille ceux qui les taillent et ceux qui les posent. L'appareilleur doit connaître la géométrie pratique, le dessin linéaire, et la nature des matériaux qu'il emploie.

APPAREILLER, c'est lever l'ancre et mettre le navire en mouvement au moyen de ses voiles ou de sa machine.

APPARITEUR (du lat. apparitor; d'apparere, être présent). On désignait par ce nom chez les Romains tous les officiers chargés de l'exécution des ordres des magistrats, tels q^ue licteurs, scribes, interprètes, crieurs publics, accensi, etc. Auj. on le donne aux huissiers, et particulièrement, dans l'Université, aux huissiers attachés aux facultés.

APPARITION. Voy. visiox.

APPÂT (d'fl et past, pâture). On nomme ainsi tous les ingrédients qui servent pour attirer et amorcer le gibier et le poisson. 11 y en a de toute espèce et pour toutes sortes d'animaux, depuis les petites graines jusqu'aux animaux entiers eux-mêmes dont on se sert dfans la chasse des grands fauves. On nomme également appât les graisses ou compositions quelconques dont les piégeurs d'animaux nuisibles se servent pour frotter leurs pièges. — Chaque espèce de poisson demande un appât particulier. Cependant on emploie communément, pour la pêche à la ligne, le ver rouge ou achée, le lombric ou ver de terre, l'asticot ou ver de viande, le blé cuit, le chènevis, le fromage, de petits poissons vivants, etc., et, comme appâts factices, la mouche artilicielle et les fleurs de couleur vive. On appel c amorces des substances qu'on jette dans l'eau pour attirer le |X)isson, tandis que V appât recou>TC toujours l'hameçon : tels sont les tourteaux de lin ou de betteraves, les os, le sang caillé. — La loi défend de se servir de drogues ou appâts qui puissent enivrer ou empoisoimer le poisson.

APPEAU [d'appel], sifflet d'oiseleur qui sert à contrefaire les différents cris des oiseaux et, par ce moyen, à les appeler et à les attirer dans le piège. On distingue : r.4. à sifflet, avec lequel on imite le en des alouettes, des perdrix, des cailles, etc.; 1'^. à languette, on pipeau, qui ne consiste qu'en un petit rubao ou même une simple feuille de chiendent ou de laurier [Voy. pipeau); 1.4. à frouer, feuille de lierre trouée qui contrefait le cri de la chouette [Voy. froueuest), etc. — On appelle aussi Appeau ou Chanterelle l'oiseau qui sert à l'oiseleur pour attirer les autres. L'usage en est interdit.

APPEL [d'appeler'), acte par lequel une partie condamnée s'adresse à une juridiction supérieure pour faire réformer un premier jugement. On distingue r.4. principal, par lequel on défère le jugement au tribunal supérieur, et 1 .4. incident, interjeté par la partie poursuivie en appel, durant le cours de l'appel principal. On nomme : appelant celui qui demande la' réformation du jugement ; intimé, celui contre qui cette réformation est demar.dée. 1° En matière civile, on peut, en principe, appeler de tous les jugements rendus par les tribunaux civils de !" degré, à moins qu'ils n'aient été rendus en dernier ressort [Voy. compétence . l.c délai pour interjeter appel est généralement de 2 mois C. de proc., art. 443). Les appels des jugements des iuges de paix sont portés devant le tribunal de I" instance de l'arrondissement; les jugements rendus par les tribunaux de 1" instance et de commerce sont portes devant la cour d'appel. — L'appel est en général suspensif de l'exécution du jugement attaqué. Celui qui succombe en appel doit payer une amende de 5 à 10 fr. (art. 471) ; S" En matière criminelle, on peut appeler des jugements de simple police et des iugenienis rendus par les tribunaux correctionnels : le délai est de 10 jours C. d'instr. crim., art. 174 et 203); mais on ne peut appeler des arrêts de cour d'assises, contre lesquels on peut seulement se poun'oir en cassation ; 3' En madère

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