AQUA-TINTE
AHARr.E
oanx douces ou salées. Les aciuariums no sont pas toujours un olijrl (le curiosité : à l'aide de dispositions ingénieuses qui permettent non seulement de renouveler l'eau du réservjir, mais de placer les animaux dans un milieu analogue à celui qu'ils habitent d'ordinaire, ils fournissent an savant le moyen d'étudier les mœurs d'une foule d'espèces iluviatiles et marines encore imparfaitement connues, amsi que do-procéder à tics essais de fécondation artificielle. C'est au Jardi.i Boiunixjue de Londres que fut établi le premier a^wa- 1-ium iiiann ; peu de temi)s a))rès, Cosle organisa au Collège de France, à Paris, un aquarium destiné à des essais d ' pisciculture; le Jardin d'acclimalalion en possède un é^'alemenl. Le lalwratoirc Arago, fondé par M. de Lacazc- Hulliiers, à lianyuls (Pyr.-Or.), contient une vaste salle bor (léc d'aquariums où prospèrent et se reproduisent cous les yeux de l'observateur tous les animaux de la Méditerranée.
Quant at.x aquariums ai)propriés à l'horticulture, ce sont des bassins chauffés par un thermosiphon et recouverts d'un vitrage, de manière à former une véritable serre aquatique où règne une atmosphère constamment chaude et humiae, atmosphère nécessaire à un grand nombre de plantes, comme les Nymphaeas, les Victoria Rcgia, les Pontédériées, certaines Broméliacées, etc.
AQUA-TINTE (de l'ital. ac^wa-fiMte, eau teinte), gravure à l'cau-forte imitant le dessin au lavis. Voy. CRAVtinE.
AQUATIQUES (plantes), plantes qui vivent dans les eaux douces. Les unes, comme la Sagittaire, présentent trois sortes de feuilles, rubanées ti elles sont submergées, en forme de cœur si elles sont nageantes, en flèches si elles sont aériennes. Ces diverses formes de feuilles sont en rapport avec le milieu; dans des eaux très profondes, on n'ouserve que des feuilles rubanées; si un mdividu, développe d'abord dans une eau peu profonde, se trouve, par suite d une crue, place à une plus grande distance du niveau liquide, les feuilles sigittées aériennes déjà formées, ou mourront, ou prendront la forme de ruban, et les nouvelles feuilles qui se formeront seront exclusivement rubanées. Des modifications correspondantes se produisent dans la structure. Les feuilles aquatiques submergées ont un épiderme à' chlorophylle et sans stomates, et pas de tissu en palissade ; les feuilles aériennes ont un épiderme sans chloropliylle, pourvu de stomates et un tissu palissadique très développé. La vie aquatique amène en outre une réduction très grande du système vasculaire et du tissu fibreux de soutien. Les moaifications se retrouvent dans la plupart des plantes aquatiques suivant leur adaptation plus ou moins grande au milieu aqueux. Chez les plantes à feuilles nageantes, comme les Nymphéacées, la même feuille subit l'action des deux milieux au contact desquels ses deux faces se trouvent; les stomates (groupés en plus grand nombre ou exclusivement chez les feuilles aériennes) s'observent seulement sur la face supérieure, et au-dessous de l'épiderme un tissu en palissade est facilement mis en évidence.
AQUA-TOFANA, c'est-à-dire, en italien, eau de Tofana, dite aussi Acquella di Napoli, poison très subtil dont on attribue l'invention à une lemmc de Palerme, nommée Tofana, qui commença à le répandre vers 1659. Ce poison n'agissait que lentement, et ne laissait, paraît-il, aucune trace. Tofana, dont les crimes ne furent découverts qu'en 1707, mourut, dit-on, étranglée en prison, après avoir causé la mort de plus de 600 personnes, au nombre desquelles on compte deux papes. — On croit que V Aqua-Tofana était une solution très étendue d'acide arsénieux mêlée à d'autres substances qui en déguisaient la saveur.
AQUEDUC (du lat. aqux diictus), canal construit en pierre ou en maçonnerie, et élevé sur un terrain inégal pour ménager h pente de l'eau et la conduire dans un lieu qui en est dépourvu. Quand il traverse des vallées , il est supporté par des arcades, qui quelquefois même sont élevées par étages les unes au-dessus des autres. On citait dans l'antiquité l'aqueduc de Sésostris à Memphis, celui de Sémiramis à Babylone, celui de Salomon dans le pays d'Israël. Le premier aqueduc construit par les Romains fut dû à Appius Claudius (312 av. J.-C), on le nommait Aqua Appia. On construisit ensuite : VAnio velus (273), Y Aqua Marcia (146), VAqua Julia (35), VAqua Virgo (21) ; ce dernier, construit par Agrippa, avait 14105 pas romains. Parmi les aqueducs tjue les Romains construisirent dans les provinces, les plus célèbres sont : Y A. de Nimes, dit aussi pont du Gard, qui a 3 rangs d'arcades superposés; l'A. de Ségovie; VA. de Metz-, qui traverse la Moselle; 1'^. d'Arcueil, près de Paris, attribue à Constance Chlore, et relevé ou
plutôt remplace en 1624 par Marie de Médicis; Louis XIV lit exécuter les A. de Montpellier, du Ihtc, près de Versailles, de Maintenon (inachevé). De nos jours on a élevé VA. de lloquefavour (achevé en 1848), qui conduit à Marseille les eaux de la Durance, et ceux qui amènent à Paris les eaux de la Dhuys, de la Vanne et de l'Avre. Vog. i-onts-
CANAUX et CONDUITE DES EAUX.
Les analomistes emploient par analogie le mot Aqueduc pour désigner certains conduits qui étanlissent des communications entre différentes parties des organes; tels sont : VA. de Fallope, ou canal spiroïde de l'os temporal; VA. du vestibule, conduit osseux qui s'étend du vestibule à la face postérieure du rocher; l'^î. du limaçon, conduit très étroit qui va de la rampe du tympan au bord postérieur du rocher; VA. de Sylvius, canal intcrmédie.irc des ventricules, situé dans l'épaisseur du cerveau.
AQUICULTURE. Foi/. nscicui.TCRE.
lkQU\LMnE, Aquilaria, grauà arbre originaire des Indes Orientales, est le type de la famille des Thyinéléacées. C'est de cet arbre au'on tire le Bois d'aigle ou Bois d'aloès, dit aussi Agalloche, Garo, Calambouc. Bois pesant, résineux, d'une odeur faible que la chaleur rend aromatique et agréable.
AQUILEGIA. Voy. axcolic.
AQUILON (du lat. aquilo), le vent du nord, et en général tout vent violent et froid.
AQUITANIEN (étage), nom donné, en Géologie, à l'étage supérieur du groupe oligocène. Dans le bassin de Paris cet étage est représenté surtout par le calcaire de Beauce et le calcaire de l'Orléanais; ce sont des dépôts lacustres, caractérisés par des Mammifères appartenant surtout au genre Anthracolhcrium et par des Mollusques comme Hélix Bamondi, Planorbis cornu. Des couches de même nature se trouvent eu Auvcr^e, en Provence, dans l'Agcnais, dans l'Allemagne méridionale. I es représentants marins de l'Aquitanien sont connus dans le Bordelais, dans l'Hérault, à Carry près Marseille, dans le Vicentin, etc.
ARA (onomatopée), Macrocercus, genre de Perroquets à longue queue, de l'Amérique du Nord, caractérisé par une
Sueue plus longue que le corps, étagée, pointue; des joues épourvues de plumes, recouvertes d'une membrane blanche; un bec très fort et crochu. L'ara est remarquable par sa grande taille et par son plumage orné des plus brillantes couleurs, bleu, jaune d'or, vert, rouge. De tous les aras, celui qui s'acclimate le mieux en France est l'^lra bleu de Bull'on, d'un beau bleu d'azur avec le ventre jaune. Le plus grand est VAra macao, qui atteint près d'un mètre.
ARABE (langue). La langue arabe, extrêmement riche, puisque son vocabulaire comprend, dit-on, 60000 mots, est une des quatre langues sémitiques (avec l'hébreu, le syriaque et lechaldéen). Elle se divise en arabe vulgaire ou arabe parle en Arabie, en Perse, en Egypte, etc., en arabe littéraire ou langue savante et en arabe ancien ou langue morte. — Voy. Renan, Hist. et syst. comparé des langues sémitiques, 1855
ARABESQUE. On appelle arabesque une sorte d'ornementation produite parues enlacements fénéralemeni symétriques de figures géométriques, ou d'imitations de branches et de feuillages, assortis, contrastés, ou groupés avec art. Ce nom A' arabesque vient de ce que les Arabes emploient à profusion ce genre de décoration, qui fut d'ailleurs en usage aussi dans l'antiquité grecque et romaine. On entremôle souvent des figures d'hommes ou d'animaux ou d'êtres imaginaires au lacis de lignes composant à proprement parler l'arabesque.
ARABETTE, Arabis, genre de la famille des Crucifères, type de la tribu des Arabidées, renferme des plantes herbacées, annuelles ou vivaces, très communes en Europe; on les cultive dans les jardins. \:A. des Alpes ou printanière [A. alpina] forme des touffes toujours vertes qui se couvrent de fleurs blanches un peu odorantes dès la fin de mars.
ARABINE, nom donné autrefois à un principe chimique soluble dans l'eau froide, et qui constitue en grande partie la gomme arabique [Voy. gomme).
ARABLE [arabilis, de arare, labourer). Le sol arable est la partie de la terre végétale qui est touchée et remuée par les instruments de labour ; il est distinct du sol végétal, lequel est formé de la terre végétale d'épaisseur variable qui recouvre le sous-sol géologique. — En Agriculture, une terre est dite arable quand elle est facilement labourable et propre «nsuite à l'ensemencement.
ARAC