‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 928 sur 1729 · LYCOPODE · texte numérisé non relu

LYCOPODE

nacces, tribu des Lolécs, renferme des plantes herbacées ui ressemblent assez au trèfle et dont on connaît aujourhui plus de 90 espèces. La plus importante, la seule qui intéresse les agriculteurs, est la Luzerne cultivée {M. saliva), appelée Sainfoin dans le Midi, plante vivace à racine pivotante, s'enfonçant à plus de 2 m. en terre quand le sol s'y prête : à tige très rameuse, haute de 0 m. 50 à 0 m. 60; à feuilles composées de 3 folioles d'un vert assez foncé, et à fleurs bleuâtres en petits épis à l'extrémité des rameaux; ces fleurs sont remplacées par des siliques contournées sur elles-mêmes en 2 ou 5 tours de spire et renfermant de très petites graines ovoïdes d'un jaune vcrdàtre tirant parfois sur la violet. La luzerne croît naturellement dans les prés des pays méridionaux et tempérés. On la cultive comme prairie artificielle de durée, particulièrement pour la nourriture des chevaux. Elle exige un sol meuble, profond et bien cultivé. On la sème en mars et en avril, en la mêlant le plus souvent avec de l'avoine, et, dans la seconde année, on peut la couper trois fois. Dans un terrain profond, la luzerne peut durer de 15 à 20 ans ; mais ordinairement on la retourne au bout de la huitième année. Ce fourrage, quand il est trop frais, est sujet à faire gonfler les bestiaux : aussi, quand on donne la luzerne à l'étable, il faut toujours la couper un jour d'avance, afin qu'elle soit un peu fanée. Le moment le plus favorable pour faucher la luzerne est celui où la fleur commence à se colorer en bleu. Quand la luzerne est sèche, on la mêle à la paille. On fait avec ses racines des brosses à dents, que l'on colore avec de l'orcanète et que l'on parfume à l'ambre ou à la vanille. — La cuscute, plante parasite, et la larve de l'eumolpe obscur sont les deux plus grands ennemis de la luzerne. On ne connaît

t>as de remède contre la cuscute ; mais on se débarrasse de a larve en fauchant la luzerne avec une petite caisse emmanchée au bout d'un bâton : le choc de la boîte contre les rameaux fait tomber la larve dedans, et on en détruit ainsi un grand nombre.

Luzerne-houblon. Voy. lcpuline.

LUZULE, Luzula, genre de la famille des Joncacées, renferme des plantes vivaces, à racines fibreuses, à tige herbacée, droite, nerveuse, garnie de feuilles planes; à fleurs petites, disposées au sommet des tiges en corymbes lâches ou quelquefois en épis. Elles se trouvent surtout sur les montagnes boisées de l'Europe. On distingue la L. blanc de neige, la L.à larges feuilles, la L. en épis, la L. des chatnps et la L. printanière.

LY, unité de mesure itinéraire usitée en Chine; 10 lys font une lieue française ou 4 kilomètres.

LYCANTHROPIE (du gr. Xuxavôpioirta ; de Xûxoî, loup, et avBpioTioç, homme), espèce de manie ou folie de la classe des lypémanies ou mélancolies, dans laquelle le malade s'imagine être changé en loup [loy. loup-garoc) ou en tout autre animal. Assez commune au moyen âge, cette maladie est aujourd'hui fort rare ; cependant certains voyageurs assurent qu'elle règne encore en Livonie et en Islande. De graves auteurs ont cru à la réahté de cette transformation : Prieur Louvain (1596), Beauvoys de Chauvincourt (1599), Nydaud (1615) ont écrit sur la Lycanthropie.

LYCÉE (du gr. Xûxeiov). Ce nom désignait, chez les Grecs, un lieu, voisin d'Athènes, consacré à l'instruction de la jeunesse, et dédié primitivement à Apollon lycéen. Ce gymnase, situé sur les bords de l'Ilissus, était planté d arbres en quinconce ; des portiques régnaient sur trois des côtés d'une cour carrée située à 1 entrée. C'est là qu'Aristotc enseignait sa philosophie, en se promenant (iteptiiaTÛv) sous les allées d'arbres, ce qui fit donner à son école les noms de lycée et à'école péripatéticienne.

Le nom de Lycée a été ressuscité en France en 1787, pour designer un établissement situé à Paris, rue de Valoi*, où se faisaient des cours libres : c'est là que fut

trofessé notamment le Cours de littérature de La ilarpe. e nom de cet établissement a plus tard été changé en celui à' Athénée.

Lors de la création de l'Université, le nom de lycée fut adopté pour désigner les établissements d'instruction secondaire créés et entretenus par l'Etat, par opposition aux collèges, entretenus par les villes, et aux institutions, dirigées par des particuliers. Les lycées remplacèrent les écoles centrales. Abandonné en "1814 et remplacé par celui de collège, le nom de lycée a été repris depuis 1848. L'enseignement des lycées, constitué en 1808, lors de la

création de l'Université, et maintenu, avec de légers changements, sous la Restauration et sous Louis-Philippe, a été considérablement modifié sous le gouvernement impérial par la bifurcation des études, qui n'a pas été maintenue, puis par la création de l'enseignement spécial, qui est devenu en 1891 l'enseignement moderne.

LYCHNANTHE (du gr. Xûyvoî, lampe, et dEvOoî, fleur), Lychnanthus, plante de la famille des Caryophyllées, dite aussi Cucubale. Voy. ce mot.

LYCHNIDE (du gr. "kuyyli), Lychnis, genre de la famille des Caryophyllées, tribu des Silénées, renferme des

[dantes herbacées ordinairement vivaces, communes danf es régions tempérées de notre hémisphère, à feuilles simples, opposées ; à fleurs grandes, à 5 pétales et à 5 styles. Plusieurs espèces sont cultivées dans nos jardins pour la beauté de leurs fleurs; telles sont : la L. de Chalcédoine, dite aussi Croix de Malte, originaire d'Asie, dont les fleurs, d'un beau rouge, sont en forme de croix de Jérusalem ou de Malte, et se réunissent en un gros bouquet au sommet des tiges; la L. des prés, dite aussi Fleur de coucou ou Amourette, qui croît dans les prés humides: ses Heurs purpurines deviennent doubles par la culture ; la L . dioïgue. Robinet ou Jacée des jardiniers, la L. fleur de Jupiter, la L. des bois, la L. visqueuse ou Bourbonnaise, etc. — Quelques botanistes réunissent à ce genre les Agrostemtnes, notamment l'A. githago ou Nielle des blés, et r.4. coronaria ou Coquelourde. Voy. agrostemme.

LYCIET (de Lycie, contrée d'Asie Mineure), Lyciiim, genre de la famille des Solanées, renfei-me plus de 30 espèces de plantes frutescentes ou arborescentes qui croissent dans la région méditerranéenne et qu'on a retrouvées dans l'ouest de l'Amérique du Sud : tiges ligneuses, droites ou

Sendantes; rameaux épineux et grêles; feuilles entières; eurs roses, purpurines, violettes, jaunâtres et même blanches. Le Lyciet d'Europe, qui croît spontanément sur le sable aux rivages de la Méditerranée, sert à former des haies vives en Italie, en Portugal, en Espagne, en Egvpte, en France, etc. On connaît encore le L. de Barbarie, le L. du Cap ou Epine d'Afrique, dit aussi Jasmin bâtard, le L. de Chine, le L. hérissé, etc. — Les jeunes pousses et les feuilles du lyciet peuvent être mangées en salade, comme on le fait dans le midi de la France. Ses fruits peuvent subir les mêmes préparations que ceux de l'épinevinette.

LYCOPE (comme lycopode), Lycopus, vulg. Pied-de- Loup, Marrube aquatique, genre de la famille des Labiées, tribu des Menthoïdées ; c'est une plante velue ou pubescente, à tige rameuse haute de près de 1 mètre, à feuilles lancéolées, à fleurs blanches et petites qui croît au bord des eaux. Elle peut être employée dans la teinture en noir et contre la dysenterie.

LYCOPERDON (du gr. Xûxoç, loup, et x^pSw, péter), vulg. V esse-de-Loup, genre de Champignons Basidiomycètcs Gastéromycètes, ty-pe de la famille des Lycoperdacées, croît au milieu du gazon, dans les prairies, sur les collines, etc. Il n'a pas de pédicule. Il est globuleux, grand, d'un blanc pâle. Ces champignons sont d'abord charnus; par une dessiccation rapide, ils arrivent à l'état fibreui et pulvérulent; à la moindre pression leur enveloppe éclate et laisse échapper un nuage de poussière ; ce sont les spores qui s'échappent. Le L. géant ou Bovista, la plus grosse espèce de nos pays, offre des individus dont le diamètre est de 0 m. 40 à 0 m. 45. Le L. utriforme est de la grosseur d'un œuf et de couleur ferrugineuse. On se sert en Italie du lycoperdon en guise d'amadou contre les hémorragies. Sa vapeur est anesthésique ; il faut éviter de respirer sa poussière.

LYCOPERSICUM. Voy. tomate.

LYCOPODE (du gr. Xûxoî, loup, et tcoOç, toô^î, pied), Lycopodium, genre type de la famille des Lycopodiacées, renferme des plantes cryptogames vasculaires, à tiges rampantes et étalées sur le sol ou élevées et perpendiculaires à sa surface. Ces tiges sont ramifiées et très souvent dicliotomes. Les feuilles sont petites, éparses et très rapprochées les unes des autres ; d'autres fois elles forment des séries longitudinales. Les organes reproducteurs sont des sporanges. Les spores en germant donnent un prothalle qui, pour les plantes de nos pays, est tuberculeux et blanc ; sur ce prothalle naissent des anthéridies et des arché^ones. -^ On trouve les Lycopodes dans les lieux ombrages et frais des bois. L'espèce la plus connue est le L. en massue [L. clavalum), vulg. Soufre végétal. Mousse terrestre.

LYCOPUS

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