LUZERNE
▼ive. On dislinpue : les luts gras, préparés avec de l'argile calcinée réduite en poudre et de l'huile de lin: les luis à l'eau ; et enlin les luts argileux, préparés simplement avec de l'argile, dans laquelle on incorpore la moitié de son volume environ de crottin de ctieval et à peu près quatre fois son poids de sable siliceux. On en fait encore avec de la chaux et du blanc d'œuf, du tourteau d'amandes el de la colle d'amidon, etc. Le mélange d'oxyde et de chlorure de zinc et celui d'oxvde et de chlorure de magnésium donnent d'excellents fûts.
LUTETIA, 21' petite planète, trouvée le 15 nov. 1852 par H. Goldschmidt, à Paris. Vou. pla>ètes.
LUTH (de l'arabe «/-'owrf, le lutn), instrument de Musique, inusité aujourd'hui, eut d'abord six rangs de cordes faites de boyau double, sauf la chanterelle, puis en reçut 10, 12 et jusqu'à 24 ; elles étaient montées sur un corps arrondi i en dessous, en forme de tortue, avec une table d'harmonie j plate; le manche était large et renversé à son extrémité. On pinçait le luth de la main droite, tandis que de la | gauche on appuyait sur les touches, qui étaient le plus : souvent au nombre de neuf. Un luth à 10 cordes fournissait 5 octaves et une tierce majeure. Le luth servait, avant le | clavecin, à l'accompagnement des basses continues. Bien que fort difficile à jouer, il était en grand usage au xvi' et au xvii' siècle. — h'archiluth, dit aussi léorbe, différait du luth en ce qu'il avait un double manche et n'était monté que de cordes simples. Au contraire, la mandore fut un diminutif du luth ; et la mandoline, encore usitée en Espagne, n'est qu'une petite mandore. Tous ces instruments avaient avec la guitare de très grandes ressemblances, mais ils en dilféraient en ce que leur partie arrière était arrondie en forme de côtes de melon, nommées éclisses. Le luth semble avoir été rapporté d'Orient par les croisés. Les meilleurs luths venaient de Bologne et de Padoue.
C'est vers le milieu du xvni* siècle que cet instrument a été tout à fait abandonné; cependant le nom de lulh est encore emplové par les poètes, comme celui de lyre, pour désigner un Instrument quelconque qui accompagne le chant, et celui de luthier est resté pour désigner le fabricant de certains instruments de musique. Voy. luthikb.
LUTHÉRIENS, partisans des doctrines de Luther. Voy. le Dict. d'Hist. et de Géogr.
LUTHIER (de luth). On appelait ainsi autrefois un facteur de luths ; on donne aujourd'hui ce nom au fabricant d'instruments analogues au luth ; violes, violons, violoncelles, altos, guitares, basses, contrebasses, vielles, etc. L'Italie (surtout Bologne. Padoue, Crémone) eut longtemps le monopole de ce genre d'industrie. Parmi les plus célèbres luthiers, on cite, dans les siècles passés. Amati, Stradivarius, Guarnerius, tous trois de Crémone ; les Allemands Sieiner et Clotz; les Français Pic, Lupot, Thibout, Yuillaunie, Boquet, Bassot, etc.
LUTIN (orig. inc), espèce de diable ou d'esprit familier, auquel on attribuait un caractère malicieux, mais nullement redoutable. Les lutins ne se montrent que rarement . et pendant la nuit ; mais ils se manifestent par leurs effets : ce sont le plus souvent des espiègleries, d'où le mot lutiner. Assez souvent il arrive qu'ils font office de serviteurs actifs et fidèles. Nos farfadets, les kobolds des Germains, les doinovoï des Busses, les djins do l'Orient, offrent des rapports avec les lutins.
Voy. FOLLET.
LUTJAN, nom conunun à diverses espèces de Poissons acanthoplérygiens, de l'ordre des Squamodermes, appartenant aux genres Mésoprion, Crémlabre, Centropriste, Pristipome. etc.
LUTRAIRE. Lutraria, genre de Mollusques acéphales, de Tordre des Orthoconques sinupalléales, famille des Myacidées, et voisin des Mactres : coquille oblongue, inéqûilatérale, bâillante aux deux extrémités; charnière pourvue d'un ligament interne logé dans deux cuillerons oblongs parallèles aux deux valves. Les Lutraires vivent dans la vase des mers actuelles comme les autres Myacidées. Elles se rencontrent à l'état fossile dans l'étage l'alunien.
LUTRIN (du b.-lat. lectrinum, de lectrum, pupitre], pupitre sur lequel sont posés à l'église les livres d'oflice. Il y en a toujours au moins deux, l'un qui reçoit le livre des épiires ; l'autre qui contient les psaumes, les hymnes, proses, antiennes, etc., avec la musique. Ces derniers, qui •oui à l'usage des chantres, sont toujours plus grands. Il
y a des églises où ils sont fort richement ornés. Le plus souvent, la partie supérieure du lutrin est un aigle dont les ailes déployées supportent les livres ouverts : cette forme vient de ce que aans l'origine ces pupitres étaient spécialement destinés à porter le livre des évangiles, et que l'aigle est le svmbole de l'évangéliste St Jean. — On connaît le poème fiéroï-comique de Boileau, intitulé le Lutrin, où le poète chante le lutrin de la Ste-Chapelle de Paris. Gresset en a donné un autre moins important, intitulé le Lutrin vivant.
LUTTE (du lat. lucta], combat de deux personnes corps à corps. — Ce fut un des principaux exercices gymnastiques des anciens. Le lieu ou plutôt l'école où l'on s'y livrait (car la gymnastique faisait partie de l'éducation] se nommait »afe«/re [Voy. ce mot). Le lutteur était dit : palestrite dans les occasions ordinaires; athlète, quand il en faisait profession, quand la lutte devenait joute (athlos). — On connaissait trois sortes de luttes, la lutte perpendiculaire, la lutte horizontale et Vacrochirisme. Dans la première, qui était la plus commune, on se proposait de renverser son adversaire et de le terrasser. Les ruses étaient permises, les coups étaient défendus. Dans la deuxième, les deux adversaires combattaient à terre, roulant l'un sur l'autre et s'cntrelaçant de mille façons, jusqu'à ce que l'un des deux prit le dessus et forçât l'autre à demander quartier. Dans l'acrochirisme (du gr. âxpoî, extrême, et yeio, main), les athlètes ne se prenaient que par l'extrémité des mains et par les poignets, se les tordaient, et tâchaient de se renverser ainsi. Avant de combattre, les athlètes se faisaient frotter le corps d'huile pour donner de la force et de la souplesse aux membres; puis, pour empêcher le corps, ainsi enduit d'huile, d'être trop glissant, ils se le couvraient d'un sable très fin. — La lutte était un des cinq combats gvmniques des Grecs, et figurait dans tous leurs jeux publics : Homère décrit la lutte d'Ajax et d'Ulysse [Iliade, xiiii) ; Ovide, celle d'Hercule et d'Achéloûs [Métam., ix). A Sparte, les jeunes filles même s'exerçaient à la lutte. Le moyen âge a cultivé aussi ce genre d'exercice, mais sans jamais y attacher la même importance aue les Grecs. L'usage en a continué en beaucoup d'enroits. On s'exerce encore aujourd'hui à la lutte en Bretagne. Dans les fêtes populaires, la lutte est toujours un spectacle très recherché. De temps en temps elle reprend faveur à Paris.
LUXATION (du lat. luxatio), déboitement des os, sortie de l'extrémité articulaire d'un os de la place où elle doit être. Ce déplacement est ordinairement l'effet d'une violence extérieure (L. accidentelle) ; il peut aussi provenir de l'altération des parties qui constituent l'articulation (L. spontanée ou pathologique), comme dans la coxalgie, espèce de tumeur blanche qui se forme dans l'articulation coxo-fémorale et qui amène le déplacement spontané de la hanche, par usure des surfaces articulaires. On distingue aussi des L. congénitales, qui peuvent se produire après la naissance, mais qui résultent toujours de dispositions vicieuses existant au moment de la naissance. Presque tous les os sont susceptibles d'être déplacés dans leurs articulations; mais ce sont les articulations orbiculaires qui sont le plus sujettes à être luxées, parce que leurs mouvements sont plus étendus et leurs ligaments plus lâches. Les luxations peuvent se faire dans plusieurs sens, et pour la réduction il importe de distinguer le déplacement primitif, produit par la violence extérieure, du déplacement consécutif, qui dépend de l'action musculaire, du poids des membres, etc. Enfin les os peuvent perdre complètement leurs rapports articulaires (L. complète), ou bien les conserver en partie [L. incomplète) : ce dernier cas est fréquent dans les luxations des articulations ginglymoïdales.
Le traitement des luxations accidentelles consiste d'abord à réduire les os déplacés [Voy. rédcction), puis à les maintenir quelque temps à l'aide d'un bandage dans leur position naturelle. La réduction des luxations est devenue une industrie, qui trop souvent est exercée au détriment des patients par des empiriaues connus sous les noms de rebouteurs, renoueurs, rhabilleurs.
La luxation spontanée ne peut être guérie par des moyens mécaniques; elle exige un traitement toujours approprié aux causes qui l'ont tait naître.
LUXE. Voy. ÉCONOMIE politique et richesse.
LUXEUIL (Haute-Saône), eau miner, l'oy. eacx msi-