LYSIMACHIE
nicre sommaire et de punir immédiatement les désordres inséparables d'une colonie naissante. Plusieurs autres Etats de l'Union adoptèrent cette mesure et elle a survécu aux circonstances qui pouvaient en quelque sorte la justifier.
LYNX (du gr. My\), Felis lynx, vulg. Loup-cervier, grande espèce du genre Chat, a pour caractères : des oreilles ornées de poils verticaux, une fourrure longue et loulfue, et une queue courte ; il n'a pas de fausse molaire antérieure. Cet animal est long d'env. Om. 75; il a le dos cl les membres d'un roux clair, avec des mouchetures noires ou d'un brun noirâtre; la gorge et le dessous du corps blancliàtres. Comme le loup, le lynx pousse une sorte de hurlement pendant la nuit. D'un naturel féroce, il attaque de préférence les jeunes cerfs et les faons de daim, de chevTeuil ou de renne. Quelquefois il se place en embuscade sur une des basses branches d'un arbre, pour s'élancer de là sur un de ces animaux : il lui saute sur le cou, s'y cramponne avec ses ongles, et ne lâche prise que lorsqu'il a abattu sa proie en lui brisant la première vertèbre du cou ; il lui fait alors un trou derrière le crâne et lui suce la cervelle par cette ouverture. Il grimpe également sur les arbres pour poursuivre les écureuils, les martres, les chais sauvages et pour surprendre les oiseaux dans leur nid. Le lynx est plein de grâce et de légèreté : son œil est brillant, mais cependant doux et expressif. Comme le chai, il est d'une propreté excessive. Les lynx sont très communs dans les forêts du nord de l'Europe et dans la Sibérie.
Outre le Lynx vulgaire, on distingue dans ce genre plusieurs autres espèces : le Caracal, ou Lynx des anciens, le Pard ou Chat-pard (L. pardina), fe Chelasson ou Chal-cervier [L. cervaria), le Manoul [L. manul), le Chaiis ou L. des marais, le L. boité [L. caligata), tous habitant l'ancien continent, et les divere lynx d'Amérique {L. du Canada, de la Floride, de la Caroline, L. hai ou Chat-cervier des fourreurs, L. doré, L. à bandes, L. pajeros ou Chat pampa, etc.).
Les anciens attribuaient au Lynx une vue perçante, sans doute à cause de la vivacité de son œil ; ils avaient accrédité la fable que ses yeux pouvaient voir a travers les murailles.
LYNX (i,e), constellation i)oréale située entre le Cocher et la Grande Ourse par 7 h. 55 m. d'ascension droite moyenne et 50° de déclinaison, renferme 4 étoiles de 4' grandeur et 24 (le 5°.
LYONSIA, dit aussi ilfagrrfa/a, Osteodesma, Gresslya, etc., genre de Mollusques acéphales, de l'onlre des Orthoconques sinupalleales, famille des Anatidées : coquille ovale ou cunéiforme, mince, nacrée et bâillante sur la région anale; sinus triangulaire; charnière sans dents; ligament interne inséré sur une côte qui laisse sur le moule fossile un sillon profond. — Les Lyonsia se trouvent à l'état fossile depuis l'étage silurien et vivent encore dans les mers actuelles.
LYPÉMANIE (du gr. \.'!iTzi\, chagrin, et de manie), nom donné dans quelques nosographies à la folie triste ou mélancolie. Voy. ce mot.
LYRE (du lat. lyra), en gr. 'X'jpa, yj^^i, pàpêiTOî, jpôpjiiyç, instrument à cordes dont la construction a offert une grande variété. — La plus ancienne Ivre et la plus simple semble avoir eu 3 cordes. Le nombre des cordes monta ensuite à 4 (tétracorde), puis à 5 [pentacorde], à 6 [hexacorde), à 7 [hepiacordé] : Tcrpannre fut, dit-on, banni de Sparte pour avoir ajouté la 7°. Simonide en ajouta une 8= [octocorde), et dans la suite Timothée porta le nombre des cordes à 12. En Egypte, il y eut même jusqu'à 18 cordes. Les parties de la lyre autres que les cordes étaient : la caisse, qui originairement était, oil-on, d'écaillé de tortue, et qu'ensuite on fit en bois ; la table, qui fermait la caisse, et qui souvent ne fut qu'une simple peau sèche tendue ; les montants, adaptés à la caisse, et qui la continuaient en quelque sorte sur les côtés en laissant un intervalle entre eux; et le joug, placé en travers d'un montant à l'autre. Les cordes s'attacnaient, d'une part à la caisse, de l'autre au joug. On jouait de la Ivre tantôt avec une espèce d'archet dit plectrum, tantôt en ia pinçant avec les doigts, tantôt des deux façons : la main gauche pinçait les cordes, pendant que la droite les frappait du plectrum. — La Mythologie ancienne attribuait l'invention de la lyre à Mercure : Apollon, Amphion, Orphée, Linus en ont aussi été proclamés les auteurs [Voy. cithare). L'Egypte en taisait honneur à Thot-Trismégiste. On ne se servait de
la lyre que pour célébrer les dieux et les héros [Voy. LYUiQDE [poésie]). — L'usage de la lyre s'est perdu au moyen âge. Les Abyssins ont encore des lyres, dont ils jouent grossièrement. Le vina des Indiens est une lyre sans montants. On a aussi donné le nom de lyre à une sorte de viole en usage en Italie à l'époque de la Renaissance.
LYBE, constellation de l'hémisphère boréal, renferme 18 étoiles principales, dont 14 de h* grandeur, 1 de 4°, 2 de 3' et une de 1" grandeur, appelée Véga ou la Lyre prop. dite : cette étoile forme avec l'étoile polaire et Arcturus un grand triangle rectangle où elle occupe le sommet de l'angle droit. La constellation lire son nom de ce qu'on a cru y trouver la forme d'une lyre à 10 cordes, qu'un vautour porterait dans son bec. Son ascension droite moyenne est 18 h. 40 m. ; sa déclinaison 35».
LTRE, nom d'un oiseau nommé aussi Menure, et d'un poisson appelé Trigle. Voy. ces mots.
En Anatomie, on appelle Lyre, Corpus psalloides, la surface inférieure de la voûte à trois piliers du cerveau, où l'on remarque une disposition analogue à celle des cordes de la lyre : ce sont deux lignes longitudinales auxquelles viennent se rendre d'autres lignes transversales ou obliques.
LYRE, en lat. lyratus, se dit, en Botanique, d'une feuille en forme de lyre, dont les lobes inférieurs, divisés presque jusqu'à la nervure, sont très petits en comparaison du lobe terminal, qui est fort ample.
LYRIQUE (poésie), ainsi nommée parce que, originairement, elle se chantait sur la lyre. Ce genre de poésie, le plus élevé de tous, est spécialement consacré à l'expression de l'enthousiasme et des sentiments les plus vifs : c'est celui où l'inspiration se fait le plus fortement sentir. Dans sa plus vaste étendue, le genre lyrique comprend, outre Yode, la chanson, la ballade, l'élégie, le sonnet, et même les pièces de théâtre destinées à être chantées [opéras et drames lyriques] ; mais, dans l'usage, on le borne à Yode, qui, selon les différentes formes qu'elle revêt, prend les noms de dithyrambe, d'hymne, de cantique, de cantate, autrefois Chant Royal, etc. Ce genre n'a point de rythme, ni de mètre qui lui soient propres; le poète y emprunte tous les rythmes, tous les mètres qui lui semblent rendre le mieux le sentiment qui l'anime.
La poésie lyrique paraît être la forme la plus ancienne de la poésie : on en trouve de sublimes exemples dans la Bible [Cantiques de Moïse, de Déborah, Psaumes de David), ainsi que dans les antiques poèmes de l'Inde, notamment dans \e Riq-Véda. Chez les Grecs, Orphée, Linus, Musée sont les créateurs légendaires , du genre ; Alcée, Simonide, Tyrtée, Sapho, Anacréon l'appliquèrent aux sujets les plus divers; Eschyle, Sophocle, Euripide lui donnèrent place dans leurs œuvres dramatiques [chœurs] ; Pindare le porta à la perfection dans ses Olympiques et ses Pythiques. Chez les Romains, Catulle et Horace sont les seuls qui aient cultivé avec succès la poésie lyrique. Au moyen âge, elle inspira les chants dos lardes, des troubadours, et de quelques trouvères (assez rarement). Dans les temps modernes, les poètes qui se sont le plus distingués en ce genre sont : en Italie, Pétrarque, le Tasse, Métastase, Bondi; en France, Ronsard, Malherbe, Racan, Racine (chœurs d'Esther et d'Athalie), J.-B. Rousseau, Lefranc de Pompignan, André Chénier, Lebrun, et, de nos jours, Lamartine, Victor Hugo; en Angleterre, Dryden, Gray, Bvron, Thomas Moore, Rurns; en Allemagne, KlopstocK, Scïiiller, Gœthe, Kleist, Gleim, Schlegel, Bûrger, Amdt, Kœmer ; en Russie et en Pologne, Derjavine, Pouchkine , Kochanowski , Mickiewicz, etc. — Chez les. Hébreux et chez les Grecs, la poésie lyrique se chantait réellement ; chez les Romains et chez les modernes, elle a été généralement séparée de la musique.
LYRIQUE (drame). Voy. OPÉRA.
LYS, fleur. Voy. lis.
LYSIMACHIE (du roi Lysimaque), Lysimachia, genre de la famille des Primulacées, type de la tribu des Lysimachiées, renferme une vingtaine d'espèces, dont plusieurs sont communes dans les lieux humides en France et par toute l'Europe. La L. vulgaire [L. vulgaris], vulg. Corneille, Chasse-Bosse, Souci d'eau, porte des ileursi jaunes, disposées en corymbe : elle était autrefois employée en médecine comme astringente et vulnéraire. Le L. à feuilles de saule [L. ephemerum) a de superbes