MAGISTRAT
Magazine, le Blachwood's Magazine, etc., recueils périodiques.
MAGDALA. Voy. lyo.vsu.
MAGOALÉENNE (époqce). Voy. préhistorique.
MAGOALEON (du ?r. |iavoaA'.i. pâte pétrie entre les doiet?;, nom commim à tous les médicaments que l'on roule en cylindre, et plus particulièrement à certains emplâtres auxquels on donne cette forme par la malaxation à laide des mains.
MAGES, prêtres de la religion de Zoroastre. Voy. le Dict.
Juge mage (de major, supérieur). Yoy. juge.
MAGIE (du gr. ptayeût, l'art des mages], art prétendu de soumettre à sa volonté des puissances supérieures (esprits, génie», démons), de les évoquer ou de les conjurer par des charmes, des enchantements ou des sortilèges, de cnanger avec leur aide le cours de la nature, de conunander aux éléments, d'opérer des faits extraordinaires, tels que divinations, apparitions, transformations, guérisons subites, maladies mortelles, sentiments irrésistibles d'amour ou de haine, sorts, etc. Pour opérer ces prodiges, on employait des procédés mystérieux [Voy. esvoultemest), des gestes, des chants, des mots [Voy. grimoire), des sons, etc., auxquels on attribuait une vertu secrète. Le magicien était représenté tenant à la main une verge dite baguette magique, ou traçant autour de lui des cercles magiques.
Les anciens avaient donné à cet art merveilleux le nom de magie, parce qu'ils en attribuaient l'invention aux mages de la Médie, d'où il se serait répandu en Chaldée. et de la en Grèce; mais la croyance aux enchantements et aux sortilèges, fruit sj)ontané de la superstition ou de la fourberie, se retrouve à tous les âges et chez tous les peuples. La Bible nous parle des magiciens de la cour de Pharaon. La magie fut pratiquée par les Gnostiques, dont l'un. Simon le Magicien, est cité dans le Nouveau Testament. En Grèce, Circé et Médée sont représentées comme de puissantes magiciennes ; les Thessaliens excellaient dans les arts magiques. A Rome, la croyance à la vertu de ces pratiques était universellement répandue au temps d'Horace, qui décrit au long, tout en les raillant, les manœuvres de Canidie. C'est surtout sous l'Empire que la magie eut de nombreux adeptes. Elle s'allia au néopj-thagorisme, comme le montre l'exemple d'Apollonius de Tyane, si célèbre par ses prétendus prodiges. Le chef du néoplatonisme, Plotin, tout en condamnant les pratiques de la magie, croyait à son efficacité. Sous Julien, elle s unit à la théurgie pour combattre le christianisme. Au moyen âge, on retrouve la magie dans les prodiges opérés par les fées, par les enchanteurs, par les sorciers ; ces derniers, poursuivis sans relâche, condamnés au supplice du feu, ne s'en multiplièrent pas moins jusqu'au xvii' siècle. Cependant la magie finit par disparaître, moins par l'effet de la sévérité des lois qae par le progrès des lumières. Voy. sorcellerie.
On doit croire que les hommes qui se disaient magiciens réussissaient à produire qi>elques effets extraordinaires; mais ce n'était que par des moyens naturels, soit à la faveur de connaissances empruntées à la physique, à la chimie, à la médecine, à la pharmacie, et cachées au vulgaire, soit avec le secours de breuvages ou de philtres, qtii, agissant sur le cerveau, disposaient les esprits à toutes sortes d'illusions et d'hallucinations. Quelques-uns étaient eux-mêmes dupes des effets qu'ils produisaient, au point de soutenir jusque dans les supplices la vérité de leur art. D'autre part, la crédulité et la superstition ont appliqué les noms de magicien, de sorcier, à tout homme qui se distinguait par des connaissances extraordinaires, conune Albert le Grand, le moine Gerbert (Silvestre II), Roger Bacon, Raymond LuUe, Pic de la Mirandole, Corn. Agrippa, etc.: le savant Naudé les a défendus de cette accusation, dans son Apologie •pour les grands hommes soupçonnés de magie. — B.Basin a composé un traité De magicis artibus (Paris, 1483) ; Corn. Agrippa, A. Delrio, de Foë ont aussi écrit sur la magie. Bekker a tenté d'en expliquer les prestiges dans son Monde ensorcelé (1691). On doit : à G. Grasse une Bibliotheca magica (Leipz., 1843); à J. Garinet. {'Histoire de la magie en France (1818); à M. A. Maury. la Magie et l'Astrologie dans l'antiquité et au moyen âge 1I80O). ! On a. dans les temps modernes, donné le nom de magie j blanche à l'art de produire des effets merveilleux par des , moyens purement naturels, empruntés à la phvsique, à la chimie, à l'art du prestidigitateur, tel qu'il a été pratiqué au xvm° siècle par Cagliostro, et de nos jours par Comte,
Bosco, R. Houdin, etc. : c'est ce qu'on nomme aussi magie naturelle. — Consulter WMagia naturalis de J.-B. Porta (Naples, 1589), la Magie blanche dévoilée de Decremps, les Récréations mathématiques et physiques d'Ozanam, celles de Guyot, la Magie naturelle de Vergnaud, etc.
MAGISTER, c.-à-d., en latin, maître, titre qu'on donnait spécialement autrefois, dans les Universités, aux recteurs et aux professeurs des sciences, particulièrement aux docteurs en Théologie. Auj. il ne se dit plus que, par ironie, d'un maître d'école de village. — En Allemagne, le professeur qui a le droit de faire un cours public prend le titie de magister legens. Voy. maître.
MAGISTÈRE (du lat. magisterium) . En Chimie, on appelait autrefois magistère tout précipité obtenu avec les di^olutions salines, p. ex. : le magistère de soufre, ou soufre précipité d'une dissolution au moyen d'un acide ou de tout autre corp ; le magistère de bismuth, sous-nitrate de bismuth, ou blanc de fard ; le magistère d'antimoine, d'argent, etc. — En Pharmacie, on donnait ce nom à des composés, ordinairement minéraux, auxquels on supposait des vertus supérieures.
Dans l'Histoire, on désigne par ce mot la dignité de grand maître de l'ordre de Malte.
MAGISTRAL (du lat. magistralis). En Pharmacie, on appelle médicament magistral un médicament préparé immédiatement, sur l'ordonnance du médecin. On l'oppose aux médicaments officinaux, dont la formule est dans le Codex, et qui souvent se trouvent préparés à l'avance. — Dans l'ancienne Métallui^e, on appelait magistral un mélange I de sel marin, de sulfate de cuivre et d'alun, dont on se servait pouropérer l'amalgamation de certains minerais d'argent.
En termes de Fortification, on appelle magistrale l'intersection du plan de l'escarpe avec la tableite supérieure de ce mur ; c'est par cette ligne que l'on effectue généralement le tracé de la fortification sur le terrain.
MAGISTRAT, magistrature (du lat. magistratus) . Dans le sens le plus étendu, on appelle magistrat tout fonctionnaire public délégué par le pouvoir suprême pour exercer l'autorité, qu'il appartienne à l'ordre administratif ou à l'ordre judiciaire. Le chef de l'Etat est, en ce sens, le premier magistrat du pays. — Dans le langage ordinaire, ce mot désigne le plus ordinairement les membres de l'ordre judiciaire, dont l'ensemble forme le corps de la magistrature.
Chez les anciens, on donnait le nom de magistrats à presque tous ceux qui remplissaient des fonctions publiques. A Rome, on distinguait des -magistrats supérieurs, qui siégeaient sur la chaise curule : consul, censeur, préteur, questeur, grand édile; et des magistrats inférieurs, édiles, duumvirs, quindécemvirs, etc., qui ne jouissaient pas de ce privilège. Il y avait en outre des magistrats extraordinaires : dictateur, inter-roi, etc. A partir de l'an 366 av. J.-C, l'accès de toutes les magistratures fut ouvert aux plébéiens. Le tribunat fut toujours une magistrature essentiellement plébéienne.
En France, les différents degrés de magistrature consistent aujourd'hui dans les fonctions de juge de paix, juge à un tribunal de 1'° instance, conseiller arme cour d'appel, conseiller à la cour de cassation, en y comprenant les présidents. Tous ces magistrats, sauf les Juges de paix, sont inamovibles. Toutefois un décret a fixé un âge où les magistrats sont mis de plein droit à la retraite; cet âge est celui de 75 ans pour les membres de la cour de cassation, et celui de 70 pour les cours d'appel et les tribunaux de 1" instance. — Outre ces magistrats, qui constituent la magistrature assise, on distingue les magistrats qui forment le parquet ( Voy. ce mot) , et qui constituent ce qu'on appelle v-ulgairement la magistrature debout; ce sont : près la cour de cassation, le procureur général et des avocats généraux; près les cours d'appel, les procureurj généraux, les avocats généraux et les substituts du procureur général ; près les tribunaux de 1" instance, les procureurs de la république et leurs substituts. Ces magistrats ne sont pas inamovibles.
La magistrature française a toujours joui d'une haute considération. Sous l'ancienne monarchie, elle modérait le pouvoir absolu par l'exercice du droit de remontrance et en résistant à l'enregistrement des édits qui lui semblaient contraires au droit public du rovaume et à l'intérêt bien entendu du roi et du peuple. Elfe savait aussi opposer aux factions une résistance non moins courageuse. Elle s'honora d'avoir compté parmi ses membres L'Hôpital, les Uolé> les