MAILLOCHE
MAHONIE, Mahonia, genre de la famille des Berbcridécs, très voisin des Berberis. Voy. berbéridêes.
MAI (du lat. tnaitis), le 5° mois de l'année dans le calendrier grégorien, et le 5' du calendrier de Romulus : il a 51 jours. Sous le rapport astronomique, mai occupe la 5' place dans l'écliplique, ainsi que le signe des Gémeaux, signe dans lequel le soleil est censé entrer du 19 au 23 de ce mois, quoique réellement, par l'effet de la précession des équinoxes, il soit maintenant, en mai, dans celui du Taureau.
Les Romains avaient consacré le mois de mai aux vieillards majores], ou, selon d'autres, à Mata, mère de Mercure. Les Catholiques le consacrent de nos jours à la Mère du Sauveur, et l'appellent jnois de Marie.
On a donné le nom de maïalisme à l'abaissement de température qui, dans nos contrées, se pi-oduit souvent au mois de mai ; mais on n'a point encore expliqué suffisamment la cause de ce phénomène. Voy. étoiles filantes.
Arbre de mai, ou simplement Mai, arbre ou rameau
3ui se plantait le premier jour de mai, devant la maison es personnes que Von voulait honorer. Les clercs de la basoche dressaient tous les ans à Paris un mai dans la grande cour du Palais. On offrait aussi des mais aux églises : ils consistaient en tableaux, reliquaires, ou tout autre objet de prix. Cet usage s'est conservé dans quelques parties de la France. Les jeunes villageois plantent encore des mc.is, <ju ils ornent de fleurs et de rubans, à la porte de leurs fiancées. — Mai est le surnom de Y Aubépine dans l'ancien Poitou.
MAÏA (nom mjlhologique) , genre de Crustacés, de l'ordre des Décapodes bracbyures, famille des Oxyrynques, et type de la tribu des Maïens. Ces animaux se plaisent dans les lieux vaseux et pierreux de la mer. Ils pondent plus de 6000 œufs; leur taille atteint de 0 m. 10 à 0 m. 12. On trouve sur les côtes de la Méditerranée et aussi sur celles de l'Atlantique le M. squinade, vulg. Ai'aignée de mer, et le M. verruqueux : leur chair est peu estimée. Les anciens regardaient ces crustacés comme doués de raison : la Diane d'Ephèse en porte un suspendu à son cou comme emblème de la sagesse. On en voit aussi figurer sur les médailles antiques.
MAÏA, une des Pléiades; étoile de 5" grandeur, autour de laquelle la photographie a révélé ime nébuleuse invisible. Voy. PLÉIADES.
MAÏA, 66" petite planète, trouvée le 9 avril 1861 par Tuttle, à l'Observatoire de Harvard Collège, à Cambridge (Etats-Unis.
MAIEUTIQUE (du gr. ;iziz'jx:xi\, art d'accoucher), nom donné par Socrate à la dialectique q"'il emplovait pour découvrir la vérité. Faisant allusion à la professwn ae sa mère, qui était sage-femme, il disait qu'il accouchait les esprits, parce que, procédant du connu à l'inconnu, il conduisait son interlocuteur à analyser sa propre pensée, à s'élever par induction à Vidée de l'objet sur lequel roulait la discussion et à en donner la définition. Voy. dialectique.
MAIGRE (du lat. macer). Le régime maigre est celui
3ui ne comprend que des aliments végétaux ou provenant animaux à sang f^roid, tels que les poissons : on l'oppose au régime gras, qui se compose de la chair d'animaux à sang chaud, tels que les mammifères et les oiseaux. Cependant l'Eglise considère comme chair maigre les macreuses, les poules d'eau, les loutres et autres espèces aquatiques (quoique ce soient aussi des animaux à sang chaud . parce qu'ils ne vivent que de poissons ou d'herbages tluviatiles. — Les aliments maigres renferment moins d'azote que les aliments gras, et par ce motif sont moins nourrissants et moins fortifiants. Indépendamment des cas où ils sont prescrits par la religion pour amortir la chair [Voy. abstinence'i, ils doivent être préférés par les jwrsonnes qui mènent une vie peu active. Il est des pt^nplcs entiers, notamment dans l'Inde et dans une grande partie de l'Afrique, qui n'en connaissent pas d'autres.
MAIGRE est aussi le nom vulgaire du poisson appelé Sct'ène par les Zoologistes. Voy. scièxe.
MAIGREUR (en latin macies), état d'un individu chez lequel le tissu cellulaire ne contient pas de graisse, ou n'en contient iju'une très petite quantité. Cet état, loin d'exclure la santé, est souvent inhérent à la constitution primitive, et ne doit pas être confondu avec \' amaigrissement, ou émnciation. qui est toujours un synfnptôme morbide ou le résultat d'une maladie.
MAIL (du lat. maliens, marteau). C'est proprement le
gros marteau, la masse de fer carrée dont le carrier se sert pour enfoncer les coins entre les joints des pierres, ou dans les entailles qu'il y a pratiquées avec le' marteau et le ciseau. 11 y a des mails de différentes dimensions, de 0 m. 08 à 0 m. 12 pour la grosseur, et de 0 m. 24 à 0 m. 40 pour la longueur : on y adapte un manche long, mince et élastique, afin de donner plus de coup à la masse. MAIL (jeu dc). 11 se jouait en France au xiv« siècle sous le nom de jeu de la crosse. Quand on échangea la crosse contre un maillet ferré, le jeu prit le nom de mail. Fort à la mode au xvi» siècle, il se jouait sur les remparts des villes dans des allées plantées d'arbres, qui portèrent le nom de mail. Le jeu en lui-même consiste soit à faire atteindre un but à une boule de buis que l'on chasse avec un maillet, soit à lui faire dépasser ce but en un nombre de coups de maillet déterminé à l'avance. Quatre parties se jouent au mail : le rouet, la passe, les grands coups et la chicane. Le mail est encore en très grand honneur dans le Midi, surtout à Montpellier, où il existe une association sous le nom d'Ordre des chevaliers du bois roulant. MAIL-COACH. Voy. MALLE.
MAILLE (du lat. macula). Ce mot se dit propr. de chaque nœud que forme le fil, la soie, la laine, la corde, etc., soit dans les tissus serrés, comme ceux des bas, soit dans les tissus lâches, comme ceux d'un filet, d'une raquette ; il s'entend en même temps de l'ouverture que ces nœuds laissent entre eux ( Voy. filet, bas, etc.). — Par suite, il s'est dit d'anneletG de fer ou d'acier dont on formait des armures au moyen âge en les entrelaçant les uns dans les autres. Voy. cotte de mailles.
MAILLE (du b.-lal. medalia, médaille, dérivé lui-même de metalhim), nom commun à plusieurs petites monnaies de cuivre qui avaient cours sous les premiers rois de la 3' race, et qui ne valaient, comme l'oliole, que la moitié d'un denier. 11 y avait des mailles parisis et des inaille* tournois ; il y avait aussi des demi-mailles de ces deux espèces de monnaies. La maille poitevine s'appelait »i<e. — En 1303, Philippe le Bel fit frapper des mailles blanches, c.-à-d. d'argent. Il y eut aussi des mailles d'or, appelées mailles de Lorraine, pesant 2 deniers 4 grains : elles étaient en circulation sous François I".
Par extension, maille s'est dit de tout objet de valeur minime : d'où l'expression n'avoir ni sou ni maille. On dit. dans le même sens, de gens querelleurs, qu'ils ont toujours maille à partir (c.-à-d. à partager], pour faire entendre qu'ils se disputent pour la moindre chose.
MAILLECHORT (dc Maillot ou Malliot et Chorier, ouvriers lyonnais qui l'inventèrent en 1828), alliage formé de cuivre, de nickel et de zinc, avec un peu de fer et d'étain, et qui a à peu près le son et la couleur de l'argent. La composition la plus généralement adoptée contient sur 100 parties : cuivre, 55; nickel, 23; zinc, 17; fer, 3 : étain, 2; le fer et l'étain peuvent faire défaut. Les Allemands lui donnent le nom d'Argentan, les Anglais celui de British silver; on l'appelle aussi par corruption Melchior. Le maillechort peut recevoir un beau poli ; on en fait des flambeaux, des garnitures de sellerie et de carrosserie, de la petite bijouterie, etc. On en fait aussi des couverts, des timbales, des plats ; mais cet alliage peut n'être pas sans danger quand on l'emploie pour des vases destinés à conserver des aliments. Les ou^Tages en maillechort se dorent et s'argentent aujourd'hui par le procédé Ruolz.
MAILLET (aimin. de mail], espèce de marteau de bois à deux têtes, fait avec un bois dur. tel que le buis, et cmi sert dans beaucoup d'arts industriels. Le maçon, le sculpteur, le marbrier, etc., emploient le maillet pour dégrossir et quelquefois même pour terminer leurs ouvrages. Le maillet du plombier est un gros cylindre partagé en deux dans sa longueur par son manche : l'ouvrier s'en sert par le côte plat pour battre le plomb. Voy. mail et mailloche.
Au moyen âge, le maillet d'aiines était une arme contondante avec laquelle on brisait les armures.
MAILLET, poisson. Voy. marteau.
MAILLOCHE (augment. dc mail). Les Carriers nomment ainsi un marteau de fer de la même grosseur que le mail, mais dont la tête a une bien moins grande longueur, et qui sert à enfoncer les coins entre les joints des pierres ou dans les entailles pratiquées avec le marteau et le ciseau. — On donne le même nom à un gros morceau de bois presque cylindrique qui sert aux fabricants de cerceaux pour frapper sur le contre à fendre le merrain et sur les porchoB qu'ils divisent pour former les cerceaux.