MARINGOUINS
reçoivent des jetons des autres joueurs : on joue ensuite les cartes comme à tout autre jeu ; celui qui a le plus de levées ramasse l'enjeu.
MARIE-SALOPE (par allusion à sa destination, ou plutôt corruption de chaloupe), petit bâtiment d'une construction particulière destiné à porter à une certaine distance des
tiorts les vases, les sables, etc., que l'on en tire quand on es cure et qu'on les nettoie. Voy. curage et dragage.
MARIENBAD (Bohême), eau miner. Voy. eadx minérales.
MARIGOT (orig. inc). On nomme ainsi, en Afrique, certains affluents des fleuves qui sont comme des canaux naturels, sans pente sensible. Le courant des marigots se dirige tantôt vers le fleuve ou le bras principal du fleuve, tantôt dans le sens opposé suivant que la saison fait grossir ou diminuer le volume des eaux. Tout le pays forme un vaste marais.
MARIKINAou Singe-Lion. Voy. tamarin.
MARIN (du lat. marinus). On comprend sous le nom de marins tous les gens de mer, sans aucune distinction, employés à bord d'un navire quelconque pour la manœuvre, depuis le capitaine jusqu'au simple matelot.
MARINADE (de mariner). Dans la Marine, on nomme ainsi les vivres apprêtés de manière à pouvoir être conservés en mer ; ils sont gardés en pots, en caisses ou en barils. — Par suite, on a donné ce nom à une sorte de sauce ou saumure composée de vinaigre, de sel, d'huile et d'épices, et servant à assaisonner ou à conserver certaines viandes, certains poissons, etc.
MARINE (de marin). On comprend sous ce nom tout ce qui fait le service de la mer. On distingue : la M. militaire ou M. de l'Etal, dont les vaisseaux appartiennent à l'Etat et servent à protéger le pavillon national ; et la M. marchande, dont les navires, frétés par des particuliers, ne servent qu'au transport des passagers ou des marchandises.
La Marine militaire de la France se compose : 1° du matériel, comprenant la flotte ( Voy. flotte) et les chantiers, ports, arsenaux, etc. ; 2° du pej'sonnel, constituant le corj»! de la Marine, et comprenant les officiers de marine de tout grade (amiraux, vice-amiraux et contreamiraux, capitaines de vaisseau et de frégate, lieutenants de vaisseau, enseignes et élèves) ; le corps du génie maritime, celui de l'artillerie de la marine et celui de l'administration de la marine; enfln les équipages de ligne. L'état-major de la flotte, qui a fréquemment varié, était en 1873 composé comme il suit : 2 amiraux (3 en temps de guerre), ayant rang de maréchaux, 12 vice-amiraux, ayant rang de généraux de division, 24 contre-amiraux (=généraux de brigade), 100 capitaines de vaisseau (=r colonels), 200 capitaines de frégate, 640 lieutenants de vaisseau, 500 enseignes et 210 aspirants. — V Ecole navale [Voy. navale) est chargée de préparer des sujets pour le service de la marine.
Un ministère spécial, le Ministère de la marine [ Voy. ministères), veille, en France, à tous les détails de ce grand service. Il a auprès de lui différents Comités consultatifs, dont il est le président. — De ce ministère dépendent le Dépôt général des cartes et plans de la marine, la Caisse des invalides de la marine, les Ecoles navales, de maistrance, etc. Voy. ces mots.
C'est seulement sous Louis XIII que furent posées les
fremières règles du service de la marine militaire. Sous ancien régime, ce service fut successivement modifié par les ordonnances des 15 avril 1689, 25 mars 1765 et i" janvier 1786. La loi du 3 brum. an iv (25 oct. 1795) réorganisa V inscription maritime ( Voy. ce mot). A partir de 1815, les procès de la navigation, l'introduction de la vapeur, l'amélioration des armes à feu, ayant opéré une révolution dans le service de la marine, nécessitèrent de fréquentes modifications dans la législation maritime (Ordonn. du 51 oct. 1827, Loi du 28 avril 1832, Décret du 25 octobre 1851, Règlement du 18 mars 1855) ; en même •^'mps le régime de la justice maritime, successivement amélioré, a été établi en dernier lieu par plusieurs lois et décrets en 1852 et par le nouveau Code de la Marine adopté le 4 juin 1858. — Consulter : Pardessus, Collection des lois maritimes antérieures au xviii" siècle (1828-45) : Blanchard, Répertoire général des lois, décrets, ordonnances, règlements et instructions de la marine (1849) ; Rimbaud, Eludet sur la législation et l'administration maritimes (18ol, ; Pruguaud, Lé^is/a^oM et administra-
tion de la marine (1852) : llautefeuille. Guide des juges marins. Code de la justice ?nilitaire pour l'année de mer (1860), etc.
La Marine marchande est l'école et la pépinière de la marine militaire [Voy. inscription maritime). Elle com-
Erend une foule de vaisseaux de divers tonnages (trois-mâts, ricks, cutters, etc., steamers de toute sorte), employés les uns aux voyages de long cours, soit pour le trans))ort des passagers à travers l'océan, soit pour la pêche de la baleine, de la morue, etc. ; les autres au grand et au petit cabotage, ainsi qu'aux pêcheries le long des côtes.
Chez les anciens, les peuples dont la marine fut le plus florissante sont les Phéniciens, les Athéniens, les Corinthiens, les Rhodiens, les Carthaginois, les Romains; toutefois ces
[)euples n'eurent jamais une marine bien puissante; ch«z es modernes mêmes, l'importance de la marine ne date guère que de la découverte du Nouveau Monde et de l'ouverture de la route directe à l'Inde par le cap de Bonne- Espérance. Ces deux événements ayant donné à la na^-igation une plus grande activité et une sphère beaucoup plus étendue, la marine, tant militaire que marchande, dut s'accroître et se perfectionner pour répondre aux besoins du commerce. C'est aloi-s que se formèrent ces escadres espagnoles et portugaises qui dominèrent longtemps sur les mers. Les Hollandais eurent ensuite la prééminence, jusqu'au moment où la Grande-Bretagne leur ravit l'empire de l'océan. La France, sous Louis XIV, balança un moment la puissance de l'Angleterre, et put s'enorgueillir de marins tels que Duquesne, Duguay-Trouin, Jean Bart, Tourville; mais la destruction de la flotte française à la funeste bataille de la Ilogue, en 1692, l'obligea de céder l'empire maritime à sa rivale. Louis XVI venait de relever notre marine quand la Révolution la désorganisa de nouveau. Napoléon l^"^ la reconstitua ; mais il fit de vains efl'orts pour lutter sur mer avec la Grande-Bretagne. Depuis le règne de Louis-Philippe, la marine à vapeur a reçu d'immenses développements, et auj. les trois plus grtindcs puissances maritimes du monde sont l'Angleterre, la France et l'Italie. Viennent ensuite la Russie, l'Allemagne, les Etats-Unis, l'Autriehe-Hongrie, l'Espagne, etc.
Parmi les ouvrages publiés sur l'art de la marine, on estime: les Traités du Navire (1746), de la Navigation (1755) et de la Manœuvre (1757), de Bouguer; l'Art de la marine de Romme (1787), la Théorie du navire de Poterat (1826), la Tactique navale, publiée aux frais de l'Etat (1832). — On doit à Romme et à Willaumez des Dictionnaires de marine, longtemps en vogue, mais que les nouveaux progrès de la marine ont rendus insuffisants. Depuis, Montferrier a donné un Dictionnaire universel et raisonné de marine; Bonnefoux et Paris, les Dictionnaires de la marine à voiles et de la marine à vapeur {\%^0), ouvrages également arriérés aujourd'hui. L'Histoire de la marine a été écrite par Boismeslé et Richebourg (1744-58), Bouvet de Cresset (1824), L. Guérin (1842), Chasseriau (1847), E. Suc (1850), A. Du Sein (1863). On doit à Jal \' Archéologie navale (1839), à M. de Kcrhallet le Guide du marin (1865), à M. P. Dislère, la Marine cuirassée (1873), à MM. P. Fournier et Neveu le Traité de l'Administration de la Marine (1887), à M. Croneau la Construction pratique des navires de guerre (1894). Les Amiales maritimes fondées par Bajot en 1814 et continuées par Poiré complètent les ouvrages précédents. Voir aussi les Rapports sur la marine militaire et la marine commerciale présentés aux diverses Expositions universelles.
Commissaires de la marine. Voy. commissaires.
marines, dessins et peintures qui ont pour objet de représenter des objets et des scènes maritimes. On estime surtout comme peintres de marines : parmi les Français, Claude le Lorrain, Joseph Vernet, Garneray,lsabey. A. Delacroix, Gudin, Morel-Fatio, Ziem, etc. ; parmi les Hollandais et les Beliges, \Vlieger, Van den Heyden, Van deii Velde, Cuyp, Ruysdael, Van Everdingen, Paul Bril, lesAVillacrt et Jongkind ; parmi les Italiens, Canaletto, Salvator Rosa ; parmi les Anglais, Wilson, Thomas Jones, Andries Bolh, Turner, Harding, Calcott, etc.
MARINETTE (de marin), ancien nom de la boussole : ce n'était alors qu'une petite barre d'acier aimantée qu'on faisait flotter sur l'eau à l'aide d'un morceau de hège. Voy. boussole.
MARINGOUINS ^orig. inc), nom donné aux Cousins dans diverses contrées de l'Amérique, surtout aux Antilles :
MAHl.MSME