‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 964 sur 1729 · MARIÉE · texte numérisé non relu

MARIÉE

5" La Marguerite de Sainf-Michel ou Aster annuel.

MARGUILLIERS (du lat. matricularius, de matricula, matricule; par allusion aux registres de l'église dont les marguilliers avaient autrefois la garde), notables d'une rommune chargés de diriger l'administration du temporel d'une paroisse. On les a appelés aussi trésoriers: on les appelle aujourd'hui fabriciens, et l'on nomme spécialement marguilliers un bureau de trois membres pris dans le conseil de la fabrique et qui est chargé de dresser le budget de la paroisse, de préparer les affaires qui doivent être portées au conseil et d'exécuter les décisions de la fabrique.

i Oy. FABRIQUE ET BANC d'cEUVRE.

MARI [du lat. maritus). Voy. épocx et mariage.

MARIA. 170« petite planète, trouvée le 10 janv. 1877, par Penotin. à Toulouse. Voy. planètes.

MARIAGE (du b.-lat. marilaticum; de maritare, marier), union légitime de Ihomme et de la femme. On distingue le mariage civil, contracté devant l'autorité civile, et le mariage religieux, contracté devant un ministre du cuite. Le plus souvent les époux font consacrer leur union sous cette double forme ; toutefois, en France, le mariage civil suffit aujourd'hui pour valider l'union matrimoniale aux yeux de la société; des peines sont même portées par la loi contre tout ministre du culte qui procéderait au mariage religieux avant le mariage civil (C. pén., art. 199-200). De son côté, l'Eglise ne reconnaît pour légitime que le mariage qui a été sanctionné par la religion. Le mariage constitue pour elle un des sept sacrements, dont le caractère est de sanctifier l'alliance de l'homme et de la femme en leur donnant la grâce de viatc ensemble chrétiennement.

Autrefois le mariage était précédé de la cérémonie des fiançailles : cette cérémonie n'a été conservée en France que pour le mariage religieux, et encore elle n'est pratiquée que dans quelques locaUtés. Les conditions exigées pour contracter le mariage sont : l'âge de 18 ans révolus pour l'homme, et de 15 ans pour la femme; le consentement des parties contractantes; de plus, jusqu'à 25 ans pour les fils et 21 ans pour les filles, le consentement des père et mère, ou, à leur défaut, des ascendants, et, en cas de mort de l'un des parents, le consentement du survivant ; en cas de dissentiment, le consentement du père. Après l'âge de 25 ans pour le fils et de 21 ans pour la fille, les enfants sont tenus, en cas de refus du consentement de la part des parents, de demander, par un acte respectueux, renouvelé trois fois, de mois en mois, le conseil de leurs père et mère ; après l'âge de 50 ans pour le fils et de 25 ans pour la fille, un seul acte respectueux suffit ; il peut être passé outre à la célébration du mariage un mois après. Le mariage est prohibé, en ligne directe, entre tous les ascendants ou descendants légitimes, naturels ou adoptifs, et les alliés dans la même ligne; en ligne collatérale, entre le frère et la sœur, le beau-fçère et la bellesœur, entre l'oncle et la nièce, la tante et le neveu, à moins de dispense pour ces trois derniers cas. — Les principales formalités à remplir pour la célébration du mariage sont la publication des bans, l'intervention et la présence de l'officier de l'état civil, et la présence de quatre témoins. Après avoir donné lecture aux futurs époux des articles du Code qui sont relatifs aux obligations du mariage et aux droits respectifs des époux {Voy. épocx), le maire reçoit de chaque partie la déclaration qu'elles veulent se

firendre pour mari et femme ; il prononce, au nom de la oi. qu'ils sont unis par le mariage, et en dresse acte surle-champ. — Aujourd'hui, en France, le mariage ne se dissout que par la mort de l'im des époux ou par le divorce [Voy. ce mot). Avant la loi du 51 mai 1854, il pouvait l'être par la condamnation de l'un des époux à ime peine entraînant mort civile. La séparation de corps ne dissout pas le mariage. — Aucun délai n'est imposé au mari devenu veuf qui veuf contracter un second mariage; la veuve au contraire ne peut convoler que 10 mois après son veuvage. — Pour la législation relative au mariage, voy. le Code civil, articles 144-228; pour les formalités auxquelles l'acte de mariage est assujetti, les art. 65-76.

On fait ordinairement précéder le mariage d'un contrat destiné à régler les intérêts respectifs des époux, et à constater l'apport des futurs, la mise ou non en communauté, le preciput, le douaire, etc. Une loi du 18 juillet 1850 impose l'onligation de déclarer dans l'acte de mariage s'il existe un contrat entre les époux {Voy. C. civ., art. 75, 1587-1581, et, dans ce Dictionnaire, les mots commc-

XAtTÉ. DOT. SÉPARATION DE BiExs, elc). — Plusicurs traités spéciaux ont été publiés sur le mariage ; un des plus complets et des plus estimés est le Traité du mariage de M. C. Demolombe. — Voy. famu-le et fejime.

On appelle : mariage mixte celui qui est contracté par des personnes de religions ou de communions différentes; mariage de la main gauche, le mariage contracté par un prince avec une personne de rang inférieur, à laquelle il ne donne pas son nom et qu'il ne reconnaît pas officiellement comme son épouse : cette espèce de mariage, usité surtout dans la haute noblesse allemande, tire son nom de ce qu'en effet le mari donne à sa femme la main gauche au lieu de la droite ; on le nomme aussi mariage morganatique ( Voy. ce mot) : les enfants qui en proviennent, quoique légitimes en réalité, sont réputés bâtards à l'égard de certains effets civils et politiques; mariage in extremis, celui qui est contracté au lit de mort : le plus souvent on y recourt pour régulariser une position illégitime et assurer l'avenir des enfants ; mariage putatif, celui qui est nul, mais qui a été contracté de bonne foi par les deux époux ou l'un d'eux : il produit les effets civils quant aux enfants et à l'époux de bonne foi (C. civ.. art. 201 et 202) ; mariage clandestin, celui qui a été contracté sans les conditions de publicité exigées par la loi : c'est une cause de nullité.

La forme, la célébration et les conditions du mariage ont varié suivant les temps et les peuples. Chez les Hébreux, le mariage était une obligation rigoureuse : celui qui ne mariait pas ses enfants était déshonoré. Toutefois il ne parait point que cet acte fut revêtu, chez les Israélites, d'aucune cérémonie religieuse. Chez les Assyriens, dit-on, toutes les filles nubiles étaient tous les ans réunies dans un même lieu et mises à l'encan, en commençant par les plus lielles; l'argent qu'on tirait de cette vente servait à offrir aux autres une compensation de la beauté, et à marier ainsi celles qui étaient moins favorisées de la nature. A Lacédémone, les hommes ne se mariaient point avant 50 ans et les filles avant 20; les filles n'apportaient pas de dot à leurs maris. A Athènes, on se mariait ordinairement en hiver, dans le mois appelé, à cause de cette circonstance, gamélion (du gr. va^ïv, se marier) ; tous les mariages se célébraient à la lueur des flambeaux. — A Rome, le mariage se contractait par le seul consentement des époux. Toutefois la puissance maritale {tnanus). qu'il ne faut pas confondre avec le mariage même, s'acquérait de trois manières : par confaitéation, cérémonie symbolique qui consistait dans l'échange d'un pain de froment {far), emblème de la vie en commun ; par c.oemption, sorte d'achat db la femme par le mari, et par usucaption. ou cohabitation d'un an. L'âge fixé par la loi pour le mariage était 14 ans jwur les garçons et 12 pour les filles.

Dans la Grande-Bretagne, les formalités du mariage n'eurent pas toujours la solennité désirable. In statut de George IV exige le consentement des père et mère, les publications préliminaires et la bénédiction dans une église ; en Ecosse, les mariages du forgeron de Gretnagreen ont acquis ime triste célébrité, et ont longtemps été considérés comme valides. En Italie, en Espagne et en Autriche, le mariage était, il y a peu de temps encore, un acte purement religieux, comme il l'était en France avant la révolution de 1789 : on le célébrait devant le curé de la paroisse.

Mariage du doge avec U Adriatique, cérémonie qui avait lieu à Venise lorsqu'un doge entrait en charge. Monté sur la galère appelée Bucentattre, il s avançait dans la mer et jetait ime bague dans les flots en orononçant la formule des fiançailles Voy. doge au Dict. d'Hist. et de Géogr.

Mariages républicains, nom donné pendinl la Terreur à un genre «le supplice imaginé, dit-on, par Carrier à Nantes et qui coneistait à jeter dans la Loire un homme et une femme attachés ensemble.

MARIAGE ou BRISQCE, jCU de CartCS. Voy. BRISQnE.

MARIANITE, syn. de Mtratine.

MARIANISTES, congrégation religieuse. Voy. le Dtct, d'Hist. et de Géogr.

MARIÉE (jeu de la), jeu de cartes, qui se joue avec un jeu de piquet s'il y a 5 joueurs, avec un ,eu complot s'il y en a 9 : chaque joueur reçoit 5 cartes. Ce qui distingue ce jeu, ce sont les chances, savoir : le point, les mariages^ le fou (valet de carreau), le roi (de cœur) et la mariée ou guimbarde (dame de cœur) ; ceux qui les possèdent

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