MARQUETERIE
foulon s'emploie pour l'apprèl des draperies; mais leur usage principal consiste dans l'amendement des terres. On appelle marnage l'opération agricole par laquelle on mêle à la terre arable une certaine quantité de marne pour lui donner les éléments calcaires ou argileux qui lui manquent {Voy. amendement). — La marne est extrêmement commune; elle forme des lits alternant le plus souvent avec des bancs calcaires dans les différents terrains de sédiment qui composent l'écorce terrestre, et principalement dans les terrains secondaires et tertiaires. En France, les départements où l'on exploite le plus de marnières sont ceux du Nord, du Pas-de-Calais, de la Somme, de l'Aisne, de l'Oise, de Seine-et-Oise, de la Haute-Garonne, du Loiret, du Tarn, du Puy-de-Dôme, des Deux-Sèvres, etc.
On désigne souvent sous le nom de marnes irisées ou Keiiper {Voy. ce mot) l'étage supérieur du terrain triasique.
MAROLLES (fromage de]. Voy. fromage.
MARONAGE (pour marenage, de marain, merraini), se ilit, en Termes forestiers, "d'un droit d'usage qui autorise les habitants d'une commune à se faire délivrer dans les forêts qui en dépendent les arbres nécessaires pour la construction et la réparation de leurs bâtiments.
MAROQUIN (de Maroc, pays d'où furent tirés les premiers maroquins introduits en France), peau de lx»uc ou de chèvre tannée et passée à la noix de galle ou au sumac et mise en couleur. On l'emploie à couvnr des objets de prix, à faire des chaussures, des reliures, des gaines, etc. Les Levantins et les Barbaresques ont eu pendant longtemps le monopole de la fabrication du maroquin, et encore aujourd'hui on recherche les maroquins jaunes et rouges de Tétouan, de Constantinople, de Chypre, d'Alep et de Smyrne. Cependant l'Espagne, la France, l'Allemagne et l'Angleterre fabriquent maintenant d'excellents maroquins. Les maroquins d'Espagne (dits cordouans) sont estimés pour leur solidité; ceux de France, surtout le noir, sont plus beaux et plus fins. Les maroquins blancs se tirent de Smyrne et d'Italie. — On domie aussi le nom de maroquin à toute peau façonnée à la manière du vrai maroquin : on maroquine le mouton, le veau, etc.
C'est seulement au xvhi° siècle qu'un nommé Garon éleva la première fabrique de maroquin dans le faubourg St-Antoine à Paris. Barrois, qui ouvrit la seconde à Choisyle-Roi en 1749, reçut en 17bO des lettres patentes qui la mettaient au rang des manufactures royales. On fabrique aujourd'hui des maroquins dans un grand nombre de villes de France, notamment à Avignon, Slarseille, Paris, Choisyle-Roi (Seine), Rouen, Lyon, Saint-Hippolyte, Caen, etc.
MAROTIQUE (style). On nomme amsi le style imité de Clément Marot, poète du xvi= siècle : il consiste dans un aimable enjouement, dans un gracieux badinage, et surtout dans une na'iveté fine et délicate. Il se distingue par l'emploi de quelques mots vieillis, par des inversions et des constructions anciennes, mais claires et expressives. Les genres qui comportent ce style sont le conte, la nouvelle, l'épigramme, l'épître badme et tout ce qui tient au genre familier. La Fontaine et Voltaire en ont fait usage avec succès dans quelques-unes de leurs poésies.
MAROTTE (pour mérotte, petite mère, petite poupée, ou plutôt de Mariotte, dimin. de Marie), esjjèce de bâton surmonté d'une tête en bois ou en métal, coiffée d'un capuchon bigarré de différentes couleurs, et garnie de grelots. Ou met «une marotte entre les mains de la Folie et de Momus; autrefois ceux qui faisaient à la cour le personnage de fous en portaient aussi. — Par suite, marotte s'est dit figurément de tout objet d'une affection folle et déréglée ; c'est ainsi que l'on dit : Chacun a sa marotte ; A chaque fou plaît sa îuarotte.
MAROUETTE. nom vulgaire d'une espèce du genre i{«Ze. Voy. ce mot.
MAROUFLE (orig. inc). On appelle ainsi, en Peinture, une espèce de colle très forte et très tenace dont on se sert pour coller la toile d'un tableau sur une autre toile afin de la renforcer, ou sur un panneau de bois, sur une muraille, afin de l'y fixer : ce que l'on appelle inaroufler. La tode ainsi collée sur une autre est dite toile inarouflée. MAROUTE. Anthémis cotula, nom vulgaire de la Camomille puante. Voy. camomille.
MARQUE (orig. germaniq.), tout signe indicatif d'une chose. — En Matière fiscale, l'objet de la marque est de constater le payement des taxes imposées ou de garantir aux acheteurs la qualité ou l'origine de certaines marchan-
dises [Voy. ESTAMPILLE, PLOMBAGE). P(mr les matières d'or et d'argent, les bijoux, etc., elle certifie au public le titre ou le degré de pureté des objets ( Voy. contrôle et garantie). — Marques de fabrique et de commerce. La marque d'un fabricant et l'empreinte qu'il a choisie pour empêcher de confondre ses marchandises avec celles des autres; elle est nominale ou emblématique. Avant 1789, la marque de fabrique était déclarée obligatoire par les statuts de la plupart des corporations ; depuis l'émancipation de l'industrie en 1791, elle devint facultative, sauf certains cas exceptionnels (matières d'or et d'argent, savons, coutellerie et qumcaillerie). La loi du 18 germinal an xi (8 avril 1805) reconnut la marque comme un droit j)Our chaque manufacturier ou artisan, et édicta des peines sévères contre l'usurpation ou la contrefaçon de ces marques; mais l'insuffisance de cette loi la rendit bientôt illusoire et fit négliger l'usage de la marque au grand détriment du public comme des producteurs sérieux. La loi du 23 juin 1857 a essayé de remédier à cet état de choses : elle a laissé la marque facultative ; mais elle a adopté la marque emblématique, qui prête beaucoup moins à la fraude qu un simple nom, et qui de plus permet au fabricant ou au commerçant de s'assurer la propriété exclusive de sa marque par le dépôt du naodèle au greffe du tribunal de commerce ou du tribunal civil de 1™ instance de son domicile : ce dépôt n'a d'effet que pour 15 ans, mais il est renouvelable. La contrefaçon est punie d'une amende de 50 à 3000 fr. et d'un emprisonnement de 3 mois à 3 ans ou de l'une de ces deux peines ; l'imitation frauduleuse, d'une amende de 50 à 2000 fr. et d'un emprisonnement de 1 mois à 1 an. Le propriétaire de la marque peut intenter une action civile. — Marques de fabrique. La propriété des marques de fabrique française en Allemagne est assujettie aujourd'hui à la loi allemande du 50 nov. 1874. Il existe à Paris une société [l'Union des fabricants) créée en vue de protéger les marques de fabrique en France et à l'étranger, et d'aider les fabricants à résoudre toutes les difficulté» que peut présenter ra])plication de la loi. — Voy. Eug. Pouillet, Des marques de fabrique.
Dans les Arts, on appelle marque le signe qu'un artiste imprime sur ses ouvrages pour les distinguer de ceux des autres. Plusieurs maîtres ne sont connus que par ce signe, ainsi l'on dit le Maître à l'étoile, le 3/. à la licorne, le M. à l'écrevisse, le M. à l'oiseau, le M. au caducée. On n'est pas toujours d'accord sur les noms des maîtres qui avaient adopté ces signes. Il ne faut pas confondre ces marques avec les monogrammes. Voy. ce mot.
Dans la législation pénale, la marque était autrefois une peine infamante consistant en une empreinte inelfaçable appliquée sur l'épaule d'un condamné, à l'aide d'un fer cliaud et par la main du bourreau. En France, on marquait d'abord avec un fer portant pour empreinte des fleurs de lis. Plus tard on se servit d'un V pour les voleurs, et des lettres GAL pour les galériens. Abolie en 1 791 . la marque fut rétablie en 1806 : à cette époque, TP désigna les condamnés aux travaux forcés à perpétuité, T ceux qui étaient condamnés à temps, F les faussaires. Ce genre de flétrissure a été aboli par la loi du 28 avril 1852.
Lettres de marque. Voy. lettre et corsaire.
MARQUETERIE (de marque). On appelle ainsi des ouvrages composés de pièces de rapport en Lois de couleurs différentes, que ces couleurs soient naturelles, ou qu'elles soient l'effet de la teinture. Ces ouvrages sont formés le plus souvent avec des feuilles minces appliquées sur de la menuiserie, et rapprochées de manière à figurer des compartiments. On v fait quelquefois entrer d'autres matières que le bois, telles que l'écaillé, l'ivoire, le cuivre, dont on fait des dessins variés, représentant des fruits, des fleurs et autres objets, ou des dessins d'architecture. On fait aussi de la marqueterie avec des émaux, des verres de différentes couleurs, des pierres précieuses : on en fait enfin avec les marbres les plus rares : elle se confond alors avec la mosaïque [Voy. ce mot). — Voy. aussi incrustation et ébénisterie.
L'art de la marqueterie fut inventé en Orient et apporté par les Romains en Occident. Jean de Vérone, peintre contemporain de Raphaël, imagina de teindre les bois avec divers ingrédients et des huiles cuites qui les pénétraient, et parvint ainsi à faire des perspectives en marqueterie. A la fin du dernier siècle, on avait abandonné cet art, et ses produits avaient passé de mode comme étant d'un goût suranné; auj. il a repris faveur, et fait l'objet d'une indus-
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