‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 968 sur 1729 · MARS · texte numérisé non relu

MARS

trie assez importante, ainsi que d'un commerce avantageux. Une des opérations les plus importantes est la teinture des Iwh. pour laquelle M. Boucherie a imaginé d'intéressants procédés.

MARQUIS (de marche, frontière), primitivement titre de fonction et synonjTue de margrave, auj. titre de noblesse [Voy. MARQUIS au Dict. d'Hist. et de Géogr.]. — La couronne de marquis se compose de trois fleurons séparés par des perles réunies trois à trois.

MARQUISE, femme d'un marquis [Voy. ci-dessus). — On appelle encore ainsi : A" toute espèce de tente ou d auvent en toile, en bois peint ou en fer et verre, servant à garantir de la pluie : ces tentes sont ordinairement faites en fort coulil rayé et d'une coupe élégante ; — 2° une sorte d'ombrelle à manche brisé; — 3° une variété de poire pyramidale, assez grosse, d'un vert jaunâtre tacheté de gris, à chair fondante et sucrée ; elle mûrit en novembre et en décembre.

MARQUISETTE, nom que les mineurs donnent aux pyrites ou sulfures de fer qu'ils rencontrent dans leurs travaux.

MARRAINE (du b.-lat. matrina], celle qui tient un enfant «ur les fonts baptismaux. Voy. parrain.

MARRE du lat. tnarra). Ce mot, dans certaines provinces, désigne tantôt une pelle large et courbée, tantôt une houe de vigneron.

MARRON (de l'ital. marrone). Les man-ons que l'on mange ne sont que les fruits d'une variété cultivée du Châtaignier [Voy. ce mot). Au contraire, les marrons d'Inde, qui ne sont pas comestibles, sont le fruit du Marronnier proprement dit. Voy. ci-après marroxxier.

On appelle vulg. : Marron noir une espèce d'Agaric ayant le port du champignon de couohe : il est de couleur do marron foncé en dessus: M. de cochon, les racines du Cyclamen commun; M. d'eau, les fruits de la Macre; M. épineux, une coquille du genre Came; M. rôti, une espèce du genre Sabot.

Les Artiiiciers appellent marron une sorte de pétard de forme cubique, fait d'un fort carton entouré d'une licelle enduite de goudron.

Dans l'Armée, on donne ce nom à une pièce de cuivre ou à un petit anneau de fer que les rondes et les patrouilles déposent à chaque poste, dans une boîte destinée à cet usage, pour constater que le service s'est fait avec exactitude. Voy. MERE AU.

marron (de l'espagn. cimarron, sauvage [Scheler]). Dans 1rs Colonies, on appelait nègre marron le nègre qui s'était enfui de l'habitation de son maître, et qui se cacliait dans les bois, les cavernes, les montagnes, pour échapper aux châtiments rigoureux dont on l'accablait. — Par analogie, nous nommons marron celui qui exerce sans titre, sans commission, certaines professions; c'est ainsi que l'on dit : un courtier marron, un imprimeur marron.

MARRON NAGE, état d'un esclave ou d'un courtier marron. Voy. ce mot.

MARRONNIER, ^sculus hippocastanum, nommé vulg. Marronnier d'Inde, pour le distinguer de l'arbre qui donne les grosses châtaignes appelées marrons [Voy. châtaigne), genre type de la famille des Hippocastanées. C'est un arbre d'un beau port, auj. très commun dans nos jardins. Il est originaire de l'Asie septentrionale, et fut introduit en France en 1615 par Bachelier, qui l'apporta de Constantinople à Paris. Il s'élève jusqu'à la hauteur de 20 à 30 m. ; SCS feuilles sont grandes, digilées, et composées de 5 à 7 folioles ovales, inégales, dentées. Ses fleurs blanches, panachéi's de rose, sont étagées en grappes pyramidales qui font un très bel eft"et pendant tout le mois de mai. Le fruit est une grosse capsule ronde, hérissée de pointes et renfermant 1 ou 2 marrons de la couleur et de la grosseur dune belle châtaigne, mais d'une saveur très amère. — Le Marronnier d'Inde croît très vite et dans presque tous les terrains ; il se multiplie facilement par ses graines, qu'il faut conserver pendant tout l'hiver dans du sable humide, et semer au printemps, en pépinière, à la distance de 0 m. 25. On transplante ensuite les jeunes arbres à l'âge de 2 ans, en les espaçant convenablement; ce n'est quà l'époque où ils ont acquis de 2 à 3 m. qu'on les met en place. Le bois du Marronnier est blanc, mou, filandreux; il est peu propre à la menuiserie et encore moins <^ la charpente. En revanche, l'épaisseur du feuillage de jcet arbre le lait rechercher pour les grandes allées de jardins. — On fabrique avec les marrons de l'amidon, une

colle à l'usage des papetiers et des relieurs, une pâte noar blanchir les mains et une substance qui entre dans la composition des bougies communes: la lécule qu'on en extrait ne peut servir à l'alimentation, parce qu'il est extrêmement difficile de la débarrasser de son amertume, due à un principe amer et alcalin, Vesculine [Voy. ce mot), qu'on utilise pour le tannage et la teinture en jaune. Quant [à ses propriétés médicinales, elles sont à peu près nulles; toutefois dans l'Orient on mêle de la farine de marrons d'Inde au son que l'on donne aux chevaux atteints de colique : d'où le nom A' hippocastanum.

Parmi les autres espèces de Marronniers, on remanjuc le 3/. rubicond, à fleurs rouges et à feuilles d'un vert plus foncé; le M. à gros panache, et le M. de l'Ohio, qui ne s'élève qu'à 15 m.

MARRUBE, Man-ubium (de la ville d'Italie qui portait ce nom?), genre de la famille des Labiées, tribu des Stachjdées, renferme une vingtaine d'espèces vivaces, reconnaissables par leur odeur forte, analogue à celle du musc. Le M. blanc (M. vulgaré] croît partout, dans les lieux incultes et stériles, sur le bord des chemins, parmi les décombres. Sa tige est dure, tomenteuse, blanchâtre, haute de 0 m. 40 à 0 m. 60, rameuse du bas et arrondie ; ses feuilles sont opposées, pétiolées, ovales, crénelées et crépues ; ses fleurs sont petites, blanches, réunies en grand nombre à l'aisselle des feuilles ; elles apparaissent pendant tout l'été. Le marrube blanc a une odeur forte et aromatique, une saveur amère et acre. Il est tonique et fortement excitant ; il stimule vivement le svstème utérin ; on en fait usage contre les suppressions, les affections nerveuses, hystéri«iues et chlorotiques ; on l'a aussi employé dans les catarrhes pulmonaires chroniques, pour favoriser l'expectoration, dans l'asthme humide, comme calmant, etc. Le M. noir ou Ballote fétide [Ballota nigra), dont on fait quelquefois un genre à part, est aussi très commun dans les lieux incultes : ses fleurs sont purpurines ; son odeur et sa saveur sont plus fortes et plus désagréables que celles du marrube blanc; il est employé de la même manière et dans les mêmes cas. — Quant au M. aquatique, voy. LTCOPE.

MARS (du nom du dieu de la guerre), la planète supérieure la plus voisine de la terre. On la représente par le caractère d*- Mars est 7 fois plus petit que la terre; son diamètre équatorial varie entre 4" à la conjonction et 30" à l'opposition et change notablement d'une opposition à l'autre à cause de la grande excentricité de l'orbite; sa distance moyenne au soleil est d'environ 58 millions de lieues (235 millions de kilomètres). Le plan de son équateur est incliné sur le plan de son orbite de 28° 48', ce qui fait que les saisons doivent v être à peu près semblables à celles de la terre. Sa révolution sidérale est de ' 687 joure environ, sa révolution synodique de 780 jours. I La durée de sa rotation est de 24^' 37" 22*. Son aplatissement, d'après les mesures prises par Arago, est de ^ en\i- I ron. — Mars brille comme une belle étoile d'im éclat I rougeâtre. Les lunettes permettent d'apercevoir aux «ivi- , rons de ses pôles deux taches blanches qui s'accroissent ou j diminuent alternativement; on les a expliquées en admettant qu'il existe sur cette planète des amas de glaces analogues à nos glaces polaires. M. Schiaparelli a vu récemment, en outre, des lignes auxquelles on a donné le nom de canaux. On a même vu ensuite ces canaux comme dédoublés. Cependant la réalité de ce dédoublement laisse encore quelque doute. Cette planète est enveloppée d'ime atmosphère et a deux satellites [Déimos et Phobos], découverts par M. Asaph Hall, de Washington, en 187'7. La connaissance des durées de leurs révolutions a permis de fixer à ^ (,,j ^^j, la masse de Hai-s, jusqu'alors fort mal connue. Voy. plasètes.

MARS, troisième mois de notre année civile. Chez les Romains, ce mois était consacré au dieu Mars, et il fut pendant longtemps le premier de l'année. Il a 51 jours. C'est du 19 au 21 mars, suivant les années, que le soleil traverse l'équateur en montant de l'hémisplière austral dans l'hémisphère Iwréal (équinoxe du printemps), et que le printemps commence. — Les Romains célébraient pendant ce mois des fêtes, dites hilaries, qui avaient quelque analogie avec notre carnaval. — Les Agriculteurs sèment en mars les orges, les avoines, les millets, que jwur cette raison on appelle vulgairement les tnars.

Les Alchimistes donnaient au fer le nom de mars, parce qu'il sert à fabriquer les armes de guerre; aoj;

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