‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 971 sur 1729 · MASQUE · texte numérisé non relu

MASQUE

MARTtNËT (de Martin], Cypselus, çenre d'Oiseaux, de l'ordre des Passereaux fissirostros, famille des Hirundinées, renl'crnie des Oiseaux qui resseniblenl pour la forme aux Hirondelles, mais qui en diffèreiil surlout par la longueur de leurs ailes. Les martinets ont en outre le bec très petit, très fendu, triangulaire, aplati horizontalement, les pieds très courts avec le pouce dirigé en avant, la queue fortement bifurquce. Ils sont insectivores, craignent la grande chaleur et le grand froid, et habitent les lieux élevés. On en connaît plusieurs espèces, dont les deux principales sont le Martinet noir et le Grand Martinet à ventre blanc. Le M. noir {C. apus), vulg. Arbalétrier, est plus gros que l'hirondelle de cheminée : du bout du bec au bout de la queue, il a près de 0 m. 20. Il a la gorge d'un blanc cendré, et tout le dessus du corps, ainsi que les ailes, d'un noir sombre ou changeant en vert. Cet oiseau n'arrive en France qu'après le retour des hirondelles ; il s'établit de préférence dans les tours et les clochers élevés, d'où il fait entendre des cris aigus et continuels en volant toujours et en chassant les insectes dont il se nourrit. Le Grand Martinet à ventre blanc ou M. de montagne [C. melba) est plus grand que le précédent. 11 a la gorge, la poitrine et le ventre blancs, le dessus du corps d un gris plus ou moins foncé, avec quelques rellels verts ou rougeâtres. Ce martinet ne se montre guère que dans les Alpes.

MARTINGALE, large courroie, simple ou bifurquée, qui s'adapte par un bout au mors ou à la gourmette du cheval et par l'autre aux sangles placées sous la poitrine. La martingale s'emploie ordmairement pour assurer la tète du cheval qui se cabre, ou pour empêcher, s'il porte au vent, qu'il ne batte à la main. Ce mot vient, dit-on, par assimilation, de chausses dites à la martingale (de Martigues, en Provence, où elles étaient usitées), dont le pont était placé par derrière. — En Marine, par allusion à la martingale au cheval, on appelle ainsi un arc-boutant placé audessous du mât de beaupré et à la tête de ce mât, et perce à son extrémité inférieure de deux trous dans lesquels passent des cordages servant d'étais inférieurs au boute-hors de foc

En termes de Jeu, la martingale consiste à porter à chaque coup le double de ce qu'on a perdu sur le coup précédent,' de manière à rentrer, lorsqu'on gagne, dans tous les fonds qu'on a perdus précédemment. — On le dit aussi de certaines manières de jouer imaginées par différents joueurs pour s'assurer le gain, et qu'ils suivent avec persistance. Tous les joueurs de profession ont imaginé une martingale que chacun d'eux croit infaillible.

MARTINISME, doctrine philosophique fondée au xvni" s. par Marliiicz Pasqiialis et continuée par Louis-Claude (.e St-Martin, le « Philosophe inconnu ». C'est un mysticisme qui prêche la régénération de l'œuvre par le développement de ses principes spirituels et son union avec Dieu. Les écrits de St-Marlin, qui sont dune élévation morale incontestable, ont été étudiés par MM. E. Caro, Maller, Ad. Franck, etc. — Le martinisme, qui semble avoir joue un grand rôle dans les idées philosophiques ou sociales de la lin du siècle dernier (Lavaler, Mme de Kriidener, etc., furent martinistes), tend à prendre auj., comme doctrine spéculative et comme « ordre », une certaine importance. — Voy. Papus, Traité méthodique de science czulie.

MARTIN-PÊCHEUR. Voy. hartin.

MARTIN-SEC, poire d'automne, de grosseur moyenne, de forme pointue, de couleur roux foncé d'un côté et jaune-coing de l'autre.

MARTIN-SIRE, poire allongée, assez grosse, d'un vert jaunâtre, tachetée de points gris, à chair ferme, sucrée. Elle mûrit en novembre.

MARTITE, sesquioxyde de fer (Fe*0'), cristallise en octaèdres réguliers noirs à poussière rouge. C'est probablement une forme dimorphe de VOligiste, peut-être une pseudomorphose de magnétite. On la trouve principalement au Brésil.

MARTRE. Voy. marte.

MARTYNIA, nom latin botanique du genre Cornaret. Voy. ce mot.

MARTYR (du gr. utipxup, témoin), celui qui a souffert le martyre, c.-à-d. les tourments et même la mort pour témoigner de la vérité de la religion qu'il professe. Il se dit surtout en parlant de la Religion chrétienne. On y distingue les martyrs de? confesseurs : ces derniers sont

ceux qui ont hardiment proclamé la foi et ont souffert pour elle, mais qui ont survécu à leurs souffrances. Le premier martyr de la religion chrétienne fut St Etienne, lapidé à Jérusalem par les Juifs. On trouve les noms et l'histoire des martyrs dans les martyrologes. On a rassemblé les interrogatoires que l'on faisait subir aux martyrs, et ces procès-verbaux sont connus sous le nom A'actes authentiques des martyrs. — On a donné le nom d'ère de» martyrs à la persécution subie sous Dioclétien, à cause des nombreuses victimes qui périrent alors. — Le martyre a été appelé baptême de sang, parce qu'il supplée nu baptême d'eau.

MARTYRS (i.Es), épopée en prose de Chateaubriand, publiée en 1809. L'action se déroule au m' siècle, sous le règne de Dioclétien.

MARTYROLOGE (du gr. [idipTup, témoin, et de îvôyo;, discours, traité), liste ou catalogue des martyrs. C'est au pape Clément, qui vécut immédiatement après les apôtres, quon attribue d'avoir introduit l'usage de recueillir les noms et les actes des martyrs. Le plus ancien martyrologe était celui d'Eusèbe, traduit par St Jérôme : il n'en reste que des fragments. Parmi ceux qu'on possède en entier, les plus célèbres sont ceux de Bède (730), continué par Florus; de Raban Maur, d'Adon, d'Usuard, de Nevelon, de Notker, moine de St-Gall, de Bellin, de Padoue, de Maurolycus, de Molanus (Van den Meulen). Le martyrologe d^Usuard (875), avec les changements exécutés par Baronius, est celui dont se sert ordinairement l'Eglise romaine. Il a été reproduit par Molanus avec de savantes remarques. — On a inséré dans le martyrologe romain, avec les noms des martyrs proprement dits, ceux des autres saints dont l'Eglise fait commémoration pour chaque jour.

MARUM (teccricm), ou Germandrée maritime, vulg. Herbe aux chais. Voy. germandrée.

MASARiS, genre d Insectes, de l'ordre des Hyniénoptères porte-aiguillon, famille des Diploptères, établi sur une espèce unique rapportée de Barbarie par le botaniste Desfontaines.

MASCARADE, déguisement. Voy. masque et carnaval.

MASCARET ou macaret. Vôy. barre.

MASCARILLE, nom d'un valet de comédie emprunté à la scène italienne. Mascarille est fourbe et voleur, mais peureux et gourmand. Molière s'en est servi dans l'Étourdi et les Précieuses ridicules.

MASCARIN, nom vulgaire d'une Perruche de Madagascar.

MASCARON (de l'ital. mascherone, grand masque), figure creuse, sculptée en ronde bosse ou en bas-relief,

3u'on emploie comme ornement en architecture ou en écoration. On place ordinairement les mascarons sous les entablements, sous les balcons, à la clef des arcades, à l'orifice des fontaines, à l'ouverture des grottes, etc. On leur donne indifféremment un caractère grotesque ou sérieux : ce sont le plus souvent des figures de satyres, de faunes, de naïades, etc. Les architectes du xvii° et du xviii" siècle abusèrent de l'usage des mascarons; on les voit prodigués sur les façades de tous les édifices de cette époque. On cite comme remarquables en ce genre les mascarons du terre-plein du Pont-Neuf, à Paris.

MASCULIN (sexe). Voy. sexe.

Genre masculin, en Grammaire. Voy. genre.

Rime masculine. Voy. rime.

MASQUE (de l'ital. maschera, du b.-lat. mascha], faux visage dont on zc couvre la figure, soit pour se déguiser dans les mascarr.dcs, soit pour se garantir le teint. On fait des masques en carton, en cire, en soie, en velours, en linon, etc. Tous se fabriquent sur des moules ordinairement en plâtre et formés d'après une figure en relief, sculptée exprès. On colore les masques de carton, d'abord avec une couche couleur de chair très pâle, puis avec une seconde,et enfin avec du fard. Cela fait, on passe, lorsque les couleurs sont sèches, une colle claire qu'on laisse sécher, et enfin un vernis. La base des masques en cire est une toile de lin fine ou à demi usée. Les masques d'étoffes pour dominos s'appellent loups {Voy. ce mot). — L'Italie, ei surtout Venise, eut longtemps le monopole de la fabricaiion des masques. Auj. c'est Paris qui en fournit tous les pays : la première fabrique de masques y fut créée en 1799 par un Italien nommé Marassi. Voy. moulage.

L'usage des masques et des mascarades rcmontn à la plus haute antiquité : on le trouve chez les Egyptiens,

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