MASSEPAIN
chez les Grecs et chez les Romains. Les Grecs, |)endant les fôlcs appelées Dionysiaques; les Romains, pendant les Saturnales et les Lupercales, se masquaient le visage et couraient les rues déguisés. Ils faisaient en outre usage du masque pour les représentations scéniques ( Voy. ci-après). Le moyen âge eut aussi ses déguisements et ses mascarades en partie religieuses, tels que la fête de l'âne ou des fous, les processions An géant Gayant à Douai, de Xa gargouille à Rouen, de la Tarasque, à Tarascon, etc. Dans les tournois, certains chevaliers qui ne voulaient point être connus combattaient masqués. Ce ne fut toutefois qu'au xiv* siècle qu'on vit en France de véritables mascarades. Elles nous vinrent d'Italie, où plusieurs villes. Venise surtout, étaient en grande réputation pour les déguisements qui avaient lieu pondant leur ca/'/2afa/. Ce fut au mariage de Charles YI (158Û) qu'on vit en France la première fête travestie et mastjuée. Jusqu'au xvi' siècle, on ne se servit de masques que dans les bals et pour prendre part aux jeux de hasard. Du xvi" au xviu" siècle, les femmes portèrent, pour se garantir le teint, des mas(|ucs en velours [loups]. Sous la Régence, ces loups ayant fait place au rouge et aux mouches, les masques ne lurent plus employés que dans les déguisements.
Les masques qui paraissent ou se réunissent, soit dans les rues, soit dans les bals publics, sont soumis à des mesures de police prescrites par les préfets ou les maires. Il leur est interdit de porter des armes ou des bâtons, d'mjurier les passants ou de salir leurs vêtements. Les contraventions sont punies de l'amende, et en cas de récidive de l'emprisonnement. Les entrepreneurs de bals publics ne peuvent donner des bals masqués et travestis, qu'avec une permission expresse.
Masque scénique, en gr. xooaw-jœîov, eu lat. persona. "Selon la tradition classique, les premiers acteurs se bornaient, pour se travestir, à se barbouiller le visage avec de la lie. A cet usage grossier, qui avait pris naissance au milieu des fêtes de la vendange, on substitua ensuite le manque. Quand on construisit des théâtres assez grands p«iur contenir la population d'une ville tout entière, et qu'il fallut grandir et grossir la taille de l'acteur pour les besoins de la perspective, le masque devint une nécessité comme le cothurne. Ce fut alors mie espèce de casque en bois sculpté ou en métal qui couvrait toute la tète, et qui était accompagné d'une perruque en rapport avec le caractère du masque. La lx)uche, toujours béante, était construite de manière à rendre la voix plus sonore et plus retentissante. Les masques variaient d'expression selon la nature des pièces, tragiques, comiques ou satiriques, et selon le sexe et l'âge de ceux qu'on voulait représenter; mais les tvpes connus étaient toujours figurés avec les mêmes traits. ■On connaît quarante-trois tj-pes de masques comiques et au moins vingt-cinq de masques tragiques. Ce genre de masque disparut avec le théâtre antique. — Chez les modernes, on retrouve des masques au tliéâtre chez les Italiens. Au xviii' siècle, les acteurs des Bouffes et certains acteurs du Théâtre de la foire. Arlequin surtout, jouaient masqués.
Dans l'Escrime, on se sert, pour mettre la figure à l'abri -des coups de fleuret, d'un masque formé d'un cadre en fer, ovale, fortement concave et couvert d'une toile métallique. Ce roaeque porte, à sa partie supérieure, un arc en fer, armé, à son extrémité, d'une plaque rembourrée, qui appuie sur l'occiput, et qui maintient le masque en place sans le secours d'aucun cordon. Les trous de la toile métallique sont assez grands pour ne pas intercepter la vue, et assez petits pour que le fleuret, même cassé, ne puisse pénétrer.
Masque des femmes enceintes, i'oy. éphélides.
WIASS mot allemand qui veut dire mesure), nom donné, dans diverses parties de l'Allemagne, à une ancienne mesure (le capacité pour les liquides, dont la valeur variait suivant les localités. Le tnass de Vienne ou d'Autriche valait un |jeu plus de i litre ; 40 tnass de Vienne formaient un eimer. Il ne faut pas confondre le tnass, qui servait pour les liquides, avec le massel, qui servait pour les matières sèches, et qui valait 5 lit. 84.
MASSAGE de masser; de l'arabe mass, manier, palper fPihauJ). action de presser, de pétrir, pour ainsi dire, avec les mains toutes les parties musculaires du corps, eu même temps que l'on exerce des tractions méthodiques sur les articulations. On divise le massage en : l" frictions simples, 2" frictions fortes, 5° malaxations, 4° percussions. Le massage est utilisé contre les entorses, contre les fractures Juxta-articulaires sans déplacement, contre certaines affec-
tions utérines, etc. Le massage était connu des Romains, comme le prouve ce vers de Martial :
Percurrit agili corpus arte U-actatrix, etc. (lli, 82.)
MASSALIA, 20» petite planète, trouvée le 19 sept. 1852 par Gasparis, à Naples. Voy. planètes.
MASSE (du lat. massa). En Physique et en Mécanique, la masse d'un corps est le rapport de la force qui agit sur le corps à l'accélération du mouvement qu'elle détermine ; ce rapport est constant pour le même corps, quelle que soit la force. — Vulgairement le mot masse est employé pour désigner la quantité de matière qui constitue le corps. Le poids d'un corps est proportionnel à la masse. Voy. DExsrré.
En Astronomie, pour déterminer la masse du soleil^ on s'appuie sur ce que, en vertu des lois de Newton, la force qui produit le mouvement de la terre autour du soleil et celui de la lune autour de la terre, s'exerce proportionnellement à la masse et en raison inverse du carré de la distance. On en conclut, à l'aide du calcul, que les masses M et m du soleil et de la terre sont proportioimelles aux cubes des rayons a et a' des orbites de la terre et de la lune, et en raison inverse des carrés des temps de leurs révolutions t et t', ce que l'on traduit par la formule M a* t*
— = — î X Ts- • En mettant dans cette formule au heu de m a* f
a, a', t et t' leurs valeurs connues, on en tire M = 324 439 m.
Ainsi la masse du soleil vaut 324 439 fois celle de la terre.
— Cette même formule peut servir à trouver la tuasse des planètes ayant des satellites, c.-à-d. de Mars, Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune. II suffit d'y remplacer il par sa valeur précédemment trouvée, et a, a', t el f par les rayons des orbites et les durées des révolutions de la planète et d'un quelconque de ces satellites; la formule donne alors la masse M de la planète. Quant aux planètes qui n'ont pas de satellites, on conclut leurs masses des perturbations qu'elles font éprouver aux corps célestes qui les approchent. — La tuasse de la lune se déduit de 1 intensité de la force qui produit la marée lunaire, intensité que l'on peut calculer et qui est proportionnelle à la masse de la lune. C'est ainsi qu'on a trouvé que cette masse est les 0,013 de celle de la terre. — On peut aussi calculer la masse des composantes d'une étoile double dont on connaît la parallaxe, le mouvement propre et l'orbite relative : c'est ainsi que l'on a pu trouver la masse de Sirius et celle de sou compagnon égales respectivement à 14 fois et à 7 fois celle du soleil.
MASSE, se dit aussi de fonds d'argent constituant lavoir d'une succession, d'une société, etc. — En termes de Commerce, on appelle masse active l'ensemble de l'avoir d'un négociant, et masse passive l'ensemble de ses dettes. Ea termes de Pratique, on dit faire masse des frais, des dépens, pour faire un total que l'on partage ensuite entre diverses personnes. On appelle masse des créanciers d'une faillite la réunion de tous les créancière du failli.
Dans l'Armée, on donne le nom de masse à des fonds spéciaux qui, dans chaque régiment, doivent subvenir à une dépense aéterminée, et auxquels contribuent tous les soldats. On compte plusieurs espèces de masses : la tuasse de linge et de chaussure, la masse d'entretien, la niasse de fetrage ou de harnachement, etc. Les masses sont alimentées par des retenues faites sur la solde de chaque soldat.
MASSE, bâton à tête d'or ou d'argent que des assesseurs appelés massiers portaient par honneur dans certaines cérémonies devant les rois, devant les clianceliers de France, devant le recteur et les quatre Facultés de l'Université de Paris allant en procession, devant quelques chapitres et devant les cardinaux. L'Université a seule auj. conservé ses massiere.
Dans les Arts mécaniques, on appelle masse un gros marteau de fer carré des deux bouts, emmanché de bois et servant aux carriers, tailleurs de pierre, paveurs, etc., pour briser la pierre. — La masse d armes était une arme de fer en usage au moyen âge, fort pesante d'un bout, avec laquelle on assommait.
MASSE, monnaie. Voy. caoière.
MASSE d'eau, plante. Voy. massette.
MASSEL, mesure allemande. Voy. mass.
MASSEPAIN (orig. incert.), espèce de petit biscuit fait de pâte d'amande et de sucre, auquel on donne souvent la forme d'un petit pain rond. On fait ordinairement les massepains avec des amandes d'abricots, avec des amandes
MASSÉTER
MASTITE
amèros, ou même avec des avelines ou des pisfaclies.
MASSÉTER (muscle), du gr. [lasjTiTT^p, masticateur ; muscle situé à la partie postérieure de la joue, inséré d'une part sur l'arcade zygomatiquc, d'autre part à l'angle du maxillaire inférieur. Il sert aux mouvements de la mâchoire dans la mastication. — On appelle : arli^e massétérine celle qui naît du tronc même de la maxillaire interne ou de la temporale profonde postérieure, et se répand dans l'épaisseur du muscle masséter, après avoir traversé l'échancrure sigmoïde de l'os maxillaire inférieur ; veine massétérine, luie veine qui offre la même distribution que l'artère précédente, et qui se rend dans la veine maxillaire ; nerf massétérin, un nerf qui est fourni par le nerf maxillaire inférieur.
MASSETTE, Typha, vulg. Masse d'eau, genre type de la famille dos Typliacées, se compose de roseaux à nautes tiges, environnées inférieurement de feuilles larges et rubanées, el, terminés par une sorte de masse cylindrique et noire dont le duvet, léger et soyeux, s'échappe facilement. On en distingue deux espèces, 1res abondantes dans toutes les contrées marécageuses et sur le bord des rivières : la M. à larges feuilles, haute de près de 2 m., et la M. à petites feuilles, toutes deux communes en France. On peut utiliser ces plantes ; leur rhizome se mange confit au vinaigre ; leur duvet sert à garnir les matelas et les coussins; on a essayé de le faire entrer dans la fabrication du feutre.
MASSICOT ou PROTOXTDE DE PLOHD, composé de plomb et d'oxygène, est de couleur jaune ou rougeâtre, et très fusifile. Lorsqu'on le fait fondre dans un creuset de terre, il le perce en s'unissant à la silice et à l'alumine de ses parois, et le recouvre d'un enduit vitreux très brillant. C'est le seul des oxydes de plomb qui puisse s'unir aux acides. 11 se combine aussi avec les alcalis, qui le rendent soluble dans l'eau. Le massicot est un des oxydes les plus facilement réductibles à l'état de métal par le charbon ou le gaz hydrogène. Il sert à la préparation du minium et des sels de plomb. Lorsque le massicot est demi-vitrifié, il porte le nom de litharge. Voy. ce mot.
Le massicot naturel, dit encore Plomb oxydé blanc, est une poudre jaune qu'on a trouvée dar.s des roches volcaniques du Mexique.
MASSIER. Voy. MASSE.
MASSONIE (du bolan. fr. Masson), Massonia, genre de la famille des Liliacées, tribu des Asphodélées, qui croît principalement au cap de Bonne-Espérance, se compose d'espèces bulbeuses d'un port remarquable ; leur hampe est courte, et sort de deux feuilles quelquefois très grandes, appliquées le plus souvent à la surface du sol. Plusieurs espèces sont cultivées dans nos serres. On distingue la M. à larges feuilles, la M. ondulée, la M. à fleurs violettes, la M. pustuleuse, la M. en cœur.
MASSORE ^de l'hébreu masorah, tradition), nom donné au travail critique fait sur le texte de la Bible par les docteurs juifs appelés massorètes ( Voy. ce mot au Dict. d'Hist. et de Géogr.), travail dont l'objet était de fixer non seulement les différentes leçons du texte, mais encore la lecture et la prononciation des mots, conformément à la tradition.
MASSUE (de masse), en lat. clava, la plus ancienne des armes offensives, se trouve dans tous les temps et chez tous les peuples. L'Ecriture en arme Gain et Samson, de même que la Fable la met entre les mains d'Hercule. Les clavatores chez les Romains étaient des conscrits qui s'exerçaient avec la clava avant de recevoir une épée. La massue, sous le nom de masse d'armes, a de môme été employée dans la milice française jusqu'à la découverte de la poudre. Elle est encore aujourd'hui entre les mains de tous les sauvages.
En Botanique, en nomme massue la partie supérieure du corps des Champignons, lorsqu'elle se compose d'un renflement qui fait suite au stipe, ou qui en est séparé par un bord sensible.
Massue d'Hercule. On appelle ainsi, en Botanique, une variété de Concombre, à cause de la forme de son fruit, et, en Conchyliologie, à cause de la longueur de son canal et de la brièveté de sa spire, une coquille de l'ordre des Gastéropodes pectinibranches, qu'on appelle aussi Rocher cornu [Murex comulus).
MASTIC (du gr. fiagrCj^T), de iiiusiù, mâcher). C'est proprement le nom d'une résine qui s'extrait par incision du Lentisque [Pistacia lentiscus, Térébinthacees), de l'île
de Chio, et que l'on trouve dans le commerce en larmes ou en grains jaunâtres, demi-transparents, fragiles, à cassure vitreuse, d'une odeur douce et agréable et d'une saveur aromatique ; elle se ramollit sous la dent ot y devient ductile. On l'emploie en dissolution dans l'éllicr poui l'obturation des dents cariées; on s'en sert encore dans k préparation des vernis fins.
On donne aussi le nom de mastics à divers ciment! composés de substances fort dilférentes et destinés à clore les joints de manière à s'opposer au passage des liquides ou des gaz. Le mes tic des vitriers se fait avec du blanc d'Espagne et de l'huile de lin. Le mastic des marbriers^ dont on se sert pour recoller les marbres et les pierres lithographiques, est de la gomme laque qu'on applique à chaud. Le mastic des fontainiers est composé de la résine dite arcanson et de ciment de brique bien sec; il esl employé à chaud pour sceller les robinets des fontaines : en se refroidissant, il devient jwrfailement compact. Celui que l'on emploie à couvrir les terrasses, revêtir les bassins, souder les pierres, en un mot à prévenir l'infiltratior des eaux, est formé de 9 p. de briques en poudre ou d'argile cuite, de 1 p. de litharge et d'une certaine quantité d'huile de lin. On compose aussi des mastics avec de la chaux et du sable, comme les mortiers.
Le mastic hydrofu^e est une espèce de vernis qui empêche la détérioration qu'éprouvent les peintures sur pierre et sur plâtre par l'elfet de l'humidité. Il consiste er un mélange cle cire jaune ou de résine et d'huile de lin. On fait pénétrer ce vernis au moyen d'une chaleur très intense dans les pores des pierres ou du plâtre sur lesquels on veut exécuter des peintures. Voy. excacs-