MATINES
MATICO, nom péruvien d'une espèce de Poivre fourni par le Piper anguslifolium (Pipcracées) dont les feuilles sont employées en Médecine aux mêmes usages que le cubèbe.
MATIÈRE (du lat. materia), ce qui constitue tous les corj)5 dfi l'univers et produit sur nos organes un ensemble de sensations déterminées. |
Propriétés de la matière. La Physique reconnaît comme ' propriétés de la matière l'étendue, l'impénétrabilité, . [inertie, la mobilité, la divisibilité, h porosité, la com- i pressibililé, l'élasticité; avec celles-ci, elle explique dans j quelque mesure, le son, la chaleur, l'électricité, la ; lumière. La Qiimie décrit les qualités physiques (densité, j couleur, etc.), et organoleptique% (odeur, saveur, etc.), qui caractérisent les corps sunples et les corps composés; elle détermine les lois de l'affinité. Enfin la Physiologie ; étudie les propriétés plus complexes de la matière orga- i n!sL'C [Voy. vie). — Les propriétés que les sens nous font altrihiier à la matière ne lui appartiennent pas toutes rcellement. Si nous considérons le son p. ex., la Physique démontre qu'il consiste dans un certain nomljre de vibnratioiis du cor{)s dont il provient et de l'air où il se pro-
Ïa^e ; la Physiologie, que les vibrations aériennes rassemlées par l'oreille produisent sur le nerf acoustique une impression qui se transmet au cerveau; la Psychologie, qu'à l'impression cérébrale succède le phénomène de conscience appelé sensation du son. Il en résulte que le son n'csl qu'un état du sujet sentant, et qu'en dehors de ce sujet il n'y a qu'un certain mouvement de la matière. Il en est de même de la chaleur, de la lumière, de l'électricilé. etc. Cette analyse de nos sensations a conduit à distinguer deux espèces de qualités dans la matière : les qualités premières, qui subsistent abstraction faite du sujet sentant, impénétrabilité, étendue, mouvement, et les qualités secondes, qui sont complètement subjectives, SOI, couleur, saveur, odeur, etc. loy. perception.
Essence de la matière. Dans la représentation qu'on se forme de la matière, il faut distinguer l'apparence de la réalité. De là cette question : quelle est t essence de la matière? Elle a donné naissance à trois systèmes. Mécanisme, Dynamisme et Atomisme dynamique. — I. Le Mécanisme fait consister l'essence de la matière dans lélendue et explique tous les phénomènes de la nature par les lois de la Mécaniqne, c.-à-d. par des figures et des mouvements. Ce système a ses mérites et ses inconvénients : 1° en Métaphysique, il est généralement reconnu auj. que l'essence de là matière ne consiste pas exclusivemei!" (rlans ï étendue, comme l'enseignait Descartes; que l'existence demande une force, c.-à.d. une puissance
Ïui tienne unies les parties de la matière, les empêi4ie c se dissoudre et distingue chaque corps de ce qui n'est pas lui. et par laquelle il agisse sur les autres corps; 2^ dans les sciences positives, 1 idée de ramener tous les phénomènes de la nature à des mouvements déterminés a ouvert une voie féconde en découvertes et a fourni une l>ase solide aux théories de la Physique mathématique et de la Mécanique moléculaire. Cependant l'idée d'expliquer par l'impulsion toute espèce de mouvement, même l'attraction, est une hypothèse contestable {Voy. mécanisme). — II. Le Dynamisme, tout en distinguant dans la matière la force et retendue, n'accorde de réahté qu'à la force ; Voy. dynamsJiE . En reconnaissant aux corps la puissance d'agir et de réagir les uns sur les autres, il pose un principe que doivent admettre les sciences positives aussi bien que la Métaphysique; mais on lui reproche de ne pas rendre raison de l'étendue concrète non seulement dans le Monadisme de Leibniz [Voy. monade), mais même dans la théorie de Boscovich et de ses successeurs, qui considèrent les corps comme formés de points mathématiques doués de forces attractives et répulsives, et constituant par leur réunion des éléments étendus et corporels : car dans cette hypothèse, l'étendue, n'étant pas un mode d'une substance réelle, ne peut exister qu'à titre de conception sans valeur objective. — III. D'après Y Atomisme dynamique, la matière est constituée par la force et l'étendue. 1° D'un côté, ! la force n'a rien d'incompatible avec l'inertie, conçue comme l'impuissance de chaque atome à changer lui-même son action externe qui reste toujours la même dans les mêmes circonstances [Voy. déterminisme). D'un autre coté, l'étendue, étant une propriété essentielle de la matière aussi bien que la force, suppose des éléments étendus, les atomes que l'on imagine comme étant impénétrables et incompressibles, continus chacun en particulier mais sé-
parés par des interstices pour que le mouvement soit possible; divisibles par leur nature, sans être divisés actuellement, ils ont une quantité réelle, quelque petite qu'elle soit, afin de pouvoir constituer par leurs agrégats les molécules des corps simples. 2" En admettant la coexistence de la force et de l'étendue, en peut expliquer les phénomènes physiques, chimiques et physiologiques, sans être arrêté par les difficultés que présentent les doctrines exclusives : l'étude des figures, des mouvements et des forces, relativement simple en astronomie semble toutefois se compliquer de plus en plus à mesure qu'on pénètre dans le domaine de la physique, de la chimie, des sciences naturelles, et rien n'autorise à affirmer qu'elle permette de rendre compte de tous les phénomènes. 3° L'Âlomisme dynamique permet de parler des rapports mutuels de l'àme et du corps, parce que, tout en établissant une distinction profonde entre ces deux substances, il leur laisse un attribut commun, l'activité externe ou force motrice. Comme l'activité du corps lui est propre, l'âme, en agissant sur lui, ne fait qu'exciter la force qu'il possède essentiellement et qui opère dans les fonctions animales ; de son côté, le corps ne donne aucune forme à l'âme; seulement il concourt à exciter ses facultés, et quelquefois il entrave leur action, s'il est mal organisé ou incomplètement développé. — Consulter Bordas-Demoulin, le Cartésianisme; II. Martin, les Sciences et la Philosophie (Essais iv) ; F. Evellin, Infini et Quantité.
Par matière, beaucoup de philosophes grecs entendaient une substance indéfinie qui était pour Platon, le non-être; pour Aristote, l'être en puissance ; pour les Stoïciens, une substance passive et dépourvue de toute qualité. A leur imitation, les scolastiques admettaient une matière première, substance indéterminée, qui, par l'adjonction de la forme substantielle, devenait la matière seconde ou matière infoi~mée. Voy. éléments, substance.
Matière vei'te de Priestley, espèce d'Algue. Voy. pro-
TOCOCCDS.
MATIÈRE MÉDICALE. Ou réuuit SOUS cc nom, en Médecine, toutes les substances que le médecin emploie pour le traitement des maladies. Dans l'usage, on étend ce nom à cette partie des sciences médicales qui traite des médicaments sous le rapport de leur origine, de leur préparation, de leurs propriétés et leur action sur l'économie animale. Dans les écrits modernes, on a remplacé celte dénomination parcelle de Pharmacologie. Voy. ce mot.
MATIÈRES d'or et d'argent. En Droit, on appelle ainsi l'or et l'argent soit à l'état de lingot, soit mis en œuvre par l'industrie, mais non monnayés. Ils sont soumis à un régime spécial par la loi du 19 brumaire an vi. L'alliage ne peut dépasser une certaine proportion qu'on appelle le titre, et la garantie [Voy. ce mot) n'est donnée qu'aux matières conformes aux prescriptions de la loi.
matières sommaires, se dit, en Droit, de certaines contestations déterminées par la loi, qui, en raison de leur nature, de leur peu d'importance ou de leur urgence, demandent ime prompte solution. Tels sont les appels des jugements rendus par les juges de paix, les demandes purement personnelles, quelle qu'en soit la somme, quand il y a titre et qu'il n'est pas contesté, ou s'il n'y a pas de titre lorsqu'elles n'excèdent pas 1 500 fr. ; les demandes en payement de loyers ou fermages et arrérages de rente, etc. Ces matières sont jugées à l'audience, après les délais de la citation échus, sur un simple acte, sans autro procédure ni formalités (C. de proc., art. 404-413).
MATIÈRE RADIANTE. Voy. RADIANTE (maTIÈRE).
MATIN (du lat. matutinum). Les Astronomes appellent ainsi la partie du jour comprise entre minuit et midi : c'est dans ce sens que le prennent aussi tous les actes de la vie civile et les indications du calendrier. — Vulgairement, on appelle matin, matinée, la partie du jour com- Çrise entre le lever du soleil et midi. — ntoile du matin, 'oy. VÉNUS.
MÂTIN (du b.-lat. massatinus, chien de Ir. n:..ison, de mansio, demeureU ^w ital. mastino, espèce de gros Chien domestique, à poil court, qu'on emploie surtout à la garde des maisons et du gros bétail [Voy. chien). — Mâtin, mâtiné, se dit aussi des Chiens dont la race est mélangée.
MATINES (de matin], première partie oe l'office canonial. On devrait dire les matines, el dans beaucoup d'cràres religieux, on les dit en eli'et, à la première heure du jour, c.-à-d. aussitôt après minuit. Mais l'usage le plus répandu est de les dire, non le matin, mais la veille au