‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 975 sur 1729 · MATELOTE · texte numérisé non relu

MATELOTE

MATHIOLE

précède ou qu'il suit imm«'fliatoinent. Les matelots du commandant sont deux vaisseaux entre lesquels le vaisseau amiral doit combattre : l'un est le M. de l'avant; l'autre le M. de l'arrière.

En termes de Marine, on appelle matelot pratique, ou simplement pratique, un pilote, un marin qui connaît bien un paragc pour y avoir souvent naTigué. Les matelots pratiques ont le droit d'exercer leur profession sur les côtes ou en pleine mer, mais ce droit cesse au moment où les navires arrivent <lans les ports; les pilotes seuls ont le droit de les diriger à leur entrée dans les passes.

MATELOTE (de matelot), mets composé de plusieurs sortes de poissons, notamment d'anguille et de carpe, accommodes à la manière dont on prétend que les matelots les accommodent, en les faisant cuire avec du vin ou, dans certaines localités, avec du cidre ou du poiré mousseux. On estime surtout les matelotes normandes.

MATER OOLOROSA, c.-à-d. la mère des douleurs. Celte locution, empruntée sans doute au début du Stabat : « Stabat mater dolorosa », etc., désigne, en Peinture, un tableau représentant la Stc Vierge en larmes au pied de la croix ou soutenant le corps de son fils mort. Les

Elus célèbres sont ceux de Cranach, de Titien, de Riera, etc.

MÂTEREAU (dim. de mât), poiit mât ou partie de mât, remplaçant momentanément un mât absent.

MATÉRIALISME (du lat. tnaterialis), système philosophique qui n'admet d'autre existence que celle de la tnatière et qui nie par conséquent celle des esprits, c.-à-d. de l'âme et de Dieu. Le matérialisme fut professé dans l'antiquité par les philosophes de l'école atomistique et de l'école épicurienne, Leucippc, Démocrile, Epicuro, Lucrèce [Voy. ATOMisMEh dans les temps modernes, par des philosophes de l'école empirique, Hobbes, Lamettrie, d'Holbach, Diderot [Voy. empirisme), et par l'école dite physiologique, qui, avec Cabanis et Broussais, considère la pensée comme une simple fonction du cerveau. De nos jours, le matérialisme prétend identifier sa cause avec celle de la science. Infidèle à la méthode expérimentale qu'il proclame seule légitime, il prétend résoudre les problèmes d'origine et de fin par de pures hypothèses. On le réfute soit en démontrant l'existence de l'âme et de Dieu, soit en faisant voir qu'il ne détermine nullement la nature de la matière et de la force par lesquelles il prétend tout expUquer, que les hypothèses auxquelles il a recours ne sont conformes ni à la méthode expérimentale ni aux faits constatés par la science. Nous devons nous borner ici à renvoyer aux articles où ces questions sont traitées (âme,

DIEU, MATIÈRE, ESPÈCE, ORGAMCISME, Ctc). Voy- André

Lefèvre, la Renaissance du Matérialisme; Ernest Hœckel, Histoire de la Création naturelle ; Louis Biichner. Force et matière; .1. Moleschott, la Circulation de la Vie; P. Janet, le Matérialisme contemporain ; E. Caro, le Matérialisme et la Science; H. Martin, les Sciences et la Philosophie.

MATÉRIAUX (du lat. materialis). Dans l'Art de bâtir, on entend par matériaux les substances ou produits qui servent soit à la construction, soit à la décoration des édifices. Oii distingue : les M. naturels, c.-à-d. les pierres de toute nature (calcaires, meulières, granits, porphyres, serpentines, ardoises, etc.), les marbres, les bois de charpente ou de menuiserie, les fers et autres métaux (plomb, zinc, cuivre, etc.), et les M. artificiels, chaux, ciments, mortiers, pouzzolanes, plâtres, stuc, pierres artificielles, briques, tuiles, etc. La connaissance exacte de leur valeur vénale, celle de leur résistance à l'écrasement ainsi qu'à l'action de l'air extérieur, des causes qui agissent sur leur coloration, des procédés de conservation qui peuvent leur être appliqués, etc., importent également à 1 architecte, à l'ingénieur et à l'entrepreneur de maçonnerie. Nous ne

Îouvonsou'appelcr l'attention sur ces points importants. — 'Ecole des Ponts et Chaussées, à Paris, se charge gratuitement de l'examen et de l'analyse de tous les matériaux de construction qui lui sont adressés jjar des particuliers. Les matériaux provenant de la démolition d'un édifice, ceux assemblés pour en construire un nouveau, sont meubles jusqu'à ce qu'ils soient emplovés par l'ouvrier dans une construction (G. civ., art. 53^). — Le iait d'avoir embarrassé la voie publimie en y déposant, on en v laissant sans nécessité, des matériaux, ou d'avoir négligé de les éclairer pendant la nuit est puni d'une amende de 1 à 5 fr. (C. pén., art. 471).

MATERNITÉ (du lat. maternus; de mater, mère). En Droit, la maternité légitime se prouve par l'acte de naissance; à défaut, par là possession d'état; à défaut eiilin, par témoins s'il y a un commencement de preuve par écrit ou des présomptions graves résultant de faits constants (C. civ., art. dl9-32o). La reclicrelic de la maternité naturelle est admise et la preuve peut s'en faire par témoins, avec commencement de preuve par écrit, pourvu qu'elle ne soit ni adultérine, ni incestueuse (art. 344-342).

On donnait autrefois le nom de Maternité à tout hos-

fiice qui recevait les enfants trouvés [Voy. ce mot). On e donne encore aujourd'hui à ceux qui reçoivent les femmes enceintes pauvres et sur le point d'accoucher.

MATHÉMATIQUES (du gr. [xâBTijxa, la science), se dit en général de la science des nombres et des quantités. Ce sont les sciences qui empruntent le moins à 1 expériciue : elles sont abstraites, parce qu'elles font abstraction de la plupart des propriétés des choses j)our n'en retenir guère que le nombre et la forme; elles procèdent par déduction, au moins dans l'exposition ; dans la découverte mathématique, l'induction n'est certainement pas absente. Elles sont dites pures ou appliquées, d'une part suivant qu'elles empruntent plus ou moins à l'expérience, de l'autre, suivant qu'elles n'ont pas ou qu'elles ont un but pratique. Leurs diverses branches se mêlent d'ailleurs les unes aux autres, et la distinction des Mathématiques pures et appliquées elle-même n'a guère de valeur, car tel problème FDsé par la pratique ou l'expérience s'est trouvé avoir influence la plus considérable sur le développement de la science théorique ; inversement, telle spéculation théorique peut mener à la solution d'un problème pratique. L'arithmétique, l'algèbre, l'analyse pure ont pour fondement l'idée de nombre, qui leur suffit : la géométrie (science de l'étendue); a un point de départ plus expérimental ; la mécanique rationnelle ou appliquée a pour objet l'étude du mouvement et des forces; la mécanique céleste et l'astronomie ont pour objet l'étude des mouvements des astres; la physique mathématique comprend des développements mathématiques relatifs au développement et aux conséquences soit de certaines hypothèses posées a priori, soit de certaines lois générales induites de l'expérience : pour quelques savants, son idéal est de ramener la piiysique à la mécanique

Les Mathématiques, cultivées par les Chaldéens, les Egyptiens, les Indiens, les Chinois, ont été jwrtées à un haut degré de développement par les Grecs, surtout pour ce qui concerne la géométrie et l'astronomie : les noms de Pythagore, Eudoxe, Euclide, Apollonius, Archimède, Ptolémée, Diophante, Pappus sont assez connus. Les Arabes s'y appliquèrent avec succès et transmirent un grand nombre de traités anciens. Depuis deux siècles, les mathématiques ont reçu un accroissement considérai)lc : il suffira de citer les noms de Descartes, Pascal, Fermât, Newton, Leibniz, les Bernoulli, Euler, d'Alcmbcrt, Lagrange, Laplace, Monge, Poisson, Gauss, Abel, Jacobi, Lejeune-Dirichlet, Cauchy, Riemann, Steincr, Cliasles, Poncelet, Sturm, Le Verrier, Liouville, Kronecker. Parmi les mathématiciens vivants, signalons MM. Ilermite, VVeierstrass, Cayley, Sylvester, Bertrand, Tchebychclf, Cremona, Bonnet, \V. Thomson, Sophus Lie, Klein, Schwarz, Darboux. Tisserand, Poincaré, etc. — L'histoire des mathématiques a été écrite par Montucla; M. M. Cantor en publie actuellement une qui est au courant des découvertes les

Slus récentes sur l'antiquité. Consulter aussi Maximilien [arie. Histoire des Sciences mathématiques. — Outre les publications des diverses Académies et Sociétés savantes, il existe un très grand nombre de publications périodiques consacrées aux mathématiques, parmi lesquelles les plus importantes sont le Journal fur die r. u. a. Math, ou

Journal de Crelle (Berlin), le Journal de Math, pures et appliquées ou Journal de Liouville (Paris), le Jotirnal de l'E. Polytechnique (Paris), les Annales scient, de l'E.

normale supérieure (Paris), les Aunali di matematica (Rome), les Math. Annalen (Leipzig), les Acta mathematica (Stockholm), etc. D'autres publications périodiques sont destinées surtout à l'enseignement.

Instruments de mathématiques. Voy. instruments de

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