‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 980 sur 1729 · MÉDÉE · texte numérisé non relu

MÉDÉE

■celle nouvelle médicalion est la médecine chimiatrique. Mais, à la même époque, Sydenliam remet en lionncur la niélhodc d'observalion, cl mérite le {glorieux surnom <\' Hippocrale anglais. Néanmoins Mofl'mann, Slahl engen- <lrent bionlôt de nouveaux systèmes; ils veulent tout expliquer, l'un par le mécanisme, l'autre par l'animisme [Voy. ces mots). Au commencement du xvni" siècle, itocrhaave tente, comme Galien l'avait fait dans l'antiquité, une vaste synthèse dans laquelle, tout en inclinant vers le mécanisme, il emprunte à tous ses prédécesseurs ce qu'il y avait de bon dans leurs doctrines. Adoptant les idées de Slabl, Bordcu remet en lumière le principe vital, trop méconnu par l'école de Boerhaave. Bartliex professe avec éclat à Montpellier les doctrines spirilualistes et sépare nettement les lois vitales des lois inorganiques {Voy. vitalisme). Hallcr fait ses recherches sur l'irritabilité et par là subordonne la médecine à la physiologie; Brown, remplaçant l'irritabilité de lialler par ce qu'il appelle l'incilabililé, établit un système d'après lequel toutes les mala- <lics proviendraient d'un excès de force {affections slhéniques] ou d'un excès de faiblesse [asthénie], mais il pense que le plus souvent c'est cette dernière cause qui a^it : ce qui lui fait recommander dans le plus grand noudjre des cas l'usage des stimulants. Rasori place aussi la santé dans l'équilinre du stimulus et du controstimuius; mais, à l'opposé de Brown, il croit que les maladies viennent le plus souvent de l'excès de stimulus, et il prescrit en conséquence des controstimulants ; son système a reçu le nom de controstimulisme. Après lui, Broussais, rapportant toutes les maladies à un principe unique, l'irritation, institue, pour les combattre, une méthode unique, la médication an tiphlogis tique : sa doctrine est connue sous le nom de doctrine physiologique. — Ajoutons qu'à la (in du xvin° siècle, le D"' Mesmer préconisa comme un moyen thérapeutique tout nouveau le magnétisme animal, remplacé auj. par l'électricité; et que, de nos jours, l'hydropathie ou hydrothérapie, pratiquée par un paysan de la Silésie, du nom de Priçssnitz, et ensuite ))ar l'abbé Kneipp, s'est produite comme une médication puissante contre un grand nombre d'affections. Enfin, llalincmann, se fondant sur cette observation que souvent une affection est guérie par une affection analogue, et sur celte supiwsition que l'on peut, à l'aide de certains médicaments, pris en doses infinitésimales, provoquer des maladies factices ou les guérir à volonté, a crée la méthode substitutive ou médecine homéopathiqi:e.

En même temps que se succédaient tous ces systèmes, Morgagni créait j'anatomic pathologique; Bichat transformait l'anatomie; Jenncr découvrait la vaccine; Corvisart faisait faire d'immenses progrès à l'élude des maladies du cœur; Avenbrugger enseignait la percussion, Laennec l'auscultation; Pinel proposait de nouveaux moyens pour traiter les aliénés et faisait renoncer aux mesures de violence employées jusque-là contre eux.

Auj., dans la 2' partie du xix* siècle, on s'occupe surtout d'anatomie palnologique ; on détermine le siège des maladies ; on décrit les altérations qu'elles produisent ; on <iirige les travaux vers les recherches microscopiques et l'étude approfondie des tissus et autres éléments qui constituent le corps humain. — Mais voici que se produit une révolution considérable. Les belles recherches de Pasteur sur les fermentations viennent fournir à l'étude de la pathogénie des maladies des bases inébranlables. On conraissait les maladies infectieuses, contagieuses. On sait auj., grâce aux découvertes inaugurées par le génie de Pasteur, que l'agent de la virulence, de l'infection, de la contagion, c'est le microbe. On recueille, on isole, on cultive les différentes variétés de germes rencontrées dans les maladies ; on les inocule aux animaux et on reproduit la maladie primitive. Cette science, née d'hier, est la Bactériologie. Elle a déjà donné de féconds résultats non seulement au point de vue de l'étiologie, mais encore de la prophylaxie et du traitement. La fièvre typhoïde en est un «xemple. La rage, le croup et la diphtérie en sont d'autres.

}oy. RAGE et SÉRUMTHÉRAPIE.

D'autre part, la notion de l'infection des plaies par les germes a conduit à la pratique des pansements antiseptiques. En épargnant aux blessés et aux opérés les dangers résultant des complications infectieuses, elle a permis d'une part de sauver 1 existence de bien des blessés voués autrefois à une mort certaine, en même temps qu'elle a

élargi le champ des opérations chirurgicales en les rendant pour ainsi dire inoll'cnsives. Ce sont là de magnifiques con-

3uêtes, qui feront ilu xix" siècle une des plus belles époques ans l'histoire de la médecine.

MÉDECINE LÉGALE, brandie des sciences médicales qui s'occupe des rapports de la médecine avec la justice. — Parmi les questions soumises par les magistrats au médecin légiste, les unes sont relatives à l'identité des individus, à leur état de santé ou de maladie, à la nature et à l'issue probable des maladies, aux propriétés contagieuses ou non des maladies; à l'état d'incapacité des personnes relativement à certains actes de la vie civile; à la filiation, à la paternité. Le n>édecin légiste est aussi consulté dans les cas d'avortcment, d'infanticide, de suicide, d'homicide, soit par blessures, soit par empoisonnement, soit j)ar asphyxie; il est appelé à distinguer la mort réelle d'avec la mort apparente, et à se prononcer, d'après l'examen des cadavres, dans les questions de survie. — Les meilleurs ouvrages de médecine légale sont ceux de Fodéré, Orfila, Devergie, Tardieu, etc. Le D' Brian et le D' Bavard ont donné de bons Manuels de médecine légale. Consulter aussi Trébuchet, Jurisprudence de la médecine, dé la chirurgie et de la pharmacie en France (183i), et Lacassagne, De la tnédecine judiciaire (1878).

Académie de médecine. Cette société savante, créée à Paris en 1820, est destinée à éclairer le gouvernement sur tout ce qui concerne la santé publique. Elle a continue les travaux de la Société de médecine et de l'Académie de chirurgie, qui existaient à Paris avant 1789. Elle comprend trois sections : médecine, chirurgie, pharmacie; elle publie des Mémoires, qui ont commencé à paraître en 1828. Il paraît en outre tous les 15 jours un Bulletin de ses travaux. Les mémoires de l'ancienne Académie de chirurgie (1768 à 1798) forment 12 volumes in-4.

Ecoles de médecine. Les écoles de médecine en France sont contemporaines des universités; celle de Paris fut organisée dans la dernière moitié du xin* siècle ; ses statuts furent approuvés par Philippe de Valois en 1331. En 1452 furent organisées les Facultés chargées de conférer les

5 rades. Elles furent supprimées en 1792, et remplacées en 794 par trois écoles dites Ecoles de santé, établies à Paris, à Montpellier et à Strasijourg; celle de Paris fut placée dans le local de l'ancienne Académie de chirurgie, auquel on réunit le couvent des Cordeliers. Ces écoles furent, en 1808, comprises dans l'Université impériale, et la Faculté de médecine fut rétablie. Il n'y avait en France que 3 Facultés de médecine, celles de Paris, Montpellier et Nancy ; on a créé récemment des Facultés à Bordeaux, Lille, Lyon, Toulouse; elles se composent toutes de professeurs titulaires et d'agrégés, ceux-ci nommés au concours. On y enseigne l'anatomie, la physiologie ; la chimie, la physique et l'histoire naturelle médicales ; l'hygiène, la patnologie interne et externe, la thérapeutique et la matière médicale, la médecine opératoire, les accouchements. Une école pratique est annexée à chaque Faculté. — Il y a, en outre, des écoles préparatoires de médecine à Alger, Amiens, Angers, Arras, Besançon, Caen, Clermont, Dijon, Grenoble, Limoges, Marseille, Orléans, Poitiei-s, Reims, Rennes, Rouen, Tours. Ces écoles ne peuvent conférer de grades ; les études qui y sont faites valent auprès des Facultés, mais pour un temps moindre que le temps passé dans une Faculté. Depuis un décret du 31 juillet 1893 qui ne recevra sa pleine application qu'en novembre 1895, 1 inscription aux Facultés ou Ecoles préparatoires de médecine n'est accordée qu'aux élèves munis soit d'une licence es sciences, soit au Certificat d'études physiques, chimiques et naturelles ; pour ce dernier diplôme, un nouvel enseignement a été organisé dans les Facultés des sciences.

Il existe enfin une Ecole spéciale de médecine et de pharmacie inililaires, étabhe à Paris à l'hôpital militaire du Val-de-Gràce, destinée à former des sujets pour le corps de santé de l'armée de terre. Cette école a été réorganisée par les décrets du 15 nov. 1852, du 12 juin 1856 et du 5 oct. 1872; ce dernier a pour objet de faciliter le recrutement du corps de santé ; il établit deux catégories d'élèves, ceux qui sont simplement bacheliers et ceux qui ont des inscriptions valables pour le doctorat. Brest, Toulon et Rochefort ont des Ecoles de médecine navale.

MÉDÉE, 212* petite planète, trouvée le 6 févr. 1880 par Palisa, à Pola. Voy. planètes.

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