‹ Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts ... refondu sous la direction de E. Faguet [et] J. TanneryChapitre 99 sur 1729 · ARCHITECTURE · texte numérisé non relu

ARCHITECTURE

activo du conseil cpisconal. Le litre d'jircliidiacrc n'est connu ijiie depuis le coinilc de Kicée. Voy. uiaciie.

ARCHILOQUIEN (vebs), vers grec dont on attribue l'invention à Arcliiloque, a été souvent employé par les poètes latins. On distingue : V archiloquien proprement dit, composé de 2 dactyles et d'une césure,

Pûlvis et I ûmbrà su | mfts (HoR.);

le grand archiloquien, qui a 7 pieds : les 3 premiers dactyles ou spondées ; le 4", dactyle ; les 3 autres trochées :

Sôlvl.ùr 1 â.rïi hl 1 éms gra | 15 vkê 1 vêiÏJ ] et Fâ j vôuî (U.); le télramèbe archiloquien, qui a les 4 derniers pieds de riiexamètre :

Crâs î:i | gên» île [ râJmùs | œquôr (Hor.).

ARCHIMÈDE (principe i>'). Voy. principe, balance hydrostatique et BAROSCOPE. ARCHIMÈDE (viS I)'). Voy. VIS.

En Mathématiques, quelques auteurs appellent pos^w/atiim d'Archimcae le poslulatum suivant : étant données une quantité A et une quantité a de la même espèce, aussi petite qu'on veut, on peut diviser A en un assez g^rand nombre de parties égales pour que l'une quelconque d entre elles soit plus petite que a.

ARCHINE (mot russe), mesure de longueur usitée en Russie et aussi en Turquie et en Perse, vaut 0 m. 711 : sept archines font environ cinq mètres.

ARCHIPEL. Voy. île

ARCHIPRÊTRE (du préfixe archi, principal, et de prêtre). Ce fut d'abord un prêtre délégué par l'cvèque pour présider l'ollice sacerdotal; c'était ordinairement le plus ancien. Les archiprêtrcs avaient jadis droit d'inspection. Aujourd'hui, dans la plupart des diocèses, ce titre n'est plus qu'une dignité ne chapitre. Aux termes du décret du 11 juin 1811 , il doit être donné au curé d'une église catiiédi'ale.

ARCHITECTE (du gr. àpyiTÉxTwv). 11 ne semble pas que ce nom ait été donné avant le xvi' siècle aux artistes charges de la direction des constructions de bâtiments. L'artiste, l'homme de métier était qualifié de maitre de l'œuvre. Aujourd'hui les connaissances que doit posséder l'architecte sont très variées. C'est à la fois un savant et un artiste. H doit avoir des notions tiiéoriques de tous les arts et de toutes les sciences qui ont un rapport quelconque avec l'architecture. Mais ce qui est absolument indispensable, c'est le dessin. L'architecte diffère de l'entrepreneur en ce sens que le second exécute les constructions d'après les plans et devis fournis par le premier. 11 n'élève pas de construction à forfait. Les honoraires sont ordinairement de 5 pour 100 du montant des travaux. Ils atteignent un taux plus élevé dans des cas particuliers et lorsqu'il dirige des travaux hors de sa résidence habituelle. L'architecte est responsable avec l'entrepreneur des travaux dont il a dressé les plans et devis, pendant dix ans, à partir du jour où les travaux ont été terminés (C. eiv.. art. 1792,^3, 2103, 2271). — Pour l'indication des plus célèbres architectes, voy. architecture.

ARCHITECTONIQUE (du gr. dpxixsxTovixr,), art de la construction; se prend le plus souvent comme synonyme à' architecture. Voy. ce mot.

ARCHITECTURE [d'architecte), art de bâtir suivant des règles et des proportions convenables. On distingue : l'.^. civile, qui a pour objet la construction des édifices propres aux usages (le la vie, tels que maisons, palais, temples, llicàtres, etc.; VA. militaire, qui est une branche de la science des fortifications; 1'^. navale, qui a pour objet la ccnstruclion des navires, ports, arsenaux, etc. L'architecture civile admet elle-même une foule de divisions, par exemple : VA. religieuse, VA. rurale, VA. hydraulique, etc. — Considérée sous le rapport de l'art, l'architecture classique athnet 5 ordres, qui se distinguent par la forme, la proportion et l'ornementation des colonnes ou de l'entablement : le dorique, Vionique, le corinthien, le toscan, le composite. Voy. ORDRE. — Presque tous les peuples ont eu leur arcliiteclnre, qui est, jusqu'à un certain point, l'expression de leur civilisation. L'arc-liiteclure de l'antique Egypte et celle des Assyriens ont pour caractères la solidité et la grandeur colossale des monuments. L'architecture des Indiens otlre le même type : leurs temples ou pagodes sont taillés dans le roc; leurs monuments se font remarquer d'ailleurs par le luxe des figures et des divinités allégoriques. L'architecture chinoise, invariable depuis des siècles, est

reconnaissable à ses toits terminés en pointe, qui rappellent les tentes et les pavillons légers qui lui ont servi de type. La Grèce fut, surtout au temps de Périclès, le siège de la plus belle architecture : c'est à elle que nous devons les 3 ordres principaux (dorique, ionique et corinthien). En Italie, les Etrusques introduisirent l'ordre toscan, qui dérive de l'ordre dorique. Les Romains, tout en adoptant les ordres des Grecs et des Etrusques, y ajoutèrent l'ordre composite, mélange judicieux des précédents; l'architecture prit chez eux un grand développement, et atteignit son apogée sous Auguste. Comme tous les arts, elle fut prestjue anéantie par les barbares. — L'architecture du moyen âge est, du VI' au xi° siècle, connue sous le nom A' A. romane. Les modifications apportées par chaque peuple à l'arcliitecture ancienne formèrent d abord le vieux gothique, que l'on distingua, selon le pays, en A. lombarde, A. sa.ionne, A. normande, etc. Les arts de l'Orient, en se mêlant au vieux gothique, formèrent le style byzantin ou A. byzantine, remarquable par une plus grande élévation dans les arcs et par la substitution des voûtes aux plafonds plats. lu' A. arabe, venue d'Espagne, remplaça bientôt le style byzantin et apporta en France ses colonnettes, ses pierres découpées, ses murs à jour et un grand luxe d'ornements fantastiques (arabesques). L'A. sarrasine ou gothique moderne, ou simplement gothique, se forma ensuite du mélange du vieux gothique et du style byzantin avec l'architecture arabe et moresque : peu à peu on y vit dominer l'ogive, les formes aiguës et anguleuses, et les ornements se multiplièrent à rinlini [Voy. gothique). — Cependant l'Italie, au xv= siècle, lit revivre le goût de l'arclutccture antique, et amena la Jienaissance. Auj. c'est l'éclectisme le plus complet qui règne dans l'architecture. — Parmi les principaux architectes, nous citerons dans l'antiquité : Agamède et Trophonios, qui érigèrent le temple d'Apollon à Delphes ; Ctésiphon et Métagène, qui bâtirent le temple de Diane à Ephèse; Antimacliide, qui, avec Antistate, Calleschros et Porinos, fut chargé de bâtir le temple de Jupiter Olympien; Charès, qui érigea le colosse de Rhodes; Iclinos et Callicrate, qui dressèrent, sous la direction de Phidias, les plans du Parlhénon d Athènes; Satiros et Pitée, qui érigèrent le fameux tombeau de Mausole ; Dinocratc, contemporain d'Alexandre ; enfin \'itruvc, le seul des anciens qui nous ail laissé un traité complet d'architecture. Viennent ensuite : Apollodore, qui construisit le fameux jwnt du Danube, et à Rome le Temple et le Forum de Trajan ; Anthémius, qui, avec Isidore de Milet, fut chargé par Juslinicn de la construction de l'église de Ste-Sophic, à Conslantinople; Arnolfo (di Lapo) et Brunellcschi, auxquels Florence doit sa cathédrale ; Alberli, le principal promoteur, avec Brunelleschi, de la Renaissance italienne, et auteur d'un traité d'architecture ; le Bramante, qui s'immortalisa surtout dans la construction de la basili(jue de Saint-Pierre, achevée par Michel-Ange ; Palladio, qui éleva le palais des doges à Venise ; Vignole, à qui l'on doit un Traité de perspective et un Traité des cinq ordres encore classique; Inigo Jones, le Vitruve de l'Angleterre, et Christophe Wren, qui reconstruisit la basilique de St-Paul à Londres ; en France, Robert de Luzarches, qui construisit la cathédrale d'Amiens; Pierre de Montereau ou de Montreuil, auquel on doit la Ste-Chapelle, élevée en 1240, par les ordres de St Louis ; Erwin de Steinbach, qui éleva la cathédrale de Strasbourg, en 1277; Jean de Chelles, qui fit vers 1260 les portails latéraux de N.-D. de Paris; Pierre de Corbie. constructeur de plusieurs églises en Picardie ; puis, Philibert Delorme, Pierre Lescot, P. Chambiges, J. Bullant, De Brosse, Perrault, Mansart, Servandoni, Soufflot, Rondelet, Gabriel, Brongniarl, Chalgrin, Huvot, Percier, Fontaine, Visconli, Yiollet-le-Duc, Baltard, Labrouste, Duc, Duban, L. Yaudoyer et, parmi les contemporains, Espérandieu, Davioud, Coquart, Ch. Garnier, André, Vaudremer, Daumet, Ballu, Baudot, Bœswillwald, etc. — Ouvrages à consulter, outre les traités ci-dessus : le Livre d'architecture d'Androuet du Cerceau ; les Cours d'architecture de Blondel, de d'Aviler, de Durand ; le Traité de l'art de bâtir de Rondelet; le Traité d'architecture de l\. L. Reynaud (1851); les Dict. d'architecture de Roland le Virloys, de Quatremèrc de Quincy, de Nicholson, Fléchet, J. Bnlton, Berty, E. Bosc, etc. : les Histoires de l'architecture de Th. Ilope, de Freeman, de D. Ramée; les Monuments anciens et modernes, de Gailhabaud; V Art monumental dans l'antiquité et au moyen âqe de L.Batissier; \e Dict. de l' architecture française, de Viollet-le-Duc ; la Revue générale de l'architecture

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