MÉNAGE
,ions intellectuelles dont elles dépendent sont : 1° Vatlen- 'ion au moment où l'objet est connu et où sa notion est [^produite; 2° la répétUion de l'acte par lequel l'objet îst connu; 3» Vassocialion des idées {Voy. ce mot) : p. îx., pour apprendre des vers par cœur, il faut les lire ivec attention, répeter cet acte à plusieurs reprises, et issocier les mots dans l'ordre où ils sont lus, de telle sorte lue le premier rappelle celui qui vient après lui, et ainsi le suite. Ces trois choses dépendent de la volonté : il en •csulte que la mémoire peut être augmentée par l'exercice ;t aidée par l'art [Voy. attextiox, xnéxoniqce). En outre, •omme l'association des idées présente d'assez grandes litrérences selon les esprits, il y a plusieurs espèces de ncmoircs : mémoire des choses, des mots, des lieux, etc. ; ;lles sont assez distinctes pour que l'on perde l'une tout ;n conservant les autres. — La mémoire est aussi soumise i l'inlluence des causes physiques : les excès l'alTaiblissent, me maladie l'altère, ime attaque de paralysie peut la iétruirc. De là ^ient qu'elle varie selcm les âges et les ndividus.
Un a fait, pour expliquer la mémoire, des hypothèses inalogues à celles auxquelles a donné lieu la pierception ixternc. Démocrite et Epicure sup})osent que le souvenir ;st une image conservée par le cerveau. Platon, dans le r/iéétète, comjMire la mémoire à une tablette de cire où lous imprimons, comme avec un cachet, toutes les choses |ue nous avons vues ou entendues ou pensées de nousnèmes ; par suite, nous nous souvenons de tout ce qui y a ité empreint, tant que l'image en subsiste, êl lorsqu'elle !st effacée ou qu'il n'a pas été possible qu'elle s'y gravât, lous l'oublions et nous ne le savons pas. Cette compaaison, employée aussi par Aristote, qui rattache la némoire à l'imagination [Voy. perception), est devenue a formule propre de l'Empirisme qui assimile l'âme à me table rase [Voy. empirisme). Les Stoïciens s'en serrirent eu professant que la sensation est, dans le sens )ropre, une image imprimée dans Vàme et que le sourenir est \a permanence de cette empreinte. Plotin [Enn. H, 1. VI, 2; Enn. IV, 1. m, 26, et \. vi, 5) a réfuté cette erreur en étabhssant que la perception n'est pas une limpie motlification passive de l'âme, encore moins une mage corporelle, mais un acte intellectuel ; par suite, que e souvenir est la conservation et la reproduction de cet icle, ce qui explique l'inlluence de l'exercice et celle de 'association des idées. Cette théorie a été développée par >t Augustin [Confessions, X, 8), par Boëce [Consolation ie la philosophie, V, 8, 9) et, dans les temps modernes, )ar Leibniz [Nouveaux Essais, II, 10), etc. On a aussi d'expliquer la mémoire par des hypothèses physiolo- : les Cartésiens par celle des esprits animaux; y et Bonnet, par le renouvellement des vibrations pi lis attribuent aux fibres cérébrales, etc. Plus récemnent. on a vu dans la mémoire une habitude, soit de l'esprit, soit du cerveau : en ayant une fois pensé à une ;hose, l'esprit ou le cerveau prendrait l'habitude d'y jcnser, quand des circonstances analogues à celles qui ivaicnt produit une première fois cette pensée se rcproluiraient. — Consulter, outre les auteurs déjà nommes, \rislote, De la mémoire et de la réminiscence : Reid, CEuvres (IV, p. 51 : Royer-Collard, Fragments; Garnier, Traité des facultés àe l'âme; Rabier, Psychologie.
Voy. KÉMINISCENCE. IMAGINATION.
Les anciens avaient divinisé la Mémoire sous le nom de MiK'nii>syne, mère des Muses.
Mémoire artificielle. Voy. mnémonique.
MKMuiRE. Dans la Liturgie, on ap|)elle ainsi la commémoration d'un saint dans l'office du jour, et la prière dans laquelle on fait celte commémoration. Voy. co.mmémo-
RAISOX.
En Procédure, on appelle mémoire la pièce ou requête par laquelle une partie expose sa demandîe ou sa défense et qui doit être signée quelquefois d'un avocat ou d'un avoué : l'avocat ou l'avoué qui auraient apposé leur signature au bas d'un mémoire outrageant pour la magistrature pourraient être l'objet de mesures disciplinaires. On cite comme monuments de l'éloauence judiciaire les Mémoires do Pellisson, de Lally-Tollendal, de Beaumarchais, de Mirabeau, etc.
En termes de Comptabilité, on appelle aussi mémoire tout état de ce qui est dû, présenté par un entrepreneur ou un fournisseur à son débiteur. Ceux de ces mémoires <|ni se rappfirtent aux divers travaux de construction sont
1 soumis à la vérification des architectes. — L'état donné 1 par un officier ministériel des frais qui lui sont dus prend I aussi le nom de mémoire. — Voy. facture. I MÉMOIRES. En Littérature, on donne ce nom aux rel»j lions historiques écrites par ceux qui ont eu part aux I événements qu'ils racontent ou qui en ont été témoins oculaires. L'Anabase de Xénophon et les Commentaires I de César sont les plus anciens mémoires. La France est I riche en écrits de ce genre : les Mémoires de Comines, j de Sully, du cardinal de Retz, de St-Simon, sont célèbres. On a publié diverses collections de Mémoires relatifs à l'histoire de France ; les principales sont Idues à MM. Guizot (1825-27), Buchon (1824-29), Petitot I (1819-27), Michaud et Poujoulat (1836 et suiv.), Berville et Barrière (1820-26). M. Guizot a donné, en outre, les Mémoires relatifs à l'histoire d Angleterre. En Allemagne, Schiller a publié une collection de Mémoire* historiques depuis le xii« siècle jusqu'à lui (léna, 1790- 1806).
On a donné aussi le nom de Mémoires : !• aux écrits dans lesquels l'auteur ne s'attache qu'aux faits qui lui sont personnels, comme les Mémoires du comte de Grammont, les Mémoires de Marmontel, les Confessions de J.-J. Rousseau : on les nomme aussi autobiographies ( Voy. ce mot) ; — 2» à tous ces recueils d'anecdotes, vraies ou fausses, publiés sous le nom de quelque pei-sonnage marquant, comme les Mémoires du cardinal Dubois, ceux de Mme Du Darry, les Souvenirs de Mme de Créqui, les Mémoires d'une contemporaine, etc.
On nomme encore Mémoires des dissertations sur un objet scientifique ou littéraire, destinées à être lues devant une académie ou un corps savant. Il a été fait de ces mémoires de précieux recueils, parmi lesquels les Mémoires de V Académie des sciences et ceux de l'Académie des inscriptions et belles-lettres occupent le premier rang. Des Tables, faites avec soin, facilitent les recherches dans ces volumineuses collections : les plus récentes et les plus complètes, pour les Mémoires de l'Académie des inscriptions, ont été publiées par MM. de Rozière et Châtel (Durand, 1855 et suiv.). — Les Transactions philosophiques de la Société Royale de Londres, les Acta ei-uditorum de l'Allemagne, sont des recueils analogues.
■MÉMORANDUM (en latin, ce qu'on veut retour, ou faire retenir). On appelle ainsi, dans le Droit des gens, une espèce de note diplomatique contenant l'exposé sommaire de l'état d'une question, avec la justification de la position prise par un cabinet, et des actes qui en sont émanés, loy. note.
MÉMORIAL du lat. memoriale). Ce mot est souvent synonyme de Mémoires. Le Mémorial de Sainte-Hélène, de Las Cases, rentre dans cette catégorie. Souvent aussi il indique un placet, ainsi que ces mémoires diplomatiques des cours de Rome et d'Espagne, qui servent à l'instruction d'une affaire. — Beaucoup de journaux français, surtout dans les départements, portent aussi le titre de Mémorial.
Les commerçants et les banquiers appellent mémorial le livre journal sur lequel ils inscrivent leurs affaires quotidiennes au fur et à mesure qu'elles sont conclues. — Les registres de la Chambre des comptes où étaient transcrites les lettres patentes des rois de France s'appelaient les mémoriaux.
MÉNACANITE, variété à'Ilménite [Voy. ce mot). MENACES du lat. minacise [PlauteJ, de minari, menacer). 0 Quiconque aura menacé, par écrit anonyme ou signé, d'assassinat, d'empoisonnement ou de tout autre attentat contre les personnes, sera puni de la peine des travaux forcés à temps, dans le cas où la menace aurait été faite avec ordre de déposer une somme d'argent dans un lieu indiqué ou de remplir toute autre condition. — Si la menace n a été accompagnée d'aucun ordre ou condition, la peine sera de 2 ans au moins et 5 ans au plus, et d'une amende de 100 à 600 fr. — Si la menace faite avec ordre a été verbale, le coupable sera puni d'un emprisonnement de 6 mois à 2 ans et d'une amende de 25 à 300 fr. », etc. (C. pén., art. 505-308).
MÉNAGE (du b.-lat. masnalicum, dérivé de mansio, demeure), gouvernement domestique qui embrasse tout ce qui concerne la dépense et l'entretien d'une famille. Le ménage ou l'administration de la maison était, chei les anciens, l'obiet d'un art spécial qu'ils appelaient VEco-