‹ Dictionnaire universel des sciences ecclésiastiquesChapitre 1105 sur 1220 · I. INDIENS', peuple. Voy. Inde , n» I · texte numérisé non relu

I. INDIENS', peuple. Voy. Inde , n» I

II. INDIENS, Ordre religieux qui, d'après François Modius , était une branche de celui du Carmel; il en rapporte l'institution à l'an 1506. On croit qu'on donna à cet Ordre religieux le nom â: Indiens , parce qu'ils avaient pris la résolution d'aller dans les Indes pour convertir les idolâtres. Voy. Franc. Modius, De Orig. Ord. cccles. Le P. Hélyot, Hist. des Ord. monast., tom. I, p. 340

I. INDIFFÉRENCE, indétermination. On en distingue de deux sortes : Vactive et la passive. L'indilïerence active est le pouvoir de se déterminer soi-même, et l'indiirérence passive est le pouvoir d'être déterminé. Voy. Bergier, qui, dans son Diction, de théol., réfute les erreurs des philosophes et des pélagiens touchant Vindiffërence.

IL INDIFFÉRENCE MYSTIQUE ou SAINTE INDIFFÉRENCE, anéantissement de tout désir intéressé et de toute volonté propre , de sorte que l'âme ne veut plus rien pour soi ni par son propre mouvement , mais elle ne veut que pour Dieu , et par son attrait.

III. INDIFFERENCE RELIGIEUSE ou EN MATIÈRE DE RELIGION. Elle consiste à soutenir que toutes les religions sont également bonnes; que l'une n'est ni plus vraie ni plus avantageuse aux hommes que les autres ; qu'on doit laisser à chaque peuple et à chaque particulier la liberté de rendre à Dieu tel culte qu'il lui plaît , ou même de ne lui en rendre aucun s'il le juge à propos. Voy. Bergier, Diction, de théol. Le Diction, de la théol. cathol. L'Encyclop. cathoL, Supplém.. où on reproduit l'article de Bergier.

INDIFFÉRENTS ou INDIFFÉRENTISTES, TOLÉRANTS , noms que l'on donne aux partisans de l'indifférence religieuse. Ce sont aussi les noms que les luthériens d'Allemagne en particulier donnent à ceux qui reçoivent indif-

féremment toutes les confessions de foi , et qui disent qu'on peut se sauver dans toutes les religions. Voi/. l'art, précédent.

INDIGNÉ , INDIGNITÉ. 11 y a des indignités qui rendent les ecclésiastiques incapables d'acquérir ou de posséder des bénétices. Or, les indignes sont ceux qui se rendent coupables de lèse-majesté divine et humaine , d'assassinat, de faux , de simonie , d'homicide , de blasphème , etc. Voy. Rebuffe , In titulo Poenœ contra collatores indignis conferenles , et Compar. Incapables.

INDISSOLUBILITÉ DU MARIAGE. L'indissolubilité est le plus important des effets du mariage. Rien ne le peut dissoudre quand il a été légitimement contracté. La parole de Jésus- Christ est formelle ; elle ne saurait être plus précise et plus claire ; car, après avoir rappelé aux pharisiens l'origine divine du mariage, le Sauveur leur dit : Ce que Dieu donc a uni, que l'homme ne le sépare point. De là l'enseignement constant et unanime des Pères de l'Église, des conciles, des théologiens catholiques en faveur de cette indissolubilité. Ainsi tous les arguments (plus spécieux que solides) faits par des hommes même de bonne foi , ne devront jamais prévaloir contre de pareilles autorités. Voy. Matth., XIX, 3 et suiv., et le Traité du mariage dans les théologiens.

INDULGENCE, mot dérivé du verbe indulgere, faire grâce, qui est la même chose que remittere, c'est-à-dire remettre, pardonner, accorder grâce, d'où vient remissio ou rémission, remise, pardon ; c'est pourquoi Alexandre III a appelé les indulgences remises ou rémissions (remissiones), terme que l'Église a emprunté à l'Écriture sainte même. L'indulgence est la relaxation ou la remise de la peine temporelle due aux péchés, même pardonnes quant à la coulpe et à la peine éternelle. Les indulgences sont fondées sur le trésor infini des mérites de .lésus- Christ et sur les mérites de la très-sainte Vierge et des saints, qui peuvent nous être appliqués en vertu de la communion des saints. L'Église, par le pouvoir qu'elle en a reçu de ,lésns-Christ, en fait l'application aux lidèles. Les indulgences se divisent en plénières et non plénières ou partielles. L'i«dulgence plénièrc est celle par laquelle on obtient la rémission de toute la peine temporelle due au péché, soit en cette vie, soit en l'autre, lorsqu'on a le bonheur de la gagner pleinement; l'indulgence non plénicre ou partielle ne remet qu'une partie de la peine temporelle due au péché, comme les indulgencesde plusieurs jours, de plusieurs semaines, etc.; c'est-à-dire que ces sortes d'indulgences remettent autant de jours ou d'années de pénitence qu'on en devait faire selon les anciens canons pour les péchés qu'on avait commis. Voy., outre le Traité de la Pénitence dans les théologiens, le concile de Trente, sess. XXV, Décret, de Indulgent. Bellarm., De Indulgentiis et Jubilceo libri II. Amort.,De Oriqine,progressu, vulore ac fructu Indulgentiarum. Bergier, Diction, de théol., où sont réfutées les objections des protestants. Le Diction, ecclés. et canon, portatif. L. Ferraris , Prompta Biblioth., art. Indulgentia, où toutes les questions et la plupart des pièce.s relatives aux indulgences se trouvent réunies. Gaet.Moroni, v.XXXlV, p. 267 et suiv. Richard et Giraud , qui traitent en huit paragr. : Du nom et de la nature des indulgences ; Des différentes sortes d'indulgences ; De la vertu et des effets des indulgences ; De l'existence ou de lu vérité et du fondement des indulgences : Des causes des indulgences : Du sujet des indulgences; Des conditiona et dispositions nécessaires pour

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gagner les indulgences ; Des abus des indulgence?.

INDULT, grâce accordée par bulles du pape à une communauté ou à une personne pour en faire obtenir quelque chose contre le droit commun. On divise les induits en actif»- et en passifs : les premiers consistent, dans le pouvoir de nommer, conférer et présenter librement aux bénéfices établis par les réserves et les règles de la chancellerie apostolique; les seconds consistent dans le pouvoir de recevoir des bénéfices et grâces expectatives. Les induits actifs se divisent en ordinaires et en extraordinaires; les ordinaires sont ceux qui s'accordent aux cardinaux et coUateurs pour conférer les bénéfices dépendants de leur collation, sans pouvoir être prévenus, durant les six mois que le concile de Latran leur accorde; les extraordinaires sont ceux que le pape accorde aux ecclésiastiques et aux souverains qui ne sont pas collateurs. Voy. Richard et Giraud. Le Diction, ecclés. et canon, portatif, et tous les canonistes.

INDULTAIRE, celui qui a un induit, qui requiert un bénéfice en vertu d'un induit. L'indultaire devait, lors de la nomination du roi, être clerc tonsuré, et, lors de la réquisition, il devait avoir les anties qualités nécessaires pour posséder le bénéfice requis; il n'était pas obligé de signifier son induit au coUateur dans l'année, à compter du jour de la nomination du roi, parce que cette nomination était perpétuelle; il devait faire signifier ses lettres d'induit au patron ou collaleur par un notaire apostojique et deux témoins, ou par deux notaires apostoliques; et, après cette notification, il devait dans les six mois de la vacance requérir les bénéfices qui venaient à vaquer. Voi/, Cochet de Saint- Vallier et Regnaudin, Traités de l'induit. Gibert, Instit. eccl. et benef., p. 505. De la Combe, Recueil de jurisprud. canon., au mot Indult. Mém. du clergé, tom. II, p. 844; tom. II, p. i336, etc. François Pinsson, liotes sommaires sur les Induits accorde's, etc. Durand de Maillane, Diction, de droit canonique. Richard et Giraud. Le Diction, ecclés. et canon, portatif, à l'art. Indult, et Com-

par, IXDLLT,

INDUT (Indutus), revêtu ; nom donné dans le diocèse de Paris aux clercs qui assistent à la messe revêtus d'une aube et d'une tunique, pour servir le diacre et le sous-diacre.

INEFFABLE, terme de théologie qui signifie ce qui ne peut ni se comprendre ni s'exprimer, comme les perfections de Dieu et les mystères de la religion.

INÉGALITÉ. Une des objections que font ordinairement les déistes contre la révélation, est que si Dieu accordait à un peuple quelconque des lumières, des grâces, des secours de salut qu'il refuse aux autres, cette inégalité serait une injustice. Si les déistes étaient conséquents, ils devraient prétendre aussi, comme les athées, que l'inégalité des dons naturels ne peut être l'ouvrage dun Dieu juste, sage et bon, que c'est l'effet du hasard; qu'ainsi l'existence et la providence de Dieu sont de pures chimères; car on ne voit pas pourquoi l'inégalité dans la distribution des grâces et des secours surnaturels dérogerait plutôt aux attributs divins que cette même inégalité dans l'ordre de la nature. Saint Augustin soutient avec raison, contre les Pélagiens, que les dons naturels, soit du corps, soit de l'àme, sont également gratuits, également dépendants de la bonté seule de Dieu. Or dans cette répartition inégale, il n'y a point d'aveugle prédilection, puisque Dieu sait ce qu'il fait et pourquoi il le fait, sans être obligé de nous en

rendre compte; point de partialité, puisque Dieu ne doit rien à personne, et que ses dons, soit naturels , soit surnaturels , sont également gratuits; point de haine ni de malice, puisque Dieu fait du bien à tous, n'abandonne, n'oublie, ne délaisse absolument personne. Ne serait-il pas absurde de prétendre qu'un bienfait moindre (^u'un autre est l'effet de la haine et de l'injustice? Les déistes, dans leur objection, raisonnent comme si les grâces que* Dieu accorde à tel peuple diminuaient la portion qu'il destine à un autre et lui portaientpréjudice. Erreur manifeste. La révélation, les connaissances, les secours que Dieu a daigné accorder aux Juifs n'ont pas plus dérogé à ce qu'il a voulu faire en faveur des Chinois, par exemple, que les grâces départies à saint Pierre n'ont nui à celles qu'il destinait à saint Paul. A la vérité, Dieu nous a fait connaître ce qu'il a opéré en faveur des Juifs, et il ne nous a pas révélé de même ce qu'il a accordé ou refusé aux Indiens et aux Chinois; mais avons-nous besoin de le savoir? L'Écriture sainte nous assure que Dieu a soin de tous les hommes, qu'il les gouverne et les conduit tous, que ses miséricordes sont répandues sur tous ses ouvrages. Ces considérations sont plus que suffisantes pour montrer qu'il y a de la témérité et de l'injustice à traiter Dieu d'injuste parce qu'il départit ses dons naturels ou surnaturels d'une manière inégale.

INFAILLIBILISTES. Voy. Inf.\illibilité, n» II.

I. INFAILLIBILITÉ DE L'ÉGLISE. Être doué de l'infaillibilité, c'est avoir le privilège de ne pouvoir se tromper soi-même et de ne pouvoir tromper les autres en les enseignant. C'est dans ce sens que l'Église catholique possède l'infaillibilité, et c'est de Jésus-Christ lui-même qu'elle a reçu ce privilège. Les sectes hétérodoxes soutiennent que le corps actuel des pasteurs ne jouit pas de l'infaillibilité, et qu'ainsi il peut se méprendre sur la vraie doctrine de Jésus-Christ, l'altérer, et induire ainsi les fidèles en erreur. Mais un pareil sentiment est lui-même une véritable méprise et une altération manifeste des paroles si précises et si formelles de Jésus- Christ : Et voici que je suis avec vous tous les jours jusqu'à la consommation du monde (Matth . , xxviii, ^); car le texte sacré ne saurait avoir un sens raisonnable si on entendait ici le mot grec aïôn autrement que du monde, de Vunivers. D'ailleurs, s'il y avait dans ce mot quelque amphibologie, elle' disparaîtrait devant ces autres paroles du Sauveur : Tu es Pierre, et sw cette pierre je bâtirai mon Eglise, et les portes de tenfer ne prévaudront point contre elle (Matth., xvi, 18). Que signifieraient des promesses aussi formelles et aussi solennelles, si elles avaient dû n'avoir d'effet que pour la personne et pendant la vie des apôtres? Voy. le Traité de l'Église dans nos théologiens. Voy. aussi nos apologistes ; il n'en est pas un seul qui n'ait donné de linfaillibilité de l'Église des preuves qui ferment la bouche à tous ses adversaires.

II. INFAILLIBILITÉ DU PAPE. Ceux qui croient à l'inlaillibilité du pape, c'est-à-dire tous les catholiques du monde, moins quelques Français, sont appelés infaillihilistes. Cette infaillibilité se prouve par les mêmes arguments (jue l'on emploie pour prouver l'infaillibilité de l Église; et toutes les difficultés qu'on y oppose retombent de tout leur poids sur l'autorité infaillible de l'Église. Il est vrai que l'infaillibilité de l'Église est un article de foi, et que l'infaillibilité du pape n'a pas été érigée en dogme ; ce qui éla-

1 blit une bien grande différence. Mais il faut con-

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sidérer que cette différence n'existe seulement que pour la croyance ; car dans la pratique elle s'eflace entièrement; dans la pratique, en effet, on ne reconnaît que la maxime de saint Ambroise : Là où est le pape, là est l'Église; nous en avons une preuve entre bien d'autres, dans ce qui s'est passé en 1801 , lorsque Pie VII demanda aux évèques de France la démission de leurs sièges. 11 est vrai encore que l'assemblée du clergé de Franc», en 1082, a déclaré que « dans les questions de foi, le souverain Pontife a la principale part, et que ses décrets concernent toutes les Eglises; mais que son jugement n'est pas irréformable jusqu'à ce .qu'il soit confirmé par l'acquiescement de l'Église. » Cette dernière considération est une puérilité, pour ne rien dire de plus. Comment, dans cette nombreuse et savante assemblée, ne s'est-il pas trouvé un seul membre qui ait fait observer que l'acquiescement de lÉglise universelle était déjà acquis à tout décret émané d'un souverain Pontife, dès qu'il était promulgué et avant tout examen, puisque YÉg/ise gallicane était la seule dans le monde catholique qui se crût en droit de suspendre son adhésion? Voy. le card.Litta, Lettres sur les quatre articles dits du clergé de France. Joseph de Maistre, dans son ouvrage Du Pape. Il y a assurément dans cet ouvrage des choses que n'oserait avouer un théologien de profession, mais on y trouve une foule de considérations en faveur de l'infaillibihlé du pape qui sont sans réplique ; nous regrettons vivement que les limites qui nous sont imposées ne nous permettent pas de les reproduire. Bergier, à l'art. INFAILLIBILISTES, auquel les nouveaux éditeurs ont ajouté les Lettres XIX et À'A' du card. Litta.

INFAMES. Les in/dme*, en général, sont ceux qui se trouvent notés de quelque infamie. Voy. Infamie.

INFAMIE (L') est la perte de l'honneur et de la réputation. On la distingue en infamie de fait et en infamie de droit; la première s'encourt par ceux qui commettent des actions déshonolantes par elles-mêmes; la seconde est celle qui résulte d'un jugement et d'une condamnation. L'une et l'autre rendent un homme irrégulier pour les ordres et pour les bénéfices. C'est une maxime que tous les péchés qui rendent infâme selon le droit civil , rendent aussi infâme selon le droit canonique. Les marques générales par lesquelles on juge que les péchés rendent infâme selon le droit canon, sont : 1» s'ils sont capitaux ou dignes de mort; 2° s'ils sont punis d'excommunication majeure ipso facto; 3" s'ils excluent de l'accusation et du témoignage; 4° s'ils rendent irréguliers. Mais l'irrégularité causée par l'infamie cesse : 1" par le rétablissement de l'infâme en son honneur; '2" par la justification ; 3" par la pénitence ; 4" par le renoncement à la profession qui rendait infâme ; 5" par le laps du temps. Le pape seul peut dispenser quand il s'agit de Yinfamie de droit; l'évêque ne peut dispenser que pour Yinfamie de fait; et encore ce pouvoir lui est contesté par quelques théologiens. Voij. L. Yeriaris, Prompta hibliotli., où on trouve les citations de droit canon que nous n'avons pas faites. L'abbé André , Cours alphabet, de droit canon,

INFANTICIDE, meurtre d'un enfant. Ce crime est réprouvé par la loi de Dieu , qui défend en général toute espèce d'homicide : le précepte tu ne tueras point ne distingue ni les âges ni les sexes. L'Écriture sainte regarde comme abominable la malice d'un homme qui trompe l'intention de la nature dans l'usage du mariage; à

plus forte raison condamne-t-elle la cruauté de

celui qui ôte la vie à un enfant, soit avant, soit après sa naissance. Foy. Bergier, qui, dans son Diction, de théol., fait de justes réflexions en comparant le sort des enfants chez les chrétiens à celui des enfants dans les familles païennes.

INFÉODATION , acte par lequel le seigneur aliénait une terre pour être tenue en fief. Presque tous les anciens canonistes traitent de l'inféodation relativement aux dimes. Or c'est une règle, suivant le droit canonique, que les laïques sont incapables de jouir du droit de percevoir les dîmes ecclésiastiques. Les auteurs qui considèrent les dîmes comme un droit tout spirituel, disent que l'évêque même ne peut, contre cette incapacité, en donner à des laïques, à moins qu'il ne s'agisse de délivrer son église d'une oppression tyrannique. Selon eux, il n'y a que le pape qui puisse concéder à des laïques le droit de percevoir les dimes ecclésiastiques, et les possessions même au titre d'une inféodation antérieure au concile de Latran ne sont pas une preuve contraire à cette incapacité : Laici nec unte necpost concilium Lateranense fw^runt decimarum capaces. Il faut remarquer que le pape Alexandre III lit rendre au concile de Latran tenu sous son pontificat, l'an 1179, le décret suivant : Prohibemus ne laici décimas cum animarion suarum periculo detinentes , in alios laicos possint aliquo modo transferre. Si (mis vero receperit et Ecclesiœ non reddiderit, christiana sepultura privetur. A l'époque de la révolution de 1789, beaucoup de laïques possédaient des dime's inféodées. Voy. le droit canon, C. Quia sacerdotes, 10, qu. 1; C. Décimas, 16, qu. "7; C. Causa7n, de Prœscript.; C. fin. de Rerumper' mut; C. % de Jtidic; glos.communis, in C. Quamvis, de Decimis. Le conc. de Latran, cap. xix, de Decimis. Fagnan , in c. Cum apostolica de His quœ fiunt a prœ/aMlebufle, rfe Decim, cap. vu, qu. 13. Guipape, decis. 61. Moneta, de Decim, c. V, qu. 4, n. 57.

INFÉRAINS (Inferani) ou SÉPULCRAUX, sorte de luthériens qui niaient la descente de Jésus-Christ aux enfers quant à l'âme, disant qu'il n'y était descendu que quant au corps.

INFERNAUX, nom donné aux disciples de Nicolas Gailus et de Jacques Smidelin, qui vivaient au xvi" siècle ; ils prétendaient que Jésus- Christ descendit aux enfers après sa mort, où il souffrit tous les tourments qu'éprouvent les damnés. Voy. Bergier, Diction, de théol.

INFIDÈLE, celui qui n'admet ni le baptême ni les autres mystères du christianisme. Les infidèles ne peuvent faire aucune action méritoire de la vie éternelle , parce qu'ils n'ont pas la grâce sanctifiante , qui peut seule donner ce mérite aux actions humaines; mais il est faux de dire que toutes les actions des infidèles sont des péchés. C'est une erreur qui a été justement condamnée par l'Église dans Baïus et ses partisans. Cette erreur tenait à une autre par laquelle ils soutenaient que Dieu n'accorde aucune grâce intérieure aux infidèles pour faire le bien, et que la foi est la première grâce ; nouvelle erreur qui a été condamnée de même. Bergier a très-bien réfuté l'une et fautre. On peut communiquer avec les infidèles, pourvu que ce ne soit pas dans les choses de la religion , et que cette communication ne soit ni dangereuse ni scandaleuse. Voy. saint Thomas, 2. 2., q. 10, art. 4, et art. 8, in corp. Pontas, au mot Infidélité. L'abbé André, Cou7's alphabet, de droit canon.

INFIDÉLITÉ (Infidelifas), terme qui signifie, à proprement parler, la fausse religion de ceux

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qui n'admettent pas le baptême ni les autres mystères du christianisme. On la divise en infid élite négative et en infidélité positive. La première est celle de tontes les personnes à qui la foi n'a pas été suflisamment annoncée pour qu'elles aient pu croire ; la seconde est celle de toute personne à qui la foi a été suflisamment annoncée pour croire, mais qui ne l'a pas voulu par mépris ou par négligence. L't«^r/tVeY^ négative n'est pas un péché, c'est seulement la peine du péché originel. Voy. l'abbé André, Cours alphabet, de droit canon, au mot Infidèle.

INFINI , mot qui signifie qui n'a ni commencement, ni tin, ni bornes, en quelque genre de perfections que ce soit, mais qui les possède toutes au suprême degré. Dieu seul est inlini.

INFINITÉ , qualité de ce qui est infini. Voy. Dieu.

I. INFORMATIONS. Les informations contre un ecclésiastique accusé de crimes pouvaient être faites sans abus par le juge d'église ailleurs que dans l'oflicialité. Au cas de revendication des clercs par les promoteurs des ofïicialités et de renvoi pour le délit commun, les informations et autres procédures faites par le juge royal devaient subsister selon leur forme etteneur. De même, les informations faites par le juge d'église avant que le juge royal eût été appelé, subsistaient en leur force et vertu, à la charge que les témoins fussent recelés par le juge royal. Voy. les Mém. du clergé, tom. VII, p. 424-433; tom. VIII , p. 673 et suiv.

IL INFORMATIONS des vie, mœurs et doctrine de ceux qui sont nommés aux évêchés et aux autres bénéfices consistoriaux. Quant aux évêchés d'Italie , Clément VII a réglé que ceux qui seront nommés seront examinés à Rome par la Congrégation ou par les prélats; relativement à ceux de France et d'Espagne, que l'examen sera fait, ou en présence des prélats, ou en présence du nonce , des patriarches , archevêques, évêques et autres personnes capables qui auront un pouvoir spécial du pape. Voy. De la Cornbe , Recueil de jurisprud. canon., au mot Information. Mém. du clergé, tom. X, p. 574, 58-2, 583, 5S8. Richard et Giraud.

INFRA ACTIONEM, mots qui précèdent le Communicantes, et qui ont la même signification que intru canonem, comme infra octavam signifie intra octavam. Ils avertissent le prêtre que le Communicantes change quelquefois, aux grandes fêtes par exemple. Le canon s'appelle action, parce que c'est dans cette partie de la messe que s'opère la consécration du corps de Jésus- Christ , la plus grande de toutes les actions. Voy. Lebrun , tom. I, p. 46.

INFRALAPSAIRES , nom donné à ceux qui prétendent que Dieu n'a créé un certain nombre d'hommes que pour les damner, sans leur donner les secours nécessaires pour se sauver. Ce nom leur vient de ce qu'ils disent que Dieu a pris cette résolution après la chute du premier liomme, infra lapsum Adami, tandis que les Supralapsuires soutiennent que Dieu a conçu ce projet avant la chute d'Adam, svpra lapsum Adami. C'est une impiété horrible de supposer que Dieu, en donnant l'être à des créatures, a pu avoir un autre motif que celui de leur faire du bien. Voy. Bergier, Diction, de théol. Gaet. Moroni, vol. XXXIV, p. 295, 296. Le Diction, de la t/iéul. rafltol.

INGAUNUM (ALBIUM). Voy. Albenga.

INGELHEIM {Ingellieinum et Ingelenheimum), bourg d'Allemagne , situé sur le Rhin , entre Mayence et Bingen. De l'an 788 à l'an 980 on y tint sept conciles. Voy. D. Mabillon, Annai.

S. Bened., tom. VI, p. 662. La Gattia Chrttt., tom. III, p. 944. Regia, tom. XX, XXI, XXV. Labhe, tom. VII, IX. Hardouin, tom. IV, VI. Richard et Giraud. Gaet. Moroni, vol. XXXIV, p. 296 .297.

INGÈNE (saint), soldat et martyr d'Alexandrie, vivait au iii« siècle. Le Martyrologe romain , ainsi que ceux d'Adon et d'Usuard, placent sa fête au 20 décembre.

INGHEN (Marsile d'), trésorier de l'église de Cologne, mort en 1394, a laissé un Commentaire sur les Sentences: Strasbourg, 1501.

INGILA ou AGHEL, ville épisc. de la Mésopotamie, située au diocèse d'Antioche, sous la métropole d'Amide. On n'en connaît que deux évêques, dont le premier, Adée, assista au concile de Nicée , et le second , Théodore , au V« concile général. Voy. Assemani , Biblioth. Orient., tom. I, p. 171.

INGLEVERT. Voy. Angilbert.

IN GLOBO, litlér., en globe, en masse; expression qu'on emploie en théologie lorsque l'on condamne tout un livre, ou toute une série de propositions.

INGOULT (Le P.), jésuite, né en Normandie , près de Paris , en 1753, prêcha d'abord avec distinction en province; puis il vint à Paris, où pendant vingt ans il obtint les plus grands succès. Il a donné : 1" Le S^ volume des nouveaux Mémoires des missions de la compagnie de Jésus dans le Levant; in-12; — 8" un Extrait de Sermon sur le Jugement dernier, inséré dans les Lettres sur les ouvrages de piété: 17n6, t. I, p. 55. Voy. le Diction, portatif des Prédicat. Richard et Giraud.

INGRÈS , en matière bénéficiale , est le droit par lequel celui qui a résigné un bénéfice dont il n'a pas pris possession avec stipulation de retour, peut rentrer dans le même bénéfice ( ingredi in beneficium ) dans les cas pour lesquels le retour a été stipulé. Pie V, par sa constitution de l'an 1571, abolit l'usage de Vingrès aussi bien que celui de tous les autres actes tendant à rendre les bénéfices héréditaires; mais cette constitution n'a été proprement exécutée qu'en France, où l'on ne connaît que les Règles et les coadjutoreries en certains cas rares. Voy. Richard et Giraud , et l'abbé André, Cours alpnahét. de droit canon., au mot .Accès, et Compar. l'art. Regbès.

INGUIMBERT ( Dominique-Joseph-Malachie d'), évêque de Carpentras, né dans cette ville, mort en 1757, entra d'abord chez les dominicains , puis dans l'Ordre de Citeaux , où il devint abbé. 11 se fit recevoir docteur en théologie, et professa à l'université de Pise ; puis il devint bibiothécaire de Clément XII, consulteur du Saint -Office, archevêque titulaire de Théodosie , enfin évêque de Carpentras. Apr(^ avoir bâti dans ce diocèse le plus bel hôpital qui existe en Provence , il y établit des sœurs hospitalières chargées de soigner les malades , el dressa à ses frais , dans le palais épiscopal de Carpentras , une riche bibliothèque. Il a laissé : 1» Caracter qenuinus, seu .vita Armandi Joannis Butilieri Rancœi, abbatis monasterit de la Trappe; 1718, in -4»; — 2» Spécimen catholicœ veritatis; 1722, in-4o; — 3» N. Baccatii Florentini, ex Ordine cisterciensi abbatis, septimaniœ historiœ Libri VII; — 4» Vita di Malachia di Gameyra ; 4726, in- 8»; — 5» Bartholomœi a Martyribus Opéra nmnia et vita ; Rome, 1754, 2 vol. m-fol.

INGULF ou INGULPHE, INGULPHUS, chroniqueur anglais, né vers l'an 1030, mort en 1109, fut secrétaire de Guillaume le Conquérant. Il fit le pèlei'inage de Jérusalem, et devint

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INNO

successivement prieur de Fontenelle, ou Saint- Vandrilla, en Normandie, et abbé de Croyland ou Crowland, dans le comté de Lincoln. Il a écrit en latin : 1" Y Histoire des monastères d' Angleterre^ de l'an 626 à l'an 1091 ; — 2» V Histoire de l'abbaye de Croyland, qui a été insérée dans les Rerutn anglicarum Scriptores , toni. I. Voy. Bellarmin, De Script, eccles. Pitseus, De Script. Anal.

INHABILES. Voy. Incapables.

INHUMATION. Voy. Sépulture.

INJURE (Injuria) est un péché mortel, lorsqu'elle déshonore ou offense notablement la personne à qui on la dit, et qu'on la profère avec une pleine advertance; mais elle n'est que péché véniel si elle n'offense pas notablement la personne , ou si , étant grave , on la profère par inadvertance ou légèreté , sans intention d'insulter et de déshonorer. Ceux qui disent des injures sont obligés de les réparer. Voij. saint Thomas, 2. 2., q. 72, art. 2, ad 1 et 3. Ibid., art. 3, in coiy. Pontas, au mot Injure.

INJUSTICE , péché opposé à la justice. Voy. Justice.

INNOCENCE on ÉTAT D'INNOCENCE, IN- NOCENCE ORIGINELLE; c'est ainsi qu'on appelle l'état dans lequel Adam a été créé , et a vécu avant son péché. C'est uniquement par la révélation que nous pouvons savoir en quoi consistaient les privilèges et les avantages de cet état. L'Écriture nous apprend que Dieu avait créé Adam dans la droiture; qu'il l'avait fait à son image et immortel ; mais que , par la jalousie du démon , la mort est entrée dans le monde; que Dieu avait donné à nos premiers

f)arents les lumières de l'esprit, l'intelligence, a connaissance du bien et du mal , etc. D'ailleurs, par la manière dont l'Écriture parle des effets , des suites du péché, et de la réparation que Jésus-Christ en a faite, les Pères de l'Église et les théologiens en ont conclu tout naturellement qu'Adam avait été créé de Dieti avec la grâce sanctifiante , avec le droit à une béatitude éternelle , avec un empire absolu sur les passions, et avec le don de l'immortalité. Voy. Sagesse j ii , 23. Ecclésiastique, vu, 30; xvii, 5. Beigier, Diction, de théol.

I. INNOCENT l<^' (saint), pape, né à Alba ou Albe , dans le Montferrat , mort le 14 février ou le 12 mars, ou le 28 juillet 417, succéda en 407 À saint Anastase. Il prit énergiquement la défense de saint Jean Chrysostome , que son zèle contre l'arianisme avait fait condamner à l'exil, mit tout en œuvre pour calmer les malheurs des chrétiens, réduits à la plus affreuse misère par l'invasion d'Alaric et d'Astolf en Italie, condamna l'hérésie de Pelage , qui fut anathématisé par les conciles de Carthage et de Milève, et se montra toujours fort jaloux des droits et de la grandeur de l'Église. Le Martyrologe romain place sa fête au 28 juillet. Il nous reste d'Innocent I" trente Lettres, qui se trouvent dans Labbe, Concil, tom. II, p. 1245-1308. On lui attribue : Decretum occidentalium et orientalium ecclesiis adversus pelagianos dutum. Voy. saint Augustin, Epist. XC, XCUl, XCIV. Saint Jérôme , Epist. VHl. Gennade , De Viris illust. Baronius, ad ann. 402. D. Ceillier, Hist. des Aut. sacr. et eccles., tom. X, p. 104 et suiv. Anastase le Bibliothécaire, Vitœ Roman. Pontificum, tom. I«% p. 275. Ciaconius, Vitœ et res gestœ Pontificum Romanor., tom. I, p. 63. Muratori, Rerum Ital. Scriptot-es, tom. III, où on trouve deux Vies d'Innocent I". Le P. Pagi , Breviar. Pontif. Romanorum. Mansi, tom. IV. Fel-

1er, Biogr. j/niver*. Richard et Giraud. Gr.et. Moroni, vol. XXXV, p. 206, 207.

IL INNOCENT II, pape, né à Rome, mort en 1143, succéda à Honorius II en 1130. Il fut d'abord moine à Saint-Jean-de-Latran, puis abbé du monastère de Saint-Nicolas; il avait été promu au cardinalat par Urbain II , et Calixte II l'avait envoyé en France en qualité de légat. 11 fut élu par une partie des cardinaux , et le lendemain les autres nommèrent Pierre de Léon , qui prit le nom d'Anaclet II. Le schisme qui en résulta força Innocent de passer en France , où il tint des conciles à Clermont, à Reims, et au Puyen-Vélay. Il couronna l'empereur Lothaire à Liège, et Louis le Jeune à Reims. Plus tard il retourna en Italie, tint des conciles à Plaisance et à Pise, et sacra Lothaire à Rome en 1133. Anaclet étant mort l'an 1138, les schismatiques lui substituèrent le cardinal Grégoire , qui prit le nom de Victor III; mais ce dernier lit peu de temps après une abdication volontaire entre les mains d'Innocent II, qui demeura tranquille possesseur du trône pontilical. L'an 1139, ce pontife tint à Rome le second concile général de Latran, et condamna les erreurs d'Abeilard et d'Arnaud de Brescia. Il nous reste d'Innocent II quarante-trois Lettres , qui ont été insérées par Labbe dans ses Conciles, tom. X, p. 946-971 ; on en trouve une dans Ughelli , Ital. Sacr., tom. IV, p. 456. Voy. Louis Jacob, Biblioth. Pontif. D. Jeanne de Lannes, Hist. d'Innocent II ; Paris, 1741. Platina, Istoria délie Vite dei Summi Ponte fici. Artaud de Montor, Hist. des Souverains Pontifes romains, tom. III. Gaet. Moroni , vol. XXXV, p. 207 et seq.

III. INNOCENT III, pape, né à Anagni vers l'an 1160, mort à Pérouse en 1216, appartenait à la maison des comtes de Segni , et était neveu de Clément III. 11 lit ses études à Rome, à Paris et à Cologne. Il était profondément versé dans le droit, et il travailla constamment à maintenir la discipline ecclésiastique, ainsi que l'union parmi les princes chrétiens. Modeste, pieux, charitable envers les pauvres, pour lesquels il lit vendre sa vaisselle d'argent, il montra toujours le plus grand zèle pour le salut des âmes. Il succéda à Célestin III en 1198, procura des secours à la Terre Sainte , condamna les Albigeois, termina les différends qui s'étaient élevés entre l'archevêque de Tours et lévêque de Dol, publia en 1212 une croisade générale, et tint en 1215 le IV« concile généial de Latran. C'est sous son pontificat que les Ordres de Saint -Dominique et de Saint -François prirent naissance. Innocent III a laissé : 4° des Cotnmentaires sur les sept Psaumes pénitentiaux ; — 2° trois livres du Mépris du monde et quelques autres traités; ces ouvrages ont paru à Cologne, 1552, 1575, et à Venise, 1578; — 3° Onze livres de Lettres, publiées par Baluze, 1382, 2 vol. in-fol., auxquels de Brequigny et La Porte ajoutèrent, en 1791, 2 nouveaux vol. in-fol. d'autres lettres de ce pape. On attribue encore à Innocent III plusieurs autres ouvrages dont Richard et Giraud ont donné la liste. Voy. Sigonius. Trithème. Sixte de Sienne. Bellarmin. Spondc. Louis .Tacob. Gaet. Moroni, vol. XXXV, p. 212-298. Fr. Hurter, Histoire d'Innocent III et de ses contemporains, tom. II , p. 691; tom. III, p. 1, en allemand, trad. en français par Saint- Chéron.

IV. INNOCENT IV, pape, né à Gênes, mort à Naples l'an 1254, se nommait auparavant .SVnibalde, et appartenait à la maison de Fiesque, des comtes de Lavagne. Son profond savoir dans la jurisprudence le fit surnommer le Père du

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droit. Il succéda à Célestin IV en 1243, mais il fut obligé de se réfugier en France pour échapper au ressentiment de Frédéric II. L'an 12i5 il tint le premier concile général de Lyon, où il excommunia Frédéric, et où il donna aux cardinaux le chapeau rouge, pour les avertir qu'ils devaient être prêts à verser leur sang

fiour l'Église. L'an l'iol Innocent retourna en talie. Il essaya de recouvrer le royaume de Naples, ses troupes furent vaincues par Mainfroi. Innocent IV a laissé : 1» Apparatus super Décrétâtes ; in-fol., souvent réimprimé ; — 2" /)e Poteslale ecclesinstica et jiiridictione Imperii ; — 3° Officium in octavis festi Nativitatis. B. Mariœ ; — 4» Interpretuliones in Vêtus Testamentum; ces ouvrages ont paru à Venise , à Lyon et à Francfort; — 5" des Lettres , que l'on trouve dans Labbe , Concil., t. XI, p. 598-632 ; dans Ughelli, Ital. Sua., missim, et dans Duchesne, Historiœ, tom. V, p. 412 et 861. Voy. saint Antonin. Trithème. Sixte de Sienne. Sponde. Bzovius. Louis Jacob. Ciaconius. Raynaldi , Continuation de Baronius, tom. IL Paolo Panza, Vita del gran Pontefice Jnnocenzio Quarto. Gaet. Moroni, vol. XXXV, p. 298-308.

V. INNOCENT V, pape, né à Moustier, en Savoie, l'an 12-25, mort à Rome en 1276, se nommait auparavant Pierre de Tarantaisc , ou Pierre de Champagni ou de Chamgagniaco. Il entra de bonne heure chez les dominicains, succéda à saint Thomas d'Aquin dans l'enseignement de la théologie à l'université de Paris, et fut surnommé Fnmosissimus doctor. L'an 1272 il monta sur le siège archiépiscopal de Lyon, et devint évêque d'Ostie, puis grand pénitencier. Il succéda a Grégoire X en 1276 , rétablit la paix en Italie, leva les censures, dont son prédécesseur avait frappé les Florentins, et amena une réconciliation entre les Lucquois et les Pisans. Adrien V fut appelé à lui succéder. On a d'Innocent V des Commentaires : 1° Super IV lihros Sententiarum ; Toulouse, 1652 , 3 vol. in-fol.; — 2" Super Pentateuchuni ; super Lncam; super Epistolas Pauli; Cologne, 1478; Anvers, 1617, infol.; — 3» divers traités dont on trouve les titres dans le P. Échard , Scripfores Ord. Prœdicat., tom. I. Voy. Onuphre. Trithème. Sponde. Louis Jacob, Bihlioth. Pontif. La Galliu Christ., t. IV. Labbe, Concil., tom. XI. Ciaconius, tom. II. Duchesne , tom. II. Platina. Muratori. Raynaldi, tom. III. Le P. Touron , Hist. des hommes illustres de l'Ordre de Saint-Dominique , 1. 1, p. 344. Gaet. Moroni . vol. XXXV, p. 308-310.

VI. INNOCENT VI , pape , né à Brissac , dans le diocèse de Limoges, mort à Avignon en 1362, se nommait Etienne d'Albert ou Auber. Il professa le droit civil à Toulouse, et devint successivement évêque de Noyen, puis de Clermont, cardinal évêque d'Ostie , et grand pénitencier. Il succéda à Clément VI en 1352 , obligea les bénéjiciers à la résidence, travailla à la réforme de l'Église, ainsi qu'au maintien de la paix dans les royaumes de France et d'Angleterre. Il fit plusieurs fondations, dont la plus considérable est celle de la Chartreuse de Ville -Neuve -lez- Avignon. Urbain V fut son successeur. Il nous reste d'Innocent VI quelques Lettres qui ont été insérées dans Labbe, Concil., tom. Il, p. 1930; dans Ughelli, Ital. Sacr.. et dans D. Martenne, Thésaurus, tom. II, p. 8i3-1072. Voi/. Labbe, tom. XI. Raynaldi, tom. VI et VIL Martenne, Thésaurus, tom. II. Sponde. Louis Jacob, et les autres écrivains cités dans les articles précédents.

VIL INNOCENT VII, pape, né à Sulmone, dans l'Abruzze , en 1336 , mort à Rome en 1406,

se nommait auparavant Côme Meliorati. Il devint successivement évêque de Ravenne et da Bologne, puis cardinal, et l'an 1404 il succéda a Boniface IX. A cette époque le schisme désolait l'Occident, et Innocent VII se trouva en concurrence avec Benoit XlII. Il fut obligé de quitter Rome, mais il y fut rappelé quelque temps après. Doux , affable, rompu aux affaires, et d'une conduite irréprochable , il se montra toujours grand ami de la paix. Il eut Grégoire XII pour successeur. Il nous reste d'Innocent VII : 1" une Lettre qui a été insérée dans Ughelli, Ital. Sacr., tom. I , p. 1381 ; ~ 2» Oratio de ec clesiastica unione; — 3° Approbatio Regulœ fra~ trum et sororv.m de pœnitentia Ordinis S. Dominici. Voy. Labbe , tom. XL Raynaldi , f. VIII. Sponde, In Annalib., et les autres écrivains cités dans les articles précédents.

VIII. INNOCENT VIII, pape, successeur de Sixte IV en 1484, né à Gênes en 1432, mort à Rome en 1492, se nommait Jean-Baptiste Cibo ou Cybo , et élait grec d'origine. Il resta longtemps au service d'Alphonse d'Aragon , roi de Naples , devint successivement évêque de Savonne et de Melfe , puis cardinal. Il travailla à réconcilier les princes italiens , tenta de s'opposer aux progrès des Turcs, obtint qu'on lui remit Zizime , frère de Bajazet, empereur des Turcs , donna le chapeau de cardinal à Pierre d'Aubusson , grand-maitre de Malte , confirma l'institut des religieuses de la Conception, fondé à Tolède par Béatrix de Sylva , canonisa Léopold d'Autriche, condamna les thèses de Jean Pic de la Mirandole, autorisa la réunion à la couronne d'Espagne des trois Ordres militaires de Calatrava, de Saint-Jacques et d'Alcantara , et approuva la confrérie de la Miséricorde, instituée à Rome dans le bnt d'assister les criminels condamnés à mort , et d'avoir soin de leur sépulture. Il eut pour successeur Alexandre VI. Il reste d'Innocent VIII : deux Lettres qui ont été insérées dans Ughelli, Italia Sacra, tom. I, p. 710; tom. V, p. 948. Voij. Labbe, tom. XIII. Raynaldi, tom. XI. Onuphre. Ciaconius. In Vit. Pontif. Duchêne. Gaet. Moroni , vol. XXXVI , p. 6-10, et les autres écrivains cités dans les articles précédents.

IX. INNOCENT IX, pape, nommé auparavant Jean-Antoine Faichinetti , né à Bologne en 1519, mort l'an 1591 , fut d'abord évêque dans la Calabre, puis cardinal, et assista au concile de Trente. Il succéda à Grégoire XIV en 1591, et il se conduisit avec tant de sagesse qu'il contenta à la fois la noblesse , le peuple et les ministres étrangers. Il avait exposé un plan de réformes intérieures que la mort ne lui permit pas de mettre à exécution. Il eut Clément VIII pour successeur. Voy., outre Labbe, tom. XI, et les autres auteurs indiqués dans les articles précédents , Ranke , Les Papes , tom. II , en allemand , et la trad. franc., intitulée : Hist. de la Papauté pendant le xvi" et le xvii« siècle, tom. III.

X. INNOCENT X, pape , né à Rome en 1572, mort l'an 1655, se nommait Jean-Baptiste Panfili. Il fut d'abord avocat consistorial , auditeur de la rote , nonce a Naples , dataire dans la légation de François Barberini en France et en Espagne , puis cardinal. L'an 1644 il succéda à Urbain VIII. Il expulsa de Rome les Barberini, dont les intrigues troublaient la ville , et , par une bulle du mois de mai 1653, il condamna les cinq fameuses propositions de Jansenius. Alexandre VII fut son successeur. Voy., outre les auteurs cités pour les papes précédents, la Relation des délibérations du clergé de France sur

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la Constitution et sur le Bref de N. S. P. le pape Innocent X, et de la foi de V Eglise] Paris , 1656 , in-fol. De Lalane , Défense de la Constitution du pape Innocent X et de la foi de l'Église. Feller, iiiogr. univers., où on trouve quelques détails sur la condamnation des cinq propositions de Jansenius.

XI. INNOCENT XI, pape, né à Cômeenl61i, mort en 1689, se nommait Benoit Odescalchi. On a prétendu qu'il avait embrassé la carrière des armes dans sa jeunesse; mais ce fait est trèsdouteux. Il devint successivement protonotaire apostolique, président de la chambre, commissaire de la province de la Marche, gouverneur de Macerata, évoque de Novare et cardinal. Il succéda en 1676 à Clément X. Il travailla au rétablissement de la discipline ecclésiastique, défendit l'usure aux Juifs, renvoya dans leurs diocèses les évèques qui habitaient Rome, et pourvut généreusement aux besoins des pauvres. Il eut avec la France , au sujet de la régale et du droit de franchise dont nos ambassadeurs jouissaient à Rome, des démêlés qui existaient encore lorsqu'il mourut. C'est à cette occasion que Louis XIV convoqua une assemblée du clergé, qui, sous la direction de Rossuet, décréta les quatre propositions devenues si célèbres, et qu'Innocent XI fit brûler publiquement à Rome

ar le bourreau, en adressant au clergé de rance des reproches sur sa lâcheté, son infidélité , son manque de conscience, et en refusant de confirmer les nominations d'évêques faites par le roi parmi les membres de cette assemblée ; de sorte qu'à la mort du pape trente sièges épiscopaux étaient vacants. Innocent envoya au roi de Pologne et aux Vénitiens des secours contre les Turcs, et condamna les erreurs de Molinos, théologien espagnol, auteur de la Guide s^jùîïîie/Ze. Il eut pour successeur Alexandre VIII. On a d'Innocent XI deux Lettres, qui se trouvent dans TJghelli, Italia Sacra, t. IV, p. 513; t. X, p. 53. On a publié en France : \° Brève ad Franciscum episcopum Apamianensem ; Paris, in -4";

— 20 Decretum de sacrœ communionis usu datum ; ibid., in-4''; — 3" Différents Brefs touchant les évênues d'Alet, de Pamiers et autres; ibid., in-4'';

— 4" Bref pour la confirmation des chapitres généraux de l'Ordre de Citeaux des années 1672 et 1683; ibid., in-4°. Voy. Ranke, tom. IV. Feller, Biogr. univers. La Nouv. Biogr. génér. Gaet. Moloni, vol. XXXVI. Le Diction.de la théol.cathoL, et Compar. Assemblées, n» I.

XII. INNOCENT XII, pape, né à Naples en 1615, mort en 1700, se nommait Antoine Pignatelii. Il fut successivement inquisiteur de Malte, gouverneur de Viterbe, nonce à Florence, en l'ologne et à Vienne , évèque de Lecce, puis de Faënza, légat de Rologne, archevêque de Naples et cardinal. Il succéda à Alexandre VIII en 1691. Il travailla à réformer les mœurs des moines , rétablit la police dans Rome, fit cesser un grand nombre d'abus, força les curés de Rome à s'assembler une fois par semaine pour discuter des cas de conscience, supprima toutes les charges inutiles, et se montra toujours plein de tendresse pour les pauvres , qu'il appelait ses neveux. Il fonda plusieurs hôpitaux et agrandit les ports d'Anzio et de Nettuno. Son pontificat fut encore marqué par la condamnation du livre des Maximes des saints de Fénelon, et par la fin du différend qui subsistait entre le Saint-Siège et la France depuis 1682, époque de l'assemblée du clergé qui fut condamnée par Alexandre VIII. Ce fut Clément XI qui lui succéda. Les Bulles d'Innocent XII parurent à Rome en 1697, dans un bullaire spécial. On a publié en France ;

1» Bref portant suspension de toutes indulgences pendant l'année du jubilé de 1700; Paris, 1699, m-i«; — 2o Actes et délibérations concernant la Constitution de N. S.- P. le pape Innocent XII, portant la condamnation du livre de Fénelon: ibid., 1700, in-4". Voy., entre autres, Gaet. Moroni , vol. XXXVI, p. 31 et suiv. Ranke, tom. IV.

XIII. INNOCENT XIII, pape, né à Rome en 1655, mort en 1724, nommé auparavant Michel- Ange Conti, fut successivement gouverneur de Viterbe, archevêque de Tarse, nonce à Lisbonne, cardinal, légat de Ferrare et évêque de Viterbe. Il succéda à Clément XI en 1721 , et il se montra toujours plein de piété, de désintéressement, et animé du plus ardent amour pour la paix. La courte durée de son règne ne lui permit pas de signaler son pontificat par des œuvres éclatantes, et les maladies dont il fut affligé depuis son exaltation l'empêchèrent d'exécuter tout ce que son zèle lui inspirait. Benoit XIII lui succéda. Voy, Mario Guarnacci, Vitœ et Res gestœ Pontificum Romanorum et cardinalium a Clémente X ad Clementem XII; tom. II, p. 137 et suiv., 381. Ranke, les Papes, tam. III, p. 302, au Supplém. Gaet. Moroni, vol. XXXVI, p. 37 et suiv.

XIV. INNOCENT, prélat russe, né à Sievsk, dans le gouvernement d'Orel , en 1800 , mort a Odessa en 1857, prit l'habit de Saint-Basile. Il fut successivement inspecteur de l'académie théologiqne de Saint-Pétersbourg, recteur de celle de Kief ; il fut promu en 1848 au siège de Kherson, et nommé membre du Saint- Synode en 1856. Il a laissé plusieurs ouvrages, dont les principaux sont : 1" Les Derniers Jours de la vie terrestre du Christ; 1828; — 2» La Vie du saint apôtre Paul; ibid.; — 3» Discours et Sermons; 1843, 3 vol . ; -^ 4" Du Péché et de ses conséquences; — 5" une traduction de la Doctrine chrétienne de saint Augustin. Voif. la Nouv. Biogr. génér.

XV. INNOCENT (Gizel), prélat russe, né dans la Pologne prussienne, mort à Kief en 1684. Issu de parents luthériens, il embrassa la religion grecque et l'état monastique. A la demande du métropolite Pierre Mohila, il fonda à Kief une chaire d'éloquence latine, et, plus tard, il fut placé à la tète de la grande laure de Kief. Parmi ses ouvrages nous citerons : 1» De lu Paix entre Dieu et l'homme; Kief, 1669; livre qu'un oukaze du synode de 1766 a misa V Index; — '2° Instructions sur le Sacrement de Pénitence; ibid., 1671. Voy. la Nouv. Biogr. génér.

INNOCENTS, nom donné aux enfants qu'Hérode fit tuer dans Bethléhem et sa banlieue, depuis l'âge de deux ans et au-dessous, afin d'envelopper dans ce massacre le nouveau roi des Juifs, dont les mages lui avaient appris la naissance. Quelques incrédules se sont inscrits en faux contre ce massacre , sous prétexte que Joseph n'en a pas parlé ; mais le silence d'un historien sur un fait n'a jamais prévalu, en bonne critique, contre le témoignage formel d'un autre historien qui mérite d'ailleurs toute confiance. D'ailleurs si Joseph ne parle pas de cet événement en termes formels, il le rend trèsvraisemblable, et il le fait entrevoir dans l'histoire qu'il nous a laissée des actions et des mœurs d'Hèrode. Ajoutons que les grands événements qui sont arrivés dans le même temps que ce massacre, ont attiré toute l'attention de cet historien. Au reste, nous avons en faveur du récit de saint Matthieu une autorité qui pour nos adversaires est bien supérieure, c'est celle de l'empereur Auguste, qui, ayant appris qu'Hérode, roi des Juifs, avait fuit tuer dans la Syrie tous les enfants âgés de deux ans et au-dessous , et que son fils avait été enveloppé dans ce mas-

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sacre, dit : Il vaut mieux être le pourceau d'Hérode que son fils. L'Église regarde les Innocents comme les fleurs des martyrs; les Latins célèbrent leur fête le 28 décembre , et les Grecs le 29 du même mois. Voy. Matthieu, ii , 16. Macrobe, Sahimales, 1. I, c. iv. S. Irénée, 1. III, c. XVIII. Origène, Homil. IV. p. 4.57. S. Ausrustin, De Lih. Arb., 1. III , § 68. S. Chr>'SOstome , in Matth. Homil. fX. Bergier, Diction, de théol.

IN PARTIBUS. Voy. Partibus (In).

INQUISITEUR, oflicier d'un tribunal établi pour informer contre les héréticpies et tous les ennemis de la religion. D'après l'opinion la plus répandue , saint Dominique fut nommé premier inquisiteur par Innocent III. Avant lui on informait, il est vrai, contre les hérétiques, mais ceux qui remplissaient cette charge n'en portaient point le nom , n'en avaient point le tribunal , et n'en exerçaient pas toutes les fonctions. Les inquisiteurs généraux de Rome sont les cardinaux de la CongrégMtion du Saint-Oftice ou de l'Inquisition. Voy. Richard et Giraud. Le Diction, eccle's. et canon, portatif. L. Ferrari s, .• Promptn Biblioth., ad voc. Inquisitio, et Compar. lart. siiiv. Inquisition.

I. INQUISITION , tribunal ecclésiastique établi par les papes pour rechercher et punir ceux qui ont de mauvais sentiments contre la religion. Ce tribunal, établi d'abord en France pour réprimer Ihérésie des Albigeois , fut éri^ ensuite dans les autres royaumes. Saint Dominique fut nommé premier inquisiteur général , et, douze ans après sa mort, Grégoire IX nomma deux religieuxjde son Ordre pour remplir cette charge. L'Inquisition de Rome, appelée aussi Congrégation du Saint-Office, est composée du pape, qui en est le cnef, de douze cardinaux qui tiennent la place de juges, de consulteurs, qui tiennent lieu d'avocats, et qui examinent les livres, les sentiments, les actions de personnes dénoncées, et de plusieurs autres officiers. Voy. L. Ferraris, Prompta Bihliotheca. Bergier, Diction, de théol. Richard et Giraud. Le Diction, ecclés. et canon, portatif. Labbé Bouix , De Curia Romana, pars U , cap. ii. L'abbé André, Cours alphabet, de droit canon. L'abbé J. Stremler , 'î'raitédes peines ecclésiastiques, etc., p. 544, 515, 603 et suiv. Le Diction, de la théol. catlioL, art. Incilisitio HiERETiCi; pravit.\tis. Compnr. Congrégation , n* l.

II. INQUISITION D'ESPAGNE ET DE POR- TUGAL, l'Inqu'sition fut généralement établie en Espagne l'an 1448 , et en Portugal l'an 1535. U y avait dans ces deux royaumes un conseil suprême de l'Inquisition qui avait la même autorité que la Congrégation du Saint - Office à Rome. Toutes les inquisitions particulières en dépendaient, à l'exception de celle du duché de Milan , qui relevait de l'Inquisition générale de Rome, il y a six cas principaux soumis au jugement de l'Inquisition : 1° Ihérésie; 2» le soupçon de l'hérésie ; 3» la protection de l'hérésie ; 4" la magie , les maiétices , les sortilèges et les enchantements; 5° le blasphème qui contient quelque hérésie , ou quelque chose qui y a rapport; 6° les injures faites à l'Inquisition ou à quelqu'un de ses ministres , et la résistance à l'exécution de ses ordres. Voy. Richard et Giraud. Le Diction, de la théol. cathoL, art. Inquisition politique dEspagne.

IN REATU. Un ecclésiastique est in reatu lorsqu'il est prévenu de crime , et qu'il est dans les liens du décret, ou lorsqu'il a été élargi sous un plusample informé. Cette expression vient du latin re«v, qui en français signifie coupable; mais on donne aussi ce nom à un simple ac-

cusé. Voy. le Diction, ecclés. et canon, portatif.

INSIGNE, qualification que le droit canon donne à certaines églises collégiales qui sont distinguées des autres par le grand nombre d'ecclésiastiques qui les composent , ou par leurs plus grands revenus. Les églises insignes portaient ordinairement dans les processions et autres cérémonies publiques et capitulaires une sorte de bannière pour marque de leur insignité. roj/. Barbosa, De Jure eccksiastico , l. II, c. VI, n. 15.

INSABATE ou INZAPATE {Insapatus, Inzapafus), mot dérivé de l'espagnol zapato, qui signifie souliei' , et dont nous avons fait savate. Inzapate désigne donc celuiqui porte des savates ; on donna ce nom aux Vaudois à cause des sandales qu'ils portaient.

INSIGNES, nom qu'on a donné à la réunion des objets servant à un évêque dans ses fonctions pontificales, c'est-à-dire la mitre, la crosse, le boutreoir, le pontifical . etc.

INSINUATION ( lielatio in acta), terme qui, en matière bénéficiale, signifie l'enregistrement des collations, présentations, procurations, etc., aux greffes des insinuations ecclésiastiques, qui étaient établis dans chaque diocèse. Cette loi était obligatoire pour tous, clercs ou laïques, puisqu'il V avait des lois pour les insinuations ecclésiastiques comme pour les laïques , qui imposaient cette obligation, et qui prononçaient la nullité contre les actes non insinués.' Voy. Pontas, au mot Insinuation. De La Combè, Recueil dejurisprud. canon., au même mot. Richard et Giraud. Le Diction, ecclés. et canon, portatif.

INSPECTEUR, officier des synagogues des Juifs qui a l'inspection des lectures et des prières que l'on fait , les prépare et les donne , ou les montre au lecteur; il reprend le lecteur s'il manque; on appelle aussi cet o{^\c\er ministre , nonce, ou envoyé de la synagogue. D'après Buxtorf, l'inspecteur est une espèce de sacristain.

I. INSPIRATION , mouvement surnaturel qui excite intérieurement l'âme à faire quelque œuvre de piété ; lorsqu'on est inspiré de faire de bonnes œuvres qui ne sont que de conseil, on n'est pas obligé, sous peine de péché, de suivre ces inspirations , puisqu'elles ne peuvent pas plus forcer que le conseil même ; afin d'éviter le péché , il suffit de n'en avoir point du mépris. Cependant, si on est persuadé que la bonne action inspirée est de précepte, quoiqu'elle ne soit réellement que de conseil, on pèche en l'omettant, parce qu'alors on agit contre sa propre conscience , comme l'enseigne saint Thomas. Ajoutons qu'en obéissant à ce mouvement surnaturel on a d'autant plus de mérite aux yeux de Dieu , qu'il n'y a point d'obligation de le suivre. Voy. Pontas, au mot Inspiration. Le Diction, ecclés. et cnnon. porfntif.

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