INTRODUCTION A L'ÉCRITURE SAINTE
Quand on ne veut pas se borner à faire de TÉcriture sainte une étude superficielle, et pai* là même très -imparfaite, il ne suffit pas de lire le texte original ou quelque version qui le représente avec plus ou moins de fidélité; il faut encore chercher à pénétrer le vrai sens de ces divins livres de manière à bien les comprendre, soit dans leur ensemble , soit dans chacune de leurs parties. Or le seul et unique moyen d'atteindre à ce but, c'est sans contredit la connaissance d'un certain nombre de questions préliminaires, qui, embrassant d'un coup dœil général tout ce qui s'y rattache, nous servent comme de clef pour nous introduire dans cet auguste sanctuaire. C'est pourquoi depuis Eusèbe , qui s'est appliqué avec le plus grand soin à recueillir, particulièrement dans son Histoire ecclésiastique, ce que les anciens avaient écrit sur les Livres saints et sur leurs auteurs jusqu'à nos jours, on ne saurait compter le nombre d'ouvrages sur l'Écriture sainte qui ont paru tant chez les catholiques que chez les protestants, sous les titres de Clef, d'Introduction, d'Apparat , de Prolégomènes, de Prologues, Disquisitions, Exercitations , Critique, etc. La plupart des questions que Ion traite ordinairement dans une Introduction aux Livres saints, comme sont, par exemple, l'inspiration, la canonicité, les textes, les versions, etc., pouvant être envisagées sous un double rapport en tant qu'elles s'appliquent à ces oracles sacrés, considérés sous un point de vue général, ovi qu'elles se rapportent à chacun d'eux en particulier, on divise l'Introduction en deux parties principales, c'est-à-dire en Introduction générale, où l'on doit traiter de la nature, de l'excellence ou de l'autorité des Livres saints, de leur canonicité. des textes originaux et des principales versions qu'on en a faites; des divers sens de l'Écriture, des différentes manières de l'interpréter, enfin des règles à suivre pour en donner une interprétation légitime j et en Introduction particu-
lière ou spéciale, qui fait connaître le plan et le
tant de but que occasion
à laquelle il a été composé, la langue dans laquelle il a été originairement écrit , son caractère httéraire et les commentaires qui ont été faits pour en expliquer le véritable sens. Mais quelque utiles que soient les notions qui nous sont fournies par l'Introduction , soit générale, soit particulière, elles seraient cependant insuffisantes si on n'y joignait une certaine connaissance de la religion , des mœurs et usages du peuple juif. C'est pour cela que nous avons cru devoir consacrer un volume entier de notre propre Introduction à une Archéologie biblique.
INTROÏT (Introitus), mot qui signifie entrée. C'est une antienne qui est chantée par le chœur et est récitée par le prêtre dès qu'il est monté à l'autel. Elle est composée ordinairement de quelque verset d'un psaume. Autrefois enchantait le psaume entier. On dit à, la fin le Gloria Patri, etc., selon l'usage de l'Église, fondé sur la tradition des apôtres. Les introits diffèrent selon les jours et les fêtes de l'année. Quelques dimanches portent le nom du premier mot de leur introït. Dans la primitive Église, il ne parait pas qu'il y ait eu d'autre introït qne le salut de l'évèque Dominus vohiscum et les lectures de l'Écriture. Dans le rit ambrosien, l'introït est appelé ingressus et ingressa ; c'est une simple antienne sans psaume, ni Gloria, ni répétition, si ce n'est aux messes des morts, où le Requiem est répété après le verset Te decet. Voy. le P. Le Brun, Explication de la messe, tom. II, p. 36 et 199. Le card. Bona, De la Psalmodie, c. xvi, § 6. L'abbé Jacquin et Duesberg, Diction. d'Anttq. chrétiennes.
INTRONISATION , entrée d'un prélat en possession de son siège épiscopal. Le septième canon du concile de Latran, tenu en 4t79, défend d'exiger quelque chose pour l'intronisation des évéqucs. Voy. Duperray, De la Capacité des ecclésinstimes. Le Diction, ecclés. et canon, jjortatif.
INTRUS (Intrttsiis), mot dérivé du verbe latin intrudere, qui signifie faire entrer par force. C'est le nom donné à celui qui s'est mis en possession d'un bénéfice de sa propre autorité et sans un titre canonique, du moins coloré. Le droit commun qualitie d'intrus : i" ceux qui, ayant plusieurs bénéfices incompatibles, veulent encore en avoir d'autres semblables par ambition ou par cupidité; 2» ceux qui se font pourvoir de bénéfices sans l'autorité du coliateur; 3° ceux qui se font donner par les coUateurs des bénéfices qui ne sont pas vacants ; 4° ceux qui entrent dans un bénéfice de leur propre autorité ou par force, sans y avoir aucun droit. D'après Pontas, un inti'us dans un bénéfice devenait irrégulier, et par conséquent incapable de posséder aucun bénéfice, puisque la plupart des théologiens ont déclaré que l'irrégularité produisait l'inhabileté générale. Voy. Gibert, Instit. ecclés., p. 660. Pontas, au mot Irrégularité, cas i07. Richard et Giraud. Le Diction, ecclés. et canon, portatif. L'abbé André, Cours alphabet, de droit canon.
INTRUSION , prise de possession d'un bénéfice violente et contre les règles. L'intrusion emporte une incapacité perpétuelle. Voy. Richard et Giraud. Le Diction, delà théol. cathol .
INTUITIVE (VISION). Les théologiens enseignent que les bienheureux dans le ciel jouissent de la vision intuitive de Dieu et de la connaissance claire et distincte des mystères que nous croyons par la toi. Ils se fondent sviT plU'*
INVE
INZA
sieurs passages de l'Écriture qui paraissent, en effet, très-favorables à leur sentiment. Voy. I Corinth., xiii, 12. I Jean, m, 2.
INVÈGES (Augustin), jésuite, né à Sciacca, en Sicile, l'an 1595, niort à Palerme en 1677, professa la philosophie et la théologie dans plusieurs maisons de son Ordre. Plus tard, il en sortit pour se livrer à l'étude des Pères et de l'histoire. Il a laissé : 1" Palenno Antico, etc.; Palerme, 1649, in-fol .; — S» Palermo Sarro; 1650 ; — 3° Palermo nohile; 1651; ces trois volumes composent son histoire de Palerme; — 4" Historia sacra Paradisi terrcstris et S. S. innocentiœ status; Palerme, 1651, in-S»; — 5» Ad Annales Siculos prœliminarùApparatus, etc.; ibid., 1709, in-4o; ouvrage accompagné des notes du P. Michel Guidice, bénédictin de la congrégation du Mont-Cassin et abbé du monastère de Montréal. Voy. Mongitore, Biblioth. Sicul. Le P. Nicéron, Mémoires, tom. XI.
I. INVENTION (Inventio), terme qui se prend ici pour une des manières d'acquérir la possession d'une chose. Quant à la question de savoir si les choses trouvées appartiennent à celui qui les trouve en vertu de l'invention, il est certain qu'il faut rendre la chose trouvée à celui à qui elle appartient; mais s'il n'est pas possible d'en découvrir le propriétaire, les choses trouvées doivent être données aux pauvres ou aux lieux pieux : c'est ce qu'a déclaré saint Charles Borromée, et c'est ce qu'ordonne le catéchisme romain. Si le propriétaire de l'objet trouvé se présente après que cet objet a été employé en bonnes œuvres, celui qui l'a trouvé n'est pas tenu de lui en rendre le prix s'il a attendu le temps suffisant et s'il a fait les perquisitions nécessaires avant d'en disposer. Voy. le quatrième concile de Milan. Le Catéchisme romatn^ part, ii ad septimum Decalogi prœceptum, n° 16. Richard