‹ Dictionnaire universel des sciences ecclésiastiquesChapitre 1204 sur 1220 · JUBÉ · texte numérisé non relu

JUBÉ

dée l'an 1124 par deux gentilshommes , Pierre du Chatel et Milan de Naudé. Voy. la Gallia Christ., tom. III, col. 541, anc. édit.

JOVE (Paul), en italien Gzowo (Paolo), historien célèbre , né à Côme en Lombardie , mort à Florence l'an 1552, devint évèque de Nocera après avoir été médecin. Comme écrivain c'était un homme peu honorable; car sa plume appartenait à qui savait l'acheter; aussi ses œuvres sont- elles pleines des mensonges dont profita sa cupidité. Il y a eu plusieurs éditions de ses œuvres ; on regarde comme la meilleure celle qui a été donnée à Bàle en 1678, 2 vol. infol., et qui contient, entre autres, Vita Leonis A', pontificis muximi, Hbris IV; vie traduite en français par Michel de Pure; Paris, 1567, in -12. Voy. de Thou, Hist. univers. Nicéron, Hommes illustres, tom. XXV. Feller, Biogr. uniters. La Nouv. Biogr. génér., qui, outre des détiils sur la personne de Jove, donne la liste complète de ses écrits.

JOVET, chanoine de Laon et prieur de Plainchatel , vivait au xviii' siècle. On lui doit : Histoire des religions de tous les royaumes du monde ; Paris, 1710, 4 vol.; l'auteur prouve dans cet ouvrage qu'il n'y a qu'une seule religion qui sauve les hommes, et que cette religion est Ja religion catholique , apostolique et romaine. Voy. le Journ. des Savants, 1711, p. 570, 1" édit., et p. 4()2,2<' édit.

JOVIEN (saint), martyr d'Antioche et compagnon de saint Ronose. Voy. Bonose, n° I.

JOVINIÂNISTES, disciples de Jovinien. Voy. l'art, suivant.

JOVINIEN, hérésiarque, mort vers l'an 412, était moine dans un monastère de Milan. Il se relâcha de sa première ferveur, et vers l'an 382 -1 se rendit à Rome avec quelques autres moines. Il y débita , entre autres erreurs, que Marie n'était pas demeurée vierge après avoir enfanté .lésus- Christ; que la chair de Jésus- Christ n'était que fantastique , et que les œuvres de pénitence n'avaient aucun mérite. Enfin il persuada à plusieurs religieuses de se marier. Saint Jérôme, saint Ambroise et saint Augustin réfutèrent cet hérésiarque , le pape Sirice le condamna dans un concile tenu à Milan en ;X)0, et l'empereur Honorius le relégua dans une île, où il mourut misérablement. Voy. saint Ambroise, Epist. XLII. Saint Augustin, De Hœres., c. Lxxxii. Saint Jérôme, Lib. contr. Jovin. Godeau, Hist. eccle's., 1. LVI. Hermant, Hist. des hérés., tom. II. Feller, Biogr. univers. Pluquet, Diction, des hérésies. Bergier, Diction, de the'ol., au mot Jovinianistes.

JOVINUS DE MARNIS (SANCTUS). Voy.

Jouin-de-Maknes (Saint-).

JOVISFANUM. Voi/. Geofano.

JOY, JOYE ou GÉE (Jean), théologien, né dans le comté de Bedfort vers 1492, mort l'an 1553, obtint une chaire à l'université de Cambridge, mais il la perdit pour avoir adopté les principes de la réforme. Il a laissé plusieurs ouvrages, entre autres : On the Unity and schism of the ancient Church; "Wesal, 1534, in-8°. Voy. Chalmers, General biograph. Dictionary. La "Nouv. Biogr. génér.

JOYACÙM. Voy. JouY, n» IL

JOYE. Voy. JoY.

JOYENVAL (Gaudium Vallis), abbaye de l'Ordre de Prémontré , située à deux lieues de Saint-Germain-en-Laye, au diocèse de Chartres. Elle fut fondée l'an 1221 par Barthélémy de Roye , chambellan de Fiance. L'an 1697 , la mense abbatiale de ce monastère fut unie à l'évêché de Chartres, qui avait été démembré

lorsqu'on avait formé le diocèse de Blois. Voy. la Gullia Christ., tom. VIII, nouv. édit.

JOYEULX (François), dominicain, mort en 1707, était docteur en théologie. II fut successivement profès du couvent de Bruges et premier régent des études générales de son Ordre à Anvers. On lui doit : Notœ in trunslationem Belgicam Novi Testanienti, Ebrigœ vulgatum ; Anvers, 1701, in -8».

JOYEUSE ENTRÉE (DROIT DE). Droit en vertu duquel le roi de France nommait à un canonicat lorsqu'il faisait sa première entrée dans les villes de son royaume ou dans les églises dont il était reconnu chanoine; car les rois de France avaient des canonicats et des dignités dans plusieurs églises, qu'ils conservaient quoique laïques et mariés. Le roi de France avait encore un autre droit semblable, et qui n'était peut-être que l'extension du premier, celui de disposer du premier bénéfice qui venait à vaquer dans une ville où il faisait son entrée solennelle. Voy. le Diction, ecclés. et canon, portatif.

JOYEUX AVÈNEMENT A LA COURONNE, droit que payaient les sujets à l'avènement du roi. Les rois de France , en montant sur le trône, confirmaient les privilèges accordés à des particuliers et à des communautés; et, à cause de cette confirmation, ils percevaient un droit sur les sujets dont l'état ou les privilèges étaient confirmés. Ce droit se nommait confirmation ou joyeux avènement. Outre ce droit, le nouveau roi pouvait nommer, même au préjudice des gradués, à la première prébende qui vaquait dans chaque église cathédrale ou dans cerlainescollégiales du royaume. Voy. le Diction, ecclés. et canon, portatif. L'abbé André , Cours alphabet, de droit canon, aux mots Brevet, Entrée, et compar. notre art. Brevet.

I. JOZABAD, fils de Somer, fut un des assassins de Joas, roi de Juda. Voy. IV Rois, XII , 21 .

II. JOZABAD , un des braves guerriers de l'armée de David, appartenait à la tribu de Manassé. Voy. I Paralip., xil, 20.

III. JOZABAD, fils d'Obédédom, lévite et portier du tabernacle. Voy. I Paralip., xxvi.

IV. JOZABAD, chef de cent quatre -vingt mille hommes des armées de Josaphat. Voy. II Paralip., xvii, 18.

I. JOZABED , en hébreu Jozâbâd , fils de Josué , et un des Juifs qui revinrent de Babylone avec Esdras. Voy. I Esdr., viii, 33.

II. JOZABED', en hébreu Jozdbâd, fils de Pheschur, répudia, au retour de la captivité, sa femme, qu'il avait épousée contre la loi. Voy. I Esdr., X, 22, etc.

JOZACHAR, fils de Séméath, serviteur de Joas. Voy. IV Rois, xii, 21.

JUBAL, fils de Lamech et d'Ada, inventa les instruments de musique. Voy. Genèse , iv, 21.

I. JUBÉ, lieu élevé , dans les églises, qui sépare le chœur de la nef, et où on va dire l'évangile des messes solennelles; c'est la même chose que l'ambon, où se faisaient toutes les lectures publiques que l'on récitait dans l'église pendant les offices divins du jour et de la nuit. Ce lieu est ainsi nommé parce qu'avant de commencer la lecture, le lecteur demandait au célébrant la bénédiction en ces termes : Jubé. Domne, benedicere. Il y avait des jubés dans les églises dès l'an 420; on en fit de différents pour les différentes lectures; celui de l'Évangile, dans les anciennes basiliques qui étaient situées à l'occident , fut placé à la droite du pontife, qui était au fond de l'abside. Voy. Absiue.

JUBI

JUCH

Ambon. Thiers, Dissertai, sui- les jubés. Claude du Vert, Cére'm. de l'Église, lom. IV, p. 162. Bocquillot , Liturg. sacr., p. 74.

II. JUBÉ (Jacquet), curé de Vaugirard, puis d'Asnières , né a Vanvres , près de Paris, en 1674, mort à Paris en 1745, devint bientôt un

I'anséniste fanatique , et se lit remarquer par 'austérité de sa conduite et la sévérité de sa vie. Il aida Baillet dans son ouvrage de la Vie des Saints, et laissa, en outre : Pour et contre Jansenius, touchant les intérêts de la grâce; Paris , 1703, in-12. Voj/. Lebœuf, Histoire du diocèse de Paris , tom. X. Hé flexions sur la Nouvelle Liturgie d'Asnières . 1724, in-12, attribuées à Blin, chan. de Rouen. Barbier, Examen critique des Diction. Histor. Feller, Biogr. univers. La

III. JUBE, DOMNE. BENEDICERE, formule dont le diacre se sert à la messe haute pour demander la bénédiction au prêtre. Juhe est mis pour velis; et cette phrase signifie donc mot à mot : Faites-moi, Seigneur, la grâce de me bénir. Vog. Claude de Vert, Cére'm. de fÉglise, tom. lY, p. 102. Emman. Ezévédo, Exercitat. de divino officio , p. 116. D. Macri Hierùlexicon.

I. JUBILAIRE se dit communément de ce qui appartient au jubilé. Ainsi on dit : Année jidiiluire. etc. Voy. .Iubilk, n» I.

II. JUBILAIRE ou JUBILÉ, nom donné à un religieux qui avait cinquante ans de profession dans un monastère; à un ecclésiastique qui avait desservi une église pendant cinquante ans, et à un chanoine qui , ayant assisté aux offices durant le temps marqué pai- les statuts capitulaires, c'est-à-dire trente, quarante ou cinquante ans, était exempt de l'obligation d'assister aux matines, excepté les dimanches et les fêtes, et le temps pendant lequel il était semainier. Mais ces statuts étaient abusifs, parce qu'ils étaient contraires non -seulement à la nature même des canonicats, qui obligent tous les chanoines non légitimement empêchés d'assister à tous les offices divins , mais encore aux conciles généraux et particuliers, et aux constitutions papales. Voy. le conc. de Baie, sess. XXI, et celui de Trente, sess. XXIV. Pontas, au mot Chanoine, cas 15. Collet, Moral. Richard et Giraud. Le Diction, ecclés. et canon, portatif. L'abbé André, Cours alphabet, de droit canon.

JUBILATE, terme latin qui veut dire réjouissez-vous, et que l'on a appliqué au III* dimanche après Pâques, parce que VhitroU de la messe de ce jour commence par ce mot, tiré du premier verset du psaume lxv. Voy. le Manuel cathol. pour l'intelligence de l'office divin.

JUBILATION , terme de théologie mystique qui siguilie une joie si spirituelle, si excessive et si ineffable , qu'on ne peut ni l'exprimer ni la cacher. Cette joie, qui vient du cœur, se maniieste au dehors par des mouvements et des saillies qu'il n'est pas possible d'empêcher. Voy. sainte Thérèse, Château de l'Ame, demeure VI, chap. VI. Richard et Giraud. Le Diction, ecclés. et canon, portatif, qui rapporte les propres paroles de sainte Thérèse.

1. JUBILÉ (Jubilum) , signifie proprement uu cri de joie. Chez les Hébreux , le jubilé ou année jubdaire se célébrait au bout de sept semaines sabbatiques, c'est-à-dire la cinquantième année. L'année jubilaire commencée , toutes les dettes étaient annulées, comme pendant l'année sabbatique; les esclaves, même ceux qui avaient été retenus pour une cause légitime, étaient mis en liberté; toutes les terres , tous les héritages qui avaient été ven-

dus ou engagés retournaient aux héritiers de ceux qui les avaient aliénés, sans aucun prix ou compensation. Dans l'Église catholique, le Jubilé est une indulgence plénière et extraordinaire que le Pape accorde à l'Église universelle, ou du moins à tous ceux qui visitent à Rome les éghses de Saint -Pierre et de Saint- Paul. Elle est différente des indulgences ordinaires en ce que, pendant le Jubilé, le Pape accorde aux confesseurs le pouvoir d'absoudre de tous les cas réservés, et de commuer les voeux simples. Alexandre III, qui monta sur le trône pontifical en 1159, accorda à l'église de Compostelle un Jubilé sur le modèle de celui de Rome ; ce qui prouve que le Jubilé de Rome ou de l'année sainte était déjà établi. 11 y a même des auteurs qui en rapportent l'institution aux temps apostoliques. On célébrait d'abord le Jubilé de cent ans en cent ans; mais, en 1350, Clément VI ordonna que ce fût de cinquante ans en cinquante ans, et, l'an 1470, Paul II le fixa à chaque vingt-cinquième année. Outre ces Jubilés, tous les nouveaux Papes en accordent un à leur exaltation, et ils en accordent aussi pour les besoins extraordinaires de la chrétienté. Voy. Lévit., xxv, 8. D. Calmet , Diction, de la Bible. Richard et Giraud , qui traitent : 1» de l'origine et de la nature du Jubilé; 2° de ses privilèges; 3° de sa publication ; 4» de la suspension des autres indulgences pendant toute sa durée. Le Diction, ecclés. et canon, portatif. L'abbé André , Cours alphabet, de droit, canon. Bergier, Diction, de théol. Le Diction, de la théol. caihol.

II. JUBILÉ, pris adjectivement, se dit d'un religieux, d'un ecclésiastique et d'un chanoine après un certain temps de profession ou d'exercice de leurs fonctions. Voy. Jubilaire, n'' II.

JUBIN ou GEBUIN (saint), archevêque de Lyon, mort dans cette ville le 18 avril 1082, était fils de Hugues lll , comte de Dijon. D'abord archidiacre de l'église de Langres, il assista en 1077 au concile tenu à Autun; et, après la déposition d'Humbert, archevêque de Lyon, le clergé et le peuple le choisirent pour occuper le siège de cette ville. Jubin déclina cet honneur; mais il fut contraint d'accepter; et, après avoir pris possession de son église, il se rendit à Rome, où le pape Grégoire VII le reçut avec honneur et lui confirma la primatie qu'il revendiquait pour son siège sur les quatre provinces de Lyon, de Rouen, de Tours et de Sens. On a de lui : six Lettres, qui ont été imprimées par D. Liron, Baluze, etc. Voy. la Gallia Christ, nov., t. IV, p. 89. Le P. de Colonia, Histoire littéraire de la ville de Lyon. D. Rivet, Hist. littér. de la Fronce, tom. VIII, p. 104. Guérin, chan. de Saint-Irénée, Abrégé histor. des martyrs de Lyon. J.-B. Durand, curé de Saint-Irénée, Notice sur saint Jubin, archevêque de Lyon, avec une Dissertation sur l'authenticité de son corps; quelques-unes des guérisons obtenues par son intercession; une neuvaine de méditations et prières ; la messe et les vêpres à l'honneur de ce saint pontife , et le Chemin de la croix. Feller, Biogr. univers.

JUCADAM, ville de la tribu de Juda, Voy. Josué. XV, 56.

JUCATAN ou YUCATAN {Jucatan),y\\\e épisc. de l'Amérique méridionale dans la Nouvelle- Espagne. L'évêché fut fondé en 1547 par le pape Paul III, aux prières de l'empereur Charles V, et soumis comme suffragant de la métropole de Mexico. Foy. Gaet. Moroni, vol. XXXVII, p. .5-7.

JUCHAL, fils de Sélémia. Voy. Jérém., xxxvii,3; xxxviiT,!.

JUDA

JUDA

JUD, ville de la tribu de Dan. Voy. Josué, XIX, 45.

* JUDA et JUDAS sont des noms souvent confondus dans les écrivains qui les ont employés. On devra donc chercher aux articles Judas les personnages qu'on ne trouvera pas à JuDA. Quant à la place qu'ils occupent, nous avons mis : 1" ceux de l'Ancien et du Nouveau Testament; 2° ceux que raentiotme l'historien Joseph: 3" les rabbins; 4° tous les autres.

I. JUDA ou JUDAS, patriarche hébreu, quatrième lils de Jacob et de Lia, naquit en Mésopotamie. Ce fut lui qui conseilla à ses frères de vendre Joseph plutôt que de tremper leurs mains dans son sang. Il épousa Sué, liile d'un Chananéen nommé Hiram. Juda fut toujours regardé comme le plus considérable des enfants de Jacob. La bénédiction que son père mourant lui donna, renferme une piophétie du Messie. Voij. Genèse, xxix, 35; xxxvii, 26; xxxvm, 1, 2, etc.; xi.ix, 8-10. Compur. l'art, suivant.

II. JUDA, tribu dont le patriarche Juda fut le fondateur, et qui devint la plus puissante et la plus nombreuse; car elle occupait toute la partie niéridionale de la Palestine. L'une de ses principales prérogatives est d'avoir conservé le dépôt de la vraie religion, ainsi que l'exercice public du sacerdoce et des cérémonies de la loi dans le temple de Jérusalem, pendant que les dix tribus étaient livrées à Tidolàtrie. La royauté passa de la tribu de Benjamin dans celle de Juda, jusqu'à la captivité de Babyloue; et, après le retour de la captivité, cette tribu réunissait, en quelque sorte, en elle-même, toute la nation des Hébreux, puisqu'on no les connaissait alors que sous le norn de Juifs, descendants de Judn. Voy. Genèse, XLix, 8, etc.

III. JUDA, un des deux royaumes qui se formèrent de celui de Salomon après la mort de ce prince, et dont le premier fut Roboam, fils de Salomon. Ce royaume se composait des tribus de Benjamin et de Juda, et était opposé au royaume d'Israël, qui comprenait les dix autres tribus, et qu'on appelait pour cela le royaume des dix 6'?6ms» Jéroboam, tils de Nabat, fut le

fremier souverain du royaume d'Israël. Voy. II Rois, XI, 26, 43, etc. D. Calmet, Diction, de .la Bible, aux art. I Jéroboam, Juha, Roboam.

IV. JUDA ou JUDAS MACHABÉE, chef et gouverneur du peuple juif, était lils de Mattathias, qui descendait par Joïarib de la famille d'Éléazar, grand sacrificateur et fils aine d'x\aron. Il succéda à son père durant la persécution d'Antiochus Ëplphane. Il se distingua par son zèle pour la religion et par son courage indomptable dans les victoires qu'il remporta sur Apollonius, Seron, Gûrgias,Nicanor, Timolhée, Bacchides et Lysias. Il mourut en combattant les généraux de Démétrius, roi de Syrie, et tout Israël pleura sa perte. Judas Machabée a été une des figures les plus expressives du Messie, vrai sauveur d'Israël. Pierre Natal ou Pietro de Natali l'a placé dans son Catalogus sanctonmi , au mois d'octobre, parce que son histoire se lit alors dans les offices de l'Église, et d'autres l'ont mentionné au 18 décembre, époque qu'il fit la dédicace du temple. Voy.

I Machab., m et suiv. II Machab., viii, x, xi, xiii, xiv. D. Calmet, Diction, de la Bible, art.

II Judas Machabée. Bossuet, V" Avertissemetit aux protestants, n° 24, où se trouve victorieusement réfutée la prétention de ceux qui veulent que la guerre d'Antiochus contre les Juifs n'était pas injuste. Feller, qui cite les paroles de Bossuet et d'autres autorités.

Y. JUDA ou JUDAS MACHABÉE. C'est le nom

que l'on donne au quatrième des sept frères Machabées qui souffrirent le martyre à Antioche ou à Jérusalem sous Antiochus Épiphane. Mais ce nom ne se trouve dans aucun auteur authentique. Voy. D. Calmet, Diction, de la Bible, art. III Judas.

VL JUDA (LÉON DE) ou LÉON JUD>E, théologien protestant, né en Alsace l'an 1482, mort à Zurich en 1542, fut un des plus ardents propagateurs du protestantisme. Son nom se trouve dans Ylndex de Clément "VIII. Juda a laissé un assez grand nombre d'ouvrages, parmi lesquels nous citerons : l» Biblia sacrosancta Testumenti Veteris et Novi, reliqiosissime translata in sermonem latinum ; iM^, in-fol.; Paris, 1545 ; cette Bible fut réimprimée par les théologiens de Salamanque, avec de nombreux changements; mais la Sorbonne la rejeta;— 2oylHnotationes in IV Evangelistas, Epistolas, Genesin, etc., ex ore Zwinqlii exceptœ; Tongres, 1581, in-fol.; — 3» Catechismus ; ibid., 1534, in-12; — 4" Opinion d'Érasme et de Luther touchant la sainte Cène, en allemand; Zurich, 1526; — 5" une traduction allemande des Livres qui ne sont pas compris dans la Bible; ibid., 1529, infol. ]''oy. la Nouv. Biogr. ge'nér. Le Diction, de lu the'ol. cathol.

VII. JUDA BAR ou BEN DAVID, plus connu sous le nom de Juda CInug ou Chiong, appelé en arabe Jahid ou Aben-Zucharia , né à Fez, en Afrique, au commencement du xi* siècle, fut un des plus célèbres grammairiens juifs. On a de lui, en arabe : 1» Le Livre des lettres qttiescentes, traduit en hébreu; Francfort, 1844, in-8o; divisé en trois parties, dont la première traite des verbescommençant par unedestroisquiescentes Alef, Vav et lod ; la deuxième, des verbes qui ont une de ces trois lettres pour seconde radicale, et la troisième, des verbes terminés par une de ces lettres; — 2» Le Livre du redoublement ; examen par ordre alphabétique de tous les verbes redoublés qui se trouvent dans la Bible; traduit également en hébreu ; Francfort, 1844, in-8"; — '6° Le Livre de la ponctuation, traduit en hébreu ; — 4» Le Livre des accents, suite du précédent. Ces divers écrits ont été publiés ensemble par les soins de L. Dukes, sous le titre (l'Œuvres grammaticales de R. Juda Ching de Fez; Francfoit, 1844, in-S». Voy. Wolf, Biblioth.HebrfPO, lom. I,p.422et suiv., et tom. lil, p. 307. De Rossi , IJizionario storico degli Autori Ebrei, vol. I, p. 88, 89. J. Furst, Bibliotli. Jnd., tom. ï, p. 160. La Nouv. Biogr. génér.

VIII. JUDA HAKKADOSGH, c'est-à-dire le Saint, rabbin, né à Séphoris, en Galilée, l'an 120 ou 123^ ou 135, mort dans la même ville en 190, était fils du rabbin Siméon, de la tribu de Benjamin, et descendant de Hillel l'ancien. On l'appelle aussi linbhénou, mot qui signifie notre maître. A l'âge de trente ans, il fut revêtu de la plus haute dignité qui existait de son temps, celle de nasci, ou prince. Fort jeune encore, il entra au sanhédrin, et devint le chef de ce corps qui, à cette époque, siégeait à Tibériade. Il a donné, sous le nom de Atischna, un recueil de décisions, d'interprétations et de discussions des docteurs juifs sur les croyances, les pratiques et les lois de leur nation. Amsterdam, 1631, in-8», avec de courtes gloses. Cet ouvrage a été réimprimé 'rès-souvent, avec des explications plus ou moins étendues, à Amsterdam, à Venise, à Constantinople, etc. Fo?/. Bartolocci, Magna Biblioth. Bablnnica. Wolf, Biblioth. Hebrœa, tom. II, p. 8i2, 843. De Rossi, Dizionario storico degli Autori Ebrei, vol. I, p. 145, 146. D. Calmet, Diction, de la Bible, art. XIV Juda.

JUDA

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La Nouv. Biogr. génér. Le Diction, de la théol. cnfhol. J, Furst, qui, dans sa Biblioth. Judaica, donne le catalogue complet de toutes les éditions de l'ouvrage deJuda, ainsi que l'indication des publications des diverses parties séparées, des traductions totales ou partielles , et des livres destinés à faciliter l'intelligence de ce recueil. Compftr. MisCHNA. Tai.mud.

IX. JUDA LEVI BEN-SCHAOUL ou SCHE- MOUEL, rabbin, né dans la Castille vers l'an 1080, mort en 1140, est nommé par les Arabes Aboul-Hassan. Les Juifs le regardent comme le plus grand de leurs poètes. Il a laissé, en arabe, un ouvrage intitulé Cosri ou Cnsri, Cosari, et dont le- but est d'établir la vérité et la divinité de la religionjuive. Juda Ben-Tibbon l'a traduit en hébreu, et Buxtorf en a donné une traduction latine; Bâle, 1G60, m-^°; on eu a une édition moderne sous ce titre : Liber Cosri; in îinguam arabicam dcscripsit R. Jehuda Ben-Levi; ex arabica in linguam hebrœam transtulit R. Jehuda Ben-Tibbon; cum commentario rabhinico nuncedidit S. Brecher; Prague et Landau, 1838- 1840, in-8». Voy. Wolf, Biblioth. Hebrœa, tom. I, p/<31> et suiv. La Nouv. Biogr. génér.

JUDAÏSAÎiTS, nom qu'on donna dans le premier siècle de l'Église à ceux d'entre les Juifs convertis qui soutenaient que, pour être sauvé, ce n'était pas assez de croire en Jésus-Christ et de pratiquer sa doctrine, mais qu'il fallait encore être fidèle à toutes les observances judaïques ordonnées par la loi de Moïse, telles que le sabbat, la circoncision, l'abslinence de certaines viandes, etc., et qui prétendaient même que les gentils devenus chrétiens y étaient obligés. Les apôtres décidèrent le contraire au concile de Jérusalem, et, quelques années après, saint Paul écrivit contre eux. Aussi les nouveaux convertis qui persévérèrent dans cette erreur furent-ils regardés comme hérétiques. Si l'Église chrétieime conserve encore quelques-unes des pratiques religieuses qui étaient observées parles Juifs, ce n'est point parce que Moïse les a prescrites et que les Juifs les ont gardées, mais parce que les apôtres nous les ont transmises et nous ont ordonné de conserver tout ce qui est 6on. Ainsi les catholiques ne méritent nullement le reproche de judaisants, que les protestants et les incrédules leur adressent à ce sujet. Voy. Actes, xv, 5 et suiv. Galat., II, v^ Yi, et I Thessal., v, 21. Bergier, Diction . de théol.

JUDAÏSER se dit, dans le style familier, d'une personne lorsqu'elle observe trop scrupuleusement les pratiques qui paraissent peu essentielles à la religion; mais, avant de blâmer cette exactitude, on doit se rappeler la leçon que Jésus-Christ faisait aux pharisiens qui négligeaient les devoirs les plus essentiels de la loi, pendant qu'ils s'attachaient à de pures minuties. Voy. Mafth., xxiii, 23. Bergier, Diction, de théol.

JUDAÏSME, religion des Juifs. Nous entendons par ce mot non -seulement le culte religieux des juifs modernes, mais encore celui que leurs ancêtres ont professé depuis la création de l'homme. Or l'histoire de ce culte peut se diviser naturellement en quatre périodes, dont la première s'étend depuis l'origine du monde

i'usqu'à Moïse; la seconde, depuis Moïse jusqu'à a fin de la captivité de Babylone; la troisième, depuis cette captivité jusquau temps de Jésus- Christ et des Apôtres; la quatrième, depuis les temps apostoliques jusqu'à nos jours. — l. Au moment où Dieu créa le premier homme, il se manifesta à lui, et il lui lit connaître distinctement les rapports qu'il avait avec lui. L'homme

comprit donc dès lors, d'une manière nette et précise, tout ce qu'il devait à Dieu, comme à l'Être suprême, comme à son créateur, comme à son maitre absolu , comme à sa dernière fin, comme à celui de qui il dépendait entièrement et de qui il attendait tout son bonheur. Dieu promit à Adam pénitent et à sa postérité un Sauveur, qui, dans le temps marqué par les décrets de sa sagesse, devait réparer pleinement le péché du premier homme et toutes les suites de ce péché. De là vient que Caïn et Abel offraient à Dieu des sacrifices pour reconnaître son souverain domaine sur toutes choses, que la foi du Messie à venir était la base et le fondement de la religion primitive, et que les patriarches ont cru de plus que Dieu est un pur esprit, seul créateur, seul gouverneur du monde et souverain législateur; que l'homme, créé à l'image de Dieu, a une àme spirituelle, libre et immortelle; qu'après cette vie il y aura un bonheur éternel destiné à récompenser les justes, et des supplices éternels pour punir les méchants. Dieu prescrivit à Abraham la circoncision, qui devint un sacrement de la loi ancienne, figurant le baptême, la Passion de Jésus-Christ et la résurrection future. — II. La religion qui fut donnée au.\ Hébreux par le ministère de Moïse fut, pour le fond, celle qu'Adam, Noé et Abraham avaient reçue de Dieu; car la principale différence qui existe entre lune et l'autre consiste en ce que le Messie promis dès l'origine du monde fut révélé au peuple iiébreu d'une manière plus circonstanciée par ses prophètes, et que ce peuple fut spécialement choisi de Dieu pour figuier le Messie dans les cérémonies de son culte. Des dogmes sublimes des Hébreux découle naturellement la morale la plus belle et la plus pure. Aussi n'existe-t-il pas un vice que le code moral des Hébreux ne llétrisse et ne condamne sévèrement. Mais nonseulement les actions mauvaises sont défendues, mais les désirs même sont interdits (Exode, xx, 2-7. Deutéron., VI, .5, 13). Outre qu'il exige une équité parfaite, une probité sans reproche, la fidélité, la droiture, il veut encore qu'on soit humain, compatissant; il prescrit même l'acte le plus héroïque dont la nature humaine soit susceptible ; aimer son prochain comme soi-même (Lévit., XIX, 18). — III. Les quatre siècles qui précédèrent la ruine de Jérusalem furent marqués par les grands progrès que le judaïsme fit dans toutes les contrées de l'Orient. La persécutiondAntiochus Épiphane ycontribua presque autant que la gloire dont les Machabées couvrirent leur nation. On y vit alors des peuples entiers se soumettre à la circoncision, et, entre autres, les. Iduméens, les Ituréens et les Moabites. Cent et quelques années avant Jésus- Christ, dans l'Yémen, contrée de l'Arabie Heureuse, le roi professait le judaïsme et en était un défenseur ardent. Les Juifs, qui commerçaient dans toute r.\sie Mineure, dans la Grèce et même à Rome, faisaient beaucoup de prosélytes. Ils devinrent si nombreux et si puissants dans l'empire romain en particulier, qu'ils inspirèrent de sérieuses craintes. Ce fut aussi pour cette raison que Tibère et Claude donnèrent ordre de les chasser, le premier de l'Italie, et le second de Rome. Mais leur multitude même et leur puissance firent que les décrets de ces deux empereurs ne furent exécutés qu'en partie. C'est dans cette troisième période qu'on vit naître dans la nation juive plusieurs schismes et plusieurs sectes ou hérésies qui sont devenus célèbres. Ce sont : le schisme des Sarriaritains , le schisme de Manassès, et le schisme d'Alexan-

JUDA

JUDA

drie. Quant aux sectes, les principales sont : celle des Pharisiens, celle des Sadducéens, et celle des Esséniens ou Esséens; on peut y joindre celle des Hérodiens, que beaucoup de critiques regardent comme de simples partisans d'Hérode, mais qui sont probablement les mêmes

3ue les Zélés ou Zélateurs dont parle Joseph ans sa Guerre des Juifs. Toutefois on ne doit point classer parmi les sectaires juifs les Sc/z'^e*', les Hellénistes et les Prosélytes: car il est bien difficile de leur reconnaître le caractère d'hérésie proprement dite. Les Scribes, docteurs de la loi, ont pu se tromper individuellement dans leurs interprétations, sans pour cela mettre leur classe en état d'hérésie. Les Hellénistes, qui étaient des Juifs parlant la langue grecque, pouvaient être attachés à une hérésie comme les Juifs l'origine pure: mais ils ne doivent pas être considérés comme liérétiques en leur qualité d'Hellénistes seulement. Il en est de même des Prosélytes, qui pouvaient se trouver dans l'orthodoxie aussi bien que dans le schisme ou l'hérésie. — IV. Depuis la ruine du temple de Jérusalem et la destruction du sacerdoce lévitique, les Juifs n'offrent plus de sacrifices ; mais ils ont conservé la circoncision et plusieurs autres parties de leur ancien culte. Ils divisent aujourd'hui leurs lois et leurs cérémonies en trois ordres, dont le premier comprend les préceptes de la loi écrite, qui sont renfermés dans le Pentateuque. Le second regarde la loi orale, c'est-à-dire les gloses que les docteurs ont faites sur le Pentateuque, et un nombre inlini de constitutions et de règles recueillies dans le Talmud. Le troisième comprend les choses que l'usage a autorisées en divers temps et en différents lieux, ce qui fait qu'on les appelle coutumes. La loi écrite par Moïse et la loi orale, qui vient des docteurs par tradition, sont généralement reçues de tous les Juifs, quoique dispersés dans toutes les parties du monde, sans qu'il y ait entre eux à cet égard aucune dilférence considérable. Mais, pour les coutumes, elles diffèrent beaucoup, parce que les Juifs ont pris les usages des lieux où ils se sont trouvés dispersés. Tout leur culte ne consiste plus qu'en prières qu'ils font dans leurs synagogues, et leur symbole de foi contient les articles suivants : 1» Dieu est lin, incorporel et éternel. 2° On ne doit adorer et servir que Dieu seul. 3" Il y a eu et il peut y avoir des prophètes. 4" Moïse a été le plus grand prophète, et la loi qu'il a laissée a été dictée de Dieu. 5o La loi de Moïse est immuable, l'on n'y peut ni ajouter, ni retrancher. 6° Il viendra un Messie plus, puissant que tous les rois de la terre. 7" Dieu ressuscitera les morts à la lin des temps, et fera ensuite un jugement universel. Dans ces derniers temps, il s'est formé en Allemagne une secte rationaliste parmi les juifs. Les partisans de cette secte s'engagent à renoncera tous les rites, à toutes les cérémonies judaîco-talmudiques ; à ne plus regarder la circoncision comme un acte obligatoire , ni sous le rapport religieux, ni sous le rapport civil, et enfin à croire et à reconnaître que le Messie est déjà venu, selon la croyance de la patrie germanique. Le principal motif des sectaires est d'obvier à l'indifférentisme religieux qui dévore la société, et d'opérer un fraternel rapprochement avec les chrétiens. Malheureusement les chrétiens avec lesquels le néo-judaïsme veut s'unir ne sont pas les vrais disciples de Jésus-Christ, les enfants soumis à l'Église qu'il a fondée en ce monde , mais bien les piétistcs évangéliques, les théistes rationnels , et les philosophes parithéistes, qui n'ont conservé du véritable chris-

tianisme que le nom seul. Yoy., dans les théologiens catholiques, le Traité de la religion. D. Calmet, qui, dans son Diction, de la Bible, au mot Juifs, don^e surtout l'histoire religieuse de ce peuple. Bergier, Diction, de théol., où l'on trouve des détails importants sur le Judaïsme réformé. J.-B. Glaire, qui, dans son Introduction, etc., tom. Il, p. 31-8 et suiv., traite les diverses questions relatives à VHist. de la religion chez les anciens Hébreux et chez les Juifs, depuis l'origine du monde jusqu'au temps de Je' sus -Christ et des apôtres. Ilaneberg, qui, dans le Diction, de la théol. cathol., art. Judaïsme

MODERNE, RABBINIQUE ET ORTHODOXE, Considère la doctrine et les usages de ce rationalisme.

* JUDAS et JUDA étant souvent confondus dans les écrivains qui les ont employés, on devra chercher parmi les articles Juda les personnages du nom de Judas qui ne se rencontrent pas ici. Quant à la place qu'ils occupent, nous avons mis : l^ceux de l'.^ncien et du Nouveau Testament; 2" ceux que mentionne Ihistorien Joseph ; 3" les autres homonymes.

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