‹ Dictionnaire universel des sciences ecclésiastiquesChapitre 162 sur 1220 · II. APOSTOLIQUES (Pères). Voy. Pères de l'Eglise · texte numérisé non relu

II. APOSTOLIQUES (Pères). Voy. Pères de l'Eglise

III. APOSTOLIQUES, nom pris par deuxsectes qui prétendaient imiter parfaitement les apôtres. Les premiers qui le portèrent étaient des hérétiques sortis des Encratites et des Cathares, et qui parurent vers l'an 260. Ils faisaient profession de ne point se marier, de s'abstenir de vin et de viande; de renoncer aux richesses, et d'imiter en cela les apôtres. Les autres s'élevèrent au XII» siècle ; ils avaient emprunté aux manichéens quelques-uns de leurs dogmes. Voy. Épiphan., 1. LXI. Augustin, Hœres., GO^Bernard., Serm. in Cant., Lxv, lxvi. Baron., in Annalih. Bersier, Dirtion. de tfiéologie.

APOSTOLIUS (Michel), théoloden grec, né à Constantinople , mort vers 1480 , se réfugia en Italie lorsque les Turcs s'emparèrent de la capitale de l'empire grec; il y fut accueilli par le caMinal Bessarion. Il a laissé divers ouvrages manuscrits de théologie et de philosophie qui se trouvent dans les principales bibliothèques de l'Europe. Parmi ceux qui ont été imprimés, nous ne citerons que Orationes funèbres duœ, inquihus de Immort, animœ exponitur; Leipzig, 17(«. Voy. Possev., in Appar. sacr., tom. II. Lambecius, Comment, biljlioth. Cœsarœ Vindobon., l. VII, p. 113-116. Fréd. Spanheim, Catal. de la Hihlinth. de Leyde. Richard et Giraud.

APOSTOLOS. Voy. .Apôtre , n» II.

APOSTOOL (Samuel), théologien anabaptiste, né en 16^38, et mort vers le commencement du xviii" siècle, qui, tout en rejetant le baptême des enfants , qu il regardait comme absurde , et en prétendant que les magistrats dans leroyaume de Dieu étaient inutiles , maintenait l'orthodoxie sur tous les autres points de la doctrine des prétendus réformés. Ses disciples prirent le nom d'apostoliens. Apostool eut pour adversaire un certain Galénus qui , de son côté, forma la secte des galénistes, et qui admettait dans sa société tous ceux qui à la croyance aux livres saints joignaient des mœurs pures et une intacte probité. On a d' Apostool : Ventât is exercitatio, petit catéchisme qu'il composa conjointement avec Samuel Deyl. On trouve sur Apostool et Galénus des détails très-exacts dans Herm. Schyn, Deduct. plenior historiée Mennonitarum , c, XV, XVIII.

APOTACTIQUES , APOTACTITES, c'est-àdire renonçants fhéréWf^ues,, disciples de Tatien, qui renonçaient aux richesses ; ils se faisaient

APOT

APPE

appeler aussi Cathares, on pur s apostoliques. Voy. Apostoliques.

APOTHÉOSE. En plaçant leurs empereurs au rang des dieux, les païens outrageaient la majesté divine, mais ils prouvaient par là qu'ils croyaient à l'immortalité de l'àme. Quelques incrédules ont voulu comparer cette apothéose à la canonisation des saints .: c'est une comparaison absurde; car jamais l'Eglise n'a prétendu accorder à de simples mortels les mêmes honneurs qu'à JDieu, et n'a mis au nombre des saints des personnages odieux par leurs vices. Voy. Bergier, Diction, de théologie.

\. APÔTRE se dit communément de celui qui le premier a porté la foi dans un pays. C'est ainsi que saint Denis est appelé apôtre de la France; le moine saint Augustin, de l'Angleterre; saint Boniface, de l'Allemagne.

II. APOTRE, en grec Apostolos, est, en terme de liturgie , un livre qui contient les Actes des apôtres , les Épitres de saint Paul , les Epîtres canoniques et l'Apocalypse , comme VEvanyetion est un volume qui renferme les Evangiles.

I. APÔTRES. Les Hébreux donnaient ce nom : 1» aux officiers des grands prêtres et des chefs du peuple qu'ils envoyaient porter leurs ordres en matière de religion ; 2" à ceux qui allaient recueillir un tribut appelé aurum coronarium , que l'on payait tous les ans au grand prêtre; 3" à ceux qui recueillaient le demi-sicle que chaque Israélite devait payer par tête au temple du Seigneur.

II. APÔTRES (les) sont douze pêcheurs que Jésus -Christ s'est choisis lui-même parmi le peuple juif, et qu'il a appelés pour être ses coopérateurs et pour gouverner son Église : ce sont Pierre , Jean , Jacques , André , Philippe , Thomas , Barthélemi , Matthieu , Jacques , fils d'Alphée, Simon le Cananéen, Jude et Judas Iscariote, qui trahit son divin maître, et qui a été remplacé par Mathias. L'Église honore encore comme apôtre le grand docteur des nations, saint Paul , appelé à l'apostolat par Jésus-Christ lui-même, lorsqu'il persécutait son Église naissante. Voy. Matth., x, 1 et suiv. Actes i, 23 et suiv. ; IX , 1 suiv.

III. APÔTRES (faux), qui, entre autres erreurs, voulaient restreindre la miséricorde de Dieu et anéantir le salut que Jésus était venu annoncer à toutes les nations , en soutenant qu'il n'était mort que pour les Juifs. Pour parvenir à leur fin, ils employaient tous les moyens et prenaient toutes les formes les plus séduisantes. Saint Paul les caractérise dans plusieurs endroits de ses Épitres, notamment dans Rom. XYi, 16-28. II Corinth., xi, 12 et suiv.

IV. APÔTRES , en matière d'appel , sont des lettres dimissoires que demande l'appelant au juge à quo pour certifier le juge ad queni de l'appel interjeté. Il est parlé de ces lettres dans le canon Post appellafionem, ii, q. 6, et au titre du § de libellis dimissor. On distingue : !<> les Apôtres révérentiaux , quand le juge déclare que par respect pour son supérieur il défère à l'appel ; 2" les Apôtres réfutatoires, lorsqu'il dit que nonobstant l'appel il passera outre ; 3» les Apôtres répositoires , quand le juge à quo répare le grief de l'appelant et le remet en l'état qu'il était avant le jugement. On distingue encore : 1» les Apôtres testimoniaux , ou ceux qu'une personne publique donne en l'absence du juge ; 2" les Apôtres conventionnaux , c'est-à-dire ceux qui sont donnés lorsque , du consentement des parties , la cause est dévolue par appel au supérieur. En France , l'usage d obtenir des apôtres après l'appel a été suivi dans les pays de

droit écrit jusqu'à l'ordonnance de 1539 , qui

APPARENCES EUCHARISTIQUES. Voy. Accidents EUCHARISTIQUES.

APPARENTS SCHÉMATIQUES. Voy. Euty-

CHIENS, n» I. .

APPARITEUR, nom que les Romams donnaient à ceux qui étaient chargés d'exécuter les ordres des magistrats , et qu'on nommait scribœ, uccensi , prœcones , lectores , viatores. Dans les universités, on appelle ainsi les bedeaux qui portent des masses devant le recteur et les facultés. Ce nom s'est conservé dans la juridiction ecclésiastique , où les appariteurs sont une sorte d'huissiers dont on se sert ordinairement pour les citations et les autres exploits.

APPARITION, action par laquelle Dieu, un ange , un démon , l'àme d'un mort et même une personne vivante, mais fort éloignée, se rend sensible, agit et converse avec les hommes. C'est en vain que l'incrédulité et le rationalisme moderne veulent rejeter à priori, et sous prétexte d'impossibilité absolue , ces manifestations surnaturelles. La psychologie, qu'on invoque, ne saurait fournir aucun argument solide contre la possibilité ; car, en pareille matière , la raison ne peut se prononcer que sur la valeur des témoignages, et c'est à la critique historique qu'il appartient d'établir la réalité des faits. Or c'est précisément la critique historique qui nous montre dans les livres saints un grand nombre d'apparitions qu'on ne peut nier sans la nier elle-même ; nous citerons seulement celles qui sont rapportées dans Genèse, m, xvi, 7, 13: xviii, 13. Exode, m, 2. I Rois, xxviii, 15. II Machab., xv, 14. Matth., i, 20; iv, 3; xvii, 3; xvii, 53; XXIV, 4, 36. Marc, i, 10. Actes, ix, 3, 4, 12; X, 3. Quant au mode dont se font les apparitions , comme les esprits ne sont pas visibles aux yeux de la chair, ils se revêtent d'un corps, ou d'une apparence matérielle sous laquelle ils parlent et agissent. Parmi les apparitions, les unes sont bonnes, et les autres mauvaises. Les premières viennent de Dieu , et manifestent ses attributs en procurant le bien des hommes. Elles servent à confirmer l'immortalité de l'àme, la résurrection des corps et les autres vérités de la religion. Les mauvaises apparitions ne tendent, du côté des démons , qui en sont les auteurs, qu'à tromper et à perdre les hommes ; mais du côté de Dieu , qui les permet , elles ont pour but d'éprouver ceux à qui elles arrivent, de les rendre plus vigilants, plus circonspects, et de leur apprendre à ne point compter sur des choses extraordinaires, de se délier du tentateur, et de se mettre continuellement en garde contre les surprises. Voy. Petrus Tyraeus , Disputât, de Appar. spir., thés. 72 et seq. Le card. Bona, Traité du discernement des esprits. Bergier, Diction, de théologie. Richard et Giraud.

I. APPEL ou APPELLATION (Appellatio, provocatio ad superiorem judicem). L appel est un acte par lequel une partie , qui croit avoir raison de se plaindre d'un jugement rendu par un juge inférieur, demande que l'aflaire soit examinée et jugée de nouveau par le juge supérieur de celui qui a d'abord jugé, afin de faire réparer le gxief de la sentence qu'on prétend mal rendue par ce juge inférieur. L'appel est de droit naturel, et est appelé par les jurisconsultes l'antidote de leurs injustices : Contra venenum judicum data est theriaca appellationis. {L. \, ff. de Anpel. Balde , in L I, c. Si de Moment, possess.) C'est pourquoi il est toujours permis par le droit canon d'appeler ab omni

APPI

APRO

gravamine, sive magno , sive minimo illato. (C. Liceat, 2, quœst. G, c. de Appellationibus ; c. Super eo, de Appel.) Pour les diverses questions qui se rattachent à l'appel, voy. Ferraris ,Prompta Bibliotli. canon., etc. Joan. card. Soglia, Institutiones juris publici ecclesiaxtici , p. 275, édit. 5, Paris. 1. L'abbé André, Cours alphabet, et méthod. de droit canon. L'abbé J. Stremler, Traité des peines ecclésiastiqiœs , de l'appel et des Congrégations romaines , p. 269 et suiv.

IL APPEL AU FUTUR CONCILE. Cette sorte d'appel fut inventée par quelques rois dans des circonstances où ils voyaientque leurs droits temporels avaient été lésés par le Saint-Siège ; mais elle fut défendue par les constitutions de Martin V, de Pie II et de Grégoire XIII. Jean Gerson fit le traité devenu fameux : Quomodo et an liceat in causa fidei a Summo Pontifice appellure. Pie II renouvela à cette occasion la constitution de Martin V, et Jules II en fit autant par une bulle de 1509. L'appel du Pape au futur concile n'est pas seulement illégitime, il est encore ridicule; car il est fondé sur le principe que le Pape est inférieur au concile général, ce qui est un vrai non sens. Voy. J. Devoti, Juris canon, nniv. publ. et privât, l. II in Append. ad tit. Decretalium ne Appellationibm. Card. Soglia, ibid., p. 276.

III. APPEL COMME D'ABUS. C'est un recours à la puissance séculière dans les affaires ecclésiastiques et spirituelles; et comme cette puissance est, d'après l'Évangile, toute la tradition des Pères et la législation canonique, radicalement et absolument incompétente en matière ecclésiastique, il suitnécessairementqu'un tel appel est de soi nul et sans valeur , et que la sentence rendue par le pouvoir civil à la suite de ce recoui'S est de nul effet, et laisse subsister dans toute sa force l'acte qu'il avait prétendu mettre à néant sous prétexte d'abus. Voxj. Ferraris, ibid. Joan. card. Soglia, ibid., p. 373. L'abbé J. Stremler, ibid., p. 456. L'abbé André, ibid.. p. 197.

APPELANTS, nom qu'on a donné aux évêques et aux autres ecclésiastiques qui avaient interjeté appel au futur concile de la bulle Unigenitus de Clément XI, bulle qui portait condamnation des Réflexions morales sur le Nouveau Testament, par le P. Ou^snel.

APPELER ou NOMMER au passif, signifie assez souvent dans l'Écriture sanite dire. Quelques rationalistes modernes rejettent cette signification ; mais quelques autres , tels que Gesenius, la regardent comme fondée. Ainsi dans Isaïe , IX, 6, son nom sera appelé admirable conseiller, est pour il sera admirable, etc. Dans saint Luc , i , 32 , î7 sera nommé le Fils du Très- Haut, équivaut à il sera le Fils, etc. ; et au vers. 76, tu seras appelé prophète du Très- Haut, est mis Dour tu seras prophète, etc.

APPELLATIONE REMOTA , clause qui se trouve dans les rescrits du Pape, qui, étant audessus du droit commun positif, peut y déroger par ses constitutions. Ainsi quand on voit dans ses constitutions les mots appellafione remota , cela signitie qu'on n'a pas la faculté d'appeler de ce qu'elles ordonnent, ou des jugements des juges qu'elles commettent, avec ces mêmes termes.

APPHAÏM, fils de Nadab, fut père de Jési. Voy. I Paralip., ii,30,31.

APPHIEN. Voy. Amphien.

APPHUS , surnom que l'on donna à Jonathas Machabée. Voy. I Machab., ii, 5.

I. APPIA (sainte), femme de saint Philémon, disciple de saint Paul , fut martyrisée avec son

mari à Colosses, le 22 novembre, spus Néron. Vatj. Philém., i, 2.

ÏI. APPIA ou APIA, APIRA, ville épisc. du diocèse d'Asie dans la Phrygie Pacatienne , sous la métropole de Laodicée. Elle fut érigée au v^ siècle. Voy. Lequien, Oriens Chri^tiatt., t.I, p. 803. Richard et Giraud. De Commanville, /'" Table alphabet., p. 19.

APPIANO (Paolo- Antonio) , jésuite, né à Ascoli en 1639, et mort à Rome l'an 1709, assesseur de l'inquisition. Il se fit surtout remarmier comme prédicateur et comme historien. îsous citerons parmi ses ouvrages: 1» Vita di san Emi~ dio, primo vescovo d'Ascoli, con unu descrizione délia Juddetta città; Rome, 1702 et 1704; le journal de Trévoux en fait mention.

APPIARIA , ville épisc. du diocèse de Thrace, dans la Mœsie inférieure, sous la métropole de Martianople, fut fondée au v» siècle, Voy. Richard et Giraud.

APPIEN. Voy. Amphien,

APPION, l'an 196, a compo.sé un livre sur l'ouvrage des si.v jours. Eusèbe en fait mention dans son Hist. Eccles., liv, V, c. xxvii.

APPIUS (forum d' ), lieu à 52 milles de Rome, où était la statue d'Appius Claudius, qui avait fait paver le chemin nommé d'Appius depuis Rome jusqu'à Capoue. Ce fut jusque-là qu'une partie des chrétiens vint au-devant de saint Paul lorsqu'il était conduit prisonnier à Rome, Voi/. Actes, XXVIII, 15. Isidor. Pelus., Ep.

APPLICATION, se dit particulièrement, en théologie, de l'action par laquelle Jésus-Christ nous transfère ses mérites. Or c'est par cette application que nous pouvons prétendre à la grâce et à la gloire éternelle; et les moyens par lesquels elle se fait sont les sacrements reçus avec les dispositions nécessaires, le saint sacrifice de la messe , les prières de l'Église , les indulgences, les bonnes œuvres; car l'Eglise a condamné les protestants, qui soutiennent que c'est la foi seule qui nous applique les mérites du Sauveur.

APPROBATION ÉPISC, permission donnée par l'évêque à un ecclésiastique séculier ou régulier pour prêcher et confesser dans l'étendue de son diocèse. Suivant l'usage établi dans plusieurs diocèses, les curés peuvent confesser dans les paroisses voisines de leur cure , quoiqu'ils n'aient pas reçu à cet effet un pouvoir particulier de l'évêque ; mais ils ne peuvent confesser dans un autre diocèse dont l'évêque ne les a point approuvés. Voy. Concil. Trident., Sess. XIV, c. VII ; Sess. XXÏII, c. XV de Reform. Richard et Giraud.

APPROPRIATION, terme théologique par lequel on attribue certaines opérations à une personne divine plutôt qu'à une autre, quoiqu'elles soient réellement communes à chacune des trois. La création est attribuée au Verbe par appropriation.

APRIÊS. Voy. Ephrée.

APRIGIUS, évéque de Beïa, en Portugal, vivait vers l'an 540. Il était aussi habile qu'éloquent, et il a donné, dans un style noble et dans un sens fort spirituel , une explication de Y Apocalypse. Voi/. Isidore de Séville.

APROS, ville épisc. du diocèse de Thrace, dans la province d'Europe , sous la métropole d'Héraclée. On l'appelle aussi Theodosiopolis. du nom de l'empereur Théodose, qui la réédilia. Les anciennes notices en font un archevêché , et les modernes, une métropole. De Commanville dit qu'elle fut érigée en évêché au iv« siècle , et en archevêché au ix«. Voy. Oriens Chnst.^

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