XXI. ÉGLISE ÉVANGÉEIQUE-CHRÉTIENNE
Deux ministres ayant suggéré au prince de Nassau la pensée de réunir en une même Église les luthériens et les calvinistes, en conséquence on convoqua un synode général des ministres du duché, qui délibérèrent en présence des commissaires de la cour, et en partant de ce point que les deux communions se trouvaient d'accord sur les articles capitaux. Le 9 août 4817, on convint que les deux communions réunies prendraient le titre à' Église évungélique-chréfipftne, avec permission à chacun d'entendre l'Évangile comme il voudrait. Les biens seraient réunis en un seul fonds ; les pasteurs des divers
cultes resteraient ensemble dans les lieux où il y en aurait deux, et donneraient la communion au même autel, suivant le rit de la liturgie palatine, que l'on adoptait provîso«re?ne«< ; toutefois les vieillards qui tiendraient à l'ancienne manière recevraient la communion à part. Telle était la substance de ce pacte, pour lequel on demanda d'ailleurs la sanction du duc de Nassau, comme s'il appartenait à l'autorité temporelle de confirmer les délibérations en matière spirituelle. La réunion décrétée, on fit la cène ensemble, sans s'inquiéter si Jésus-Christ y était présent en réalité, comme le veulent les luthériens, ou simplement en figure, comme le soutiennent les calvinistes. Les réformateurs raisonnaient tout autrement. Avec quelle force Luther tonnait contre les sacramentaires, et combien ceux-ci étaient éloignés de souscrire à tous les articles de la confession d'Augsbourg! Après trois siècles de séparation et de disputes, convenait- il de proclamer que les différences étaient nulles? S'il en était ainsi, pourquoi donc tant de divisions, de guerres et de sang? Les protestants du xix« siècle ne pouvaient évidemment se réunir sans renier leurs pères, et ceuxci , de leur côté , n'auraient vu sans doute dans leurs fils que des hypocrites. Il est de toute évidence que cette réunion révèle dans ceux qui l'ont faite et dans ceux qui s'y sont soumis un manque complet de foi, une absence totale du vrai sentiment religieux. La liturgie de VEglise évangëlique- chrétienne fut composée et publiée en Ï821 et 1822, par le roi de Prusse, qui souleva ainsi l'indignation des purs rationalistes, parce que cette liturgie est une atteinte portée à la liberté protestante et aux droits de la raison individuelle, et que , d'un autre côté , elle n'est qu'une imitation ridicule du culte catholique.
XXII. ÉGLISE GRECQUE ou ÉGLISE D'O- RIENT, nom sous lequel on comprend toutes les églises particulières des pays qui ont été soumis à l'empire des Grecs , c'est-à-dire depuis l'illyrie jusqu'à la Mésopotamie et la Perse, y compris l'Egypte.
XXIII. ÉGLISE LATINE ou ÉGLISE D'OCCI- DENT, celle qui comprenait autrefois toutes les
Erovinces où on parlait la langue des Romains, a Grande-Bretagne, une partie des Pays-Bas et de l'Allemagne, s'en sont séparées, et forment des sociétés à part auxquelles leurs sectateurs ont donné le nom à' Eglises ré fornv^ps.
XXIV. ÉGLISE MAtRICE ou MÈRE-ÉGLISE (Ecclesia Matrix), celle dont les autres sont émanées et à laquelle elles obéissent.
XXV. ÉGLISE MÉTROPOLITAINE , celle qui est le siège de l'archevêque ou métropolitain, et dont plusieurs autres évèques sont suffragants.
XXVI. ÉGLISE MILITANTE. C'est celle dont nous avons parlé un peu plus haut ( Voy. Église, n" 11), et qui s'appelle militante parce que les fidèles, pour obtenir la couronne de l'immortalité, combattent toujours. A cette Église appartiennent seulement ceux qui, ayant reçu le baptême, n'ont pas été retranchés du corps de l'Eglise, comme enfants rebelles et désobéissants, par le pouvoir que Jésus-Christ a donné à cette même Église; d'où il suit que les infidèles, les juifs, les hérétiques, les schismatiques, les apostats, les excommuniés tant qu'ils demeurent sous l'excommunication, ne sont pas membres du corps de l'Église : les uns parce qu'ils n'y ont jamais été incorporés, les autres parce qu'ils en sont retranchés. — Comme il y a plusieurs sociétés, comme les luthériens, les calvinistes, les protestants d'Angleterre , les schismatiques,
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etc., qui prétendent être l'Église chrétienne, la règle qu'on doit suivre pour discerner la véritable Eglise est d'examiner quelle est celle de ces sociétés qui a pour elle Vunité, la sainteté, Id catholicité et Yapostolicité ( Voi/. ces mots); car celle-là seule est la véritable Eglise, fondée par Jésus -Christ, qui réunit ces quatre caractères. Or quiconque voudra faire cet examen, reconnaîtra bientôt et sans peine qu'ils ne conviennent qu'à la seule Église romaine. Wais, outre ces caractères, la véritable Église doit réunir de plus trois propriétés essentielles : la visibilité, la perpétuité ou Yindéfectibilité, et l'infaillibiliié. C'est encore l'Église romaine seule qui les possède.
XXVII. ÉGLISE PAROISSIALE, celle qui est érigée en paroisse et dans laquelle les habitants doivent remplir leurs devoirs de parois-
XXVIII. ÉGLISE PATRIARCALE, celle qui est gouvernée par un évéque revêtu de la dignité de patriarche, comme léglise de Saint- Marc à Venise.
XXIX. EGLISE PONTIFICALE, église qui, comme celle de Saint-Pierre à Rome, est proprement léglise des souverains Pontifes.