ESTH
ESTR
un livre qui porte le nom d'Esther, et dont nous parlons à l'article suivant.
II. ESTHER (LIVRE D')- Ce livre est ainsi appelé parce qu'il contient l'histoire d'Esther. Il se compose de deux parties bien distinctes : lai", qui s'étend depuis le commencement jusqu'au ch. X, vers. 3 inclusivement, est proto-canonique ; la Il<^, qui manque dans le texte hébreu, mais qu'on lit dans la Vulgate, consiste en sept fragments qui forment le reste du livre, c'est-a-dire la lin du ch. x et les six autres ; cette II" partie est rangée parmi les livres deutérocanoniques. Beaucoup de protestants, entre autres Le Clerc, prétendent que le livre d'Esther ne contient qu'une histoire romanesque et une espèce de tragédie dans laquelle on introduit des personnages feints, comme dans les représentations théâtrales. D'autres, tels que Bauer et Seiler, pensent que le fond du livre est véritablement historique, mais qu'il a été brodé et embelli de plusieurs circonstances fabuleuses. Mais les caractères extrinsèques et intrinsèques du livre offrent, au contraire, une
freuve incontestable en faveur de la réalité de histoire qu'il contient, tandis que le soin scrupuleux que prend l'auteur de préciser chaque chose, et les détails circonstanciés dont il remplit ses récits, montrent avec la même évidence qu'il n'invente ni ne brode ce qu'il raconte , mais qu'il a puisé toute sa narration aux sources les plus authentiques et les plus pures. Quant aux faits invraisemblables qui, selon nos adversaires, abondent dans l'histoire d'Esther, et qui leur servent de prétexte pour rejeter la réalité de cette histoire, nous ne craignons pas d'aflirmer que, quand on les examine avec les yeux d'une critique impartiale et le llambeau de l'histoire à la main, on n'y trouve aucune de ces invraisemblances qu'on croit y avoir découvertes. La plupart des critiques et des interprètes attribuent à Mardùchée la composition de la plus grande partie du livre d'Esther; et, il faut bien le reconnaître, tout conspire en faveur de cette opinion ; c'est pourquoi le fameux critique protestant Carpzowius avoue qu'elle l'emporte sur toutes les autres : « E quibus (sententiis) tamen illa, quîB Mardochaeum constituit auctorem, reliquis palmam praeripere videtur. « {Introd., p. I, c. XX, § 4.) Voy. D. Calmet et l'abbé de Vence, dans \ti\\TS Préfaces sur le livre d'Esther. J.-B. Glaire, qui, daxs son Introduction, tom. III, p. 231 et suiv., s'est attaché a reproduire particulièrement tout ce qu'il y a de meilleur dans les travaux de deux savants protestants d'Allemagne : Cornélius Adam et Michel Baumgarten. Le premier, tant dans ses Observations the'oloyico-philologiques , Groningue, 1710, in-4", que dans son Commentaire sur tout le livre d'Esther, s'est proposé , comme but principal , d'en conlirmer l'authenticité en l'expliquant par les mœurs et les usages des Perses , chez lesquels s'est passée l'histoire qu'il contient. Le dernier a publié à Halle, en 1839, un livre intitulé : de Fide libri Estherœ commentatio historico-critica; Sc7-ipsit Michael Baumgarten, Phil. Dr. et theol. licent. in acad. Kiliensi. Les 150 pages dans lesquelles l'auteur a su se renfermer forment peutêtre le traité le plus complet qui ait paru jus- 2u'ici sur cette matière. La réalité de l'histoire 'Esther et la véracité du livre qui la rapporte y sont parfaitement démontrées et vengées avec une grande habileté des nouvelles attaques
Qu'elles ont éprouvées, dans ces derniers temps, e la part de certains critiques qui passent en Allemagne pour les plus habiles. Comme protestant, M, Baumgarten a cru devoir défendre
dans plusieurs occasions la première partie du livre au détriment de la seconde; il pouvait d'autant mieux se dispenser de ce genre de tactique, que ses autres arguments sont de nature à satisfaire tout esprit raisonnable, et que ses assertions contre cette seconde partie sont aussi gratuites que fausses dans les conséquences qu'il en tire. Voy. aussi le Diction, encyclopéd. de la théol. cathol.
ESTHON , fils de Mahir et père de Bethrapha, descendant de Juda. Vorj. I Paralip., iv, 11, 12.
ESTHONIENS (Conversions des). Les premiers essais faits pour répandre le christianisme parmi les Esthoniens, dans les provinces russes de la mer Baltique, de l'Esthonie , de la Livonie et de la Courtaude, remontent au temps de saint Anschaire, l'apôtre des Scandinaves, qui reçut du pape Grégoire X, avec le pallium (835), la mission « d'enseigneF la religion chrétienne non -seulement aux peuples du Nord, mais encore à ceux du lointain Orient. » Voy. le Diction, de la théol. cathol., où on trouve la suite de l'histoire religieuse des Esthoniens.
ESTILION. Voy. Béthel, n» II.
ESTIUS (Guillaume), dont le vrai nom est William Hessels Van Est. chancelier de l'université de Douai, né l'an 1542 à Gorcum, en Hollande , mort l'an 1613, fut reçu docteur à Louvain en 1580, et professa la théologie à Douai. Benoit XIV le qualifie de doctor fundatissimus. Estius a composé un certain nomjjre d'ouvrages qui sont tous en latin, et dont voici les principaux : 1» Commentaire sur les Épitres de saint Paul; Douai, 1614; Cologne, 1631; Paris, 1623 et 1679; — 2» Annotations sur les lieux, difficiles de l'Écriture; Douai, 1620 et 1629; Cologne, 1622 ; Anvers , 1651 ; — 3" Commentaire sur les
Îuatre livres du Maître des Sentences; Cologne, 615; Paris, 1648 et 1679, 2 vol. in-foL; — 4» Discours théologiques : 1614 ; — 5" Histoire des martyrs de Gorcum. Estius a, en outre, travaillé à l'édition des Œuvres de saint Augustin, publiée par les docteurs de Louvain. Dans ses Commentaires, ce savant s'est surtout attaché à rendre le sens littéral des auteurs sacrés ; et on doit reconnaître qu'il l'a fait généralement avec succès, et que rien ne lui aurait manqué pour être un exégète parfait s'il avait eu une connaissance plus approfondie des langues grecque et hébraïque. Voy. Richard et Giraud. Fel- 1er, Biogr. univers. Le Diction, de la théol. cathol.
ESTOMASON. Voy. Béthel, n» II.
ESTON. Voy. Gaston.
ESTRADA (Louis de), de l'Ordre de Cîteaux, né en Espagne, mort en 1681, fut abbé de Horta . Ses principaux ouvrages sont ; \' de Modo recitandi rosurium B. Virginis; Alcala, 1570, in-16; — 2» Rosario de nuestru Senora y sumaria de la Vida de Christo; ibid., 1571, in-S»; — 3<>rfe Imudifjus S. Euyenii et corporis ipsius ad urhem Toletanam translatione ; Tolède, 1578, in-4<'. Voy. Nicol. -Antonio, Biblioth. Hisp.
ESTRADE ou TRIBUNE D'AIRAIN DE SA- LOMON. C'était comme un piédestal carré de 3 (îoudées de haut, de 5 de long, et d'autant de large , sur lequel était un siège ou une espèce de trône dont le dossier était en rond. Il était placé vis-à-vis la porte du parvis des prêtres, dans la partie supérieure du grand parvis. C'est là que le roi se mettait ordinairement quand il allait au temple. Voy. II Paralip., vi, 13. D. Calmet, Diction, de la Bible.
ESTRÉE (L'), en latin S^rafa, abbaye de l'Çrdre de Cîteaux située en Normandie, au diocèse d'Évreux. Elle était de la filiation de Pontigny. Elle fut fondée eu 1144 par Ratherius de Doni-
ÉTAM
ÉTEM
J'on , seigneur de Musy. On céda ce monastère, 'an 168?. à des religieuses du même Ordre, tfu'on y transféra du monastère de la Colombe , près de Longwi, au diocèse de Trêves. Voy. la GalL Christ., tom. XI, col. 670. Richard et Giraud.
ESTRÉES (César d'), abbé de Saint-Germaindes-Prés , né en 1628, évéque de Laon en 1653 , iDort dans son abbaye en 1714. Il reçut le bonnet de docteur de Sôrbonne. Il sut se distinguer par son amabilité, son amour des lettres et sa grande charité envers les pauvres. Ce fut lui qui négocia entre le Saint-Siège et les jansénistes la trêve connue sous le nom de Paix de f Eglise; celte négociation lui obtint le chapeau de cardinal en \bli. Il fut chargé de plusieurs autres négociations importantes; et, s'il ne fut pas toujours aussi heureux, ce ne fut ni la faute de son esprit ni celle de sa prudence. On conserve à la Bibliothèque du roi , à Paris, ses Ne'gociations à Roi/te, de 1671 à 1687. Voy. Feller, Biogr. univers. La Souv. Biogr. ge'nér.
ESTREVELD, lieu d'Angleterre où l'on tint un concile l'an 703. Voy. Annal. S. Bened., tom. II, p. 5.
ESTRIX (^Egidius). jésuite, né à Malines [en 162i, professa au collège de Louvain , et prit part à la querelle qui s'éleva à celte époque au sujet de rattrition. Il a laissé il" Dissertatio ftistorica theologica de vi attritionis ; Malines, 1669, in-4o; — 2° Mens concilii Tridenlini dilucidata; Louvain, 1669; — S" Summula summarum de controversia attritionis ; ibid., 1671, in-4°; — 4" Diatriba theologica de Sapientia Dei henefica, et verace: sive manuductio aa fidem divinam periiestigandam; — âP Dilucidatio communis doct rime theologorum de fide imperfecta quorumdam rudium hominum : cet ouvrage et le précédent ont été condamnés par la Sacrée Congrégation de Y Index (Decr. 5 apr. 1674); — 6" Apologia pro Summis Pontificibiis. Generalibus Conciliis. et Ecctesia Catholica, contra Pétri Van Buscum Instructionem ad tyronem theologum; cet écrit d'Estrix a été aussi mis à l'Index par un décret daté du 19 juin 1674 ; mais avec la formule Donec corrigatur. Voy. Alegambe, Biblioth. Scriptor. Societ. Jesu.
ESTROK (Salomon), dont le vrai nom était Esdras, fils de Salomon, vivait au xiv« siècle. Il a laissé : 1° un Commentaire sur le Pentateuque; ce commentaire littéral et grammatical est en manuscrit à la biblioth. Bodléyenne; — 2o un Commentaire littéral et cabbalistique sur les premiers prophètes , c'est-à-dire sur les livres historiques de Josué, des .luges et des Rois ; ouvrage qu'on trouve à la même bibliothèque ; — 3° un Comment, sur le Comment. d'Aben-Ezra sur le Pentatevque : il fait partie des manuscrits de la même biblioth.. de celle de Paris et de celle de Rossi. Voy. Wolf, Biblioth. Hebr., t. III, p. 809. De Rossi. Dizionar. storico degli autori ebrei. tom. I, p. 114. 115.
ETABLISSEMENT, se dit de la fondation d'un Ordre religieux, dinie communauté, dun bénéfice, etc. On ne peut faire dans l'étendue d'un diocèse aucun établissement pieux et ecclésiastique sans l'approbation et l'autorisation de l'évêque. Voy. les Mém. du clergé, tom. IV, p. 462 et suiv.; tom. VI, p. 1558 et suiv. Durand de Maillane, Diction, de droit canon., au mot Établissement. Richard et Giraud.